[Alboss] Le dragon est dans la bergerie !

(Je préviens d’entrée, cet article écrit durant le week-end peut déjà, à quelques égards, paraître obsolète. Je ne pouvais pas prévoir le coup de poignard grec, et je n’étais apparemment pas le seul. Les amateurs qui nous servent de dirigeants n’ont rien vu venir non plus. Vous me pardonnerez donc. Article écrit 2 jours avant G-P, Georges Papandréou, la nouvelle référence de la chronologie de l’existence de l’UE.)

Quelle est l’Europe de mes rêves ? Ou, plutôt, est-ce que je rêve d’Europe ? Si tant est que j’en ai rêvé un jour, après le sommet de Bruxelles, toute forme de rêve européen s’est envolée à jamais.
Ceux qui, comme mon ami Alexandre, croient à l’Europe, sont forcément des rêveurs et de doux idéalistes. Et je dirais même qu’ils ont une tendance profonde à la schizophrénie.
Je m’explique. Si on lit le dernier billet d’Alexandre, il y a l’Europe d’un côté et les Etats de l’autre… la première serait responsable, prévoyante et bienveillante, les seconds seraient évidemment tout le contraire. Cette étrange dichotomie semble consciemment, (ou inconsciemment, et ce serait d’autant plus grave), ne pas vouloir tenir compte du fait que l’une est faite à partir de l’autre et que l’une ne peut exister sans l’autre. Autrement dit, ceux qui ont pondu une Europe irréprochable sur le papier sont les mêmes que ceux à la tête des Etats fautifs ! Lorsque le traité de Maastricht est ratifié, Nicolas Sarkozy, alors secrétaire général adjoint du RPR, faisait campagne pour le oui. Tout comme on se souvient de cette une de Paris Match réunissant en 2005 François Hollande et Nicolas Sarkozy, chacun à la tête des deux plus grands partis politiques du pays, au diapason pour le oui au référendum sur la Constitution Européenne. Après, le tout est de savoir si on a écrit ces traités pour se donner bonne conscience ou pour les respecter…

Il est donc aberrant de dissocier les deux camps ! Il n’y a pas la vertueuse Europe d’une part et les véreux Etats de l’autre. Quand les Etats fautent, l’Europe faute ! Ne sommes-nous pas une « famille » ? C’est ce que j’ai cru comprendre ces derniers temps. Alors quand le petit frère grec faute, c’est parce que sa mère, l’Europe, a fauté au départ. Elle a soit fauté dans son éducation pour ne pas avoir su faire respecter ses règles, soit pour avoir inculqué de mauvaises règles ou même, pour avoir accepté dans la famille rapprochée (monétaire) un membre notoirement instable et malhonnête… Et qui le lui rend bien, en ce moment.
Alors, on reproche aux souverainistes d’être des boulets dont l’Europe doit se débarrasser pour avancer…  Ce serait donc en partie de la faute des sceptiques si l’Europe en est là. Et pourquoi ce ne serait pas de la faute des européistes ? C’est bien parce qu’ils n’ont jamais su nous convaincre que nous sommes toujours restés sceptiques et le cul entre deux chaises. C’est bien parce qu’ils n’ont jamais su convaincre qu’ils ont dû s’y reprendre à plusieurs fois pour faire passer en force leurs textes, au demeurant à l’apparence toujours vertueuse  et consciencieuse, censés régir l’UE. Les européistes n’ont jamais pris au sérieux les euros sceptiques. Ils n’ont jamais pris la peine de considérer leur position, la rejetant, la renvoyant dans ses 22 à la moindre occasion. Et ce, pas toujours avec élégance, dernier exemple en date : l’altercation Sarkozy-Cameron. Les européistes sont toujours parvenus à leurs fins et n’ont guère réellement souffert des euros sceptiques qui, eux, n’ont jamais bloqué le projet européen. Ils l’ont, au pire, retardé. On ne peut pas dire que le PPE soit minoritaire depuis une dizaine d’années à Strasbourg ou que l’immonde Barroso ne soit pas à la tête de la Commission européenne depuis bientôt sept ans. C’est moins la faute des sceptiques que celle des européistes eux-mêmes si nous en sommes là aujourd’hui ! Il ne faudrait pas inverser les rôles…
Mais, en même temps, si  on avait écouté les Français dès 2005, si nous n’avions pas fait voter deux fois les Irlandais pour Lisbonne, si, plus récemment, nous n’avions pas fait pression sur les Slovaques, nous n’en serions pas là. Nous aurions sûrement déjà célébré les funérailles de l’Europe un verre à la main, autour d’un bon grec en rêvant imaginant l’Europe d’après. Nous n’aurions donc pas été en retard, mais en avance.

Nul doute que Victor Hugo aurait considéré le projet actuel comme une félonie faite à ce que devaient être, selon lui, les Etats-Unis d’Europe !
Le dernier coup porté à cette Europe est venu du sommet de Bruxelles. Modestement, Sarkozy nous expliquait que lui et toute la bande d’incapables avaient non pas seulement sauvé l’Europe mercredi, mais le monde ! Je suis sûr que les Ouzbeks et autres Népalais peuvent souffler, l’Europe est sauvée. Mais à quel prix, puisque nous avons pactisé avec le diable. C’est d’ailleurs Nicolas Sarkozy en personne qui s’est entretenu avec lui au téléphone. Et le diable européen porte désormais un nom : Hu Jintao.
Alors, certes Alexandre, l’Europe n’a pas de politique économique et budgétaire fédéralisée, mais l’Europe a une BCE. On crache sur ceux qui usent de l’argument de l’indépendance et de la souveraineté des Etats et, dans le même temps, on  se soumet à jamais à l’ogre Chinois ? Si je comprends bien : pas de jaloux, de souveraineté et d’indépendance il n’y en aura ni pour les Etats ni pour l’Union Européenne ? Je trouve que les européistes ont poussé leur aversion pour ces deux composantes essentielles d’une nation ou d’une union un peu trop loin… Pourquoi l’Europe renie ses propres institutions pour vendre son âme aux chintoks ? Dans tout autre pays du monde, et c’est ce qui se passe aux USA, étant donné la gravité de la situation, on aurait fait appel à la planche à billets. Un pouvoir régalien ! Un levier qu’actionnent seulement les Etats qui sont maîtres de leur destin. Quoi ? Was ? Ah ja, ja, ja… c’est vrai, nous avons vainement demandé la permission au Bundestag avant de se prosterner… Nein inflation ! Verboten ! Traktat ! Heil Angela !

Ou, plutôt ni hao Hu Jintao ! Eh oui, faut se mettre à la page, le chinois va devenir la langue d’usage en Europe, maintenant. Dumping chinois ? Barrières douanières avec la Chine ? Pillage par la Chine de nos technologies sur l’autel du transfert de technologie ? Et, accessoirement, respect des droits de l’homme ? Terminé ! On n’en parle plus, alors que hier encore Sarkozy s’en insurgeait. Il ne faut plus agacer les salvateurs cocos chinois. Au contraire, on se félicite, dixit Sarkozy, que la Chine fasse tellement confiance à l’Euro qu’elle décide d’investir dedans. C’est formidable ! Je me pince pour y croire tellement c’est beau.
En provoquant une guerre mondiale, l’Allemagne nous avait déjà contraints au protectorat américain. Maintenant, sa peur bleue de l’inflation nous subordonne à la Chine sans pour autant offrir une solution sur le long terme.
Les européistes disent qu’il en va du respect des traités comme du respect de l’Europe. Néanmoins, je pense que l’Europe se serait bien passée de cet infâme signe respectif. En 2008, la solution est venue des Etats. On a définitivement constaté que l’Europe n’était pas l’outil adapté à la résolution de crises. En s’assoyant sur les traités, les protocoles et autres conventions, chaque Etat dans son coin a sauvé ses banques avec plus ou moins de brio. Cette fois, hypocrisie oblige, le piège des textes s’est refermé sans aucune possibilité de l’entrouvrir, même sous la pression que nous ne pouvions de toute façon pas exercer sur une Angela en position de force.
L’hypocrite mouton européen qui avait inventé l’euro pour fuir Oncle Sam se jette maintenant dans la gueule du dragon chinois. Etrange parcours.

Le sommet de Bruxelles a donc sauvé l’Euro pour mieux tuer l’Europe. Jeudi, au lendemain du sommet, les bourses se remettaient dans un élan presque orgasmique de leurs déboires… Par l’afflux de ces bonnes nouvelles politiques, leur turgescence faisait monter la valeur de l’euro emportant avec elle toujours plus la compétitivité de nos industries depuis toujours plombées par une monnaie sur évaluée… L’euro est un problème sans solution. Comme disait Einstein, « un problème sans solution, est un problème mal posé ». On en revient à la responsabilité  de l’Europe, comme des Etats.
Mais, comme la libido finit toujours par retomber, dès le lendemain, l’euphorie laissait place nette au doute de la panne italienne. L’Italie de Berlusconi qui pose un problème de libido, le comble…
Ainsi, les paris sont ouverts pour la date du prochain sommet décisif (presque le 20ème depuis le début de la crise), dans quelques jours, semaines ou mois ? (Les Grecs viennent d’apporter la réponse à cette question. Il aura fallu six jours pour qu’une nouvelle réunion de crise soit programmée ! C’est fort !)

De cette Europe là, désormais à la botte d’une dictature sans nom, souffrez que je ne puisse non pas en rêver mais lui souhaiter tout le mal du monde. Au fond, je rêve d’une seule chose : c’est que le cauchemar qu’est actuellement l’Union Européenne, prenne un terme définitif !
Bref, j’aurais aimé finir sur du Einstein mais c’est Bigard qui va conclure. Ainsi, à défaut de trouver le moyen de l’escalader, « c’est au pied du mur que l’on voit mieux le mur ».

Parlons d’Europe (et de dette)

Il était temps que je rebondisse gracieusement sur la question de la crise de la dette en Europe, abordée avant moi par mon camarade Alboss (toujours très plaisant à lire). Évidemment, il arrive que nos points de vue divergent. La preuve.

La faute de l’Europe (ou des Européens) ?

Dans toute cette affaire, l’Europe sert de coupable idéal. Les dirigeants des états européens, soumis à la dictature des marchés de leur électorat, trouvent forcément confortable de rejeter la faute sur le voisin, qui plus est non élu, et trop soumis pour réagir trop fortement : les banques, les marchés financiers et l’Europe. De tous ces boucs émissaires, l’Europe est le plus vague et le plus gargarisant. On désigne une nébuleuse diabolisée, qui a l’avantage de présenter une structure comaprable à un super-Etat, tout en évocant l’ennemi venu de l’étranger pour soumettre notre pauvre Nation (qui a librement consenti tout ça).

Une fois de plus, dans le Crise de la Dette, on se trompe de coupable. Les mêmes râleurs d’aujourd’hui ne protestaient-ils pas déjà contre les règles trop strictes d’une Europe toujours prète à combattre l’inflation et à taper sur les doigts des Etats qui s’endettaient trop ? Les critères de Maastricht, les 3% de déficits, n’était-ce pas trop contraignant avant que l’orage ne gronde ? Pourtant, il s’avère que l’Europe n’a pas été assez sévère, et n’a pas su s’imposer assez fortement pour faire respecter ses règles. Les Etats européens étaient au courant que dépasser les 3% de déficit présentait des risques certains d’instabilité au sein de la Zone Euro. S’ils ont marché sur les avertissements qu’on leur a adressés, c’est donc entièrement de leur responsabilité. Ils étaient prévenus, ils ont fait semblant d’ignorer.

En réalité, les eurosceptiques portent une importante part de responsabilité. (Entre autres) à cause de leurs réticences, nous avons adopté une monnaie commune sans franchir le pas de la politique économique et budgétaire en partie fédéralisée. Le cul entre deux chaises, avec une monnaie européenne, et des politiques budgétaires repliées sur elles-mêmes. Et quand l’Union préconisait moins de 3% de déficits, nos souverainistes s’en moquaient avc panache.

L’Europe n’a pas fauté. Si les gouvernements européens avaient été à la hauteur, et s’étaient inquiétés à temps de la problématique de la dette, l’Euro aurait sans doute été parfaitement viable. Si on avait permis à l’Europe de faire respecter ses règles, l’Euro aurait été viable. Au lieu de cela, on a préféré la politique de l’autruche, en ne cessant jamais de parler de défense de la souveraineté et de l’indépendance de l’Etat, quand dans la même temps, ce même Etat mettait cette indépendance en péril en s’endettant excessivement. On ne marche pas indéfiniment sur la tête sans en payer les conséquences. Ce n’est pas l’Europe qui a failli, ni l’Euro, ce sont les Etats souverains qui n’ont pas été à la hauteur.

Les socialistes (je pouffe)

Dès que j’entends les socialistes parler de dette et de déficits, je n’y peux rien, je pouffe. On parle quand même de ceux qui avaient promis sans la moindre autodérision, de passer les smic à 1500€ (Ségo elle-même n’y croyait pas, c’est dire !). On parle quand même de ceux qui, plus récemment, lors de la Crise de 2008, s’étaient largement plaints de la faiblesse des plans de relance gouvernementaux, et demandaient un projet plus « ambitieux » . Aujourd’hui, ils ont beau jeu de radoter. Mais ils n’ont aucune crédibilité. Ils n’avaient rien vu venir.

Comme les autres, du reste. La réalité, c’est que ni la gauche ni la droite ne se sont jamais préoccupées de la dette jusqu’à ce qu’elle leur explose à la face, avec les conséquences que l’on sait. Les seuls qui se soient inquiétés de longue date, ce sont les libéraux, et dans une moindre mesure, le MoDem de Bayrou en 2007. Reconnaissons-le. D’ailleurs, l’une des seules à avoir réussi à obtenir un budget excédentaire en partant d’une situation très dégradée, en Grande-Bretagne, c’est la très libérale Thatcher. La réduction de la dette, au Canada, ou surtout en Nouvelle-Zélande, a presque toujours été la conséquence de politiques libérales, menées par les conservateurs comme par les travaillistes. Tant que nous n’accepterons pas ce constat, nous continuerons à patiner dans notre gadoue.

Sarkozy, Berlusconi, l’Italie (ça rime)

Les Italiens sont furieux. Les médias italiens sont en transe ! Merkel et Sarkozy ont osé critiquer la gestion Berlusconienne des finances italiennes ! Retournement de situation paradoxal : les Italiens détestent Berlusconi, mais le défendent quasiment corps et âme dès que sa compétence est clairement mise en doute à l’étranger. Le stade suprême de l’aveuglement chauviniste. Les Italiens n’en semblent que plus ridicules. Mais le sommet du ridicule a été atteint au moment où Berlusconi est venu annoncer en direct à la télévision que Merkel avait présenté des excuses … ce que la principale intéressée s’est empressée de démentir…

Rappelons que la dette italienne est la 3e dette mondiale, juste après les USA (dont on connaît le gros, gros PIB, et la situation particulière liée au dollar), et le Japon (où la dette est en grande partie détenue par les japonais). Il n’y a pas de quoi se vanter. Et quand on connaît l’enlisement économique, moral, criminel et judiciaire du pays, il n’y a pas non plus de raison d’afficher un triomphalisme particuièrement prononcé.

J’étais en Italie tout l’été, et j’y ai suivi les cafouillages du Gouvernement italien bousculé par les marchés. J’y ai entendu la Lega Nord opposer son veto à toute réforme des retraites. Aujourd’hui, le vent a tourné, et les vestes avec. Tout ça est consternant. Mais rassurez-vous : pas de changement violent au programme, puisqu’on évoque l’horizon 2026.

Les meilleurs ennemis du monde

Autant Sarkozy a eu raison de s’en prendre à Berlusconi, autant il a eu tort de s’en prendre à Cameron. Certes, Cameron s’est montré critique vis-à-vis de l’Euro, mais il ne faut pas non plus oublier qu’il répond, en fait, à une demande nationale en ce sens, et qu’il est en première ligne pour défendre l’Europe au Parlement britannique ! Pris en sandwich entre Londres et Bruxelles, Cameron joue les équilibristes … non sans talent.

On comprends les griefs des dirigeants européens vis-à-vis de Cameron. Il a mené des réformes et une politique de rigueur autrement violente que les leurs, mais il reste nettement plus populaires qu’eux, et il est toujours jugé comme le plus apte à mener le pays, 3 ans après son arrivée au 10, Downing Street. Pas mal, non ? Autre motif de désaccord, la fameuse et éternelle taxe Tobin.

La taxe (pas) Trop-bien

Pourquoi les Anglais s’y opposent-ils ? Ils sont non seulement sensibles à des motifs idéologiques et d’efficacité économique, mais ils ont surtout en tête que 80% des transactions financières européennes passent par Londres. Ainsi, instituer la taxe Tobin reviendrait à taxer à 80% l’économie britannique. Pas très équilibré, non ?

Autre pays à s’y opposer : la Suède, ce fameux modèle de Social-Démocratie, en réalité converti au Libéralisme depuis la fin des années 90. Pourquoi s’y oppose-t-elle ? Il faut savoir que la Suède a déjà institué une taxe Tobin en 1992 … pour l’abandonner quelques années plus tard, après en avoir fait douloureusement les frais ! Si les Suédois qui ont essayé s’opposent à cette taxe, ne devrions-nous par les écouter ? Voulons-nous vraiment faire cette désastreuse expérience nous-mêmes ?

Dès que nous instituerons une taxe de ce genre, les flux financiers n’auront qu’à contourner notre région. C’est tout. On n’y gagnera rien. Pire ! « Lorsqu’on taxe les vaches, ce ne sont pas les vaches qui paient » . De même, ce ne sont pas les banques et les organismes financiers qui payeront cette taxe … mais les citoyens. Le coût sera répercuté sur le crédit, les transactions bancaires… Vous appelez ça la Justice Sociale ?

C’est un malheur que ni la Grande Bretagne ni la Suède ne soient dans l’Eurozone : malgré leur refus, rien n’empêchera nos autres troubadours d’instituer une pareille idiotie au sein de la Zone Euro. Nous allons bien nous étaler.

L’Europe s’en sortira

Cependant, je ne suis pas aussi pessimiste qu’Alboss. Je suis certain que l’Europe s’en sortira, comme toujours. N’oublions pas que l’Europe est un pur produit de volonté politique. Et rien ne pourra venir à bout de cette volonté. Je ne sais pas comment, ni dans quel état, mais l’Europe se relèvera, et trouvera assez de rustines pour colmater les fuites. La vraie queston est de savoir quelle efficacité elle aura, et quelle idéologie influencera ses bricolages. A entendre Mario Draghi compatir avec les « Indignés » , on est en droit de penser que la recherche permanente de boucs émissaires est loin d’être terminée. La politique de l’autruche aussi est loin d’être terminée.

Mais j’ai l’espoir que l’Europe en sorte la tête haute. J’attends d’elle qu’elle cesse de se mêler de l’angle de courbure des courgettes autorisées à la vente, et des ballons gonflables, et se concentre sur la libéralisation des économies et des sociétés, sur la synergie des politiques économiques et budgétaires, sur le principe de subsidiarité (selon lequel l’efficacité voudrait entre autres que la politique étrangère ou de défense européenne progresse fortement dans les années qui viennent, pour faire face aux défis du XXIe siècle, et redonner une voix à l’Europe, alliant soft et hard power, et réduisant les coûts par la Défense Européenne qui mettrait fin aux « armées bonsaï » dénoncées par Etienne Copel), et sur des bases plus démocratiques, ce qui comprend l’élection d’un Président de l’Europe, qui remplacerait à la fois Van Rompuy et Barroso, qui nommerait les commissaires européens selon la majorité en présence au Parlement Européen, et serait désigné au suffrage universel direct. Avec une véritable légitimité, un tel Président saurait peut-être faire cesser ce flux permanent de critiques des Etats cherchant à s’innocenter, envers des instances européennes impersonnelles.

Mais p’têt que je suis fou de rêver à ce point. P’têt que je suis trop optimiste. P’têt que l’Europe est foutue, et ses Etats (surtout) avec.

D’ailleurs, si certains de mes camarades blogueurs, tels Aurélien Véron, l’Hérétique, Alboss, Nicolas, Xerbias et les autres, veulent se livrer à une présentation de l’Europe « de leurs rêves » , qu’ils ne s’en privent pas. J’essayerai aussi de revenir sur le sujet … dès que j’aurai le temps. Parce qu’écrire des articles à 7h30 le matin ne me réussit pas forcément… :D

[Alboss] Comprendre la dette publique en un clic.

En ce moment, on est en mode vidéo sur ce blog. En suiviste de circonstance, je respecte le mouvement et je vous propose une vidéo que j’ai trouvé très intéressante. Elle traite de la dette publique pour nous en faire comprendre les tenants et les aboutissants en dix minutes à peine. Défi osé et, à mon humble avis de non-économiste, réussi (puisque j’ai compris). Ajoutons à cela qu’elle respecte une certaine cohérence par rapport à l’opération andouillette de Malaberg. C’est pas beau tout ça ?

A l’heure à laquelle je vous parle, certains sont attablés à Bruxelles pour sauver l’Europe dans un énième « sommet décisif » dont je souhaite de tout coeur l’échec. Il ne pourra de toute façon rien arriver de pire aux peuples européens qui souffrent de l’incompétence chronique de leurs dirigeants. Absolument rien ! Et pour ceux qui pensent que l’Europe telle que nous la connaissons et telle que nous la souhaitons n’est pas vouée à l’échec, le réveil sera rude. L’Europe court à sa perte et ces sommets ne font que retarder celle-ci.
Nico a menti, notre triple A n’est pas intouchable. La France n’est à l’abri de rien du tout et surtout pas de la récession qui va faire son grand retour dans notre pays comme dans bien d’autres. La France n’est plus qu’un pion (encore important) de l’échiquier financier européen et sera désormais pour toujours esclave de l’Allemagne qui est en train d’imposer une Europe allemande !  A défaut de pouvoir peser sur les décisions, Nico lèche les pieds à la grosse Merkel tout en ne ratant pas les bonnes occasions pour remettre en cause le résultat de son régime, ou encore de s’en prendre à plus faible que lui, David Cameron. Notre chef d’état n’a même pas l’élégance d’un bon perdant.

La pire chose qui puisse vraiment nous arriver, c’est que jeudi, après avoir bâclé le sommet de Bruxelles, Nico ne squatte pas notre soirée télévisuelle pour nous annoncer que nous devons nous préparer au sang, aux sueurs et aux larmes mais pour faire son numéro électoraliste. Il viendra surement mentir aux français une nouvelle fois, leur dire que c’est grâce à lui que l’Europe aura été « sauvée » ou encore leur faire croire à un statut intouchable de la France tout en se prosternant et se couchant avec bienveillance face aux agences de notation, et, bien sur, tapera sur les doigts de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie pour se défouler.
Qu’il vienne, qu’il nous dise qu’on va en chier, s’il en a le courage. Qu’il dise réellement ce que sera l’avenir sur le court terme pour les français (récession, chômage, appauvrissement, recul chronique du pouvoir d’achat, dégradation du niveau de la qualité de vie). Qu’il vienne, s’il en a les couilles. Qu’il vienne nous expliquer que tout le monde va devoir travailler plus pour payer les dégâts causés par une tempête dont lui et les gouvernements successifs qu’a connu le pays sont à l’origine. Qu’il vienne, s’il est un homme. Qu’il vienne nous faire culpabiliser pour des erreurs que nous n’avons pas faites !
Personnellement, je connais la réponse que je pourrais lui donner. Mais, comme je n’ai pas pour autant envie de voir passer la gauche en 2012, je m’abstiendrai.

Dans cette vidéo, il est ahurissant de constater que l’article 123 du traité de Lisbonne (prolongation naturelle de la loi du 3 janvier 73) combiné à l’irresponsabilité de nos gouvernements successifs nous ont obligés à nous endetter de 1300 milliards pour payer les seuls intérêts de nos emprunts ! Alors que sans cet article, notre dette publique serait inférieure à ce qu’elle était en 1980… Un traité de Lisbonne adopté malgré le refus des français au référendum quelques années plus tôt.

Bref, place à la projection ! Et si des économistes passent par-là, je veux bien leurs avis éclairés et éclairants, parce qu’il fait franchement sombre ici-bas.

Et maintenant que j’ai tapé sur Sarko, voyez que Hollande ne fait pas mieux… Sa réponse est elle aussi ahurissante et nous donne tellement de bonnes raisons de ne pas voter pour lui puisqu’il ne vaut pas mieux que Sarko sur ce dossier. Quitte à choisir, autant voter pour le meilleur des pires candidats. Comme je le dis depuis la fin des primaires, Hollande, quitte à être le candidat naturel de la gauche en est son candidat par défaut, mais Sarko, qui lui est le candidat naturel de la droite, sera président par défaut en 2012, pour la simple et bonne raison que la frilosité des français les empêchera de changer de capitaine en pleine tempête.

[Malaberg] Bientôt davantage de dirigeants communistes en europe que de socialistes…

C’est vrai ! Je ne rigole pas !

Regardons juste les faits. Les prétendus socio-démocrates ou socialistes qui font la même politique que la droite partout en europe sont balayés les uns après les autres : En Allemagne, en Angleterre, dans les pays du nord, partout ils ont étés chassés du pouvoir !

Le dernier en date, c’est le portugal. Là bas, les débats portaient non pas sur « est ce qu’on va se plier ou pas à l’austérité du FMI et de l’UE », mais sur « qui sera le plus zélé à la faire » ? Les socialistes se sont fait balayer. En Espagne, le gouvernement Zapatero s’est pris une claque monumentale aux élections locales, en Angleterre, les travaillistes ont perdu l’année dernière…

En Slovénie, les socialistes au pouvoir qui proposaient un référendum sur l’allongement de la durée de cotisation l’ont largement perdu (72% de non), ils forment de plus un gouvernement minoritaire, dont l’espérance de vie n’est généralement pas bien longue, et ils ont de toute façon leurs elections législatives l’an prochain…

Il reste, sur les 27 pays de l’eurpe, 5 pays gérés pas la « gauche ». L’espagne, où ils devraient gicler l’an prochain, la Slovénie, dont je viens de parler, l’Autriche, ou le SPÖ gouverne avec la droite (je ne donne pas cher de leur peau) en faisant grimper l’extrême droite, (ça rappelle l’allemagne de la fin des années 20/début des années 30), et la Grèce, où ils font une super politique de droite.

Voilà. Ca fait 4 gouvernements « socio-démocrates » qui font tous une politique lamentable à peu près conforme à celle de la droite. Et qui sont tous en grande difficulté electorale pour les prichaines échéances.

Ah ? Il en manque un ? J’en avais annoncé 5 ? Il y en a qui suivent, au fond, c’est bien.

Ok. Il y a Chypre, aussi (Chypre sud en fait). Là bas, le président est membre de l’AKEL (Parti Progressiste des Travailleurs), qui est le Parti Communiste local. Il a été élu en 2008. Il y a eu des législatives, cette année, et sa coalition de gauche les a remportées. Sans problème. Bon, ils ne mènent pas une politique à proprement parler révolutionnaire, mais juste une politique de gauche, par les temps qui courent, c’est déjà ça… Il se refuse à tout plan d’austérité ou magouille dans ce genre. Et pourtant, Chypre, surtout une demi-Chypre, c’est tout petit, à coté de la Grèce ou de l’Espagne… Mais ça résiste mieux. Il sera probablement réélu en 2013, lors de l’élection présidentielle. (encore que tout puisse arriver…)

A ce rythme, donc, il ne restera qu’un seul gouvernement de Gauche en europe, donc. A Chypre. Dirigé par un Communiste. Arf. Vive le social-libéralisme et la troisème voie !

France : le rendez-vous Libyen

De même que mon ami Alboss, je souhaiterais aborder ou réaborder quelques uns de mes sentiments vis-à-vis de la situation.

Tout d’abord, le pessimisme des Français. il suffit de parcourir les sites des principaux quotidiens français, ou la Blogosphère, pour réaliser à quel point les Français ont d’ors et déjà adopté une attitude parfaitement pessimiste, voire défaitiste. Nous ne serions pas capable de vaincre Kadhafi, nous n’aurions pas de bons avions, notre armée serait mauvaise, nous nous embourberions forcément… Parfois, voire souvent, les commentaires virent délibérément au cynisme, et voilà que nous n’interviendrions en Libye uniquement pour le pétrole, le gaz, voire la cote de popularité du Président de la République. La deuxième ou la troisième puissance militaire du monde pourrait être vaincue par les 20 avions arriérés de Kadhafi ? Et que vaut cette comparaison abjecte avec la Guerre en Irak, qui n’a rien de comparable, ni le prétendu mobile de départ (armes de destruction massive), ni le même but, ni le même déroulement, ni la même initiative, ni la même légitimité multilatérale ? A vouloir jouer les historiens en herbe, et à tenter des rapprochements hasardeux pour s’enorgueillir d’une culture historique et d’une prétendue profondeur de vue, on sombre dans l’amalgame ridicule.

Mais ce défaitisme français n’est pas nouveau, et on pourrait, nous aussi historiens en herbe, en faire remonter les premiers signes à la Seconde Guerre Mondiale. Notre mythe du déclin, présent dans tous les esprit, et décliné après chaque refrain sur la « criiise » trouve ici une parfaite caisse de résonance. Toute foi dans l’avenir semble éteinte, toute foi dans l’influence de la France semble disparue. Et c’est avec cet état d’esprit que les Français veulent construire la France de demain ? A trop vouloir voir venir le déclin, on finit par l’obtenir, et le déclin psychologique d’une Nation entraîne nécessairement son déclin réel.

Si ce n’est pas nouveau, les preuves n’en finissent pas moins de se multiplier : à voir les près 60% d’abstention lors du Premier Tour des Cantonales, on peut légitimement penser que les Français n’ont plus rien à foutre de cette démocratie, pour laquelle tant de peuples se battent et au nom de laquelle ils meurent.

Pourtant, la France ressort grandie de l’actuelle intervention. Qui aurait pu penser que la France, ce « vieux pays » de la « vieille Europe » aurait pu réussir à mettre en branle en quelques jours une communauté internationale sclérosé et passive, qui assistait au massacre de la population libyenne sans savoir quelle attitude adopter ? La voix de la France compte encore dans le monde, peut-être encore plus que dans un passé récent. Elle joue un rôle moteur, un rôle de guide. Elle est capable de monter avec le soutien de la seule Grande Bretagne, une coalition, et de franchir tous les obstacles qui se posent face à elle. Elle a réussi à légitimer son intervention par la décision de l’ONU, et le soutien de la Ligue Arabe (jusqu’à présent). Je dois avouer que la veille du vote à l’ONU, moi même, je n’avais plus aucun espoir que la situation puisse se retourner en faveur des insurgés. Belle leçon de volonté politique.

Qu’aurait retenu l’Histoire si, à l’image de ce qui s’est passé en Yougoslavie, l’Europe était restée impuissante et aveugle face à un nouveau massacre en cours à sa périphérie directe, chez l’un de ses proches voisins ? Nous aurions traîné le boulet de notre inefficacité pour au moins une vingtaine d’années, tout comme nous gardons encore les stigmates de notre culpabilité à l’égard de la Yougolasvie depuis les années 1990. Hélas, l’Union Européenne n’a pas joué un rôle moteur, encore moins la diplomatie européenne. Quoi qu’il en soit, et à défaut de mieux, je considère que lorsque deux puissances européennes de premier ordre comme la France et la Grande Bretagne agissent de concert pour agir, c’est l’Europe toute entière qui sort grandie de cette coopération militaire annoncée depuis le mois de novembre. S’il faut un moteur pour propulser l’Europe, c’est une bonne chose que de le voir à l’œuvre malgré toutes les entraves (pour ne pas dire les boulets).

C’est dans l’action commune, le rayonnement politique, diplomatique, voire militaire, encore davantage que dans sa puissance normative, que l’Union Européenne construira son identité et son unité. Si ce n’est pas évident, gageons que l’avenir nous engagera dans cette voie, à la suite des Nations les plus ambitieuses.L’essentiel est que l’Europe ait été entraînée dans l’action. Et qu’elle montre aujourd’hui la preuve qu’elle peut s’exprimer militairement sans le soutien de l’OTAN, et avec un soutien mineur de l’armée américaine.

Comme lors de la crise géorgienne, Nicolas Sarkozy a démontré ses talents de leader sur la scène internationale. Non, « le roi n’est pas nu » , non, ce n’étaient donc pas que des discours en l’air, désolé pour l’opposition. Il est insupportable de constater que ce sont souvent les mêmes qui critiquaient la passivité de la France dans les Révolutions Arabes qui s’en prennent aujourd’hui à son leadership dans la question, et les mêmes qui étaient prêt à se lamenter sur le sort du peuple libyen qui semblent aujourd’hui les plus timorés vis-à-vis de notre intervention (même avec de mauvais arguments). Lorsque Sarkozy a un train de retard au sujet de la Tunisie ou de l’Égypte, on met en avant son incompétence. Et lorsqu’il est en avance sur bien des dirigeants de la planète à propos de la Libye, on suggère que son réel objectif ne soit que de remonter dans les sondages. Mais que veulent les Français ? Combien de temps resteront-ils coincés entre leur volonté de rayonner, et de défendre la démocratie, et leur manichéisme viscéral à l’égard de Nicolas Sarkozy ?

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La position de l’Allemagne dans cette affaire me paraît consternante. Une fois encore, comme pour la Grèce, Merkel donne la preuve de son manque de vision politique, et de son court-termisme caractéristique. Une fois encore, elle ne pense qu’à la réaction de son opinion publique, à l’approche d’élections. Est-ce l’importance de la communauté turque en Allemagne qui l’a incitée à cette passivité comme l’imagine le Causeur ? Dommage, c’est une occasion de ratée pour l’Allemagne. Quant aux oppositions de la Russie (qui n’hésite pas à envahir la Géorgie avec ses tanks sans le moindre aval onusien, et massacre les Tchétchènes en toute insouciance), de la Chine (dont on connaît la politique au Tibet, et à ses frontières), voire du Vénézuela, par la bouche de Chavez, grand ami de Kadhafi, et de l’Iran, elles sonnent comme autant de légitimations de notre intervention. S’ils s’y opposent, c’est que nous avons sans doute raison de la mener. Ne parlons même pas de l’opposition du FN, voire du Front de Gauche.

Et quand je vois les drapeaux français flotter sur Benghazi, je me dis qu’une victoire des insurgés nous assurerait des relations particulièrement chaleureuses avec la Libye dans l’avenir. Car les Libyens n’oublieront pas ceux qui ont été là pour eux. Et la France, comme l’Europe, doivent apprendre à se préoccuper de leur périphérie immédiate, et de l’interface méditerranéenne, en instituant, dans la lignée de l’Union Pour la Méditerranée, de fructueux partenariats, et une coopération renforcée.

C’est peut-être stupide, mais en ce moment, je suis drôlement fier d’être Français.

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Élan de générosité

Je me contenterai aujourd’hui d’un court billet, afin d’apporter ma modeste pierre à l’édifice de la solidarité, et de participer à cette opération « 1 billet publié = 10 repas offerts » . Non, je ne fais pas partie de ces grincheux qui crachent allègrement sur la générosité privée qu’il ne considèrent que comme l’alibi de la générosité publique. J’ai compris depuis longtemps que l’État ne peut pas tout, et que compter sur chaque individu pour alléger le fardeau de ceux parmi nous qui sont en difficultés est autant voire plus sain que de ne compter que sur l’État providence.

Comme quoi, on peut être libéral et avoir un cœur, être de droite et ne pas abhorrer les pauvres, être moi et ne pas faire d’articles de douze pages pour ne rien dire. Et on peut même être de gauche, intolérant, et peu généreux (ok, c’est juste de la provocation gratuite ;-)).

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En savoir plus.

En passant, je tiens à rassurer nos quelques lecteurs que je ne suis pas décédé, et que la faible fréquence actuelle de publication n’est due qu’à mon pauvre sort d’élève de Terminale en pleines révisions de Bac Blanc. Mais je reviendrai, rassurez-vous (ou sortez les mouchoirs). En attendant, je vous renvoie à mes suggestions d’articles : je trouve qu’il y en a de très bons, en ce moment (ne ratez pas cet article sur l’Euro, et puis celui-là, aussi, ainsi que cet article qui fait mentir les sondages, cette dénonciation de l’hypocrisie socialiste vis-à-vis des dictateurs, et surtout,  cet article écœurant et renversant sur Staline et la famine en Ukraine…) , ainsi qu’à la lecture de Xerbias, qui consacre un article aux Mémoires de Blair, par le truchement duquel il tente un parallèle avec le personnage de Winston Churchill.

Ah, et je ne parlerai pas de DSK. Je ne peux décidément pas le blairer (je ne suis pas le seul), et je trouve que certains sont un peu trop impressionnés (d’autres pas). ;-)

Bonnes vacances à ceux qui sont en vacances, et bon courage aux autres !

Les Français aiment l’Euro !

C’est l’Hérétique qui me faisait découvrir cette enquête IFOP : les Français plébiscitent l’Euro, au détriment du Franc. Ô joie ! Lire la suite

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