No Pasaran

Ainsi, des zouaves fondamentalistes n’ont pas trouvé mieux que de détruire les locaux de Charlie Hebdo, tout en piratant son site.

La liberté d’expression n’est pas négociable.

Je n’apprécie pas spécialement Charlie Hebdo, je le lis rarement, je le trouve souvent vulgaire, pas drôle, moyen… Mais comme (n’) a (en réalité, pas) dit Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.« 

Quoi qu’il en soit, la liberté d’expression mérite d’être défendue. No pasaran ! Ils ne nous impressionnerons pas. Ils n’imposeront pas leur censure sur ce pays. Je souhaite bon courage aux équipes de Charlie Hebdo pour se relever, au plus vite. J’espère que les abrutis qui ont fait ça seront sanctionnés et puni de manière exemplaire. Les crimes et dégradations visant à intimider ou censurer, entravant la liberté d’expression doivent être sanctionnés aussi lourdement que possible. A chaque fois que la liberté d’expression est atteinte, ce sont nos valeurs qui en pâtissent et reculent.

Ne cédons pas un pouce de terrain au chantage et à la violence. Le plus drôle malgré tout, c’est qu’en croyant nuire à Charlie Hebdo, ces crétins lui ont fait une pub inespérée et formidable. Bien fait pour leur gueule, en somme.

En France comme ailleurs, on DOIT pouvoir rire de tout. Je laisserai le dernier mot à Pierre Desproges, qui, s’il était encore vivant, hélas, les rendrait tous fous, ces foutus intolérants…

S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P.D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot.

Une réforme libérale de l’enseignement

Toute la classe politique s’accorde sur un point : la nécessité de gagner les élections de réformer l’éducation. Tout le monde a ce mot à la bouche, et à l’heure où les socialistes jouent entre eux à la surenchère de moyens financiers que nous n’avons pas, il était temps de démontrer (ou tout au moins d’essayer) que le niveau de l’enseignement apporté à la jeunesse ne dépend pas que des moyens. D’ailleurs, il convient de noter que la République Tchèque, qui dépense moitié moins d’argent par élève pour l’enseignement que nous, reccueille des résultats à peu près aussi bons (ou aussi mauvais, c’est selon), que la France.

Certes, tous parlent de réforme, mais si toutes ont échoué jusque là (quand elles ont franchi le barrage des syndicats), c’est peut-être aussi un problème de méthode. Tout comme Hayek dénonçait la « présomption fatale » des Etats, lorsqu’ils pensent pouvoir maîtriser l’économie et la société d’en haut, il est sans doute légitime de dénoncer la « présomption fatale » de ceux qui pensent que le système éducatif peut s’imposer d’en haut, sans tenir compte des particularismes individuels, et qu’un équilibre parfait pour chacun peut se déterminer par de simples palabres au sommet de l’Etat, entre pédagolologues. Une fois encore, le pays serait bien inspiré de se pencher sur les solutions libérales à ce problème.

Lorsqu’un rythme, ou une méthode éducative quelconque est imposée d’en haut, et si elle échoue (prenons l’exemple tristement célèbre de la méthode globale dans l’apprentissage de la lecture), ce sont des générations d’élèves qui en pâtissent, avant que l’État, qui défendra mordicus son idée initiale, ne reconnaisse son erreur, et ne se consacre à une réforme. Tous les délais sont rallongés. Si chaque établissement était en mesure de choisir ses propres formules pédagogiques (notamment, dans notre cas, entre les différentes méthodes d’apprentissage de la lecture), et qu’il en devenait responsable (car libre), les meilleures méthodes finiraient par se diffuser et être imitées, tandis que les méthodes qui échouent disparaitraient d’elles-mêmes, comme par sélection naturelle. Dans un pareil système, la méthode globale aurait disparu bien plus rapidement, et des méthodes novatrices de pédagogie seraient sans doute apparues, grâce à la créativité de telle ou telle équipe professorale, qui aurait fait « école » . L’autonomie des établissements scolaires permettrait des expérimentations continues, spontanées, révèlerait les techniques qui fonctionnent, et éliminerait rapidement les autres, sans intervention étatique, et permettrait en outre une plus grande souplesse dans l’adaptation à la situation de chaque établissement (un collège de banlieue a sans doute besoin de plus d’heures de Français qu’un collège du XVIe arrondissement de Paris).

La solution passe donc, à mon sens, par l’autonomisation (pardon). Chaque établissement scolaire serait libre d’adapter son enseignement, ses options, ses nombres d’heures par matière, ses méthodes pédagogiques, à sa situation et à sa philosophie. Cette stratégie serait déterminée par le chef d’établissement, non plus simple agent administratif, mais véritable chef d’orchestre, associé à un « Conseil d’Administration » auquel seraient associés les représentants de l’administration, des professeurs, des parents d’élèves, et des élèves eux-mêmes (à partir du lycée), idéalement élus par ceux qu’ils représentent, chaque année.

De fait, le chef d’établissement aurait les mains libres en ce qui concerne le recrutement de son équipe enseignante (selon ses objectifs). Les professeurs travailleraient plus facilement en équipe, partageraient des objectifs etc. Les conseils d’administration seraient maîtres de la stratégie pédagogique de l’établissement : nombre et répartition des heures de cours, rythmes scolaires, formes d’évaluation des élèves, enseignements optionnels…

Bien sûr, ce système de « sélection naturelle » n’a de sens que si les parents d’élèves sont libres de privilégier telle ou telle stratégie, donc de choisir l’établissement de leur choix pour leurs enfants. Ce qui implique l’élimination totale de la carte scolaire, voire même de favoriser la mise en place d’internats partout où cela est possible (les internats d’excellence seraient ainsi généralisés). En outre, le financement des établissements serait proportionnel au nombre d’élèves qu’ils sont capables d’attirer par leur excellence ou les services qu’ills offrent. C’est tout l’avantage du système du « voucher » , ou chèque éducatif. Même si chaque établissement continuera à être financé directement par l’Etat, la plus grande partie de ses financements dépendra du nombre d’élèves qu’il accueille. Chaque parent disposera d’un « chèque éducation » financé par l’Etat, pour chacun de ses enfants, qu’il donnera à l’établissement de son choix, où l’enfant sera accueilli.

L’administration de l’Éducation Nationale pourra être considérablement simplifiée. L’État n’imposant, non plus tous les programmes, mais uniquement des « objectifs cadres de savoirs et compétences » de fin de cycle, les inspections deviendront moins systématiques. Il est parfaitement inacceptable qu’une grande partie du budget de l’Education Nationale soit absorbé par les « impératifs » administratifs.

Dans la même lignée, le Bac tel qu’il existe aujourd’hui sera supprimé, ne serait-ce que pour des raisons économiques, mais pas que (se référer à mon précédent article à ce sujet). Chaque établissement organisera son contrôle continu, qui vaudra pour 50 à 75% de la note finale. Le reste consistera en une double épreuve nationale allégée (afin d’assurer un équilibre de compétences nationalement requises, à partir des objectifs cadres), en décembre et juin. L’examen serait organisé dans les établissements, par les établissements des élèves soumis à l’épreuve, afin d’économiser sur les exorbitants frais d’organisation. En somme, l’examen sera désacralisé, et l’organisation ne devrait pas être beaucoup plus lourde que celle d’un contrôle classique, à la différence près que tous les élèves de France le passent en même temps, avec le même sujet.

Il est envisageable d’instituer aussi une prime au mérite pour les enseignants exemplaires. Mais quel mode d’évaluation ? Chacun sait que les inspections ne veulent pas dire grand chose, puisque non-inopinées. N’importe qui est capable de sembler compétent pendant une heure ou deux (même Cécile Dufot, c’est dire). Le chef d’établissement semble le mieux placé pour être juge. Mais ces primes devront rester confidentielles, afin de préserver un semblant d’ambiance au sein des salles de profs. Pour avoir un témoignage de la qualité d’un professeur, surtout au niveau lycée, une bonne solution serait peut-être l’évaluation des professeurs par les élèves, anonymement, par voie informatique. Je sais, ce système peut sembler très choquant, et j’en suis parfaitement conscient. Cependant, contrairement à ce qu’on peut imaginer, par expérience, je sais que tous les lycéens, des plus intellos aux plus cancres, sont parfaitement capables d’un jugement objectif sur la qualité d’un professeur. Ce n’est pas son caractère qui serait jugé, mais sa pédagogie, sa capacité à se faire respecter, et a qualité de ses cours. N’importe quel lycéen sait faire la différence entre le prof passionné qui bosse 3 à 4 heures par jour sur ses cours, pour enrichir ses diapo, transmettre une passion, et préparer ses élèves au mieux, et le prof qui recycle ses vieux cours écrits il y a 30 ans, et lus sur un ton monocorde. Il ne faut pas sous-estimer l’intelligence de nos jeunes. Bien évidemment, je le répète, ces notes devraient rester anonymes, et le chef d’étabissement ne recevrait que les moyennes pour chaque professeur, afin de faciliter et moduler ses jugements sur des professeurs qu’il ne peut juger que de l’exérieur. L’occasion, peut-être aussi, d’intervenir discrètement auprès d’un professeur mal considéré, afin de désamorcer le problème. En aucun cas les notes ne seraient transmises aux professeurs. Ca ne doit être et rester qu’un outil permettant au chef d’établissement de récompenser les professeurs exemplaires, qui méritent largement plus d’attention et de reconnaissance. Cela dit, si cette suggestion semble trop délicate à mettre en place, on peut l’oublier. Elle est loin d’être essentielle.

Pour le reste, par contre, le temps presse. Il est grand temps d’aborder le sujet, d’en discuter, et de changer de méthode d’approche. Vous pensez peut-être que les Français ne sont pas favorables à ces changements ? Que nenni ! Alternative libérale diffuse cette enquête intéressante qui montre que 75 à 85% des Français approuvent ces réformes inspirées du libéralisme.

1. Diversification des types d’écoles :
« DEFAVORABLE »26%*  –   « FAVORABLE » 74%*

2. Renforcement des pouvoirs des directeurs d’établissements scolaires :
« OPPOSE» 13%  –  «FAVORABLE» 87%

3. Recrutement par le chef d’établissement de l‘équipe de professeurs :
«DEFAVORABLE  »19%  –   «FAVORABLE » 81%

4. Réelle possibilité pour les parents de choisir l’école de leurs enfants :
« DEFAVORABLE » 19%  –   «FAVORABLE  » 81%

5. Mise en place d’un système de financement de la scolarité pour chaque famille : bon scolaire, ticket scolaire,  chèque éducation, crédit d’impôt…
«DEFAVORABLE »26%  –  «FAVORABLE » 74%

Opinion des Français : sondage IFOP juin 2010

J’ai sans doute oublié une foule de détails que j’aurais aimé évoquer avec vous, mais l’essentiel à retenir est peut-être qu’en réalité, les Français souscrivent au Libéralisme quand celui-ci ne dit pas son nom. Mais personne n’ose s’engager en sa faveur. Pourtant, tout le monde est gagnant, dans ce système : les élèves, en premier lieu, les parents, aussi, qui peuvent choisir le type d’enseignement qu’ils souhaitent pour leurs enfants, les chefs d’établissements, et même les professeurs, responsabilisés, autonomes, libres, et récompensés pour leur mérite. Etonnant, non ?

Punie pour avoir porté une jupe trop courte

L’information commence sérieusement à dater, mais je ne puis m’empêcher de la relayer ici.Pour reprendre les termes d’Europe1,

Une élève de 6e a été contrainte de porter une blouse toute la journée pour cacher ses jambes. Elle a été sanctionnée à cause de sa jupe. (…) La raison ? Sa jupe a été jugée trop courte – au-dessus du genou – par la surveillante principale du collège Gérard-Philippe de Villeparisis, en Seine-et-Marne, mais aussi contraire au règlement de l’établissement. (…) Le règlement intérieur du collège n’interdit pourtant pas le port de jupes arrivant au-dessus du genou. Il n’impose qu’une tenue « décente masquant les parties intimes et les sous-vêtements ». (Lire la suite sur Europe1.fr)

Je crois qu’on aura tout vu. D’après les quelques informations que j’ai pu trouver, il s’agirait, en plus, d’un collège public.

Je ne m’appesantirai pas sur le zèle de l’administration de ce collège en soi, même s’il semble bien qu’il y ait un peu d’exagération dans la manière dont elle applique son règlement intérieur, ni même sur l’inégalité de traitement entre garçons (qui portent allègrement des pantalons laissant entrevoir leurs sous-vêtements) et filles, et notamment dans la mesure où l’injustice est réciproque (notamment lorsque les t-shirts sans manches sont interdits pour les garçons, et les débardeurs autorisés pour les filles).

J’aimerais plutôt revenir sur le principe de punir un élève parce qu’il porte une jupe trop courte. Bon, évidemment, je ne dis pas d’autoriser n’importe quelle tenue. Mais ici, nous ne sommes clairement pas dans quelque chose de fortement intolérable. Après tout, quel est le rôle de l’école ? Il est d’instruire. Et non pas d’éduquer. Il y a une grave erreur sémantique dans le fait d’appeler « Ministère de l’Éducation Nationale » le ministère chargé d’encadrer l’instruction des enfants. Instruire relève de l’école, éduquer relève des parents. Confondre le rôle de l’école avec celui des parents est la porte grande ouverte vers tous les abus qui compliquent la tâche des professeurs, face à la démission parentale. Ce sont les parents qu’il faut responsabiliser. Ce n’est pas à l’école de dire à ses élèves comment ils doivent s’habiller.

Si les parents acceptent que leur fille puisse s’habiller de la sorte, dans la limite de la décence, l’école n’a pas à s’immiscer. C’est aux parents d’éduquer leurs enfants et de définir les limites qu’ils jugent acceptables pour eux.

L’école est donc là pour instruire (je me répète ?). Que l’élève porte une jupe au-dessus ou en-dessous du genou ne changera rien à l’aptitude de l’élève à apprendre et réussir. Si c’est une bonne élève, elle réussira, et donnera satisfaction, quelle que soit la jupe qu’elle porte. Si c’est une élève en échec scolaire, une jupe plus longue n’y changera rien. Et c’est bien sur le niveau de l’élève que l’école est habilitée à agir.

Régulièrement, on entend revenir certains arguments nauséabonds, selon lesquels, si je me permets de légèrement caricaturer, les vêtements trop « légers » seraient une provocation, et augmentent les risques de viol et autres. Et alors ? Faudrait-il que les femmes sortent dans la rue en burqa pour ne surtout pas susciter des pulsions chez quelques pervers ? Bientôt, on nous expliquera très tranquillement qu’en cas de viol, c’est la jeune fille qui en est victime qui en porte aussi la responsabilité, pour avoir provoqué visuellement son agresseur. Non. Une femme doit pouvoir s’habiller comme elle le souhaite, sans être culpabilisée, et même jeune, dans la mesure où ses parents l’acceptent. Tout comme le possesseur d’une Ferrari ne provoque pas le vol en ayant une voiture trop attirante, et n’est pas obligé de se déplacer en Twingo.

Et ne parlons pas de l’uniforme. Cette aberration. Rien de plus triste, de plus conformiste, de plus compassé que le port de l’uniforme, et il n’est pas spécialement révélateur d’une société très ouverte. Je n’aime pas toutes ces tentatives d’uniformisation, même chez les jeunes. Chacun est en droit d’affirmer son individualité, sa particularité. Chacun est libre de se différencier.

L’école n’a donc pas à se mêler de mode. Ou alors, il faut changer de système. Il faut partir du principe que chaque établissement, privé comme public, fixe ses propres règles, gagne en autonomie. Mais dans ce cas là, il faut aussi que les familles soient totalement libres de choisir l’établissement de leur choix en comparant les différents modèles proposés. Ce principe rejoint l’idée des « vouchers » : chaque famille se verrait attribuer un « chèque » lui permettant de choisir et de financer entièrement la scolarité de leurs enfants dans l’établissement de son choix. L’école reste gratuite, mais ce sont les familles, par leurs choix, qui font émerger les modèles et choix pédagogiques les plus performants. Et les établissements sont financés à la hauteur du nombre d’élèves qu’ils attirent. Chacun d’entre eux serait ainsi incité à faire mieux que les autres, à innover, et à trouver les meilleurs choix de méthodes d’instruction. Il y aurait alors vraiment le choix, pour les familles, comme pour les écoles. Et dans ce cas, si certains établissements veulent interdire les jupes, c’est leur droit le plus strict…

En attendant, par pitié, n’arrêtez pas la liberté des uns tant que ne commence pas celle des autres.

%d blogueurs aiment cette page :