En bref – le plus froid de tous les monstres froids

Je vous recommande la lecture de ce témoignage poignant publié par Atlantico. Il s’agit de l’histoire d’une vieille femme mourante et de son mari, ancien médecin, qui illustre de façon touchante et révoltante toutes les dérives et toute l’inhumanité du système de santé français, qui ne sait se montrer efficace ni du point de vue financier, ni du point de vue humain.

Quand on sait que la France est vice-championne du monde des dépenses de santé par habitant, il y a de quoi s’interroger.

Une machine étatique, bureaucratique et politique a voulu bâtir, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une Santé Publique toujours plus égalitaire, toujours plus large, toujours plus républicaine, toujours plus normalisée…jusqu’à construire aujourd’hui « le plus froid de tous les monstres froids« , pour paraphraser Nietzsche.

L’avalanche de commissions, l’avalanche de normes et de bonnes pratiques, censées améliorer en continuité la qualité des soins et de l’accueil, n’a fait que déshumaniser sans cesse un système, le dépersonnaliser, tout en le ruinant financièrement. Ce système a perdu depuis longtemps de vue ce qui devrait être son principe de base, et je ne parle même pas des principes d’Hippocrate … mais simplement du bon sens, de la civilité, de l’empathie.

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Your argument is invalid

Quelles que soient les propositions balancées par Sarkozy et par ramettes de 12, le seul, le principal, voire l’unique argument de ses opposants est le suivant : « Mais euh pourquoi il ne l’a pas fait depuis 2007 vu qu’il est le Président ??? » . En fait, Sarkozy propose X’, et ses adversaires rétorquent en disant qu’il n’avait pas fait X ou X’ ces 5 dernières années.

Dans ce cas, si on part du principe que le Président doit avoir tout fait, tout réalisé, en 5 ans, pourquoi donc proposer un 2e mandat aux présidents en exercice ? C’est absurde ! Il ne s’agit pas, loin de là, de défendre les âneries avancées par Sarkozy à longueur de semaines (du reste, ses adversaires font pas mieux ou pire). Cependant, les Marine, François I, François II, Jean-Luc et autres feraient mieux de trouver d’autres arguments.

En particulier, François Hollande devrait faire attention. En cas de victoire, et s’il prévoit de se re-présenter en 2017, il a intérêt à venir sans le moindre programme, et en affirmant qu’il a déjà tout réalisé avec brio. Ce serait pour lui le seul moyen d’être cohérent avec son « l’avait qu’à le faire avant » de 2012.

Cette campagne est consternante.

Con-lectif Roosevelt 2012

Si vous avez eu le plaisir de feuilleter la presse gratuite ces derniers jours, vous avez peut-être eu le malheur d’entendre parler du Collectif Roosevelt 2012.

Rien que le nom devrait faire peur à tout libéral qui se respecte. Prendre pour référence un président démocrate qui a appliqué de désastreuses mesures de relance keynésiennes de poudre aux yeux, c’est triste. D’ailleurs, au milieu d’un article gluant de connivence, un encadré de Metro rétablissait un semblant d’équilibre, en avouant que les politiques de Roosevelt eurent un effet au mieux très moyen sur l’économie américaine, mais étaient simplement restées comme un SYMBOLE POPULAIRE. Comprenez : une légende mensongère au possible.

Pourtant, Metro tente de nous rassurer. Il paraît que le collectif rassemble des personnalités de tous horizons, et que leurs propositions doivent transcender la droite et la gauche. Et là, si vous regardez la liste des membres du collectif, vous réalisez à quel point vous vous faites enfumer. « Tous horizons », « droite et gauche » … VRAIMENT ? Stéphane Hessel, Edgard Morin, Bruno Gaccio, Michel Roccard, Lilian Thuram, c’est la droite ultralibérale échevelée ? C’est l’équilibre droite/gauche dans toute sa splendeur ? De qui se moque-t-on ? La Fondation Danièle Mitterrand, le Conseil National du PS, un Conseiller Régional du Front de Gauche, ça transcende les clivages ? DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Et puis ce n’est pas tout… En terme de propositions révolutionnaires, on est servis ! Que du lourd, du vu, du revu, et du contre-productif.

Déjà, bien sûr, il y a l’idée d’offrir de l’argent gratuit aux États, via des emprunts à taux d’intérêt quasi nul. On a un problème de dette ? Offrons de l’argent gratuit, on règlera le souci. D’ailleurs, il suffit de demander à la BCE de faire tourner les rotatives en accéléré, pour imprimer des tonnes de jolis billets. ET POUF ! Plein d’argent. Comment n’y a-t-on pas pensé avant ? Consternant…

On continue dans du neuf et de l’original avec l’idée d’un nouvel impôt européen sur les sociétés. Comme les impôts précédents avaient déjà fait peser un poids fiscal hors-normes sur nos citoyens, notre économie, et nos entreprises, il suffit de continuer sur cette belle voie, afin d’asphyxier notre restant de croissance. TAXE-TAXE-TAXE, voilà le credo révolutionnaire des amis de Roosevelt.

La lutte contre les paradis fiscaux est aussi quelque chose de nouveau et clinquant. D’ailleurs, c’est connu, personne n’en a parlé jusque là. Nous sommes dans la droite ligne de la proposition précédente : après avoir transformé l’Europe en enfer fiscal, la suite logique est de s’attaquer aux paradis fiscaux.

Autre idée révolutionnaire déjà entendue un bon millier de fois : séparer banques d’affaires et banques de dépôts… Pourquoi pas, je ne prétends pas exceller dans la maîtrise de ce domaine, et il me semble même que Charles Gave, qui n’est pas la moitié d’un con, suggère à peu près la même chose. Maintenant, il me semble aussi que les banques qui ont causé le désastre de la Crise appliquaient déjà ce principe. Pas la panacée, donc.

Taxer les transactions financières. Sarkozy et Merkel y sont favorables. Rien de nouveau sous la tempête, donc. Et encore, nous ne reviendrons pas sur les effets délétères de ce système que la Suède a adopté avant de l’abandonner, et dont nous aurons vite fait de réaliser l’échec une fois que nous l’aurons mis en oeuvre. En même temps, actuellement, nos riches partent en Suisse, nos entrepreneurs partent à Londres, et les autres essayent la Belgique. Bientôt, il n’y aura plus rien à taxer. Ce sera la plus grande de nos victoires.

Déclarer la guerre au dérèglement climatique. Ça se passe de commentaire, non ?

Enfin, l’idée la plus géniale du lot est celle d’aller plus loin dans le partage du temps de travail. On frôle le loufoque avec béatitude. L’idée neuve du Collectif est donc de continuer dans une vision du marché du travail qui a conduit aux 35 heures, et aux taux de chômage astronomiques que nous connaissons ? Pourquoi persister à voir le marché du travail comme un gros gâteau de taille fixe ?

En somme, ne vous fiez pas aux apparences. Rien de nouveau, aucune idée neuve,  aucune trouvaille révolutionnaire… Du socialisme, encore, toujours, et dans la joie ! Du dirigisme, toujours plus loin, toujours plus fort !

PS : J’ai écrit cet article ce matin, et depuis, j’ai lu l’article d’Hashtable à ce sujet. Inégalable. Je vous le recommande chaleureusement. ;-)

10 bonnes raisons de voter François Hollande

Sollicité par Val’ et l’Hérétique, je réponds ici à une chaîne visant à trouver 10 raisons « de ne pas voter Flamby » . Mais je trouve nettement plus drôle (esprit de contradiction, anarchie) de vous donner 10 très, très bonnes raisons de voter Babar. Lira en filigrane qui pourra…

  1. Si François devient Président, on nous servira du « care » , du sirupeux, du carton pâte, et le décor qui cache notre totale déchéance sera sans doute très esthétique et maternant, pendant que notre gentil capitaine de pédalo (et c’est pas moi qui le dis) ramera.
  2. Si François devient Président, on sabotera enfin l’un de nos derniers succès technologiques, le nucléaire, et il était temps, puisque nous sommes peut-être sur le point de trouver comment produire 1000 ans d’énergie simplement en recyclant nos déchets accumulés (malheureusement, je ne trouve pas la source papier que j’ai lue sur Internet, mais j’approfondirai mes recherches, promis), et on rejoindra enfin nos amis allemands dans notre course à la pollutions écolo-responsable des centrales à charbon.
  3. Si François devient Président, la droitosphère va pouvoir enfin s’amuser et se venger de toutes les turpitudes qu’elle a subi à force de passer pour l’avocat du diable.
  4. Si François devient Président, il est possible que les Libéraux comprennent que le PS est encore plus désastreusement socialiste que l’UMP.
  5. Si François devient Président, il est même possible que l’UMP, pour se distinguer de la bouillie socialisante qui se profile, soit obligée de s’ouvrir à ces idées bizarrements sous-exploitées dont regorge le Libéralisme.
  6. Si François devient Président, on sera certains que les grands sommets et accords internationaux seront gérés avec autant de maestria que l’accord avec Europe Eco-lol-gique.
  7. Si François devient Président, les Français auront enfin ce qu’ils ont tant réclamé : un président moyen donc forcément médiocre, mou et sans caractère, après l’hyperactif Sarkozy. On va tous gentiment se reposer les méninges en regardant le pays couler.
  8. Si François devient Président, je me délecterai à le voir tenter de ménager la chèvre du pragmatisme budgétaire et le chou de sa gauche, pendant que cette même vrai gôche se réveillera, en réalisant que François mène peu ou prou la même politique que Sarkozy, en peut-être plus hypocrite, tandis que notre chère intelligentsia gaucho-médiatique et illibérale se contorsionnera de façon formidâââble (comme dirait notre éternel ministre de la boboïtude culture).
  9. Si François devient Président, les réactions de la gauchosphère seront sans doute captivantes à suivre, de même que la stabilité de l’inévitable majorité nébuleuse du précaire rassemblement d’entre-deux-tours antisarkozyste (et dont l’antisarkozysme est le seul liant), pendant que la droite récupèrera toutes les collectivités locales, qui tomberont aussi vite que la cote de popularité de François.
  10. Si François devient Président, surtout, et c’est le plus drôle, Sarkozy a toutes ses chances pour 2017, et vraiment, ce serait le plus beau retour de manivelle de toute l’histoire de la Ve République.

D’ailleurs, toute cette histoire de campagne socialiste commence déjà sérieusement à sentir le brûlé. La sentez-vous venir, cette familière odeur de cramé et de ségolénitude, amis socialistes ?

Après cette note de légèreté, je profite de cet article pour m’étonner des propos de l’Hérétique sur l’un de ses derniers articles, qui m’ont considérablement surpris. Mettre sur le même plan le « j’aime pas les riches » de François (qui en fait partie, singulière schizophrénie…) et la lutte contre la fraude de Nicolas, c’est pour le moins bizarre, à mon sens. Enfin, quoi. Je préfère largement vivre dans un pays de riches que dans un pays de fraudeurs. Un pays de riches est rarement moins viable qu’un pays de fraudeurs (demandez aux grecs, dont c’est malheureusement l’un des sports préférés, btw). Alors, certes, ce n’est pas LA cause de notre situation désastreuse. Mais si quelqu’un, qui qu’il soit, tente de trouver LA cause de tous nos malheurs, je lui souhaite bon courage, tant la merde actuelle est le résultat complexe et minutieusement préparé d’un nombre remarquable de tares nationales. Est-ce une raison pour ne pas combattre la fraude ? Non… Est-ce injuste de stigmatiser une partie des Français ? Oppose-t-on (comme on l’entend tellement souvent à tout propos) les Français les uns contre les autres ? Pas davantage. Par contre, là où il y a injustice, là où on oppose les Français entre eux, c’est quand on tolère que les uns payent pendant que les autres trichent, dans notre soit-disant pays ultra-néo-turbo-libéral (< article à lire ab-so-lu-ment). C’est comme ça que je vois les choses.

Alors comme ça, augmenter d’un jour la durée de carence pour les fonctionnaires, c’est stigmatiser ces pauvres choux ? Comment peut-on tolérer, au pays du culte de l’égalité, que la fonction publique bénéficie d’une couche indécrottable de privilèges sur le secteur privé qui le finance largement ? Passer de 0 à 1 pour le public, et de 3 à 4 pour le privé, c’est une énorme connerie. C’est là que se nichent les véritables injustices de droits et de statuts, et que l’on crée aussi de la fracture sociale. 2 et 2, un point c’est tout !

Quant à cette chaîne, je la suggère à Malaberg, Alboss, et à tous ceux qui, au-delà de ce Blog, se sentent inspirés. Je les lirai, comme toujours, avec plaisir (et comme toujours, quand j’aurai le temps). ;-)

[Malaberg] A quand le bonheur libéral ?

Ce qu’il y a de marrant, avec le libéralisme, c’est que ça ressemble à ce que fut le traitement de l’ulcère de l’estomac. Je m’explique : Avant que l’on ne découvre qu’il suffisait d’un traitement somme toute assez efficace et léger, on le soignait avec du Bismuth. Le bismuth est un élément chimique à peine toxique qui combat un peu la bactérie qui provoque cet ulcère, mais qui en contrepartie, faisait tomber toutes les dents. L’efficacité de ce machin était de plus un peu discutable. Malbehreusement pour mon grand père, il a eu un ulcère assez jeune, et on lui a donc administré des doses conséquentes de Bismuth. Comme ça ne le soulageait pas, on lui a donné encore plus de bismuth, etc.

Au final, il a trouvé des os en mangeant une banane. C’était ses dents qui venaient de se désolidariser de sa machoire…

Le libéralisme, c’est un peu  pareil. C’est sensé apporter le bohneur, ça produit de plus en plus de malheureux et de laissés pour compte, mais ses partisans n’ont de cesse de dire que c’est parce qu’on n’en fait pas assez. (ça marche aussi avec les saignées en cas de cancer : on pratique une saignée, ça ne résout rien, alors on te fait saigner encore davantage, etc.)

J’ajoute donc mon nom à cette liste : Océane, Mipmip, Agnès, SeeMee, Seb Musset, CSP, Marco, Dadavidov, Vogelsong, Intox2007, Dedalus, Christian, Bah !? By CC , Gaël, Nicolas, Jojo, Alter Oueb, Altermonde sans frontières, galuel, drclehmann, cent papiers, dalipas, une Autre vie, dada vidov, 365 mots, crêpe Georgette, Christian Lehmann, Heaven can wait, mes coups de coeur, gnaffron, Gauche de Combat, et Malaberg pour vous faire partager ce point de vue.

Bref, lettre ouverte, donc.

A l’attention de: Jean-Michel Aphatie, Jacques Attali, Christophe Barbier, Eric Brunet, Yves Calvi, Monique Canto-Sperber, Jean-François Copé, Arnaud Dassier, Sophie De Menthon, Michel Godet, Eric Le Boucher, Alain Madelin, Alain Minc, Hervé Novelli, Catherine Ney, Laurence Parisot, Jean Quatremer, Pascal Salin, Hugues Serraf, Guy Sorman, Jean-Marc Sylvestre, Pierre-André Taguieff, Yves Thréard, Agnès Verdier-Molinié, Laurent Wauquiez. 
 
Madame, Monsieur,
 
 
Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.
 
 
Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis une trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – ne sera qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exceptions profitera…
 
 
Disons le net : nous sommes sceptiques.
 
 
Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :
 
 
Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?
 
 
Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits de ces fameux « marchés » que vous défendez pourtant mordicus en dépit du bon sens.
 
 
Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.
 
 
Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général vis-à-vis duquel vos idées sont objectivement nuisibles, il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?
 
 
Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées.

No Pasaran

Ainsi, des zouaves fondamentalistes n’ont pas trouvé mieux que de détruire les locaux de Charlie Hebdo, tout en piratant son site.

La liberté d’expression n’est pas négociable.

Je n’apprécie pas spécialement Charlie Hebdo, je le lis rarement, je le trouve souvent vulgaire, pas drôle, moyen… Mais comme (n’) a (en réalité, pas) dit Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.« 

Quoi qu’il en soit, la liberté d’expression mérite d’être défendue. No pasaran ! Ils ne nous impressionnerons pas. Ils n’imposeront pas leur censure sur ce pays. Je souhaite bon courage aux équipes de Charlie Hebdo pour se relever, au plus vite. J’espère que les abrutis qui ont fait ça seront sanctionnés et puni de manière exemplaire. Les crimes et dégradations visant à intimider ou censurer, entravant la liberté d’expression doivent être sanctionnés aussi lourdement que possible. A chaque fois que la liberté d’expression est atteinte, ce sont nos valeurs qui en pâtissent et reculent.

Ne cédons pas un pouce de terrain au chantage et à la violence. Le plus drôle malgré tout, c’est qu’en croyant nuire à Charlie Hebdo, ces crétins lui ont fait une pub inespérée et formidable. Bien fait pour leur gueule, en somme.

En France comme ailleurs, on DOIT pouvoir rire de tout. Je laisserai le dernier mot à Pierre Desproges, qui, s’il était encore vivant, hélas, les rendrait tous fous, ces foutus intolérants…

S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P.D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot.

[Alboss] Comprendre la dette publique en un clic.

En ce moment, on est en mode vidéo sur ce blog. En suiviste de circonstance, je respecte le mouvement et je vous propose une vidéo que j’ai trouvé très intéressante. Elle traite de la dette publique pour nous en faire comprendre les tenants et les aboutissants en dix minutes à peine. Défi osé et, à mon humble avis de non-économiste, réussi (puisque j’ai compris). Ajoutons à cela qu’elle respecte une certaine cohérence par rapport à l’opération andouillette de Malaberg. C’est pas beau tout ça ?

A l’heure à laquelle je vous parle, certains sont attablés à Bruxelles pour sauver l’Europe dans un énième « sommet décisif » dont je souhaite de tout coeur l’échec. Il ne pourra de toute façon rien arriver de pire aux peuples européens qui souffrent de l’incompétence chronique de leurs dirigeants. Absolument rien ! Et pour ceux qui pensent que l’Europe telle que nous la connaissons et telle que nous la souhaitons n’est pas vouée à l’échec, le réveil sera rude. L’Europe court à sa perte et ces sommets ne font que retarder celle-ci.
Nico a menti, notre triple A n’est pas intouchable. La France n’est à l’abri de rien du tout et surtout pas de la récession qui va faire son grand retour dans notre pays comme dans bien d’autres. La France n’est plus qu’un pion (encore important) de l’échiquier financier européen et sera désormais pour toujours esclave de l’Allemagne qui est en train d’imposer une Europe allemande !  A défaut de pouvoir peser sur les décisions, Nico lèche les pieds à la grosse Merkel tout en ne ratant pas les bonnes occasions pour remettre en cause le résultat de son régime, ou encore de s’en prendre à plus faible que lui, David Cameron. Notre chef d’état n’a même pas l’élégance d’un bon perdant.

La pire chose qui puisse vraiment nous arriver, c’est que jeudi, après avoir bâclé le sommet de Bruxelles, Nico ne squatte pas notre soirée télévisuelle pour nous annoncer que nous devons nous préparer au sang, aux sueurs et aux larmes mais pour faire son numéro électoraliste. Il viendra surement mentir aux français une nouvelle fois, leur dire que c’est grâce à lui que l’Europe aura été « sauvée » ou encore leur faire croire à un statut intouchable de la France tout en se prosternant et se couchant avec bienveillance face aux agences de notation, et, bien sur, tapera sur les doigts de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie pour se défouler.
Qu’il vienne, qu’il nous dise qu’on va en chier, s’il en a le courage. Qu’il dise réellement ce que sera l’avenir sur le court terme pour les français (récession, chômage, appauvrissement, recul chronique du pouvoir d’achat, dégradation du niveau de la qualité de vie). Qu’il vienne, s’il en a les couilles. Qu’il vienne nous expliquer que tout le monde va devoir travailler plus pour payer les dégâts causés par une tempête dont lui et les gouvernements successifs qu’a connu le pays sont à l’origine. Qu’il vienne, s’il est un homme. Qu’il vienne nous faire culpabiliser pour des erreurs que nous n’avons pas faites !
Personnellement, je connais la réponse que je pourrais lui donner. Mais, comme je n’ai pas pour autant envie de voir passer la gauche en 2012, je m’abstiendrai.

Dans cette vidéo, il est ahurissant de constater que l’article 123 du traité de Lisbonne (prolongation naturelle de la loi du 3 janvier 73) combiné à l’irresponsabilité de nos gouvernements successifs nous ont obligés à nous endetter de 1300 milliards pour payer les seuls intérêts de nos emprunts ! Alors que sans cet article, notre dette publique serait inférieure à ce qu’elle était en 1980… Un traité de Lisbonne adopté malgré le refus des français au référendum quelques années plus tôt.

Bref, place à la projection ! Et si des économistes passent par-là, je veux bien leurs avis éclairés et éclairants, parce qu’il fait franchement sombre ici-bas.

Et maintenant que j’ai tapé sur Sarko, voyez que Hollande ne fait pas mieux… Sa réponse est elle aussi ahurissante et nous donne tellement de bonnes raisons de ne pas voter pour lui puisqu’il ne vaut pas mieux que Sarko sur ce dossier. Quitte à choisir, autant voter pour le meilleur des pires candidats. Comme je le dis depuis la fin des primaires, Hollande, quitte à être le candidat naturel de la gauche en est son candidat par défaut, mais Sarko, qui lui est le candidat naturel de la droite, sera président par défaut en 2012, pour la simple et bonne raison que la frilosité des français les empêchera de changer de capitaine en pleine tempête.

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