Mauvaise foi, protectionnisme, peur, et consternation

Une présidentielle consternante vue par un libéral (très) consterné.

Mauvaise foi

Les courbes semblent se croiser, les socialistes ont peur. Et quand les socialistes ont peur, ils abattent leur carte « Mauvaise Foi Absolue » . Il suffit qu’un sondage, soudain, leur soit défavorable, pour que les sondages deviennent peu fiables, nuls, inacceptables, truqués, pourquoi pas, je l’ai lu aussi. Jusque là, le militant PS de base refaisait quasiment la tapisserie de sa chambre avec les sondages donnant Hollande à 62%, et les sortait à tout bout de champ. Mais quand les sondages arrangent moins, confirment moins dans leurs attentes nos petits socialistes, les voilà qui retournent leur veste et s’insurgent…

Plus que le score dans l’absolu, qui est éminemment variable et soumis à une variabilité naturelle, je rejoins Buisson quand il dit que c’est la dynamique qui compte. Et elle est du côté de Sarkozy. Quoi qu’on en pense, deux hommes réussissent leur campagne : Sarkozy à droite, et Mélenchon à gauche. Autant dire que Hollande, qui a le charisme d’une seiche, est pris en tenaille. Celui qui n’avait été choisi que par défaut, et pour éviter Sarkozy, se fissure avec délectation.

En parlant de Mélenchon, on peut dire que ses militants ne sont pas exempts non plus de mauvaise foi. A leur sens, les sondages sont une incarnation de Satan, ou, pardon, du Capitalisme Mondialisé Pas Beau, qu’il convient de dénoncer avec un couteau dans la bouche. Mais quand ils montrent la progression indiscutable de leur champion, ils sont les premiers à avancer les sondages pour mettre le phénomène en exergue…

Protectionnisme

Alors Sarkozy s’engage de plein pied dans une sorte de protectionnisme européen. Les libéraux finissent de s’étrangler. Les Réformateurs, les Libéraux de l’UMP (où ce qu’il en reste) marchent sur des œufs de caille. Bayrou fait mieux : il réplique que ce qui compte, c’est de produire en France, pas en Europe. Le voilà qui défend une vision encore plus radicale : le protectionnisme franco-français. Dire que certains libéraux ont décidé de le soutenir ouvertement… Le message libéral, déjà faible, est encore dénaturé, brouillé. On est surpris de constater (COUCOU LES LIBÉRAUX) que Bayrou peut se montrer encore plus arriéré et protectionniste, encore plus illibéral que Sarkozy. Les dernières chances pour que je vote Bayrou se sont sans doute évanouies.

Bayrou : « je m’oppose au Buy European Act, en France c’est notre appareil de production qui compte »

Peur

Sarkozy tiendra vraisemblablement son tout dernier meeting de campagne à Nice, le 19 ou le 20 avril. Belle reconnaissance pour un département ultra-sarkozyste, encore aujourd’hui. De son côté, il semblerait que Hollande ait peur. Le PS local souhaiterait que le déplacement de Hollande dans la région s’accompagne d’une véritable rencontre, une prise de parole, une forme de meeting. Mais l’équipe de Hollande n’est pas chaude. Peur d’être chahuté, de recevoir un mauvais accueil. Si Hollande a déjà peur de se déplacer dans certaines des plus grandes villes de France, comment va-t-il se comporter dans les rencontres internationales, et face aux situations de crise ? Dans un coin peu acquis à la cause socialiste, Hollande devrait au contraire rendre hommage au courage de ces militants qui continuent à se battre pour leurs idées, et affrontent une situation fortement défavorable. Mais Hollande préfère faire de belles images, comme lors de sa rencontre foireuse, manipulée, truquée et compassée avec des internautes acquis à sa cause. Ridicule. Cet homme est ridicule.

Consternation

Arthaud, Poutou. Nous aurons donc 2 candidats trotskistes. Mélenchon. Nous aurons un candidat communisto-trotskiste. Marine et NDA. Nous aurons deux marxisants de « droite » . Sarkozy, Bayrou, Hollande. Trois candidats dirigistes-étatistes-protectionnistes-socialistes. Passons les autres. On a failli même avoir un candidat du « Parti du Plaisir »… AUCUN, je dis bien AUCUN libéral.

Les Libéraux gouvernent, participent à la majorité, ou influencent fortement la politique des gouvernements d’Espagne, d’Italie, du Royaume-Uni, d’Allemagne, de Pologne, du Canada, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, etc. etc. En France, je ne demande pas d’avoir autant de candidats libéraux que de candidats trotskistes ou communistes, je ne prétends pas les voir gagner d’emblée, ni faire 10% comme Mélenchon. Je prétends en avoir UN, UN SEUL. UN petit candidat dont je puisse dire « je suis d’accord avec lui, et il aura mon vote enthousiaste » , comme Madelin, en 2002, si j’avais pu voter.

Je ne comprends pas qu’on en soit là. Mais je crois que j’écrirai un article pour tenter d’expliquer la situation catastrophique du Libéralisme en France, un de ces jours. En attendant, si vous pouvez, rejoignez cette belle rencontre organisée aujourd’hui par le PLD, ou suivez-la via les réseaux sociaux.

Et aux Législatives, préparez-vous à voter pour les candidats Libéraux.

Publicités

[Alboss] Le dragon est dans la bergerie !

(Je préviens d’entrée, cet article écrit durant le week-end peut déjà, à quelques égards, paraître obsolète. Je ne pouvais pas prévoir le coup de poignard grec, et je n’étais apparemment pas le seul. Les amateurs qui nous servent de dirigeants n’ont rien vu venir non plus. Vous me pardonnerez donc. Article écrit 2 jours avant G-P, Georges Papandréou, la nouvelle référence de la chronologie de l’existence de l’UE.)

Quelle est l’Europe de mes rêves ? Ou, plutôt, est-ce que je rêve d’Europe ? Si tant est que j’en ai rêvé un jour, après le sommet de Bruxelles, toute forme de rêve européen s’est envolée à jamais.
Ceux qui, comme mon ami Alexandre, croient à l’Europe, sont forcément des rêveurs et de doux idéalistes. Et je dirais même qu’ils ont une tendance profonde à la schizophrénie.
Je m’explique. Si on lit le dernier billet d’Alexandre, il y a l’Europe d’un côté et les Etats de l’autre… la première serait responsable, prévoyante et bienveillante, les seconds seraient évidemment tout le contraire. Cette étrange dichotomie semble consciemment, (ou inconsciemment, et ce serait d’autant plus grave), ne pas vouloir tenir compte du fait que l’une est faite à partir de l’autre et que l’une ne peut exister sans l’autre. Autrement dit, ceux qui ont pondu une Europe irréprochable sur le papier sont les mêmes que ceux à la tête des Etats fautifs ! Lorsque le traité de Maastricht est ratifié, Nicolas Sarkozy, alors secrétaire général adjoint du RPR, faisait campagne pour le oui. Tout comme on se souvient de cette une de Paris Match réunissant en 2005 François Hollande et Nicolas Sarkozy, chacun à la tête des deux plus grands partis politiques du pays, au diapason pour le oui au référendum sur la Constitution Européenne. Après, le tout est de savoir si on a écrit ces traités pour se donner bonne conscience ou pour les respecter…

Il est donc aberrant de dissocier les deux camps ! Il n’y a pas la vertueuse Europe d’une part et les véreux Etats de l’autre. Quand les Etats fautent, l’Europe faute ! Ne sommes-nous pas une « famille » ? C’est ce que j’ai cru comprendre ces derniers temps. Alors quand le petit frère grec faute, c’est parce que sa mère, l’Europe, a fauté au départ. Elle a soit fauté dans son éducation pour ne pas avoir su faire respecter ses règles, soit pour avoir inculqué de mauvaises règles ou même, pour avoir accepté dans la famille rapprochée (monétaire) un membre notoirement instable et malhonnête… Et qui le lui rend bien, en ce moment.
Alors, on reproche aux souverainistes d’être des boulets dont l’Europe doit se débarrasser pour avancer…  Ce serait donc en partie de la faute des sceptiques si l’Europe en est là. Et pourquoi ce ne serait pas de la faute des européistes ? C’est bien parce qu’ils n’ont jamais su nous convaincre que nous sommes toujours restés sceptiques et le cul entre deux chaises. C’est bien parce qu’ils n’ont jamais su convaincre qu’ils ont dû s’y reprendre à plusieurs fois pour faire passer en force leurs textes, au demeurant à l’apparence toujours vertueuse  et consciencieuse, censés régir l’UE. Les européistes n’ont jamais pris au sérieux les euros sceptiques. Ils n’ont jamais pris la peine de considérer leur position, la rejetant, la renvoyant dans ses 22 à la moindre occasion. Et ce, pas toujours avec élégance, dernier exemple en date : l’altercation Sarkozy-Cameron. Les européistes sont toujours parvenus à leurs fins et n’ont guère réellement souffert des euros sceptiques qui, eux, n’ont jamais bloqué le projet européen. Ils l’ont, au pire, retardé. On ne peut pas dire que le PPE soit minoritaire depuis une dizaine d’années à Strasbourg ou que l’immonde Barroso ne soit pas à la tête de la Commission européenne depuis bientôt sept ans. C’est moins la faute des sceptiques que celle des européistes eux-mêmes si nous en sommes là aujourd’hui ! Il ne faudrait pas inverser les rôles…
Mais, en même temps, si  on avait écouté les Français dès 2005, si nous n’avions pas fait voter deux fois les Irlandais pour Lisbonne, si, plus récemment, nous n’avions pas fait pression sur les Slovaques, nous n’en serions pas là. Nous aurions sûrement déjà célébré les funérailles de l’Europe un verre à la main, autour d’un bon grec en rêvant imaginant l’Europe d’après. Nous n’aurions donc pas été en retard, mais en avance.

Nul doute que Victor Hugo aurait considéré le projet actuel comme une félonie faite à ce que devaient être, selon lui, les Etats-Unis d’Europe !
Le dernier coup porté à cette Europe est venu du sommet de Bruxelles. Modestement, Sarkozy nous expliquait que lui et toute la bande d’incapables avaient non pas seulement sauvé l’Europe mercredi, mais le monde ! Je suis sûr que les Ouzbeks et autres Népalais peuvent souffler, l’Europe est sauvée. Mais à quel prix, puisque nous avons pactisé avec le diable. C’est d’ailleurs Nicolas Sarkozy en personne qui s’est entretenu avec lui au téléphone. Et le diable européen porte désormais un nom : Hu Jintao.
Alors, certes Alexandre, l’Europe n’a pas de politique économique et budgétaire fédéralisée, mais l’Europe a une BCE. On crache sur ceux qui usent de l’argument de l’indépendance et de la souveraineté des Etats et, dans le même temps, on  se soumet à jamais à l’ogre Chinois ? Si je comprends bien : pas de jaloux, de souveraineté et d’indépendance il n’y en aura ni pour les Etats ni pour l’Union Européenne ? Je trouve que les européistes ont poussé leur aversion pour ces deux composantes essentielles d’une nation ou d’une union un peu trop loin… Pourquoi l’Europe renie ses propres institutions pour vendre son âme aux chintoks ? Dans tout autre pays du monde, et c’est ce qui se passe aux USA, étant donné la gravité de la situation, on aurait fait appel à la planche à billets. Un pouvoir régalien ! Un levier qu’actionnent seulement les Etats qui sont maîtres de leur destin. Quoi ? Was ? Ah ja, ja, ja… c’est vrai, nous avons vainement demandé la permission au Bundestag avant de se prosterner… Nein inflation ! Verboten ! Traktat ! Heil Angela !

Ou, plutôt ni hao Hu Jintao ! Eh oui, faut se mettre à la page, le chinois va devenir la langue d’usage en Europe, maintenant. Dumping chinois ? Barrières douanières avec la Chine ? Pillage par la Chine de nos technologies sur l’autel du transfert de technologie ? Et, accessoirement, respect des droits de l’homme ? Terminé ! On n’en parle plus, alors que hier encore Sarkozy s’en insurgeait. Il ne faut plus agacer les salvateurs cocos chinois. Au contraire, on se félicite, dixit Sarkozy, que la Chine fasse tellement confiance à l’Euro qu’elle décide d’investir dedans. C’est formidable ! Je me pince pour y croire tellement c’est beau.
En provoquant une guerre mondiale, l’Allemagne nous avait déjà contraints au protectorat américain. Maintenant, sa peur bleue de l’inflation nous subordonne à la Chine sans pour autant offrir une solution sur le long terme.
Les européistes disent qu’il en va du respect des traités comme du respect de l’Europe. Néanmoins, je pense que l’Europe se serait bien passée de cet infâme signe respectif. En 2008, la solution est venue des Etats. On a définitivement constaté que l’Europe n’était pas l’outil adapté à la résolution de crises. En s’assoyant sur les traités, les protocoles et autres conventions, chaque Etat dans son coin a sauvé ses banques avec plus ou moins de brio. Cette fois, hypocrisie oblige, le piège des textes s’est refermé sans aucune possibilité de l’entrouvrir, même sous la pression que nous ne pouvions de toute façon pas exercer sur une Angela en position de force.
L’hypocrite mouton européen qui avait inventé l’euro pour fuir Oncle Sam se jette maintenant dans la gueule du dragon chinois. Etrange parcours.

Le sommet de Bruxelles a donc sauvé l’Euro pour mieux tuer l’Europe. Jeudi, au lendemain du sommet, les bourses se remettaient dans un élan presque orgasmique de leurs déboires… Par l’afflux de ces bonnes nouvelles politiques, leur turgescence faisait monter la valeur de l’euro emportant avec elle toujours plus la compétitivité de nos industries depuis toujours plombées par une monnaie sur évaluée… L’euro est un problème sans solution. Comme disait Einstein, « un problème sans solution, est un problème mal posé ». On en revient à la responsabilité  de l’Europe, comme des Etats.
Mais, comme la libido finit toujours par retomber, dès le lendemain, l’euphorie laissait place nette au doute de la panne italienne. L’Italie de Berlusconi qui pose un problème de libido, le comble…
Ainsi, les paris sont ouverts pour la date du prochain sommet décisif (presque le 20ème depuis le début de la crise), dans quelques jours, semaines ou mois ? (Les Grecs viennent d’apporter la réponse à cette question. Il aura fallu six jours pour qu’une nouvelle réunion de crise soit programmée ! C’est fort !)

De cette Europe là, désormais à la botte d’une dictature sans nom, souffrez que je ne puisse non pas en rêver mais lui souhaiter tout le mal du monde. Au fond, je rêve d’une seule chose : c’est que le cauchemar qu’est actuellement l’Union Européenne, prenne un terme définitif !
Bref, j’aurais aimé finir sur du Einstein mais c’est Bigard qui va conclure. Ainsi, à défaut de trouver le moyen de l’escalader, « c’est au pied du mur que l’on voit mieux le mur ».

Parlons d’Europe (et de dette)

Il était temps que je rebondisse gracieusement sur la question de la crise de la dette en Europe, abordée avant moi par mon camarade Alboss (toujours très plaisant à lire). Évidemment, il arrive que nos points de vue divergent. La preuve.

La faute de l’Europe (ou des Européens) ?

Dans toute cette affaire, l’Europe sert de coupable idéal. Les dirigeants des états européens, soumis à la dictature des marchés de leur électorat, trouvent forcément confortable de rejeter la faute sur le voisin, qui plus est non élu, et trop soumis pour réagir trop fortement : les banques, les marchés financiers et l’Europe. De tous ces boucs émissaires, l’Europe est le plus vague et le plus gargarisant. On désigne une nébuleuse diabolisée, qui a l’avantage de présenter une structure comaprable à un super-Etat, tout en évocant l’ennemi venu de l’étranger pour soumettre notre pauvre Nation (qui a librement consenti tout ça).

Une fois de plus, dans le Crise de la Dette, on se trompe de coupable. Les mêmes râleurs d’aujourd’hui ne protestaient-ils pas déjà contre les règles trop strictes d’une Europe toujours prète à combattre l’inflation et à taper sur les doigts des Etats qui s’endettaient trop ? Les critères de Maastricht, les 3% de déficits, n’était-ce pas trop contraignant avant que l’orage ne gronde ? Pourtant, il s’avère que l’Europe n’a pas été assez sévère, et n’a pas su s’imposer assez fortement pour faire respecter ses règles. Les Etats européens étaient au courant que dépasser les 3% de déficit présentait des risques certains d’instabilité au sein de la Zone Euro. S’ils ont marché sur les avertissements qu’on leur a adressés, c’est donc entièrement de leur responsabilité. Ils étaient prévenus, ils ont fait semblant d’ignorer.

En réalité, les eurosceptiques portent une importante part de responsabilité. (Entre autres) à cause de leurs réticences, nous avons adopté une monnaie commune sans franchir le pas de la politique économique et budgétaire en partie fédéralisée. Le cul entre deux chaises, avec une monnaie européenne, et des politiques budgétaires repliées sur elles-mêmes. Et quand l’Union préconisait moins de 3% de déficits, nos souverainistes s’en moquaient avc panache.

L’Europe n’a pas fauté. Si les gouvernements européens avaient été à la hauteur, et s’étaient inquiétés à temps de la problématique de la dette, l’Euro aurait sans doute été parfaitement viable. Si on avait permis à l’Europe de faire respecter ses règles, l’Euro aurait été viable. Au lieu de cela, on a préféré la politique de l’autruche, en ne cessant jamais de parler de défense de la souveraineté et de l’indépendance de l’Etat, quand dans la même temps, ce même Etat mettait cette indépendance en péril en s’endettant excessivement. On ne marche pas indéfiniment sur la tête sans en payer les conséquences. Ce n’est pas l’Europe qui a failli, ni l’Euro, ce sont les Etats souverains qui n’ont pas été à la hauteur.

Les socialistes (je pouffe)

Dès que j’entends les socialistes parler de dette et de déficits, je n’y peux rien, je pouffe. On parle quand même de ceux qui avaient promis sans la moindre autodérision, de passer les smic à 1500€ (Ségo elle-même n’y croyait pas, c’est dire !). On parle quand même de ceux qui, plus récemment, lors de la Crise de 2008, s’étaient largement plaints de la faiblesse des plans de relance gouvernementaux, et demandaient un projet plus « ambitieux » . Aujourd’hui, ils ont beau jeu de radoter. Mais ils n’ont aucune crédibilité. Ils n’avaient rien vu venir.

Comme les autres, du reste. La réalité, c’est que ni la gauche ni la droite ne se sont jamais préoccupées de la dette jusqu’à ce qu’elle leur explose à la face, avec les conséquences que l’on sait. Les seuls qui se soient inquiétés de longue date, ce sont les libéraux, et dans une moindre mesure, le MoDem de Bayrou en 2007. Reconnaissons-le. D’ailleurs, l’une des seules à avoir réussi à obtenir un budget excédentaire en partant d’une situation très dégradée, en Grande-Bretagne, c’est la très libérale Thatcher. La réduction de la dette, au Canada, ou surtout en Nouvelle-Zélande, a presque toujours été la conséquence de politiques libérales, menées par les conservateurs comme par les travaillistes. Tant que nous n’accepterons pas ce constat, nous continuerons à patiner dans notre gadoue.

Sarkozy, Berlusconi, l’Italie (ça rime)

Les Italiens sont furieux. Les médias italiens sont en transe ! Merkel et Sarkozy ont osé critiquer la gestion Berlusconienne des finances italiennes ! Retournement de situation paradoxal : les Italiens détestent Berlusconi, mais le défendent quasiment corps et âme dès que sa compétence est clairement mise en doute à l’étranger. Le stade suprême de l’aveuglement chauviniste. Les Italiens n’en semblent que plus ridicules. Mais le sommet du ridicule a été atteint au moment où Berlusconi est venu annoncer en direct à la télévision que Merkel avait présenté des excuses … ce que la principale intéressée s’est empressée de démentir…

Rappelons que la dette italienne est la 3e dette mondiale, juste après les USA (dont on connaît le gros, gros PIB, et la situation particulière liée au dollar), et le Japon (où la dette est en grande partie détenue par les japonais). Il n’y a pas de quoi se vanter. Et quand on connaît l’enlisement économique, moral, criminel et judiciaire du pays, il n’y a pas non plus de raison d’afficher un triomphalisme particuièrement prononcé.

J’étais en Italie tout l’été, et j’y ai suivi les cafouillages du Gouvernement italien bousculé par les marchés. J’y ai entendu la Lega Nord opposer son veto à toute réforme des retraites. Aujourd’hui, le vent a tourné, et les vestes avec. Tout ça est consternant. Mais rassurez-vous : pas de changement violent au programme, puisqu’on évoque l’horizon 2026.

Les meilleurs ennemis du monde

Autant Sarkozy a eu raison de s’en prendre à Berlusconi, autant il a eu tort de s’en prendre à Cameron. Certes, Cameron s’est montré critique vis-à-vis de l’Euro, mais il ne faut pas non plus oublier qu’il répond, en fait, à une demande nationale en ce sens, et qu’il est en première ligne pour défendre l’Europe au Parlement britannique ! Pris en sandwich entre Londres et Bruxelles, Cameron joue les équilibristes … non sans talent.

On comprends les griefs des dirigeants européens vis-à-vis de Cameron. Il a mené des réformes et une politique de rigueur autrement violente que les leurs, mais il reste nettement plus populaires qu’eux, et il est toujours jugé comme le plus apte à mener le pays, 3 ans après son arrivée au 10, Downing Street. Pas mal, non ? Autre motif de désaccord, la fameuse et éternelle taxe Tobin.

La taxe (pas) Trop-bien

Pourquoi les Anglais s’y opposent-ils ? Ils sont non seulement sensibles à des motifs idéologiques et d’efficacité économique, mais ils ont surtout en tête que 80% des transactions financières européennes passent par Londres. Ainsi, instituer la taxe Tobin reviendrait à taxer à 80% l’économie britannique. Pas très équilibré, non ?

Autre pays à s’y opposer : la Suède, ce fameux modèle de Social-Démocratie, en réalité converti au Libéralisme depuis la fin des années 90. Pourquoi s’y oppose-t-elle ? Il faut savoir que la Suède a déjà institué une taxe Tobin en 1992 … pour l’abandonner quelques années plus tard, après en avoir fait douloureusement les frais ! Si les Suédois qui ont essayé s’opposent à cette taxe, ne devrions-nous par les écouter ? Voulons-nous vraiment faire cette désastreuse expérience nous-mêmes ?

Dès que nous instituerons une taxe de ce genre, les flux financiers n’auront qu’à contourner notre région. C’est tout. On n’y gagnera rien. Pire ! « Lorsqu’on taxe les vaches, ce ne sont pas les vaches qui paient » . De même, ce ne sont pas les banques et les organismes financiers qui payeront cette taxe … mais les citoyens. Le coût sera répercuté sur le crédit, les transactions bancaires… Vous appelez ça la Justice Sociale ?

C’est un malheur que ni la Grande Bretagne ni la Suède ne soient dans l’Eurozone : malgré leur refus, rien n’empêchera nos autres troubadours d’instituer une pareille idiotie au sein de la Zone Euro. Nous allons bien nous étaler.

L’Europe s’en sortira

Cependant, je ne suis pas aussi pessimiste qu’Alboss. Je suis certain que l’Europe s’en sortira, comme toujours. N’oublions pas que l’Europe est un pur produit de volonté politique. Et rien ne pourra venir à bout de cette volonté. Je ne sais pas comment, ni dans quel état, mais l’Europe se relèvera, et trouvera assez de rustines pour colmater les fuites. La vraie queston est de savoir quelle efficacité elle aura, et quelle idéologie influencera ses bricolages. A entendre Mario Draghi compatir avec les « Indignés » , on est en droit de penser que la recherche permanente de boucs émissaires est loin d’être terminée. La politique de l’autruche aussi est loin d’être terminée.

Mais j’ai l’espoir que l’Europe en sorte la tête haute. J’attends d’elle qu’elle cesse de se mêler de l’angle de courbure des courgettes autorisées à la vente, et des ballons gonflables, et se concentre sur la libéralisation des économies et des sociétés, sur la synergie des politiques économiques et budgétaires, sur le principe de subsidiarité (selon lequel l’efficacité voudrait entre autres que la politique étrangère ou de défense européenne progresse fortement dans les années qui viennent, pour faire face aux défis du XXIe siècle, et redonner une voix à l’Europe, alliant soft et hard power, et réduisant les coûts par la Défense Européenne qui mettrait fin aux « armées bonsaï » dénoncées par Etienne Copel), et sur des bases plus démocratiques, ce qui comprend l’élection d’un Président de l’Europe, qui remplacerait à la fois Van Rompuy et Barroso, qui nommerait les commissaires européens selon la majorité en présence au Parlement Européen, et serait désigné au suffrage universel direct. Avec une véritable légitimité, un tel Président saurait peut-être faire cesser ce flux permanent de critiques des Etats cherchant à s’innocenter, envers des instances européennes impersonnelles.

Mais p’têt que je suis fou de rêver à ce point. P’têt que je suis trop optimiste. P’têt que l’Europe est foutue, et ses Etats (surtout) avec.

D’ailleurs, si certains de mes camarades blogueurs, tels Aurélien Véron, l’Hérétique, Alboss, Nicolas, Xerbias et les autres, veulent se livrer à une présentation de l’Europe « de leurs rêves » , qu’ils ne s’en privent pas. J’essayerai aussi de revenir sur le sujet … dès que j’aurai le temps. Parce qu’écrire des articles à 7h30 le matin ne me réussit pas forcément… :D

[Alboss] Comprendre la dette publique en un clic.

En ce moment, on est en mode vidéo sur ce blog. En suiviste de circonstance, je respecte le mouvement et je vous propose une vidéo que j’ai trouvé très intéressante. Elle traite de la dette publique pour nous en faire comprendre les tenants et les aboutissants en dix minutes à peine. Défi osé et, à mon humble avis de non-économiste, réussi (puisque j’ai compris). Ajoutons à cela qu’elle respecte une certaine cohérence par rapport à l’opération andouillette de Malaberg. C’est pas beau tout ça ?

A l’heure à laquelle je vous parle, certains sont attablés à Bruxelles pour sauver l’Europe dans un énième « sommet décisif » dont je souhaite de tout coeur l’échec. Il ne pourra de toute façon rien arriver de pire aux peuples européens qui souffrent de l’incompétence chronique de leurs dirigeants. Absolument rien ! Et pour ceux qui pensent que l’Europe telle que nous la connaissons et telle que nous la souhaitons n’est pas vouée à l’échec, le réveil sera rude. L’Europe court à sa perte et ces sommets ne font que retarder celle-ci.
Nico a menti, notre triple A n’est pas intouchable. La France n’est à l’abri de rien du tout et surtout pas de la récession qui va faire son grand retour dans notre pays comme dans bien d’autres. La France n’est plus qu’un pion (encore important) de l’échiquier financier européen et sera désormais pour toujours esclave de l’Allemagne qui est en train d’imposer une Europe allemande !  A défaut de pouvoir peser sur les décisions, Nico lèche les pieds à la grosse Merkel tout en ne ratant pas les bonnes occasions pour remettre en cause le résultat de son régime, ou encore de s’en prendre à plus faible que lui, David Cameron. Notre chef d’état n’a même pas l’élégance d’un bon perdant.

La pire chose qui puisse vraiment nous arriver, c’est que jeudi, après avoir bâclé le sommet de Bruxelles, Nico ne squatte pas notre soirée télévisuelle pour nous annoncer que nous devons nous préparer au sang, aux sueurs et aux larmes mais pour faire son numéro électoraliste. Il viendra surement mentir aux français une nouvelle fois, leur dire que c’est grâce à lui que l’Europe aura été « sauvée » ou encore leur faire croire à un statut intouchable de la France tout en se prosternant et se couchant avec bienveillance face aux agences de notation, et, bien sur, tapera sur les doigts de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie pour se défouler.
Qu’il vienne, qu’il nous dise qu’on va en chier, s’il en a le courage. Qu’il dise réellement ce que sera l’avenir sur le court terme pour les français (récession, chômage, appauvrissement, recul chronique du pouvoir d’achat, dégradation du niveau de la qualité de vie). Qu’il vienne, s’il en a les couilles. Qu’il vienne nous expliquer que tout le monde va devoir travailler plus pour payer les dégâts causés par une tempête dont lui et les gouvernements successifs qu’a connu le pays sont à l’origine. Qu’il vienne, s’il est un homme. Qu’il vienne nous faire culpabiliser pour des erreurs que nous n’avons pas faites !
Personnellement, je connais la réponse que je pourrais lui donner. Mais, comme je n’ai pas pour autant envie de voir passer la gauche en 2012, je m’abstiendrai.

Dans cette vidéo, il est ahurissant de constater que l’article 123 du traité de Lisbonne (prolongation naturelle de la loi du 3 janvier 73) combiné à l’irresponsabilité de nos gouvernements successifs nous ont obligés à nous endetter de 1300 milliards pour payer les seuls intérêts de nos emprunts ! Alors que sans cet article, notre dette publique serait inférieure à ce qu’elle était en 1980… Un traité de Lisbonne adopté malgré le refus des français au référendum quelques années plus tôt.

Bref, place à la projection ! Et si des économistes passent par-là, je veux bien leurs avis éclairés et éclairants, parce qu’il fait franchement sombre ici-bas.

Et maintenant que j’ai tapé sur Sarko, voyez que Hollande ne fait pas mieux… Sa réponse est elle aussi ahurissante et nous donne tellement de bonnes raisons de ne pas voter pour lui puisqu’il ne vaut pas mieux que Sarko sur ce dossier. Quitte à choisir, autant voter pour le meilleur des pires candidats. Comme je le dis depuis la fin des primaires, Hollande, quitte à être le candidat naturel de la gauche en est son candidat par défaut, mais Sarko, qui lui est le candidat naturel de la droite, sera président par défaut en 2012, pour la simple et bonne raison que la frilosité des français les empêchera de changer de capitaine en pleine tempête.

J’ai enfin vu la Conquête

Lundi, je suis -enfin- allé voir la Conquête, ce fameux film sur l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy, en 2007. Quand il est sorti, je voulais déjà aller le voir, mais de fil en aiguille, j’ai trop tardé, et j’ai raté le coche. Heureusement, il y a à Nice un cinéma qui s’est spécialisé dans les séances de « rattrapage » , et sur lequel j’avais fondé tous mes espoirs.

https://gerardmentor.files.wordpress.com/2011/07/affiche-la-conque25cc2582te-sarkozy.jpg?w=221

J’avais lu beaucoup de choses sur ce film, et notamment sur sa neutralité (ou pas). J’ai vu à peu près autant d’articles affirmant que ce film était  favorable à Nicolas Sarkozy que d’articles prétendant le contraire. En soi, c’était déjà une assurance de bonne objectivité de voir que personne n’arrivait à s’accorder sur ce point. Mon diagnostic ? Dans l’absolu, le film est plutôt neutre à l’égard de Sarkozy, qu’il montre à la fois plutôt sincère et franc, mais aussi impulsif et violent. Maintenant, considéré relativement aux autres personnages, la noirceur assumée de la plupart des autres protagonistes (Chirac l’inutile, Villepin le vulgaire manipulateur, Cécilia la vilaine) lui donne une meilleure image qu’eux, donc une image globalement favorable. Contrairement à l’affiche du film, qui pouvait laisses penser le contraire. Oui, c’est tordu. Relisez lentement, ça va venir.

Du reste, j’ai beaucoup apprécié ce film. Il vaut clairement le détour, ne serait-ce que pour des performances d’acteurs exceptionnelles. Les interprétations sont très fidèles à la réalité, très réussies, aussi bien visuellement (allure, comportement général, attitudes…) qu’au niveau des personnalités. On s’y croirait, et par moments, on a le sentiment trompeur d’être immergé dans un véritable documentaire, malgré l’avertissement du début du film. Beaucoup de scènes sont truculentes, drôles, et nous replongent avec drôlerie dans l’ambiance de la présidentielle de 2007. Et à voir le comportement de Chirac dans le film, sans doute assez conforme à la réalité, on comprend, et on ne s’étonne pas, à la différence de Jacques, du fait que Nicolas Sarkozy ne cite pas l’ex-Président au moment de la victoire.

Une scène mémorable est celle de l’un des innombrables face à face Chirac-Sarkozy. Après une vive discussion, Chirac reçoit un appel de Villepin, devant Sarkozy. Et l’ancien Président de la République de répondre : « Tout va bien. Il m’a déclaré sa loyauté je ne l’ai pas cru, je lui ai souhaité bonne chance pour l’UMP et il ne m’a pas cru non plus » . L’hypocrisie de connivence assumée. Et c’est sans parler de l’imitation de Ségolène Royal par Dominique Besnehard… Pour revenir à l’affiche, celle-ci fait référence à une scène du film retraçant le tournage du clip de campagne du candidat Sarkozy. Le futur président arrive, et le tabouret sur lequel il doit s’assoir est manifestement trop haut, ce qui lui suggère un tonitruant : « Qui c’est qui m’a foutu un truc aussi haut ? C’est pour Villepin ou quoi, ça ? » .

On retiendra de la Conquête que le jeu politique est pétri d’ambitions et de manipulations, au croisement du jeu d’échec et du poker. En somme, voilà une bonne préparation aux hostilités de 2012, qui, n’en doutons pas, irons encore beaucoup plus loin dans l’abomination stérile. Et cela, dès 2011.

[Malaberg] le PS va se vautrer, mais magistralement…

Alors, avant de commencer, que ce soit clair, je suis pas un devin ni un oracle. Je livre juste ici ma conviction profonde.

Je pose plusieurs hypothèses, qui pourront être démenties par la suite : Sarkozy sera candidat, aucune révolution ne se sera passée d’ici là, les médias restent ce qu’ils sont, etc.

Je suis allé voir la conquête, le film sur Sarkozy, et, même si j’ai beaucoup apprécié les acteurs qui ont vraiment fait une splendide performance, je dois dire que ce que je retiens du film, c’est une leçon politique. Sarkozy cherche à être en phase avec l’opinion. (et ça marche). Dusse-t-il mentir, être démagogue, changer d’avis pour que l’autre entende ce qu’il veuille entendre, il fera n’importe quoi pour qu’on pense du bien de lui. Après, on déchante, mais en campagne, ça marche.

Je constate une chose : le PS n’est pas en phase avec l’opinion. Nous vivons une période de grande attente où la majorité du peuple va attendre que l’on mène une politique ferme. (ou, du moins, qu’on donne pendant la campagne l’illusion qu’on va mener une politique ferme) Le PS est complètement incapable, du moins dans sa forme actuelle, de répondre à cette attente. Peut être que d’ici quelques mois, il aura eu l’intelligence de changer, certes, mais si les PSocialistes étaient intelligents, 1) ils seraient au pouvoir depuis longtemps 2) ils ne seraient pas aussi arrogants et sûrs d’eux (marque de fabrique du PS) 3) ils ne seraient pas PSocialistes. Donc ça me parait assez peu probable, en fait.

Pour être en phase avec l’opinion, il faut dire ce que « les gens » attendent d’entendre, ou se débrouiller pour que ce qu’on dit soit ce que les gens ont envie d’entendre.  Après, la réalité de ce qui est fait ou du programme peut être toute autre, mais c’est secondaire pour quelqu’un qui ne s’informe pas correctement. Marine le Pen et le national socialisme plus généralement, c’est tout à fait ça.

Je vois deux grandes hypothèses, maintenant. Non, trois en fait, il y en a une qui est le croisement des deux.

Première hypothèse : le PS n’arrive décidement pas à être en phase avec l’opinion, il a désigné un candidat ou une candidate playmobil mou tout sauf volontariste. Sarkozy, lui, sait le faire, il reprend la main dans la campagne, et il est réélu. Le PS se sera vautré pour la quatrième fois consécutive à la présidentielle.

Deuxième hypothèse : Le rejet de Sarkozy est tellement fort qu’il ne réussit pas à reprendre la main sur l’opinion, et étant donné qu’une cruche en terre cuite ou un rouleau de PQ serait élu contre lui, le candidat PS en face est donc élu. Et là, patatras. Demandons nous une petite seconde quel genre de politique les PSocialistes peuvent faire. Je n’en vois qu’une : la politique menée actuellement partout en Europe, la politique de Sarko et de l’UMP. La rigueur. D’ailleurs, en conformité avec l’Union Européenne, ses traités, le FMI et consorts, le prochain gouvernement élu sera obligé de mettre en place un plan de rigueur et de renoncer à à peu près toutes les mesures qui demanderaient au moins un euro d’investissement. Du moins s’il ne souhaite pas rompre avec les institutions précédemment citées et les respecter à la lettre en faisant chaque jour une prière et des courbettes devant. (l’orientation actuelle du PS, quoi) . Donc ouste toutes les belles éventuelles promesses faites par les PSocialistes, place à la rigueur. Et là, ça me fait mal rien que d’y penser. Le « la politique, c’est tous pourris tous pareils  » va grimper en flèche, la gauche va sombrer une fois encore, bref, c’est peu réjouissant. Résultat des courses, le PS se vautre.

Remarque au passage : ça me fait rire quand je vois Alexandre dire que le PS sera dépensier, quand on voit ce que l’UE et les banksters nous préparent.

Troisième hypothèse, mixte des deux précédentes, donc. Le rejet de Sarkozy est très fort, mais la mainmise sur les médias&sondages de l’idéologie dominante est telle que la seule candidate anti-sarkozy crédible qu’ils laissent apparaître est Marine Le Pen. (il est d’ailleurs amusant de voir les médias faire quotidiennement campagne pour elle ces derniers temps). Le PS, toujours victime de sa médiocrité et de son incapacité à se mettre en phase un minimum avec l’opinion, ne passe pas le second tour et Sarkozy est réélu. Le PS se vautre.

Quatrième hypothèse : même que la précédente mais avec une percée du Front de Gauche et de Mélenchon avec (où à la place de) celle de Marine le Pen. C’est l’hypothèse à laquelle je travaille, et que je souhaite, mais on verra. Mais là aussi le PS se sera vautré.

Bref, voilà pourquoi l’idée du PS au gouvernement ne me fait guère envie. Et aussi pourquoi quand j’en entends dire « unité autour du PS pour qu’il soit au second tour (pour y perdre ?) et qu’il gagne la présidentielle », je dis « non, surtout pas, vous allez nous entrainer dans votre chute ! ». L’idée est affinée par ceux qui avancent « les états majors doivent se mettre d’accord et élaborer un programme commun, en faisant des compromis entre les différents programmes, c’est normal de faire des compromis ». Bigre. des compromis entre ceux qui disent « non il ne faut pas rompre avec les traités européens » et ceux qui disent le contraire ? Ça donne quoi ça ? une demi rupture ? de l’eau seche ? un cheval sans jambes ? un ordinateur portable de 50kg ? Une télé sans écran ? Sans blague, faudrait réfléchir avant d’écrire, parfois. De toute manière, la vraie question, c’est le rapport qu’on a face aux banksters et leurs laquais, tout le reste, c’est de l’enrobage et de l’enfumage par ceux qui ne veulent pas parler du fond parce qu’ils y sont mal à l’aise.

Je ne vois guère que deux personnes pour éviter l’un de ces scénarios catastrophe pour le PS. L’un est Jean Mallot, parce qu’il a de l’humour, et que je l’apprécie beaucoup (et puis il a la même profession que moi à l’origine ! Ah, corporatisme, quand tu nous tiens…). Mais l’humour ne suffira peut être pas à nous sortir de là, (encore que…) Le second est Arnaud Montebourg, parce qu’il a le courage de ses opinions. Mais il a sans doute trop merdé et zigzagué par le passé et s’est un peu égaré chez Royal, certains auront du mal à le lui pardonner (pas moi, il suffit qu’on me parle à gauche, et je vous aime, je suis un vrai naïf). Si le PS soutient Mélenchon dès le premier tour aussi sans trop se mêler de la campagne, ça peut être évité, aussi, mais cf l’arrogance de plus haut, c’est peu probable.

Voilà aussi pourquoi je trouve qu’il serait complètement suicidaire pour le front de gauche d’aller se mouiller dans un gouvernement PS si jamais il gagne en 2012, ceux qui le souhaitent au PCF manquent cruellement de discernement.

bon, allez, votre avis m’intéresse beaucoup sur ce sujet. Alexandre et Alboss aussi. Promis, j’essaie de ne pas mordre. Pas trop fort, en tout cas.

Sinon, à lire, trois petits trucs : Pourquoi je ne voterai pas utile en 2012, par monsieur Jo, un excellent dézinguage de « l’Unité 2012  » et comme d’habitude, un excellent billet de CSP

Edit : On est le 29 mai, anniversaire du référendum de 2005 et des 55% de non ! Et donc un rappel de plus de l’incapacité totale du PS de se trouver en phase avec la population… (ils ont fait passer le traité de Lisbonne, copie du TCE, en 2008…)

[Malaberg] Unité 2012 !!

J’ai lu sur le blog de Guy Girenbaum un appel à l’unité de la gauche en 2012, pour éviter qu’elle soit absente au second tour. J’ai déjà dit ici ce que j’en pensais. Mais je trouve qu’ils sont un brin sectaires. C’est vrai, quoi. Pourquoi se limiter à la Gauche ? Puisque ces gens là se contrefichent manifestement des divergences énormes présentes à l’intérieur de ce gloubi boulga qu’ils appellent la gauche (volonté d’affronter le capital, de gouverner face aux banques, de ne pas se laisser dicter notre politique par l’UE et sa commission d’ultralibéraux fanatiques, de remettre la durée de cotisation pour la retraite à 37.5ans -ou même ne serai-ce qu’à minima la remettre à 40 ans- etc. autant de choses cruciales qu’on trouve par exemple au Front de Gauche et catégoriquement écartées par le PS, par exemple), et que donc, tout ça n’est que du détail, on est la gauche, peu importe ce qu’on met à l’intérieur, n’est ce pas, on pourrait faire de l’eugénisme comme ont fait depuis les années 30 les sociaux-démocrates suédois, on serait toujours la gauche, et bien je trouve donc fort dommage de ne pas soutenir directement Nicolas Sarkozy dès le premier tour, en rassemblant au passage toutes les forces « républicaines », Modem, NC, UMP, CPNT en plus de tout ce qui est « la gauche »…

Cherchons un accord de gouvernement avec cet homme. Mettons nous d’accord sur un programme, qu’il sera obligé de respecter, hein, et soutenons le dès le premier tour. Ainsi, il devrait gagner dès le premier tour, et éviter au FN d’être au second tour qui n’aura donc pas lieu. Après tout, c’est logique, non ? Sarkozy est le président sortant, il a donc toute légitimité pour que nous le soutenions, et qu’il gagne. Donc un programme, un candidat, et hop, la victoire en 2012 ! C’est pas beau ?

Alors, qu’en pensez vous, chers signataires ?

Captainhaka : Le grumeau, Custin d’Astrée : 365 mots, Cycee : bahbycc , Dominique Darcy : dominiquedarcy, Eric Citoyen : Mon Mulhouse, Gaël : De tout et de rien, Jean-Claude : Slovar – Les nouvelles, Jean Renaud Roy : @jr_roy, Juan : SarkoFrance, Jules Praxis : @jules_praxis, Le Coucou : Le coucou de Claviers, Melclalex : A Perdre la raison, MrsClooney : La femme de George (s) , Nicolas : Partageons mon avis, Nicolas : La rénovitude, Nicolas Cadène : Débat socialiste, Rimbus : Rimbus le Blog, Romain Pigenel : Variae, Ronald : Intox2007, Jacques Rosselin : @rosselin, Seb Musset : Les jours et l’ennui de… , Stef : Une autre vie, Sylvie Stefani : Trublyonne, Vogelsong : Piratages, Yann Savidan Carnet de notes de…, Zeyesnidzeno : La France a peur

Comment ça, vous n’êtes pas d’accord ? Si on doit soutenir le PS et sa politique de droite, pourquoi ne soutiendrait-on pas directement la droite ? Au moins on acheverait de donner raison à Marine le Pen quand elle affirme qu’elle serait la seule à s’opposer au système… Hollande 2012, soutenu par toute la gauche pour appliquer un plan d’austérité décidé par l’europe et le FMI « modernisé » !! Ça, ça aurait de la gueule, non ?…

Edit : je vois que cet appel est repris par des strauss-kahniens. Je n’ai rien contre ces gens qui sont surement charmants personnellement, mais politiquement, je ne me sens vraiment rien à voir avec eux, mais vraiment rien, on a des divergences de fond très importantes, cf plus haut (comme d’habitude, et comme tous les PS, ils ne veulent pas en discuter, préférant le « votutil !, votutil ! », en évacuant le fond mais c’est bien leur droit malgré mon envie de leur donner une baffe lorsqu’ils font cela), et si jamais je me trouvais dans une démarche politique approuvée par eux et entrant dans leur optique, je me poserais vraiment des questions… Un peu comme si, tout à coup, je me trouvais associé à l’UMP, au FN, ou aux Skinheads, je me dirais vraiment « mais qu’est ce que je fais là ? »… A bon entendeur.

Edit-bis : Ne pensez vous pas que c’est plus la médiocrité du PS qui risquerait de le priver de second tour en 2012, davantage que la division ? (S’il est si bon, il devrait pouvoir gagner tout seul) Et qu’il serait donc particulièrement stupide de soutenir des médiocres pour une élection de cette importance ?

%d blogueurs aiment cette page :