En bref – le plus froid de tous les monstres froids

Je vous recommande la lecture de ce témoignage poignant publié par Atlantico. Il s’agit de l’histoire d’une vieille femme mourante et de son mari, ancien médecin, qui illustre de façon touchante et révoltante toutes les dérives et toute l’inhumanité du système de santé français, qui ne sait se montrer efficace ni du point de vue financier, ni du point de vue humain.

Quand on sait que la France est vice-championne du monde des dépenses de santé par habitant, il y a de quoi s’interroger.

Une machine étatique, bureaucratique et politique a voulu bâtir, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une Santé Publique toujours plus égalitaire, toujours plus large, toujours plus républicaine, toujours plus normalisée…jusqu’à construire aujourd’hui « le plus froid de tous les monstres froids« , pour paraphraser Nietzsche.

L’avalanche de commissions, l’avalanche de normes et de bonnes pratiques, censées améliorer en continuité la qualité des soins et de l’accueil, n’a fait que déshumaniser sans cesse un système, le dépersonnaliser, tout en le ruinant financièrement. Ce système a perdu depuis longtemps de vue ce qui devrait être son principe de base, et je ne parle même pas des principes d’Hippocrate … mais simplement du bon sens, de la civilité, de l’empathie.

Your argument is invalid

Quelles que soient les propositions balancées par Sarkozy et par ramettes de 12, le seul, le principal, voire l’unique argument de ses opposants est le suivant : « Mais euh pourquoi il ne l’a pas fait depuis 2007 vu qu’il est le Président ??? » . En fait, Sarkozy propose X’, et ses adversaires rétorquent en disant qu’il n’avait pas fait X ou X’ ces 5 dernières années.

Dans ce cas, si on part du principe que le Président doit avoir tout fait, tout réalisé, en 5 ans, pourquoi donc proposer un 2e mandat aux présidents en exercice ? C’est absurde ! Il ne s’agit pas, loin de là, de défendre les âneries avancées par Sarkozy à longueur de semaines (du reste, ses adversaires font pas mieux ou pire). Cependant, les Marine, François I, François II, Jean-Luc et autres feraient mieux de trouver d’autres arguments.

En particulier, François Hollande devrait faire attention. En cas de victoire, et s’il prévoit de se re-présenter en 2017, il a intérêt à venir sans le moindre programme, et en affirmant qu’il a déjà tout réalisé avec brio. Ce serait pour lui le seul moyen d’être cohérent avec son « l’avait qu’à le faire avant » de 2012.

Cette campagne est consternante.

Con-lectif Roosevelt 2012

Si vous avez eu le plaisir de feuilleter la presse gratuite ces derniers jours, vous avez peut-être eu le malheur d’entendre parler du Collectif Roosevelt 2012.

Rien que le nom devrait faire peur à tout libéral qui se respecte. Prendre pour référence un président démocrate qui a appliqué de désastreuses mesures de relance keynésiennes de poudre aux yeux, c’est triste. D’ailleurs, au milieu d’un article gluant de connivence, un encadré de Metro rétablissait un semblant d’équilibre, en avouant que les politiques de Roosevelt eurent un effet au mieux très moyen sur l’économie américaine, mais étaient simplement restées comme un SYMBOLE POPULAIRE. Comprenez : une légende mensongère au possible.

Pourtant, Metro tente de nous rassurer. Il paraît que le collectif rassemble des personnalités de tous horizons, et que leurs propositions doivent transcender la droite et la gauche. Et là, si vous regardez la liste des membres du collectif, vous réalisez à quel point vous vous faites enfumer. « Tous horizons », « droite et gauche » … VRAIMENT ? Stéphane Hessel, Edgard Morin, Bruno Gaccio, Michel Roccard, Lilian Thuram, c’est la droite ultralibérale échevelée ? C’est l’équilibre droite/gauche dans toute sa splendeur ? De qui se moque-t-on ? La Fondation Danièle Mitterrand, le Conseil National du PS, un Conseiller Régional du Front de Gauche, ça transcende les clivages ? DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Et puis ce n’est pas tout… En terme de propositions révolutionnaires, on est servis ! Que du lourd, du vu, du revu, et du contre-productif.

Déjà, bien sûr, il y a l’idée d’offrir de l’argent gratuit aux États, via des emprunts à taux d’intérêt quasi nul. On a un problème de dette ? Offrons de l’argent gratuit, on règlera le souci. D’ailleurs, il suffit de demander à la BCE de faire tourner les rotatives en accéléré, pour imprimer des tonnes de jolis billets. ET POUF ! Plein d’argent. Comment n’y a-t-on pas pensé avant ? Consternant…

On continue dans du neuf et de l’original avec l’idée d’un nouvel impôt européen sur les sociétés. Comme les impôts précédents avaient déjà fait peser un poids fiscal hors-normes sur nos citoyens, notre économie, et nos entreprises, il suffit de continuer sur cette belle voie, afin d’asphyxier notre restant de croissance. TAXE-TAXE-TAXE, voilà le credo révolutionnaire des amis de Roosevelt.

La lutte contre les paradis fiscaux est aussi quelque chose de nouveau et clinquant. D’ailleurs, c’est connu, personne n’en a parlé jusque là. Nous sommes dans la droite ligne de la proposition précédente : après avoir transformé l’Europe en enfer fiscal, la suite logique est de s’attaquer aux paradis fiscaux.

Autre idée révolutionnaire déjà entendue un bon millier de fois : séparer banques d’affaires et banques de dépôts… Pourquoi pas, je ne prétends pas exceller dans la maîtrise de ce domaine, et il me semble même que Charles Gave, qui n’est pas la moitié d’un con, suggère à peu près la même chose. Maintenant, il me semble aussi que les banques qui ont causé le désastre de la Crise appliquaient déjà ce principe. Pas la panacée, donc.

Taxer les transactions financières. Sarkozy et Merkel y sont favorables. Rien de nouveau sous la tempête, donc. Et encore, nous ne reviendrons pas sur les effets délétères de ce système que la Suède a adopté avant de l’abandonner, et dont nous aurons vite fait de réaliser l’échec une fois que nous l’aurons mis en oeuvre. En même temps, actuellement, nos riches partent en Suisse, nos entrepreneurs partent à Londres, et les autres essayent la Belgique. Bientôt, il n’y aura plus rien à taxer. Ce sera la plus grande de nos victoires.

Déclarer la guerre au dérèglement climatique. Ça se passe de commentaire, non ?

Enfin, l’idée la plus géniale du lot est celle d’aller plus loin dans le partage du temps de travail. On frôle le loufoque avec béatitude. L’idée neuve du Collectif est donc de continuer dans une vision du marché du travail qui a conduit aux 35 heures, et aux taux de chômage astronomiques que nous connaissons ? Pourquoi persister à voir le marché du travail comme un gros gâteau de taille fixe ?

En somme, ne vous fiez pas aux apparences. Rien de nouveau, aucune idée neuve,  aucune trouvaille révolutionnaire… Du socialisme, encore, toujours, et dans la joie ! Du dirigisme, toujours plus loin, toujours plus fort !

PS : J’ai écrit cet article ce matin, et depuis, j’ai lu l’article d’Hashtable à ce sujet. Inégalable. Je vous le recommande chaleureusement. ;-)

10 bonnes raisons de voter François Hollande

Sollicité par Val’ et l’Hérétique, je réponds ici à une chaîne visant à trouver 10 raisons « de ne pas voter Flamby » . Mais je trouve nettement plus drôle (esprit de contradiction, anarchie) de vous donner 10 très, très bonnes raisons de voter Babar. Lira en filigrane qui pourra…

  1. Si François devient Président, on nous servira du « care » , du sirupeux, du carton pâte, et le décor qui cache notre totale déchéance sera sans doute très esthétique et maternant, pendant que notre gentil capitaine de pédalo (et c’est pas moi qui le dis) ramera.
  2. Si François devient Président, on sabotera enfin l’un de nos derniers succès technologiques, le nucléaire, et il était temps, puisque nous sommes peut-être sur le point de trouver comment produire 1000 ans d’énergie simplement en recyclant nos déchets accumulés (malheureusement, je ne trouve pas la source papier que j’ai lue sur Internet, mais j’approfondirai mes recherches, promis), et on rejoindra enfin nos amis allemands dans notre course à la pollutions écolo-responsable des centrales à charbon.
  3. Si François devient Président, la droitosphère va pouvoir enfin s’amuser et se venger de toutes les turpitudes qu’elle a subi à force de passer pour l’avocat du diable.
  4. Si François devient Président, il est possible que les Libéraux comprennent que le PS est encore plus désastreusement socialiste que l’UMP.
  5. Si François devient Président, il est même possible que l’UMP, pour se distinguer de la bouillie socialisante qui se profile, soit obligée de s’ouvrir à ces idées bizarrements sous-exploitées dont regorge le Libéralisme.
  6. Si François devient Président, on sera certains que les grands sommets et accords internationaux seront gérés avec autant de maestria que l’accord avec Europe Eco-lol-gique.
  7. Si François devient Président, les Français auront enfin ce qu’ils ont tant réclamé : un président moyen donc forcément médiocre, mou et sans caractère, après l’hyperactif Sarkozy. On va tous gentiment se reposer les méninges en regardant le pays couler.
  8. Si François devient Président, je me délecterai à le voir tenter de ménager la chèvre du pragmatisme budgétaire et le chou de sa gauche, pendant que cette même vrai gôche se réveillera, en réalisant que François mène peu ou prou la même politique que Sarkozy, en peut-être plus hypocrite, tandis que notre chère intelligentsia gaucho-médiatique et illibérale se contorsionnera de façon formidâââble (comme dirait notre éternel ministre de la boboïtude culture).
  9. Si François devient Président, les réactions de la gauchosphère seront sans doute captivantes à suivre, de même que la stabilité de l’inévitable majorité nébuleuse du précaire rassemblement d’entre-deux-tours antisarkozyste (et dont l’antisarkozysme est le seul liant), pendant que la droite récupèrera toutes les collectivités locales, qui tomberont aussi vite que la cote de popularité de François.
  10. Si François devient Président, surtout, et c’est le plus drôle, Sarkozy a toutes ses chances pour 2017, et vraiment, ce serait le plus beau retour de manivelle de toute l’histoire de la Ve République.

D’ailleurs, toute cette histoire de campagne socialiste commence déjà sérieusement à sentir le brûlé. La sentez-vous venir, cette familière odeur de cramé et de ségolénitude, amis socialistes ?

Après cette note de légèreté, je profite de cet article pour m’étonner des propos de l’Hérétique sur l’un de ses derniers articles, qui m’ont considérablement surpris. Mettre sur le même plan le « j’aime pas les riches » de François (qui en fait partie, singulière schizophrénie…) et la lutte contre la fraude de Nicolas, c’est pour le moins bizarre, à mon sens. Enfin, quoi. Je préfère largement vivre dans un pays de riches que dans un pays de fraudeurs. Un pays de riches est rarement moins viable qu’un pays de fraudeurs (demandez aux grecs, dont c’est malheureusement l’un des sports préférés, btw). Alors, certes, ce n’est pas LA cause de notre situation désastreuse. Mais si quelqu’un, qui qu’il soit, tente de trouver LA cause de tous nos malheurs, je lui souhaite bon courage, tant la merde actuelle est le résultat complexe et minutieusement préparé d’un nombre remarquable de tares nationales. Est-ce une raison pour ne pas combattre la fraude ? Non… Est-ce injuste de stigmatiser une partie des Français ? Oppose-t-on (comme on l’entend tellement souvent à tout propos) les Français les uns contre les autres ? Pas davantage. Par contre, là où il y a injustice, là où on oppose les Français entre eux, c’est quand on tolère que les uns payent pendant que les autres trichent, dans notre soit-disant pays ultra-néo-turbo-libéral (< article à lire ab-so-lu-ment). C’est comme ça que je vois les choses.

Alors comme ça, augmenter d’un jour la durée de carence pour les fonctionnaires, c’est stigmatiser ces pauvres choux ? Comment peut-on tolérer, au pays du culte de l’égalité, que la fonction publique bénéficie d’une couche indécrottable de privilèges sur le secteur privé qui le finance largement ? Passer de 0 à 1 pour le public, et de 3 à 4 pour le privé, c’est une énorme connerie. C’est là que se nichent les véritables injustices de droits et de statuts, et que l’on crée aussi de la fracture sociale. 2 et 2, un point c’est tout !

Quant à cette chaîne, je la suggère à Malaberg, Alboss, et à tous ceux qui, au-delà de ce Blog, se sentent inspirés. Je les lirai, comme toujours, avec plaisir (et comme toujours, quand j’aurai le temps). ;-)

[Malaberg] A quand le bonheur libéral ?

Ce qu’il y a de marrant, avec le libéralisme, c’est que ça ressemble à ce que fut le traitement de l’ulcère de l’estomac. Je m’explique : Avant que l’on ne découvre qu’il suffisait d’un traitement somme toute assez efficace et léger, on le soignait avec du Bismuth. Le bismuth est un élément chimique à peine toxique qui combat un peu la bactérie qui provoque cet ulcère, mais qui en contrepartie, faisait tomber toutes les dents. L’efficacité de ce machin était de plus un peu discutable. Malbehreusement pour mon grand père, il a eu un ulcère assez jeune, et on lui a donc administré des doses conséquentes de Bismuth. Comme ça ne le soulageait pas, on lui a donné encore plus de bismuth, etc.

Au final, il a trouvé des os en mangeant une banane. C’était ses dents qui venaient de se désolidariser de sa machoire…

Le libéralisme, c’est un peu  pareil. C’est sensé apporter le bohneur, ça produit de plus en plus de malheureux et de laissés pour compte, mais ses partisans n’ont de cesse de dire que c’est parce qu’on n’en fait pas assez. (ça marche aussi avec les saignées en cas de cancer : on pratique une saignée, ça ne résout rien, alors on te fait saigner encore davantage, etc.)

J’ajoute donc mon nom à cette liste : Océane, Mipmip, Agnès, SeeMee, Seb Musset, CSP, Marco, Dadavidov, Vogelsong, Intox2007, Dedalus, Christian, Bah !? By CC , Gaël, Nicolas, Jojo, Alter Oueb, Altermonde sans frontières, galuel, drclehmann, cent papiers, dalipas, une Autre vie, dada vidov, 365 mots, crêpe Georgette, Christian Lehmann, Heaven can wait, mes coups de coeur, gnaffron, Gauche de Combat, et Malaberg pour vous faire partager ce point de vue.

Bref, lettre ouverte, donc.

A l’attention de: Jean-Michel Aphatie, Jacques Attali, Christophe Barbier, Eric Brunet, Yves Calvi, Monique Canto-Sperber, Jean-François Copé, Arnaud Dassier, Sophie De Menthon, Michel Godet, Eric Le Boucher, Alain Madelin, Alain Minc, Hervé Novelli, Catherine Ney, Laurence Parisot, Jean Quatremer, Pascal Salin, Hugues Serraf, Guy Sorman, Jean-Marc Sylvestre, Pierre-André Taguieff, Yves Thréard, Agnès Verdier-Molinié, Laurent Wauquiez. 
 
Madame, Monsieur,
 
 
Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.
 
 
Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis une trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – ne sera qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exceptions profitera…
 
 
Disons le net : nous sommes sceptiques.
 
 
Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :
 
 
Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?
 
 
Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits de ces fameux « marchés » que vous défendez pourtant mordicus en dépit du bon sens.
 
 
Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.
 
 
Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général vis-à-vis duquel vos idées sont objectivement nuisibles, il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?
 
 
Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées.

No Pasaran

Ainsi, des zouaves fondamentalistes n’ont pas trouvé mieux que de détruire les locaux de Charlie Hebdo, tout en piratant son site.

La liberté d’expression n’est pas négociable.

Je n’apprécie pas spécialement Charlie Hebdo, je le lis rarement, je le trouve souvent vulgaire, pas drôle, moyen… Mais comme (n’) a (en réalité, pas) dit Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.« 

Quoi qu’il en soit, la liberté d’expression mérite d’être défendue. No pasaran ! Ils ne nous impressionnerons pas. Ils n’imposeront pas leur censure sur ce pays. Je souhaite bon courage aux équipes de Charlie Hebdo pour se relever, au plus vite. J’espère que les abrutis qui ont fait ça seront sanctionnés et puni de manière exemplaire. Les crimes et dégradations visant à intimider ou censurer, entravant la liberté d’expression doivent être sanctionnés aussi lourdement que possible. A chaque fois que la liberté d’expression est atteinte, ce sont nos valeurs qui en pâtissent et reculent.

Ne cédons pas un pouce de terrain au chantage et à la violence. Le plus drôle malgré tout, c’est qu’en croyant nuire à Charlie Hebdo, ces crétins lui ont fait une pub inespérée et formidable. Bien fait pour leur gueule, en somme.

En France comme ailleurs, on DOIT pouvoir rire de tout. Je laisserai le dernier mot à Pierre Desproges, qui, s’il était encore vivant, hélas, les rendrait tous fous, ces foutus intolérants…

S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P.D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot.

[Alboss] Comprendre la dette publique en un clic.

En ce moment, on est en mode vidéo sur ce blog. En suiviste de circonstance, je respecte le mouvement et je vous propose une vidéo que j’ai trouvé très intéressante. Elle traite de la dette publique pour nous en faire comprendre les tenants et les aboutissants en dix minutes à peine. Défi osé et, à mon humble avis de non-économiste, réussi (puisque j’ai compris). Ajoutons à cela qu’elle respecte une certaine cohérence par rapport à l’opération andouillette de Malaberg. C’est pas beau tout ça ?

A l’heure à laquelle je vous parle, certains sont attablés à Bruxelles pour sauver l’Europe dans un énième « sommet décisif » dont je souhaite de tout coeur l’échec. Il ne pourra de toute façon rien arriver de pire aux peuples européens qui souffrent de l’incompétence chronique de leurs dirigeants. Absolument rien ! Et pour ceux qui pensent que l’Europe telle que nous la connaissons et telle que nous la souhaitons n’est pas vouée à l’échec, le réveil sera rude. L’Europe court à sa perte et ces sommets ne font que retarder celle-ci.
Nico a menti, notre triple A n’est pas intouchable. La France n’est à l’abri de rien du tout et surtout pas de la récession qui va faire son grand retour dans notre pays comme dans bien d’autres. La France n’est plus qu’un pion (encore important) de l’échiquier financier européen et sera désormais pour toujours esclave de l’Allemagne qui est en train d’imposer une Europe allemande !  A défaut de pouvoir peser sur les décisions, Nico lèche les pieds à la grosse Merkel tout en ne ratant pas les bonnes occasions pour remettre en cause le résultat de son régime, ou encore de s’en prendre à plus faible que lui, David Cameron. Notre chef d’état n’a même pas l’élégance d’un bon perdant.

La pire chose qui puisse vraiment nous arriver, c’est que jeudi, après avoir bâclé le sommet de Bruxelles, Nico ne squatte pas notre soirée télévisuelle pour nous annoncer que nous devons nous préparer au sang, aux sueurs et aux larmes mais pour faire son numéro électoraliste. Il viendra surement mentir aux français une nouvelle fois, leur dire que c’est grâce à lui que l’Europe aura été « sauvée » ou encore leur faire croire à un statut intouchable de la France tout en se prosternant et se couchant avec bienveillance face aux agences de notation, et, bien sur, tapera sur les doigts de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie pour se défouler.
Qu’il vienne, qu’il nous dise qu’on va en chier, s’il en a le courage. Qu’il dise réellement ce que sera l’avenir sur le court terme pour les français (récession, chômage, appauvrissement, recul chronique du pouvoir d’achat, dégradation du niveau de la qualité de vie). Qu’il vienne, s’il en a les couilles. Qu’il vienne nous expliquer que tout le monde va devoir travailler plus pour payer les dégâts causés par une tempête dont lui et les gouvernements successifs qu’a connu le pays sont à l’origine. Qu’il vienne, s’il est un homme. Qu’il vienne nous faire culpabiliser pour des erreurs que nous n’avons pas faites !
Personnellement, je connais la réponse que je pourrais lui donner. Mais, comme je n’ai pas pour autant envie de voir passer la gauche en 2012, je m’abstiendrai.

Dans cette vidéo, il est ahurissant de constater que l’article 123 du traité de Lisbonne (prolongation naturelle de la loi du 3 janvier 73) combiné à l’irresponsabilité de nos gouvernements successifs nous ont obligés à nous endetter de 1300 milliards pour payer les seuls intérêts de nos emprunts ! Alors que sans cet article, notre dette publique serait inférieure à ce qu’elle était en 1980… Un traité de Lisbonne adopté malgré le refus des français au référendum quelques années plus tôt.

Bref, place à la projection ! Et si des économistes passent par-là, je veux bien leurs avis éclairés et éclairants, parce qu’il fait franchement sombre ici-bas.

Et maintenant que j’ai tapé sur Sarko, voyez que Hollande ne fait pas mieux… Sa réponse est elle aussi ahurissante et nous donne tellement de bonnes raisons de ne pas voter pour lui puisqu’il ne vaut pas mieux que Sarko sur ce dossier. Quitte à choisir, autant voter pour le meilleur des pires candidats. Comme je le dis depuis la fin des primaires, Hollande, quitte à être le candidat naturel de la gauche en est son candidat par défaut, mais Sarko, qui lui est le candidat naturel de la droite, sera président par défaut en 2012, pour la simple et bonne raison que la frilosité des français les empêchera de changer de capitaine en pleine tempête.

[Malaberg] Ok, je vote blanc…

Ils sont marrants, les PSocialistes. Je viens de faire, un peu par hasard, une revue des blogs PS. Il y en a un certain nombre qui s’acharnent à montrer que la candidate adverse n’est pas de gauche, ou que le favori ne l’est pas non plus (rassurez vous, j’en étais déjà convaincu pour celui là, et la présomption était très forte pour l’autre), voire qu’aucun des deux ne l’est, ce qui a le mérite de la franchise, qualité qui me tient à coeur.

Bon, et bien puisque tout le monde a à cœur de prouver, à moi et aux autres électeurs de gauche que le PS s’apprête à investir quoi qu’il arrive des candidats « pas de gauche », donc que le PS adhère tellement aux idées de gauche qu’il est de bon ton d’investir des candidats qui ne s’y retrouvent pas, je suppose que je suis moralement déchargé de tout devoir électoral un dimanche de second tour d’élection nationale, si par malheur ma tendance est éliminée, non ? (1)

Pour paraphraser ce gros susceptible de Jegoun, qui ne répondra pas mais qui j’en suis sûr me lira (ach, la kuriosité…)

« On a aussi un deuxième tour à passer, en mai 2012. On y arrivera pas en dénigrant les électeurs, en disant à 50% d’entre eux qu’ils n’aiment pas la démocratie. »

J’ajouterai un petit conseil, pour lui éviter, à lui et ses consorts sympathisants PS, de dégouter d’autres gens comme moi « ce n’est pas en disant aux électeurs de gauche qu’ils sont bien gentils mais que seuls ceux de droite et du « centre »(2) sont dignes d’attention de la part du candidat PS que vous allez « passer » quoi que ce soit… »

Donc, c’est clair, le 22 avril, je vote Front de Gauche, et, si nous ne passons pas le premier tour, le 6 mai… cf titre.

Qu’en penses tu, Alexandre ?

EDIT : Je viens de voir que les blogueurs « centristes »(2) apprécient aussi nos deux PSocialistes « pas de gauche ». Ouille. Ma décision est donc d’autant plus sage.

(1) en gros, si on ne retrouve ni Mélenchon, ni Joly, ni Poutou, ni Arthaud au second tour…

(2) je rappelle que, pour moi cette notion n’existe pas, d’où les guillemets.

[Malaberg] Le 11 septembre… 1973. Et les autres.

Et oui, le 11 septembre n’est pas une date qui a été privatisée par les américains… Il s’en est passé des trucs le 11 septembre !

Allez, je prends quelques petits truc par ci par là (merci wikipedia) choisis très arbitrairement comme de coutume :

naissance de Pierre de Ronsard, Jacques Gaillot, Brian de Palma…

Morts de Georges Guynemer, Nikita Khrouchtchev, Salvador Allende

En fait, ce qui m’intéresse le plus ici, c’est le 11 septembre 1973. Que s’est il dont passé ce jour là ?

Vous trouvez ?

Toujours pas ?

La réponse est au dessus pourtant !

Le 11 septembre 1973, c’est le jour du coup d’état militaire au Chili, où, encouragé et soutenu par les états unis (la CIA), le Général Augusto Pinochet a renversé le président Salvador Allende, et entrainé la mort de celui ci. (Mort sujette à caution : officiellement, il s’est suicidé, ça arrange pas mal de monde, mais personnellement, je pense que le suicide ne se commet qu’en cas de grave problèmes internes qu’on ne peut plus affronter, et je ne pense pas qu’Allende entre particulièrement dans cette catégorie, au vu de son passé, il était plutôt du genre à affronter l’adversité)

Pour info, voici en quoi consistait le plan gouvernemental d’Allende (merci encore vous savez quoi)

  • l’augmentation des salaires de 40 à 60 %
  • la nationalisation à grande échelle de certaines industries (notamment le cuivre, principale exportation du Chili),
  • la réforme du système de santé,
  • le blocage des prix,
  • la réforme du système d’éducation, poursuivant les réformes entreprises par son prédécesseur Eduardo Frei Montalva,
  • des mesures diverses telles qu’un programme de lait gratuit pour des enfants (à raison d’un demi litre de lait par jour et par bébé),
  • une tentative de réforme agraire,
  • un nouvel « impôt sur les bénéfices » est créé,
  • un moratoire sur les remboursements de la dette extérieure et la cessation du paiement des dettes auprès des créanciers internationaux et les gouvernements étrangers.

Moi ça me semble en grande partie toujours d’actualité !

Ce coup d’état, c’était le début d’un régime gentiment fasciste (muni entre autres de camps de concentration, dont le monopole ne saurait être laissé aux européens), d’une féroce répression contre tout ce qui pouvait être de près ou de loin de gauche dans ce pays, (et dans les autres ! Cf l’opération Condor), et de la création d’un laboratoire (de plus) du néolibéralisme dans ce qui était la chasse gardée des états unis.

Bon, j’oublie plein de choses probablement, le nombre de victimes de la répression, un système social encore en vigueur aujourd’hui qui provoque des émeutes (entre autres l‘éducation au portefeuille : si celui de tes parents est gros, tu peux faire des études à 15000$ l’année, au minimum) la suppression du divorce…

Ce coup d’état était aussi une grande catastrophe psychologique pour la gauche européenne, qui se demanderait ce qui se passerait si jamais elle arrivait au pouvoir. Mon père me racontait que le 11 mai 1981 au matin, l’inquiétude était telle que le colonel de la caserne où il faisait son service militaire était venu préciser « l’armée en France est Loyaliste ! ».

Bref, puisqu’une catastrophe doit être célébrée le 11 septembre, je pense que celle du 11 septembre 1973 le mérite.

Je ne comprends pas pourquoi l’on fait tout un tintouin autour du 11 septembre 2001. D’accord, il y a eu quelques milliers de morts. Mais qu’avaient ils, eux, pour que leur mort soit plus importante que celle des bosniaques, tchétchenes, kosovars, et j’en oublie, qui sont morts à la même époque ? En quoi leur mort est elle plus importante que le génocide perpétré en 1965 en Indonésie ? (QUEL MEDIA en parle, de celui là, hein ?) Pourquoi parle-t-on plus d’eux que de la famine en Afrique, particulièrement en Somalie ? Des morts du Darfour ? (et j’ai oublié 99,99% minimum des évènements au moins aussi importants qui mériteraient une attention au moins aussi importante)

Le problème, c’est que même dans la morts, les gens ne sont pas égaux. Si t’es mort dans le world trade center en 2001, on parlera de toi pendant des années. Si t’es mort de faim à 6 mois, 6 ans, ou 20 ans en Somalie, on ne parlera même pas de toi. D’ailleurs, qui se rappellera ton existence ?

Allez, s’il faut célébrer une catastrophes et des morts ce 11 septembre, au moins que ce soit celle de gens qui tentaient de construire un monde meilleur…

J’aimerais savoir ce que quelques blogueurs de gauche pensent de tout ceci… (ainsi qu’Alexandre aussi !)

[Malaberg] Il est populiste !!

Bah, oui, c’est pas moi qui le dit, c’est la tévé.  Donc, c’est que ça doit être vrai, non ?

Merci aux camarades qui ont fait cette vidéo. (Je ne les nomme pas, pour leur tranquilité, mais le coeur y est)

(ceci est un message test : je fais confiance à l’intelligence du lecteur pour comprendre l’implicite)

[Malaberg] Ces andouilles d’Atlantico qui ne savent pas distinguer une citation d’un corps de texte…

Peu de choses dans cet article.

tout d’abord, un article d’atlantico, disponible ici (je mets une capture d’écran avant qu’ils ne s’aperçoivent de leur connerie et ne le suppriment)

 

Maintenant, l’article de mélenchon en question. Je précise, il est dit

Tout ce que je viens de dire tient lieu d’allégorie évocatrice à propos des autres compartiments de la « bataille culturelle ». C’est transposable. Je laisse mes lecteurs le faire et je lirai leurs commentaires si ce sujet retient leur attention. Je crois bien en accord avec ce sujet de reproduire une note que m’a signalé une alerte Google sur mon nom. Il s’agit d’un jeu à prétention politique propose par « Rue 89 », dans le plus pur style de ce que j’ai déjà souvent décrit sur la fusion du divertissement de la publicité et de l’information. Ce jeu prétendait vous aider à savoir « de qui vous êtes politiquement le plus proche ». Un joueur a fait un compte rendu de sa participation à ce jeu.

« Comment Rue 89 définit un Mélenchoniste. Il y a quelques minutes, perdant mon temps dans mon zapping politico-internet hebdomadaire, je me suis arrêté sur le site Rue89, afin de m’adonner à une forme de jeu-test, intitulé « 2012 : De quel candidat êtes-vous le plus proche ? Le test qui fait mal ». Le test qui fait mal, oui.

Mélenchon indique donc bien qu’il cite quelqu’un. Il le dit explicitement, et il y a les guillements. D’ailleur l’article est là.

Mais évidemment, le bon lecteur/auteur d’Atlantico n’a même pas lu ce qu’il prétend citer… Quand on connait les orientations politiques de ce site, ainsi que le niveau moyen de ses articles une question vient à l’esprit : faut il vraiment en être étonné ?

Punie pour avoir porté une jupe trop courte

L’information commence sérieusement à dater, mais je ne puis m’empêcher de la relayer ici.Pour reprendre les termes d’Europe1,

Une élève de 6e a été contrainte de porter une blouse toute la journée pour cacher ses jambes. Elle a été sanctionnée à cause de sa jupe. (…) La raison ? Sa jupe a été jugée trop courte – au-dessus du genou – par la surveillante principale du collège Gérard-Philippe de Villeparisis, en Seine-et-Marne, mais aussi contraire au règlement de l’établissement. (…) Le règlement intérieur du collège n’interdit pourtant pas le port de jupes arrivant au-dessus du genou. Il n’impose qu’une tenue « décente masquant les parties intimes et les sous-vêtements ». (Lire la suite sur Europe1.fr)

Je crois qu’on aura tout vu. D’après les quelques informations que j’ai pu trouver, il s’agirait, en plus, d’un collège public.

Je ne m’appesantirai pas sur le zèle de l’administration de ce collège en soi, même s’il semble bien qu’il y ait un peu d’exagération dans la manière dont elle applique son règlement intérieur, ni même sur l’inégalité de traitement entre garçons (qui portent allègrement des pantalons laissant entrevoir leurs sous-vêtements) et filles, et notamment dans la mesure où l’injustice est réciproque (notamment lorsque les t-shirts sans manches sont interdits pour les garçons, et les débardeurs autorisés pour les filles).

J’aimerais plutôt revenir sur le principe de punir un élève parce qu’il porte une jupe trop courte. Bon, évidemment, je ne dis pas d’autoriser n’importe quelle tenue. Mais ici, nous ne sommes clairement pas dans quelque chose de fortement intolérable. Après tout, quel est le rôle de l’école ? Il est d’instruire. Et non pas d’éduquer. Il y a une grave erreur sémantique dans le fait d’appeler « Ministère de l’Éducation Nationale » le ministère chargé d’encadrer l’instruction des enfants. Instruire relève de l’école, éduquer relève des parents. Confondre le rôle de l’école avec celui des parents est la porte grande ouverte vers tous les abus qui compliquent la tâche des professeurs, face à la démission parentale. Ce sont les parents qu’il faut responsabiliser. Ce n’est pas à l’école de dire à ses élèves comment ils doivent s’habiller.

Si les parents acceptent que leur fille puisse s’habiller de la sorte, dans la limite de la décence, l’école n’a pas à s’immiscer. C’est aux parents d’éduquer leurs enfants et de définir les limites qu’ils jugent acceptables pour eux.

L’école est donc là pour instruire (je me répète ?). Que l’élève porte une jupe au-dessus ou en-dessous du genou ne changera rien à l’aptitude de l’élève à apprendre et réussir. Si c’est une bonne élève, elle réussira, et donnera satisfaction, quelle que soit la jupe qu’elle porte. Si c’est une élève en échec scolaire, une jupe plus longue n’y changera rien. Et c’est bien sur le niveau de l’élève que l’école est habilitée à agir.

Régulièrement, on entend revenir certains arguments nauséabonds, selon lesquels, si je me permets de légèrement caricaturer, les vêtements trop « légers » seraient une provocation, et augmentent les risques de viol et autres. Et alors ? Faudrait-il que les femmes sortent dans la rue en burqa pour ne surtout pas susciter des pulsions chez quelques pervers ? Bientôt, on nous expliquera très tranquillement qu’en cas de viol, c’est la jeune fille qui en est victime qui en porte aussi la responsabilité, pour avoir provoqué visuellement son agresseur. Non. Une femme doit pouvoir s’habiller comme elle le souhaite, sans être culpabilisée, et même jeune, dans la mesure où ses parents l’acceptent. Tout comme le possesseur d’une Ferrari ne provoque pas le vol en ayant une voiture trop attirante, et n’est pas obligé de se déplacer en Twingo.

Et ne parlons pas de l’uniforme. Cette aberration. Rien de plus triste, de plus conformiste, de plus compassé que le port de l’uniforme, et il n’est pas spécialement révélateur d’une société très ouverte. Je n’aime pas toutes ces tentatives d’uniformisation, même chez les jeunes. Chacun est en droit d’affirmer son individualité, sa particularité. Chacun est libre de se différencier.

L’école n’a donc pas à se mêler de mode. Ou alors, il faut changer de système. Il faut partir du principe que chaque établissement, privé comme public, fixe ses propres règles, gagne en autonomie. Mais dans ce cas là, il faut aussi que les familles soient totalement libres de choisir l’établissement de leur choix en comparant les différents modèles proposés. Ce principe rejoint l’idée des « vouchers » : chaque famille se verrait attribuer un « chèque » lui permettant de choisir et de financer entièrement la scolarité de leurs enfants dans l’établissement de son choix. L’école reste gratuite, mais ce sont les familles, par leurs choix, qui font émerger les modèles et choix pédagogiques les plus performants. Et les établissements sont financés à la hauteur du nombre d’élèves qu’ils attirent. Chacun d’entre eux serait ainsi incité à faire mieux que les autres, à innover, et à trouver les meilleurs choix de méthodes d’instruction. Il y aurait alors vraiment le choix, pour les familles, comme pour les écoles. Et dans ce cas, si certains établissements veulent interdire les jupes, c’est leur droit le plus strict…

En attendant, par pitié, n’arrêtez pas la liberté des uns tant que ne commence pas celle des autres.

La valse macabre des fossoyeurs du Centre

Une fois de plus dans ce pays de fous, le Centre est en deuil. Une fois de plus, ceux qui s’en revendiquent avec le panache d’un sèche-linge lui ont creusé une nouvelle tombe, exploré une nouvelle voie sans issue. Pourvu qu’ils enterrent leur carrière politique avec, pour une fois.

Des coquilles vides sous perfusion de l’UMP

Le Nouveau Centre s’émancipe de l’UMP. Le Parti Radical s’émancipe de l’UMP. Ils en sont transcendés, ces partis. Ils se sentent exister, pour une fois. Mais réfléchissons un petit instant…

Que seraient ces deux partis sans l’UMP ? Rien.

Financièrement, ils doivent leur survie aux reversements effectués par l’UMP, sous perfusion de laquelle ils vivent. Je vous invite à ce sujet à lire Laurent de Boissieu, qui s’est penché sur le sujet avec beaucoup de précision. Conclusion, sans l’UMP, ces deux partis ne pèsent pas lourd. Je suis curieux de savoir comment ils mèneront campagne.

Politiquement, leur poids est quasiment nul. Ce sont des coquilles vides, qui ne tiennent que par des élus, et non par des adhérents. Même le MoDem peut se targuer d’un poids politique supérieur dans l’opinion. Et une fois encore, d’où leur viennent ces adhérents, sinon de l’UMP ? Ces quarante à cinquante députés qui pourraient former un groupe indépendant de celui de l’UMP à la prochaine rentrée parlementaire, d’où viennent-ils, sinon des listes de la Majorité ? Le Nouveau Centre et les Radicaux n’ont d’élus que grâce au bon vouloir de l’UMP, qui concède à ces deux partis quelques places au sein de ses listes, ou dans certaines élections. Le MoDem, seul, ne parvient pas à disposer de plus de 4 députés (si je ne m’abuse). Le Nouveau Centre ou le Parti Radical seuls feraient de pires performances encore.

Quelle bande de sinistres opportunistes ! Ces partis n’existent QUE grâce à l’UMP, ne survivent politiquement QUE grâce à l’UMP. Leurs élus ? Ils les doivent à l’UMP. Ce sont bien des sympathisants de l’UMP et de la majorité qui ont voté pour des personnalités issues du Nouveau Centre. Ce sont ces sympathisants UMP qui les ont portés là où ils sont : leur propre électorat n’aurait jamais suffi. Les UMPistes qui ont voté pour la Majorité aux dernière Législatives ont contribué à l’élection de ces 50 députés. Quitter cette Majorité qui a permis leur élection, c’est trahir la confiance des électeurs de leur liste, qui n’ont pas souhaité les voir intégrer autre chose qu’une Majorité unie.

Morin et Borloo jouent à un jeu dangereux. Ils savent très bien que si l’UMP les lâche, ils ne sont plus rien. Imaginons qu’ils réussisse à faire perdre Nicolas Sarkozy en 2012… L’UMP les laissera tomber avec délectation. Et après ? Ils perdront tous leurs élus, car on peut être certains que l’UMP ne leur laissera plus une miette. Et je pense sincèrement que de plus en plus d’élus Nouveau Centre et Radicaux sont conscients de ce problème : s’ils s’émancipent trop de l’UMP, ils perdront leur fauteuil, leur mairie, leur circonscription, leur écharpe, leurs indemnités, surtout. Ils seront forcément perdants. Leur survie électorale dépend uniquement de l’UMP. Combien de temps suivront-ils Borloo et Morin dans leur danse macabre ?

Cette bande de ridicules opportunistes

Je ne suis pas le seul à le souligner : il est facile de participer pendant des années au Gouvernement sans broncher, en affichant de grands sourires et en défendant l’action du Gouvernement, puis, une fois sortis, de déchaîner une haine sans borne, avec le bruissement des retournements de veste en musique de fond. En même temps, on ne devrait pas tant être surpris. C’est un mécanisme à l’œuvre à chaque fois qu’un ministre perd son ministère : il trouve soudain tous les maux du monde à son ancienne équipe. Pensez à Boutin, à Yade, à Jego, à Borloo, à Morin… Ces hypocrites atrabilaires ! Ils apparaissent comme autant d’enfants capricieux souffrant d’aigreurs d’estomac à l’idée d’avoir perdu leur planque. Ils n’étaient pas là pour servir, mais pour SE servir. C’est si facile. Le problème, c’est que ces gens-là ne prennent plus des positions en suivant leurs convictions, mais changent de convictions au gré de leurs postures. Ils ne sont guidés que par la rancoeur, et l’anti-sarkozysme dans sa version la plus primaire, dans un registre que de Villepin lui même n’avait pas encore osé explorer.

Opportunisme, encore et toujours. Tartuffisme. Théâtre. Hypocrisie.

Ils se sont bien servis des largesses de l’UMP, des ministères offerts par Sarkozy, et maintenant, ils jouent les opposants de toujours… Et quels opposants !

Un centre aux relents de mélenchonisme

Initialement, cette maudite Confédération des Centres devait s’appeler « Solide » pour « SOciale, LIbérale, DEmocrate » , idée repoussée par Morin, qui voyait déjà les journalistes ironisait sur l’état liquide ou gazeux du Centre. Effectivement, si cette Confédération du Centre ne doit être qu’un regroupement intéressé d’opportunistes n’ayant rien en commun, sinon une ambition démesurée, et les mêmes dents qui tracent des sillons sur les parquets ministériels, la comparaison a son charme. D’autant que ce rassemblement n’est que du vent. Il prend la forme d’un montage hâtif et précipité dans le but d’afficher un vernis d’unité pour dissimuler les ambition personnelles des uns et des autres. Quelle vaste plaisanterie !

Il y a mieux, beaucoup mieux ! Devinez quel nom de parti a suggéré Judas-Borloo ? « L’Alliance républicaine écologique et sociale » . En fait, depuis son intervention dans « A vous de Juger » , je sentais venir ce leitmotiv mielleux. « Républicaine, écologique, et sociale » , ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire…

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/8/84/Nouveau_logotype_PG.png

Écologie – Socialisme – République, contre République – Écologie – Social. Tiercé dans l’ordre, tiercé dans le désordre.

Vous ne rêvez pas. La Confédération centriste pourrait bien se choisir un nom qui n’est autre qu’un réaménagement du slogan du Parti de Gauche. Ahurissant. Ubuesque. Grotesque.

Pour vous dire la profondeur d’imagination de nos opportunistes. Marine a raison : tous les mêmes ! Même le Centre affiche quasiment les mêmes valeurs que la gauche radicale ! Champagne ! Ou plutôt, Champomy, pour pas faire trop bourgeois.

Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Voilà donc les valeurs du Centre ? Et le Libéralisme ? Et l’Europe ? Et la Démocratie Libérale ? L’opportunisme irait-il jusqu’à nier les racines idéologiques du Centre pour leur substituer une soupe aux relents de socialisme ? Décidément, ce n’est pas le Centre que j’attends…

Pauvre Centrisme…

Cette affaire redonnerait presque du prestige à Bayrou, à mes yeux louable pour sa constance, tant cette alliance centriste prend des allures de vaste blague. Nous avons franchi une étape supplémentaire dans le suicide politique du centrisme. Bayrou avait malheureusement commencé, pour s’enfermer dans son refrain « ni gauche ni droite » qui l’a totalement isolé politiquement. Morin et Borloo partent avec du retard, mais ils continuent à enterrer les idées centristes. A chaque fois, les ambitions individuelles ont pris le pas sur l’unité du Centre. Aujourd’hui, fragmenté, dispersé, isolé, il ne pèsera bientôt plus rien ! A refuser toute alliance avec les majorités au pouvoir, il finira par disparaître totalement de la scène politique, (presque) aussi misérablement que Lutte Ouvrière et le NPA. C’est désolant.

Ce que j’ai toujours souhaité, c’est l’émergence d’un grand parti du Centre et du Centre Droit, une UDF, ou carrément un puissant Mouvement Libéral Démocrate. Ce parti s’affirmerait par son unité et la spécificité de ses valeurs (Libéralisme, Subsidiarité, Europe etc etc), tout en restant fidèle à une alliance avec le grand parti de la droite. Comme du temps du tandem RPR-UDF, ou, malgré les problèmes que cela pouvait susciter, les deux partis n’hésitaient pas à faire front dans les moments importants, sans pour autant renoncer à leurs différences, l’un et l’autre pouvant peser sur la politique française avec un poids accru.

Seul, je suis persuadé que le Centre ne gagnera jamais rien. L’échec du MoDem en est la triste preuve, malgré l’estime que j’ai malgré tout pour Bayrou. Au contraire, s’il acceptait l’idée qu’il a plus d’affinités avec une Droite ouverte et moderne qu’avec un parti socialiste en mort clinique, tenté par l’assistanat, le « care » et des solutions totalement dépassées, il pourrait participer aux majorités, peser sur la direction du pays, faire profiter le pays de ses très bonnes idées, et de ses belles valeurs. Et même, il pourrait sans doute un jour accéder au pouvoir. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, puisque le piège tendu par Bayrou à la gauche et à la droite s’est refermé sur lui et l’a coincé, tout comme Judas-Borloo et Judas-Morin finiront coincés à leur tour, privant la France des idées centristes. La stratégie est désastreuse, et nous n’avons pas fini d’en relever la faillite.

Le tandem improbable de Laurel-Morin et Hardy-Borloo n’a strictement aucune chance de l’emporter. Le premier a le charisme d’un bas en laine ou d’une chaussette à rayures, le second a autant de crédibilité que Gérard Schivardi. Je dis les choses crûment, mais c’est hélas ainsi que je vois les choses.

Les fossoyeurs du Centre se sentent revivre depuis qu’ils s’émancipent de l’UMP. Mais ils ont encore perdu une occasion de se taire. Même Bayrou ironise sur cette « danse du centre » , c’est dire !

Et enfin, si je puis me permettre, voilà quelle pourrait être la musique du prochain clip de campagne de l’Alliance Républicaine Écologique et Sociale, qu’ils pourront jouer dans leurs meetings (qu’ils tiendront dans des cabines téléphoniques, si le PCF veut bien partager avec eux) :

Lady Gaga – Judas.

Bon week-end quand même !

[Malaberg] Soyons méchants

Après une longue absence (et oui, vous aurez remarqué que mon activité ressemble à une sinusoïde, avec des hauts et des bas, mais avec plus de bas que de hauts, en général), il me semble qu’il est temps que je revienne polluer ce splendide blog de droite avec ma mauvaise foi gauchiste.

Tiens ? Vous continuez à lire ? Tant pis pour vous. Faudra pas venir pleurer.

Encore là ? Malgré tous mes avertissements ? Bon, après tout, c’est votre problème…

Tout d’abord, je dois avouer que j’ai beaucoup rigolé en lisant le dernier billet d’Alexandre sur Sarkozy. Il le soutient, encore et toujours, ce qui, à mon sens, dénote soit une totale différence de valeurs avec moi, soit une inconscience totale. Je penche pour la première solution, qui m’attriste cependant beaucoup plus que la seconde.

Petite analyse critique et méchante de son billet.

Il est encore temps de fermer la page et de retourner voir vos mails.

Après cette ligne il sera trop tard.

Tout d’abord, il défend sarkozy contre les attaques Ad hominem dont celui ci a été et est encore victime. Je dois dire aussi que ce genre de critiques m’insupporte, mais sans doute pas pour les mêmes raisons. La raison principale en est surtout que lorsque l’on fait une critique ad hominem, on critique surtout la forme et pas le fond. Nous voyons là tout l’intérêt des soit disant socialistes de produire des critiques ad hominem, en effet, ces derniers n’ont aucune divergence de fond avec Sarkozy, sauf sur la xénophobie et les questions sociétales (mariage gay), ce qui ne suffit pas à faire des divergences suffisantes pour battre un adversaire, à l’évidence.

Pour ma part, ce que les attaques ad hominem m’inspirent, ce n’est pas, au contraire d’Alexandre, de dire « oh, mais non, sarko il est gentil, il est attendrissant, il est courageux, blablablabisounounours » ON S’EN FOUT DE TOUT CA. Moi, ça me fait plutôt penser que cette fonction présidentielle est décidément une aberration qu’il convient de supprimer. On garde le Volk, mais nul besoin de Reich ni de Fürher. Mais apparemment, c’est très dur de mettre dans la tête des gens qu’on peut très bien vivre sa vie sans un Fürher au dessus de soi. Bande d’esprits soumis va. Je suis d’humeur méchante, alors j’ai bien envie de traiter ce genre d’éternels bébés psychologiquement dépendants d’une maman ou d’un papa symbolique de véritables Untermenschen, pour rester dans le registre. Lire la suite

France : le rendez-vous Libyen

De même que mon ami Alboss, je souhaiterais aborder ou réaborder quelques uns de mes sentiments vis-à-vis de la situation.

Tout d’abord, le pessimisme des Français. il suffit de parcourir les sites des principaux quotidiens français, ou la Blogosphère, pour réaliser à quel point les Français ont d’ors et déjà adopté une attitude parfaitement pessimiste, voire défaitiste. Nous ne serions pas capable de vaincre Kadhafi, nous n’aurions pas de bons avions, notre armée serait mauvaise, nous nous embourberions forcément… Parfois, voire souvent, les commentaires virent délibérément au cynisme, et voilà que nous n’interviendrions en Libye uniquement pour le pétrole, le gaz, voire la cote de popularité du Président de la République. La deuxième ou la troisième puissance militaire du monde pourrait être vaincue par les 20 avions arriérés de Kadhafi ? Et que vaut cette comparaison abjecte avec la Guerre en Irak, qui n’a rien de comparable, ni le prétendu mobile de départ (armes de destruction massive), ni le même but, ni le même déroulement, ni la même initiative, ni la même légitimité multilatérale ? A vouloir jouer les historiens en herbe, et à tenter des rapprochements hasardeux pour s’enorgueillir d’une culture historique et d’une prétendue profondeur de vue, on sombre dans l’amalgame ridicule.

Mais ce défaitisme français n’est pas nouveau, et on pourrait, nous aussi historiens en herbe, en faire remonter les premiers signes à la Seconde Guerre Mondiale. Notre mythe du déclin, présent dans tous les esprit, et décliné après chaque refrain sur la « criiise » trouve ici une parfaite caisse de résonance. Toute foi dans l’avenir semble éteinte, toute foi dans l’influence de la France semble disparue. Et c’est avec cet état d’esprit que les Français veulent construire la France de demain ? A trop vouloir voir venir le déclin, on finit par l’obtenir, et le déclin psychologique d’une Nation entraîne nécessairement son déclin réel.

Si ce n’est pas nouveau, les preuves n’en finissent pas moins de se multiplier : à voir les près 60% d’abstention lors du Premier Tour des Cantonales, on peut légitimement penser que les Français n’ont plus rien à foutre de cette démocratie, pour laquelle tant de peuples se battent et au nom de laquelle ils meurent.

Pourtant, la France ressort grandie de l’actuelle intervention. Qui aurait pu penser que la France, ce « vieux pays » de la « vieille Europe » aurait pu réussir à mettre en branle en quelques jours une communauté internationale sclérosé et passive, qui assistait au massacre de la population libyenne sans savoir quelle attitude adopter ? La voix de la France compte encore dans le monde, peut-être encore plus que dans un passé récent. Elle joue un rôle moteur, un rôle de guide. Elle est capable de monter avec le soutien de la seule Grande Bretagne, une coalition, et de franchir tous les obstacles qui se posent face à elle. Elle a réussi à légitimer son intervention par la décision de l’ONU, et le soutien de la Ligue Arabe (jusqu’à présent). Je dois avouer que la veille du vote à l’ONU, moi même, je n’avais plus aucun espoir que la situation puisse se retourner en faveur des insurgés. Belle leçon de volonté politique.

Qu’aurait retenu l’Histoire si, à l’image de ce qui s’est passé en Yougoslavie, l’Europe était restée impuissante et aveugle face à un nouveau massacre en cours à sa périphérie directe, chez l’un de ses proches voisins ? Nous aurions traîné le boulet de notre inefficacité pour au moins une vingtaine d’années, tout comme nous gardons encore les stigmates de notre culpabilité à l’égard de la Yougolasvie depuis les années 1990. Hélas, l’Union Européenne n’a pas joué un rôle moteur, encore moins la diplomatie européenne. Quoi qu’il en soit, et à défaut de mieux, je considère que lorsque deux puissances européennes de premier ordre comme la France et la Grande Bretagne agissent de concert pour agir, c’est l’Europe toute entière qui sort grandie de cette coopération militaire annoncée depuis le mois de novembre. S’il faut un moteur pour propulser l’Europe, c’est une bonne chose que de le voir à l’œuvre malgré toutes les entraves (pour ne pas dire les boulets).

C’est dans l’action commune, le rayonnement politique, diplomatique, voire militaire, encore davantage que dans sa puissance normative, que l’Union Européenne construira son identité et son unité. Si ce n’est pas évident, gageons que l’avenir nous engagera dans cette voie, à la suite des Nations les plus ambitieuses.L’essentiel est que l’Europe ait été entraînée dans l’action. Et qu’elle montre aujourd’hui la preuve qu’elle peut s’exprimer militairement sans le soutien de l’OTAN, et avec un soutien mineur de l’armée américaine.

Comme lors de la crise géorgienne, Nicolas Sarkozy a démontré ses talents de leader sur la scène internationale. Non, « le roi n’est pas nu » , non, ce n’étaient donc pas que des discours en l’air, désolé pour l’opposition. Il est insupportable de constater que ce sont souvent les mêmes qui critiquaient la passivité de la France dans les Révolutions Arabes qui s’en prennent aujourd’hui à son leadership dans la question, et les mêmes qui étaient prêt à se lamenter sur le sort du peuple libyen qui semblent aujourd’hui les plus timorés vis-à-vis de notre intervention (même avec de mauvais arguments). Lorsque Sarkozy a un train de retard au sujet de la Tunisie ou de l’Égypte, on met en avant son incompétence. Et lorsqu’il est en avance sur bien des dirigeants de la planète à propos de la Libye, on suggère que son réel objectif ne soit que de remonter dans les sondages. Mais que veulent les Français ? Combien de temps resteront-ils coincés entre leur volonté de rayonner, et de défendre la démocratie, et leur manichéisme viscéral à l’égard de Nicolas Sarkozy ?

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La position de l’Allemagne dans cette affaire me paraît consternante. Une fois encore, comme pour la Grèce, Merkel donne la preuve de son manque de vision politique, et de son court-termisme caractéristique. Une fois encore, elle ne pense qu’à la réaction de son opinion publique, à l’approche d’élections. Est-ce l’importance de la communauté turque en Allemagne qui l’a incitée à cette passivité comme l’imagine le Causeur ? Dommage, c’est une occasion de ratée pour l’Allemagne. Quant aux oppositions de la Russie (qui n’hésite pas à envahir la Géorgie avec ses tanks sans le moindre aval onusien, et massacre les Tchétchènes en toute insouciance), de la Chine (dont on connaît la politique au Tibet, et à ses frontières), voire du Vénézuela, par la bouche de Chavez, grand ami de Kadhafi, et de l’Iran, elles sonnent comme autant de légitimations de notre intervention. S’ils s’y opposent, c’est que nous avons sans doute raison de la mener. Ne parlons même pas de l’opposition du FN, voire du Front de Gauche.

Et quand je vois les drapeaux français flotter sur Benghazi, je me dis qu’une victoire des insurgés nous assurerait des relations particulièrement chaleureuses avec la Libye dans l’avenir. Car les Libyens n’oublieront pas ceux qui ont été là pour eux. Et la France, comme l’Europe, doivent apprendre à se préoccuper de leur périphérie immédiate, et de l’interface méditerranéenne, en instituant, dans la lignée de l’Union Pour la Méditerranée, de fructueux partenariats, et une coopération renforcée.

C’est peut-être stupide, mais en ce moment, je suis drôlement fier d’être Français.

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