Pourquoi je ne suis (toujours) pas Villepiniste (1/2)

Dessicated, en commentaire à mon article sur la joyeuse dette publique, me demande quelle est mon opinion sur Dominique Galouzeau de Villepin. J’en profite donc pour me pencher avec vous sur le personnage, et surtout, le projet, du leader de République Solidaire (nom de parti à peu près aussi creux que le « Debout la République » de Nicolas Dupont Gnangnan, et bourré de bons sentiments dégoulinants qui ne laissent pas beaucoup d’espoir pour la suite). Aujourd’hui, parlons de Dominique. Demain, ce sera le tour de son projet, le temps que je le lise plus en détail.

Quelques mots donc sur son personnage. Moi aussi, qui ne me vante pas de gaullisme, de néo-gaullisme ou de giga-méga-gaullisme à tort et à travers pour briller de la lumière du « grand homme » et me grandir artificiellement , j’ai une certaine idée de la France, comme on dit pour avoir l’air cool. Et en particulier de la Présidentielle. Vous voyez de Gaulle se présenter aux Présidentielles uniquement pour se venger d’un homme de son camp d’origine ? Villepin est avant tout motivé par une haine viscérale de Sarkozy. Qu’il puisse nourrir une haine pour l’actuel Président de la République est parfaitement son droit, mais qu’il se présente uniquement pour nuire à un homme, donc, même pas par ambition personnelle (celle-ci peut avoir sa noblesse), mais carrément par vengeance personnelle, et amertume personnelle, je ne l’admets pas. Dites-vous bien que s’il ne voulait pas à tout prix nuire à Nicolas Sarkozy, cet homme là ne ce serait jamais présenté.

Au-delà de ça, je ne suivrai pas ce grand mouvement panurgiste d’amnésie collective qui se saisit de nos concitoyens, et les amène naïvement à adorer ce qu’ils ont naguère abhorré, par le simple fait de l’éloignement, et par la bénédiction du temps qui passe. Les Français ont-ils déjà oublié qu’ils ne le supportaient pas, l’ex Premier Ministre ? Ont-ils déjà oublié le CPE, quand Galouzeau donne des leçons de paix sociale à Nicolas Sarkozy au moment de la réforme des Retraites ?

Moi même, qui viens de la droite (même si j’ai légèrement évolué depuis), et qui ai soutenu la majorité entre 2002 et 2007, comme j’ai pu, et malgré de sérieuses réserves sur sa léthargie, je n’ai jamais adhéré au personnage de de Villepin. Seulement, la différence, c’est que je n’ai pas oublié les griefs que j’ai pu avoir contre lui par le passé. Les Français ont décidément la mémoire courte. Sarkozy devrait se présenter en 2017, il ferait plus de 50% au Premier Tour…

Sarkozy, parlons-en… Quel est aujourd’hui le principal argument pour soutenir de Villepin, sinon l’antisarkozysme de ce dernier ? Ce cher antisarkozysme, réaction moutonnesque (elle aussi !) consistant à rejeter en bloc tout ce qui vient du diâââbolique personnage, et à vénérer aveuglement tout mouvement, ou toute personne, affirmant son opposition à Nicolas Sarkozy. Ça fonctionne très bien ! Ce sera même l’unique ciment de la gauche en 2012, et l’unique leitmotiv des différents prétendants à l’Elysée d’ici là. Et ça évite de devoir trop s’embourber s’engager sur le terrain des idées. https://i1.wp.com/site.agerard.free.fr/img/ddv.jpg

Et passons sur le caractère impulsif, violent, et vulgaire de Galouzeau vis-à-vis de ses proches, qui est avéré. Je préfère autant quelqu’un d’impulsif, colérique, et exigeant comme Sarkozy, qui a du mal à le cacher, que quelqu’un d’hypocrite comme de Villepin, qui se donne de grands airs, et se gonfle d’orgueil, derrière quoi il dissimule un caractère exécrable. Mais ce sont des détails…

Quoi ? Je devrais faire confiance à de Villepin quand il décline une liste de bonnes intentions républicaines, alors qu’il a été si longtemps au pouvoir ? Qu’a-t-il fait pour changer le pays ? Pourquoi lui ferais-je confiance aujourd’hui alors qu’il avait l’opportunité hier de concrétiser ces vœux pieux, et qu’il ne l’a pas fait ?

Et un dernier mot, très mesquin, mais je n’ai plus peur de rien : il compte gouverner avec qui, de Villepin ? Puisque tous ses proches le lâchent progressivement pour rejoindre Nicolas Sarkozy, jusqu’aux plus intimes, avec qui gouvernera-t-il ? Ça promet d’être drôle.

A suivre…

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À propos Alexandre
Carabin passionné de politique, dextro-centriste et méchant libéral. Rule Britannia ! J'ai rarement tort mais ça m'arrive souvent.

3 Responses to Pourquoi je ne suis (toujours) pas Villepiniste (1/2)

  1. Crapoto says:

    C’est ça qui est magique avec De Villepin: on adore ce qu’il dit, pas ce qu’il fait!
    Ce mec est réputé avec une compétence immense en affaires extérieures, parce qu’il a fait un discours contre la Guerre en Irak. Epoustouflant!
    Par contre, le droit au logement opposable inapplicable, le CPE, la gestion des émeutes dans les banlieues, l’échec de sa politique de « patriotisme économique », c’est oublié par l’opinion?
    Par contre, je m’interroge: vu que l’argument « du nombre  » plaide en sa défaveur (il n’a pas de soutiens), insinuerais-tu par hasard que Bayrou n’a pas non plus cette chance? ^^

  2. Alexandre says:

    « Par contre, je m’interroge: vu que l’argument « du nombre » plaide en sa défaveur (il n’a pas de soutiens), insinuerais-tu par hasard que Bayrou n’a pas non plus cette chance? ^^ »

    Ce n’est sans doute pas le meilleur argument en sa défaveur, on est d’accord. :)
    Cela dit, je pense que ça a son poids. Pour assumer une campagne Présidentielle, il est nécessaire d’être bien entouré, d’avoir des personnalités de « poids » autour de soi, dans les médias, par exemple, de bons relais, des personnes capables d’apporter au candidat leur popularité propre par leur soutien.
    Bayrou n’en est pas encore au degré de solitude de de Villepin. La meilleure preuve en est le Shadow Gouvernement qu’il a mis en place. Certes, à part de Sarnez, Rochefort et quelques autres, la plupart restent dans l’ombre, mais je pense qu’il est encore relativement bien entouré. Contrairement à de Villepin qui a perdu quasiment tous ceux qui l’avaient suivi à la création de son parti.
    Cependant, je ne crois pas non plus que Bayrou réussira sa Présidentielle. Le bonhomme est loin de me déplaire, mais il s’est désespérément isolé politiquement, notamment aussi à cause de sa gestion a priori un peu trop « personnelle » du MoDem.
    Je suis toujours nostalgique d’un grand parti de centre et de centre-droit, capable de rassembler des modérés, des centristes, des libéraux, des démocrates, des modérés de droite, dans une certaine unité, sans renoncer à un soutien mutuel avec l’UMP, mais tout en affirmant sa spécificité… L’UDF, quoi.

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