Mauvaise foi, protectionnisme, peur, et consternation

Une présidentielle consternante vue par un libéral (très) consterné.

Mauvaise foi

Les courbes semblent se croiser, les socialistes ont peur. Et quand les socialistes ont peur, ils abattent leur carte « Mauvaise Foi Absolue » . Il suffit qu’un sondage, soudain, leur soit défavorable, pour que les sondages deviennent peu fiables, nuls, inacceptables, truqués, pourquoi pas, je l’ai lu aussi. Jusque là, le militant PS de base refaisait quasiment la tapisserie de sa chambre avec les sondages donnant Hollande à 62%, et les sortait à tout bout de champ. Mais quand les sondages arrangent moins, confirment moins dans leurs attentes nos petits socialistes, les voilà qui retournent leur veste et s’insurgent…

Plus que le score dans l’absolu, qui est éminemment variable et soumis à une variabilité naturelle, je rejoins Buisson quand il dit que c’est la dynamique qui compte. Et elle est du côté de Sarkozy. Quoi qu’on en pense, deux hommes réussissent leur campagne : Sarkozy à droite, et Mélenchon à gauche. Autant dire que Hollande, qui a le charisme d’une seiche, est pris en tenaille. Celui qui n’avait été choisi que par défaut, et pour éviter Sarkozy, se fissure avec délectation.

En parlant de Mélenchon, on peut dire que ses militants ne sont pas exempts non plus de mauvaise foi. A leur sens, les sondages sont une incarnation de Satan, ou, pardon, du Capitalisme Mondialisé Pas Beau, qu’il convient de dénoncer avec un couteau dans la bouche. Mais quand ils montrent la progression indiscutable de leur champion, ils sont les premiers à avancer les sondages pour mettre le phénomène en exergue…

Protectionnisme

Alors Sarkozy s’engage de plein pied dans une sorte de protectionnisme européen. Les libéraux finissent de s’étrangler. Les Réformateurs, les Libéraux de l’UMP (où ce qu’il en reste) marchent sur des œufs de caille. Bayrou fait mieux : il réplique que ce qui compte, c’est de produire en France, pas en Europe. Le voilà qui défend une vision encore plus radicale : le protectionnisme franco-français. Dire que certains libéraux ont décidé de le soutenir ouvertement… Le message libéral, déjà faible, est encore dénaturé, brouillé. On est surpris de constater (COUCOU LES LIBÉRAUX) que Bayrou peut se montrer encore plus arriéré et protectionniste, encore plus illibéral que Sarkozy. Les dernières chances pour que je vote Bayrou se sont sans doute évanouies.

Bayrou : « je m’oppose au Buy European Act, en France c’est notre appareil de production qui compte »

Peur

Sarkozy tiendra vraisemblablement son tout dernier meeting de campagne à Nice, le 19 ou le 20 avril. Belle reconnaissance pour un département ultra-sarkozyste, encore aujourd’hui. De son côté, il semblerait que Hollande ait peur. Le PS local souhaiterait que le déplacement de Hollande dans la région s’accompagne d’une véritable rencontre, une prise de parole, une forme de meeting. Mais l’équipe de Hollande n’est pas chaude. Peur d’être chahuté, de recevoir un mauvais accueil. Si Hollande a déjà peur de se déplacer dans certaines des plus grandes villes de France, comment va-t-il se comporter dans les rencontres internationales, et face aux situations de crise ? Dans un coin peu acquis à la cause socialiste, Hollande devrait au contraire rendre hommage au courage de ces militants qui continuent à se battre pour leurs idées, et affrontent une situation fortement défavorable. Mais Hollande préfère faire de belles images, comme lors de sa rencontre foireuse, manipulée, truquée et compassée avec des internautes acquis à sa cause. Ridicule. Cet homme est ridicule.

Consternation

Arthaud, Poutou. Nous aurons donc 2 candidats trotskistes. Mélenchon. Nous aurons un candidat communisto-trotskiste. Marine et NDA. Nous aurons deux marxisants de « droite » . Sarkozy, Bayrou, Hollande. Trois candidats dirigistes-étatistes-protectionnistes-socialistes. Passons les autres. On a failli même avoir un candidat du « Parti du Plaisir »… AUCUN, je dis bien AUCUN libéral.

Les Libéraux gouvernent, participent à la majorité, ou influencent fortement la politique des gouvernements d’Espagne, d’Italie, du Royaume-Uni, d’Allemagne, de Pologne, du Canada, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, etc. etc. En France, je ne demande pas d’avoir autant de candidats libéraux que de candidats trotskistes ou communistes, je ne prétends pas les voir gagner d’emblée, ni faire 10% comme Mélenchon. Je prétends en avoir UN, UN SEUL. UN petit candidat dont je puisse dire « je suis d’accord avec lui, et il aura mon vote enthousiaste » , comme Madelin, en 2002, si j’avais pu voter.

Je ne comprends pas qu’on en soit là. Mais je crois que j’écrirai un article pour tenter d’expliquer la situation catastrophique du Libéralisme en France, un de ces jours. En attendant, si vous pouvez, rejoignez cette belle rencontre organisée aujourd’hui par le PLD, ou suivez-la via les réseaux sociaux.

Et aux Législatives, préparez-vous à voter pour les candidats Libéraux.

[Alboss] Le dragon est dans la bergerie !

(Je préviens d’entrée, cet article écrit durant le week-end peut déjà, à quelques égards, paraître obsolète. Je ne pouvais pas prévoir le coup de poignard grec, et je n’étais apparemment pas le seul. Les amateurs qui nous servent de dirigeants n’ont rien vu venir non plus. Vous me pardonnerez donc. Article écrit 2 jours avant G-P, Georges Papandréou, la nouvelle référence de la chronologie de l’existence de l’UE.)

Quelle est l’Europe de mes rêves ? Ou, plutôt, est-ce que je rêve d’Europe ? Si tant est que j’en ai rêvé un jour, après le sommet de Bruxelles, toute forme de rêve européen s’est envolée à jamais.
Ceux qui, comme mon ami Alexandre, croient à l’Europe, sont forcément des rêveurs et de doux idéalistes. Et je dirais même qu’ils ont une tendance profonde à la schizophrénie.
Je m’explique. Si on lit le dernier billet d’Alexandre, il y a l’Europe d’un côté et les Etats de l’autre… la première serait responsable, prévoyante et bienveillante, les seconds seraient évidemment tout le contraire. Cette étrange dichotomie semble consciemment, (ou inconsciemment, et ce serait d’autant plus grave), ne pas vouloir tenir compte du fait que l’une est faite à partir de l’autre et que l’une ne peut exister sans l’autre. Autrement dit, ceux qui ont pondu une Europe irréprochable sur le papier sont les mêmes que ceux à la tête des Etats fautifs ! Lorsque le traité de Maastricht est ratifié, Nicolas Sarkozy, alors secrétaire général adjoint du RPR, faisait campagne pour le oui. Tout comme on se souvient de cette une de Paris Match réunissant en 2005 François Hollande et Nicolas Sarkozy, chacun à la tête des deux plus grands partis politiques du pays, au diapason pour le oui au référendum sur la Constitution Européenne. Après, le tout est de savoir si on a écrit ces traités pour se donner bonne conscience ou pour les respecter…

Il est donc aberrant de dissocier les deux camps ! Il n’y a pas la vertueuse Europe d’une part et les véreux Etats de l’autre. Quand les Etats fautent, l’Europe faute ! Ne sommes-nous pas une « famille » ? C’est ce que j’ai cru comprendre ces derniers temps. Alors quand le petit frère grec faute, c’est parce que sa mère, l’Europe, a fauté au départ. Elle a soit fauté dans son éducation pour ne pas avoir su faire respecter ses règles, soit pour avoir inculqué de mauvaises règles ou même, pour avoir accepté dans la famille rapprochée (monétaire) un membre notoirement instable et malhonnête… Et qui le lui rend bien, en ce moment.
Alors, on reproche aux souverainistes d’être des boulets dont l’Europe doit se débarrasser pour avancer…  Ce serait donc en partie de la faute des sceptiques si l’Europe en est là. Et pourquoi ce ne serait pas de la faute des européistes ? C’est bien parce qu’ils n’ont jamais su nous convaincre que nous sommes toujours restés sceptiques et le cul entre deux chaises. C’est bien parce qu’ils n’ont jamais su convaincre qu’ils ont dû s’y reprendre à plusieurs fois pour faire passer en force leurs textes, au demeurant à l’apparence toujours vertueuse  et consciencieuse, censés régir l’UE. Les européistes n’ont jamais pris au sérieux les euros sceptiques. Ils n’ont jamais pris la peine de considérer leur position, la rejetant, la renvoyant dans ses 22 à la moindre occasion. Et ce, pas toujours avec élégance, dernier exemple en date : l’altercation Sarkozy-Cameron. Les européistes sont toujours parvenus à leurs fins et n’ont guère réellement souffert des euros sceptiques qui, eux, n’ont jamais bloqué le projet européen. Ils l’ont, au pire, retardé. On ne peut pas dire que le PPE soit minoritaire depuis une dizaine d’années à Strasbourg ou que l’immonde Barroso ne soit pas à la tête de la Commission européenne depuis bientôt sept ans. C’est moins la faute des sceptiques que celle des européistes eux-mêmes si nous en sommes là aujourd’hui ! Il ne faudrait pas inverser les rôles…
Mais, en même temps, si  on avait écouté les Français dès 2005, si nous n’avions pas fait voter deux fois les Irlandais pour Lisbonne, si, plus récemment, nous n’avions pas fait pression sur les Slovaques, nous n’en serions pas là. Nous aurions sûrement déjà célébré les funérailles de l’Europe un verre à la main, autour d’un bon grec en rêvant imaginant l’Europe d’après. Nous n’aurions donc pas été en retard, mais en avance.

Nul doute que Victor Hugo aurait considéré le projet actuel comme une félonie faite à ce que devaient être, selon lui, les Etats-Unis d’Europe !
Le dernier coup porté à cette Europe est venu du sommet de Bruxelles. Modestement, Sarkozy nous expliquait que lui et toute la bande d’incapables avaient non pas seulement sauvé l’Europe mercredi, mais le monde ! Je suis sûr que les Ouzbeks et autres Népalais peuvent souffler, l’Europe est sauvée. Mais à quel prix, puisque nous avons pactisé avec le diable. C’est d’ailleurs Nicolas Sarkozy en personne qui s’est entretenu avec lui au téléphone. Et le diable européen porte désormais un nom : Hu Jintao.
Alors, certes Alexandre, l’Europe n’a pas de politique économique et budgétaire fédéralisée, mais l’Europe a une BCE. On crache sur ceux qui usent de l’argument de l’indépendance et de la souveraineté des Etats et, dans le même temps, on  se soumet à jamais à l’ogre Chinois ? Si je comprends bien : pas de jaloux, de souveraineté et d’indépendance il n’y en aura ni pour les Etats ni pour l’Union Européenne ? Je trouve que les européistes ont poussé leur aversion pour ces deux composantes essentielles d’une nation ou d’une union un peu trop loin… Pourquoi l’Europe renie ses propres institutions pour vendre son âme aux chintoks ? Dans tout autre pays du monde, et c’est ce qui se passe aux USA, étant donné la gravité de la situation, on aurait fait appel à la planche à billets. Un pouvoir régalien ! Un levier qu’actionnent seulement les Etats qui sont maîtres de leur destin. Quoi ? Was ? Ah ja, ja, ja… c’est vrai, nous avons vainement demandé la permission au Bundestag avant de se prosterner… Nein inflation ! Verboten ! Traktat ! Heil Angela !

Ou, plutôt ni hao Hu Jintao ! Eh oui, faut se mettre à la page, le chinois va devenir la langue d’usage en Europe, maintenant. Dumping chinois ? Barrières douanières avec la Chine ? Pillage par la Chine de nos technologies sur l’autel du transfert de technologie ? Et, accessoirement, respect des droits de l’homme ? Terminé ! On n’en parle plus, alors que hier encore Sarkozy s’en insurgeait. Il ne faut plus agacer les salvateurs cocos chinois. Au contraire, on se félicite, dixit Sarkozy, que la Chine fasse tellement confiance à l’Euro qu’elle décide d’investir dedans. C’est formidable ! Je me pince pour y croire tellement c’est beau.
En provoquant une guerre mondiale, l’Allemagne nous avait déjà contraints au protectorat américain. Maintenant, sa peur bleue de l’inflation nous subordonne à la Chine sans pour autant offrir une solution sur le long terme.
Les européistes disent qu’il en va du respect des traités comme du respect de l’Europe. Néanmoins, je pense que l’Europe se serait bien passée de cet infâme signe respectif. En 2008, la solution est venue des Etats. On a définitivement constaté que l’Europe n’était pas l’outil adapté à la résolution de crises. En s’assoyant sur les traités, les protocoles et autres conventions, chaque Etat dans son coin a sauvé ses banques avec plus ou moins de brio. Cette fois, hypocrisie oblige, le piège des textes s’est refermé sans aucune possibilité de l’entrouvrir, même sous la pression que nous ne pouvions de toute façon pas exercer sur une Angela en position de force.
L’hypocrite mouton européen qui avait inventé l’euro pour fuir Oncle Sam se jette maintenant dans la gueule du dragon chinois. Etrange parcours.

Le sommet de Bruxelles a donc sauvé l’Euro pour mieux tuer l’Europe. Jeudi, au lendemain du sommet, les bourses se remettaient dans un élan presque orgasmique de leurs déboires… Par l’afflux de ces bonnes nouvelles politiques, leur turgescence faisait monter la valeur de l’euro emportant avec elle toujours plus la compétitivité de nos industries depuis toujours plombées par une monnaie sur évaluée… L’euro est un problème sans solution. Comme disait Einstein, « un problème sans solution, est un problème mal posé ». On en revient à la responsabilité  de l’Europe, comme des Etats.
Mais, comme la libido finit toujours par retomber, dès le lendemain, l’euphorie laissait place nette au doute de la panne italienne. L’Italie de Berlusconi qui pose un problème de libido, le comble…
Ainsi, les paris sont ouverts pour la date du prochain sommet décisif (presque le 20ème depuis le début de la crise), dans quelques jours, semaines ou mois ? (Les Grecs viennent d’apporter la réponse à cette question. Il aura fallu six jours pour qu’une nouvelle réunion de crise soit programmée ! C’est fort !)

De cette Europe là, désormais à la botte d’une dictature sans nom, souffrez que je ne puisse non pas en rêver mais lui souhaiter tout le mal du monde. Au fond, je rêve d’une seule chose : c’est que le cauchemar qu’est actuellement l’Union Européenne, prenne un terme définitif !
Bref, j’aurais aimé finir sur du Einstein mais c’est Bigard qui va conclure. Ainsi, à défaut de trouver le moyen de l’escalader, « c’est au pied du mur que l’on voit mieux le mur ».

Parlons d’Europe (et de dette)

Il était temps que je rebondisse gracieusement sur la question de la crise de la dette en Europe, abordée avant moi par mon camarade Alboss (toujours très plaisant à lire). Évidemment, il arrive que nos points de vue divergent. La preuve.

La faute de l’Europe (ou des Européens) ?

Dans toute cette affaire, l’Europe sert de coupable idéal. Les dirigeants des états européens, soumis à la dictature des marchés de leur électorat, trouvent forcément confortable de rejeter la faute sur le voisin, qui plus est non élu, et trop soumis pour réagir trop fortement : les banques, les marchés financiers et l’Europe. De tous ces boucs émissaires, l’Europe est le plus vague et le plus gargarisant. On désigne une nébuleuse diabolisée, qui a l’avantage de présenter une structure comaprable à un super-Etat, tout en évocant l’ennemi venu de l’étranger pour soumettre notre pauvre Nation (qui a librement consenti tout ça).

Une fois de plus, dans le Crise de la Dette, on se trompe de coupable. Les mêmes râleurs d’aujourd’hui ne protestaient-ils pas déjà contre les règles trop strictes d’une Europe toujours prète à combattre l’inflation et à taper sur les doigts des Etats qui s’endettaient trop ? Les critères de Maastricht, les 3% de déficits, n’était-ce pas trop contraignant avant que l’orage ne gronde ? Pourtant, il s’avère que l’Europe n’a pas été assez sévère, et n’a pas su s’imposer assez fortement pour faire respecter ses règles. Les Etats européens étaient au courant que dépasser les 3% de déficit présentait des risques certains d’instabilité au sein de la Zone Euro. S’ils ont marché sur les avertissements qu’on leur a adressés, c’est donc entièrement de leur responsabilité. Ils étaient prévenus, ils ont fait semblant d’ignorer.

En réalité, les eurosceptiques portent une importante part de responsabilité. (Entre autres) à cause de leurs réticences, nous avons adopté une monnaie commune sans franchir le pas de la politique économique et budgétaire en partie fédéralisée. Le cul entre deux chaises, avec une monnaie européenne, et des politiques budgétaires repliées sur elles-mêmes. Et quand l’Union préconisait moins de 3% de déficits, nos souverainistes s’en moquaient avc panache.

L’Europe n’a pas fauté. Si les gouvernements européens avaient été à la hauteur, et s’étaient inquiétés à temps de la problématique de la dette, l’Euro aurait sans doute été parfaitement viable. Si on avait permis à l’Europe de faire respecter ses règles, l’Euro aurait été viable. Au lieu de cela, on a préféré la politique de l’autruche, en ne cessant jamais de parler de défense de la souveraineté et de l’indépendance de l’Etat, quand dans la même temps, ce même Etat mettait cette indépendance en péril en s’endettant excessivement. On ne marche pas indéfiniment sur la tête sans en payer les conséquences. Ce n’est pas l’Europe qui a failli, ni l’Euro, ce sont les Etats souverains qui n’ont pas été à la hauteur.

Les socialistes (je pouffe)

Dès que j’entends les socialistes parler de dette et de déficits, je n’y peux rien, je pouffe. On parle quand même de ceux qui avaient promis sans la moindre autodérision, de passer les smic à 1500€ (Ségo elle-même n’y croyait pas, c’est dire !). On parle quand même de ceux qui, plus récemment, lors de la Crise de 2008, s’étaient largement plaints de la faiblesse des plans de relance gouvernementaux, et demandaient un projet plus « ambitieux » . Aujourd’hui, ils ont beau jeu de radoter. Mais ils n’ont aucune crédibilité. Ils n’avaient rien vu venir.

Comme les autres, du reste. La réalité, c’est que ni la gauche ni la droite ne se sont jamais préoccupées de la dette jusqu’à ce qu’elle leur explose à la face, avec les conséquences que l’on sait. Les seuls qui se soient inquiétés de longue date, ce sont les libéraux, et dans une moindre mesure, le MoDem de Bayrou en 2007. Reconnaissons-le. D’ailleurs, l’une des seules à avoir réussi à obtenir un budget excédentaire en partant d’une situation très dégradée, en Grande-Bretagne, c’est la très libérale Thatcher. La réduction de la dette, au Canada, ou surtout en Nouvelle-Zélande, a presque toujours été la conséquence de politiques libérales, menées par les conservateurs comme par les travaillistes. Tant que nous n’accepterons pas ce constat, nous continuerons à patiner dans notre gadoue.

Sarkozy, Berlusconi, l’Italie (ça rime)

Les Italiens sont furieux. Les médias italiens sont en transe ! Merkel et Sarkozy ont osé critiquer la gestion Berlusconienne des finances italiennes ! Retournement de situation paradoxal : les Italiens détestent Berlusconi, mais le défendent quasiment corps et âme dès que sa compétence est clairement mise en doute à l’étranger. Le stade suprême de l’aveuglement chauviniste. Les Italiens n’en semblent que plus ridicules. Mais le sommet du ridicule a été atteint au moment où Berlusconi est venu annoncer en direct à la télévision que Merkel avait présenté des excuses … ce que la principale intéressée s’est empressée de démentir…

Rappelons que la dette italienne est la 3e dette mondiale, juste après les USA (dont on connaît le gros, gros PIB, et la situation particulière liée au dollar), et le Japon (où la dette est en grande partie détenue par les japonais). Il n’y a pas de quoi se vanter. Et quand on connaît l’enlisement économique, moral, criminel et judiciaire du pays, il n’y a pas non plus de raison d’afficher un triomphalisme particuièrement prononcé.

J’étais en Italie tout l’été, et j’y ai suivi les cafouillages du Gouvernement italien bousculé par les marchés. J’y ai entendu la Lega Nord opposer son veto à toute réforme des retraites. Aujourd’hui, le vent a tourné, et les vestes avec. Tout ça est consternant. Mais rassurez-vous : pas de changement violent au programme, puisqu’on évoque l’horizon 2026.

Les meilleurs ennemis du monde

Autant Sarkozy a eu raison de s’en prendre à Berlusconi, autant il a eu tort de s’en prendre à Cameron. Certes, Cameron s’est montré critique vis-à-vis de l’Euro, mais il ne faut pas non plus oublier qu’il répond, en fait, à une demande nationale en ce sens, et qu’il est en première ligne pour défendre l’Europe au Parlement britannique ! Pris en sandwich entre Londres et Bruxelles, Cameron joue les équilibristes … non sans talent.

On comprends les griefs des dirigeants européens vis-à-vis de Cameron. Il a mené des réformes et une politique de rigueur autrement violente que les leurs, mais il reste nettement plus populaires qu’eux, et il est toujours jugé comme le plus apte à mener le pays, 3 ans après son arrivée au 10, Downing Street. Pas mal, non ? Autre motif de désaccord, la fameuse et éternelle taxe Tobin.

La taxe (pas) Trop-bien

Pourquoi les Anglais s’y opposent-ils ? Ils sont non seulement sensibles à des motifs idéologiques et d’efficacité économique, mais ils ont surtout en tête que 80% des transactions financières européennes passent par Londres. Ainsi, instituer la taxe Tobin reviendrait à taxer à 80% l’économie britannique. Pas très équilibré, non ?

Autre pays à s’y opposer : la Suède, ce fameux modèle de Social-Démocratie, en réalité converti au Libéralisme depuis la fin des années 90. Pourquoi s’y oppose-t-elle ? Il faut savoir que la Suède a déjà institué une taxe Tobin en 1992 … pour l’abandonner quelques années plus tard, après en avoir fait douloureusement les frais ! Si les Suédois qui ont essayé s’opposent à cette taxe, ne devrions-nous par les écouter ? Voulons-nous vraiment faire cette désastreuse expérience nous-mêmes ?

Dès que nous instituerons une taxe de ce genre, les flux financiers n’auront qu’à contourner notre région. C’est tout. On n’y gagnera rien. Pire ! « Lorsqu’on taxe les vaches, ce ne sont pas les vaches qui paient » . De même, ce ne sont pas les banques et les organismes financiers qui payeront cette taxe … mais les citoyens. Le coût sera répercuté sur le crédit, les transactions bancaires… Vous appelez ça la Justice Sociale ?

C’est un malheur que ni la Grande Bretagne ni la Suède ne soient dans l’Eurozone : malgré leur refus, rien n’empêchera nos autres troubadours d’instituer une pareille idiotie au sein de la Zone Euro. Nous allons bien nous étaler.

L’Europe s’en sortira

Cependant, je ne suis pas aussi pessimiste qu’Alboss. Je suis certain que l’Europe s’en sortira, comme toujours. N’oublions pas que l’Europe est un pur produit de volonté politique. Et rien ne pourra venir à bout de cette volonté. Je ne sais pas comment, ni dans quel état, mais l’Europe se relèvera, et trouvera assez de rustines pour colmater les fuites. La vraie queston est de savoir quelle efficacité elle aura, et quelle idéologie influencera ses bricolages. A entendre Mario Draghi compatir avec les « Indignés » , on est en droit de penser que la recherche permanente de boucs émissaires est loin d’être terminée. La politique de l’autruche aussi est loin d’être terminée.

Mais j’ai l’espoir que l’Europe en sorte la tête haute. J’attends d’elle qu’elle cesse de se mêler de l’angle de courbure des courgettes autorisées à la vente, et des ballons gonflables, et se concentre sur la libéralisation des économies et des sociétés, sur la synergie des politiques économiques et budgétaires, sur le principe de subsidiarité (selon lequel l’efficacité voudrait entre autres que la politique étrangère ou de défense européenne progresse fortement dans les années qui viennent, pour faire face aux défis du XXIe siècle, et redonner une voix à l’Europe, alliant soft et hard power, et réduisant les coûts par la Défense Européenne qui mettrait fin aux « armées bonsaï » dénoncées par Etienne Copel), et sur des bases plus démocratiques, ce qui comprend l’élection d’un Président de l’Europe, qui remplacerait à la fois Van Rompuy et Barroso, qui nommerait les commissaires européens selon la majorité en présence au Parlement Européen, et serait désigné au suffrage universel direct. Avec une véritable légitimité, un tel Président saurait peut-être faire cesser ce flux permanent de critiques des Etats cherchant à s’innocenter, envers des instances européennes impersonnelles.

Mais p’têt que je suis fou de rêver à ce point. P’têt que je suis trop optimiste. P’têt que l’Europe est foutue, et ses Etats (surtout) avec.

D’ailleurs, si certains de mes camarades blogueurs, tels Aurélien Véron, l’Hérétique, Alboss, Nicolas, Xerbias et les autres, veulent se livrer à une présentation de l’Europe « de leurs rêves » , qu’ils ne s’en privent pas. J’essayerai aussi de revenir sur le sujet … dès que j’aurai le temps. Parce qu’écrire des articles à 7h30 le matin ne me réussit pas forcément… :D

[Alboss] Comprendre la dette publique en un clic.

En ce moment, on est en mode vidéo sur ce blog. En suiviste de circonstance, je respecte le mouvement et je vous propose une vidéo que j’ai trouvé très intéressante. Elle traite de la dette publique pour nous en faire comprendre les tenants et les aboutissants en dix minutes à peine. Défi osé et, à mon humble avis de non-économiste, réussi (puisque j’ai compris). Ajoutons à cela qu’elle respecte une certaine cohérence par rapport à l’opération andouillette de Malaberg. C’est pas beau tout ça ?

A l’heure à laquelle je vous parle, certains sont attablés à Bruxelles pour sauver l’Europe dans un énième « sommet décisif » dont je souhaite de tout coeur l’échec. Il ne pourra de toute façon rien arriver de pire aux peuples européens qui souffrent de l’incompétence chronique de leurs dirigeants. Absolument rien ! Et pour ceux qui pensent que l’Europe telle que nous la connaissons et telle que nous la souhaitons n’est pas vouée à l’échec, le réveil sera rude. L’Europe court à sa perte et ces sommets ne font que retarder celle-ci.
Nico a menti, notre triple A n’est pas intouchable. La France n’est à l’abri de rien du tout et surtout pas de la récession qui va faire son grand retour dans notre pays comme dans bien d’autres. La France n’est plus qu’un pion (encore important) de l’échiquier financier européen et sera désormais pour toujours esclave de l’Allemagne qui est en train d’imposer une Europe allemande !  A défaut de pouvoir peser sur les décisions, Nico lèche les pieds à la grosse Merkel tout en ne ratant pas les bonnes occasions pour remettre en cause le résultat de son régime, ou encore de s’en prendre à plus faible que lui, David Cameron. Notre chef d’état n’a même pas l’élégance d’un bon perdant.

La pire chose qui puisse vraiment nous arriver, c’est que jeudi, après avoir bâclé le sommet de Bruxelles, Nico ne squatte pas notre soirée télévisuelle pour nous annoncer que nous devons nous préparer au sang, aux sueurs et aux larmes mais pour faire son numéro électoraliste. Il viendra surement mentir aux français une nouvelle fois, leur dire que c’est grâce à lui que l’Europe aura été « sauvée » ou encore leur faire croire à un statut intouchable de la France tout en se prosternant et se couchant avec bienveillance face aux agences de notation, et, bien sur, tapera sur les doigts de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie pour se défouler.
Qu’il vienne, qu’il nous dise qu’on va en chier, s’il en a le courage. Qu’il dise réellement ce que sera l’avenir sur le court terme pour les français (récession, chômage, appauvrissement, recul chronique du pouvoir d’achat, dégradation du niveau de la qualité de vie). Qu’il vienne, s’il en a les couilles. Qu’il vienne nous expliquer que tout le monde va devoir travailler plus pour payer les dégâts causés par une tempête dont lui et les gouvernements successifs qu’a connu le pays sont à l’origine. Qu’il vienne, s’il est un homme. Qu’il vienne nous faire culpabiliser pour des erreurs que nous n’avons pas faites !
Personnellement, je connais la réponse que je pourrais lui donner. Mais, comme je n’ai pas pour autant envie de voir passer la gauche en 2012, je m’abstiendrai.

Dans cette vidéo, il est ahurissant de constater que l’article 123 du traité de Lisbonne (prolongation naturelle de la loi du 3 janvier 73) combiné à l’irresponsabilité de nos gouvernements successifs nous ont obligés à nous endetter de 1300 milliards pour payer les seuls intérêts de nos emprunts ! Alors que sans cet article, notre dette publique serait inférieure à ce qu’elle était en 1980… Un traité de Lisbonne adopté malgré le refus des français au référendum quelques années plus tôt.

Bref, place à la projection ! Et si des économistes passent par-là, je veux bien leurs avis éclairés et éclairants, parce qu’il fait franchement sombre ici-bas.

Et maintenant que j’ai tapé sur Sarko, voyez que Hollande ne fait pas mieux… Sa réponse est elle aussi ahurissante et nous donne tellement de bonnes raisons de ne pas voter pour lui puisqu’il ne vaut pas mieux que Sarko sur ce dossier. Quitte à choisir, autant voter pour le meilleur des pires candidats. Comme je le dis depuis la fin des primaires, Hollande, quitte à être le candidat naturel de la gauche en est son candidat par défaut, mais Sarko, qui lui est le candidat naturel de la droite, sera président par défaut en 2012, pour la simple et bonne raison que la frilosité des français les empêchera de changer de capitaine en pleine tempête.

J’ai enfin vu la Conquête

Lundi, je suis -enfin- allé voir la Conquête, ce fameux film sur l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy, en 2007. Quand il est sorti, je voulais déjà aller le voir, mais de fil en aiguille, j’ai trop tardé, et j’ai raté le coche. Heureusement, il y a à Nice un cinéma qui s’est spécialisé dans les séances de « rattrapage » , et sur lequel j’avais fondé tous mes espoirs.

https://gerardmentor.files.wordpress.com/2011/07/affiche-la-conque25cc2582te-sarkozy.jpg?w=221

J’avais lu beaucoup de choses sur ce film, et notamment sur sa neutralité (ou pas). J’ai vu à peu près autant d’articles affirmant que ce film était  favorable à Nicolas Sarkozy que d’articles prétendant le contraire. En soi, c’était déjà une assurance de bonne objectivité de voir que personne n’arrivait à s’accorder sur ce point. Mon diagnostic ? Dans l’absolu, le film est plutôt neutre à l’égard de Sarkozy, qu’il montre à la fois plutôt sincère et franc, mais aussi impulsif et violent. Maintenant, considéré relativement aux autres personnages, la noirceur assumée de la plupart des autres protagonistes (Chirac l’inutile, Villepin le vulgaire manipulateur, Cécilia la vilaine) lui donne une meilleure image qu’eux, donc une image globalement favorable. Contrairement à l’affiche du film, qui pouvait laisses penser le contraire. Oui, c’est tordu. Relisez lentement, ça va venir.

Du reste, j’ai beaucoup apprécié ce film. Il vaut clairement le détour, ne serait-ce que pour des performances d’acteurs exceptionnelles. Les interprétations sont très fidèles à la réalité, très réussies, aussi bien visuellement (allure, comportement général, attitudes…) qu’au niveau des personnalités. On s’y croirait, et par moments, on a le sentiment trompeur d’être immergé dans un véritable documentaire, malgré l’avertissement du début du film. Beaucoup de scènes sont truculentes, drôles, et nous replongent avec drôlerie dans l’ambiance de la présidentielle de 2007. Et à voir le comportement de Chirac dans le film, sans doute assez conforme à la réalité, on comprend, et on ne s’étonne pas, à la différence de Jacques, du fait que Nicolas Sarkozy ne cite pas l’ex-Président au moment de la victoire.

Une scène mémorable est celle de l’un des innombrables face à face Chirac-Sarkozy. Après une vive discussion, Chirac reçoit un appel de Villepin, devant Sarkozy. Et l’ancien Président de la République de répondre : « Tout va bien. Il m’a déclaré sa loyauté je ne l’ai pas cru, je lui ai souhaité bonne chance pour l’UMP et il ne m’a pas cru non plus » . L’hypocrisie de connivence assumée. Et c’est sans parler de l’imitation de Ségolène Royal par Dominique Besnehard… Pour revenir à l’affiche, celle-ci fait référence à une scène du film retraçant le tournage du clip de campagne du candidat Sarkozy. Le futur président arrive, et le tabouret sur lequel il doit s’assoir est manifestement trop haut, ce qui lui suggère un tonitruant : « Qui c’est qui m’a foutu un truc aussi haut ? C’est pour Villepin ou quoi, ça ? » .

On retiendra de la Conquête que le jeu politique est pétri d’ambitions et de manipulations, au croisement du jeu d’échec et du poker. En somme, voilà une bonne préparation aux hostilités de 2012, qui, n’en doutons pas, irons encore beaucoup plus loin dans l’abomination stérile. Et cela, dès 2011.

[Malaberg] le PS va se vautrer, mais magistralement…

Alors, avant de commencer, que ce soit clair, je suis pas un devin ni un oracle. Je livre juste ici ma conviction profonde.

Je pose plusieurs hypothèses, qui pourront être démenties par la suite : Sarkozy sera candidat, aucune révolution ne se sera passée d’ici là, les médias restent ce qu’ils sont, etc.

Je suis allé voir la conquête, le film sur Sarkozy, et, même si j’ai beaucoup apprécié les acteurs qui ont vraiment fait une splendide performance, je dois dire que ce que je retiens du film, c’est une leçon politique. Sarkozy cherche à être en phase avec l’opinion. (et ça marche). Dusse-t-il mentir, être démagogue, changer d’avis pour que l’autre entende ce qu’il veuille entendre, il fera n’importe quoi pour qu’on pense du bien de lui. Après, on déchante, mais en campagne, ça marche.

Je constate une chose : le PS n’est pas en phase avec l’opinion. Nous vivons une période de grande attente où la majorité du peuple va attendre que l’on mène une politique ferme. (ou, du moins, qu’on donne pendant la campagne l’illusion qu’on va mener une politique ferme) Le PS est complètement incapable, du moins dans sa forme actuelle, de répondre à cette attente. Peut être que d’ici quelques mois, il aura eu l’intelligence de changer, certes, mais si les PSocialistes étaient intelligents, 1) ils seraient au pouvoir depuis longtemps 2) ils ne seraient pas aussi arrogants et sûrs d’eux (marque de fabrique du PS) 3) ils ne seraient pas PSocialistes. Donc ça me parait assez peu probable, en fait.

Pour être en phase avec l’opinion, il faut dire ce que « les gens » attendent d’entendre, ou se débrouiller pour que ce qu’on dit soit ce que les gens ont envie d’entendre.  Après, la réalité de ce qui est fait ou du programme peut être toute autre, mais c’est secondaire pour quelqu’un qui ne s’informe pas correctement. Marine le Pen et le national socialisme plus généralement, c’est tout à fait ça.

Je vois deux grandes hypothèses, maintenant. Non, trois en fait, il y en a une qui est le croisement des deux.

Première hypothèse : le PS n’arrive décidement pas à être en phase avec l’opinion, il a désigné un candidat ou une candidate playmobil mou tout sauf volontariste. Sarkozy, lui, sait le faire, il reprend la main dans la campagne, et il est réélu. Le PS se sera vautré pour la quatrième fois consécutive à la présidentielle.

Deuxième hypothèse : Le rejet de Sarkozy est tellement fort qu’il ne réussit pas à reprendre la main sur l’opinion, et étant donné qu’une cruche en terre cuite ou un rouleau de PQ serait élu contre lui, le candidat PS en face est donc élu. Et là, patatras. Demandons nous une petite seconde quel genre de politique les PSocialistes peuvent faire. Je n’en vois qu’une : la politique menée actuellement partout en Europe, la politique de Sarko et de l’UMP. La rigueur. D’ailleurs, en conformité avec l’Union Européenne, ses traités, le FMI et consorts, le prochain gouvernement élu sera obligé de mettre en place un plan de rigueur et de renoncer à à peu près toutes les mesures qui demanderaient au moins un euro d’investissement. Du moins s’il ne souhaite pas rompre avec les institutions précédemment citées et les respecter à la lettre en faisant chaque jour une prière et des courbettes devant. (l’orientation actuelle du PS, quoi) . Donc ouste toutes les belles éventuelles promesses faites par les PSocialistes, place à la rigueur. Et là, ça me fait mal rien que d’y penser. Le « la politique, c’est tous pourris tous pareils  » va grimper en flèche, la gauche va sombrer une fois encore, bref, c’est peu réjouissant. Résultat des courses, le PS se vautre.

Remarque au passage : ça me fait rire quand je vois Alexandre dire que le PS sera dépensier, quand on voit ce que l’UE et les banksters nous préparent.

Troisième hypothèse, mixte des deux précédentes, donc. Le rejet de Sarkozy est très fort, mais la mainmise sur les médias&sondages de l’idéologie dominante est telle que la seule candidate anti-sarkozy crédible qu’ils laissent apparaître est Marine Le Pen. (il est d’ailleurs amusant de voir les médias faire quotidiennement campagne pour elle ces derniers temps). Le PS, toujours victime de sa médiocrité et de son incapacité à se mettre en phase un minimum avec l’opinion, ne passe pas le second tour et Sarkozy est réélu. Le PS se vautre.

Quatrième hypothèse : même que la précédente mais avec une percée du Front de Gauche et de Mélenchon avec (où à la place de) celle de Marine le Pen. C’est l’hypothèse à laquelle je travaille, et que je souhaite, mais on verra. Mais là aussi le PS se sera vautré.

Bref, voilà pourquoi l’idée du PS au gouvernement ne me fait guère envie. Et aussi pourquoi quand j’en entends dire « unité autour du PS pour qu’il soit au second tour (pour y perdre ?) et qu’il gagne la présidentielle », je dis « non, surtout pas, vous allez nous entrainer dans votre chute ! ». L’idée est affinée par ceux qui avancent « les états majors doivent se mettre d’accord et élaborer un programme commun, en faisant des compromis entre les différents programmes, c’est normal de faire des compromis ». Bigre. des compromis entre ceux qui disent « non il ne faut pas rompre avec les traités européens » et ceux qui disent le contraire ? Ça donne quoi ça ? une demi rupture ? de l’eau seche ? un cheval sans jambes ? un ordinateur portable de 50kg ? Une télé sans écran ? Sans blague, faudrait réfléchir avant d’écrire, parfois. De toute manière, la vraie question, c’est le rapport qu’on a face aux banksters et leurs laquais, tout le reste, c’est de l’enrobage et de l’enfumage par ceux qui ne veulent pas parler du fond parce qu’ils y sont mal à l’aise.

Je ne vois guère que deux personnes pour éviter l’un de ces scénarios catastrophe pour le PS. L’un est Jean Mallot, parce qu’il a de l’humour, et que je l’apprécie beaucoup (et puis il a la même profession que moi à l’origine ! Ah, corporatisme, quand tu nous tiens…). Mais l’humour ne suffira peut être pas à nous sortir de là, (encore que…) Le second est Arnaud Montebourg, parce qu’il a le courage de ses opinions. Mais il a sans doute trop merdé et zigzagué par le passé et s’est un peu égaré chez Royal, certains auront du mal à le lui pardonner (pas moi, il suffit qu’on me parle à gauche, et je vous aime, je suis un vrai naïf). Si le PS soutient Mélenchon dès le premier tour aussi sans trop se mêler de la campagne, ça peut être évité, aussi, mais cf l’arrogance de plus haut, c’est peu probable.

Voilà aussi pourquoi je trouve qu’il serait complètement suicidaire pour le front de gauche d’aller se mouiller dans un gouvernement PS si jamais il gagne en 2012, ceux qui le souhaitent au PCF manquent cruellement de discernement.

bon, allez, votre avis m’intéresse beaucoup sur ce sujet. Alexandre et Alboss aussi. Promis, j’essaie de ne pas mordre. Pas trop fort, en tout cas.

Sinon, à lire, trois petits trucs : Pourquoi je ne voterai pas utile en 2012, par monsieur Jo, un excellent dézinguage de « l’Unité 2012  » et comme d’habitude, un excellent billet de CSP

Edit : On est le 29 mai, anniversaire du référendum de 2005 et des 55% de non ! Et donc un rappel de plus de l’incapacité totale du PS de se trouver en phase avec la population… (ils ont fait passer le traité de Lisbonne, copie du TCE, en 2008…)

[Malaberg] Unité 2012 !!

J’ai lu sur le blog de Guy Girenbaum un appel à l’unité de la gauche en 2012, pour éviter qu’elle soit absente au second tour. J’ai déjà dit ici ce que j’en pensais. Mais je trouve qu’ils sont un brin sectaires. C’est vrai, quoi. Pourquoi se limiter à la Gauche ? Puisque ces gens là se contrefichent manifestement des divergences énormes présentes à l’intérieur de ce gloubi boulga qu’ils appellent la gauche (volonté d’affronter le capital, de gouverner face aux banques, de ne pas se laisser dicter notre politique par l’UE et sa commission d’ultralibéraux fanatiques, de remettre la durée de cotisation pour la retraite à 37.5ans -ou même ne serai-ce qu’à minima la remettre à 40 ans- etc. autant de choses cruciales qu’on trouve par exemple au Front de Gauche et catégoriquement écartées par le PS, par exemple), et que donc, tout ça n’est que du détail, on est la gauche, peu importe ce qu’on met à l’intérieur, n’est ce pas, on pourrait faire de l’eugénisme comme ont fait depuis les années 30 les sociaux-démocrates suédois, on serait toujours la gauche, et bien je trouve donc fort dommage de ne pas soutenir directement Nicolas Sarkozy dès le premier tour, en rassemblant au passage toutes les forces « républicaines », Modem, NC, UMP, CPNT en plus de tout ce qui est « la gauche »…

Cherchons un accord de gouvernement avec cet homme. Mettons nous d’accord sur un programme, qu’il sera obligé de respecter, hein, et soutenons le dès le premier tour. Ainsi, il devrait gagner dès le premier tour, et éviter au FN d’être au second tour qui n’aura donc pas lieu. Après tout, c’est logique, non ? Sarkozy est le président sortant, il a donc toute légitimité pour que nous le soutenions, et qu’il gagne. Donc un programme, un candidat, et hop, la victoire en 2012 ! C’est pas beau ?

Alors, qu’en pensez vous, chers signataires ?

Captainhaka : Le grumeau, Custin d’Astrée : 365 mots, Cycee : bahbycc , Dominique Darcy : dominiquedarcy, Eric Citoyen : Mon Mulhouse, Gaël : De tout et de rien, Jean-Claude : Slovar – Les nouvelles, Jean Renaud Roy : @jr_roy, Juan : SarkoFrance, Jules Praxis : @jules_praxis, Le Coucou : Le coucou de Claviers, Melclalex : A Perdre la raison, MrsClooney : La femme de George (s) , Nicolas : Partageons mon avis, Nicolas : La rénovitude, Nicolas Cadène : Débat socialiste, Rimbus : Rimbus le Blog, Romain Pigenel : Variae, Ronald : Intox2007, Jacques Rosselin : @rosselin, Seb Musset : Les jours et l’ennui de… , Stef : Une autre vie, Sylvie Stefani : Trublyonne, Vogelsong : Piratages, Yann Savidan Carnet de notes de…, Zeyesnidzeno : La France a peur

Comment ça, vous n’êtes pas d’accord ? Si on doit soutenir le PS et sa politique de droite, pourquoi ne soutiendrait-on pas directement la droite ? Au moins on acheverait de donner raison à Marine le Pen quand elle affirme qu’elle serait la seule à s’opposer au système… Hollande 2012, soutenu par toute la gauche pour appliquer un plan d’austérité décidé par l’europe et le FMI « modernisé » !! Ça, ça aurait de la gueule, non ?…

Edit : je vois que cet appel est repris par des strauss-kahniens. Je n’ai rien contre ces gens qui sont surement charmants personnellement, mais politiquement, je ne me sens vraiment rien à voir avec eux, mais vraiment rien, on a des divergences de fond très importantes, cf plus haut (comme d’habitude, et comme tous les PS, ils ne veulent pas en discuter, préférant le « votutil !, votutil ! », en évacuant le fond mais c’est bien leur droit malgré mon envie de leur donner une baffe lorsqu’ils font cela), et si jamais je me trouvais dans une démarche politique approuvée par eux et entrant dans leur optique, je me poserais vraiment des questions… Un peu comme si, tout à coup, je me trouvais associé à l’UMP, au FN, ou aux Skinheads, je me dirais vraiment « mais qu’est ce que je fais là ? »… A bon entendeur.

Edit-bis : Ne pensez vous pas que c’est plus la médiocrité du PS qui risquerait de le priver de second tour en 2012, davantage que la division ? (S’il est si bon, il devrait pouvoir gagner tout seul) Et qu’il serait donc particulièrement stupide de soutenir des médiocres pour une élection de cette importance ?

[Malaberg] Soyons méchants

Après une longue absence (et oui, vous aurez remarqué que mon activité ressemble à une sinusoïde, avec des hauts et des bas, mais avec plus de bas que de hauts, en général), il me semble qu’il est temps que je revienne polluer ce splendide blog de droite avec ma mauvaise foi gauchiste.

Tiens ? Vous continuez à lire ? Tant pis pour vous. Faudra pas venir pleurer.

Encore là ? Malgré tous mes avertissements ? Bon, après tout, c’est votre problème…

Tout d’abord, je dois avouer que j’ai beaucoup rigolé en lisant le dernier billet d’Alexandre sur Sarkozy. Il le soutient, encore et toujours, ce qui, à mon sens, dénote soit une totale différence de valeurs avec moi, soit une inconscience totale. Je penche pour la première solution, qui m’attriste cependant beaucoup plus que la seconde.

Petite analyse critique et méchante de son billet.

Il est encore temps de fermer la page et de retourner voir vos mails.

Après cette ligne il sera trop tard.

Tout d’abord, il défend sarkozy contre les attaques Ad hominem dont celui ci a été et est encore victime. Je dois dire aussi que ce genre de critiques m’insupporte, mais sans doute pas pour les mêmes raisons. La raison principale en est surtout que lorsque l’on fait une critique ad hominem, on critique surtout la forme et pas le fond. Nous voyons là tout l’intérêt des soit disant socialistes de produire des critiques ad hominem, en effet, ces derniers n’ont aucune divergence de fond avec Sarkozy, sauf sur la xénophobie et les questions sociétales (mariage gay), ce qui ne suffit pas à faire des divergences suffisantes pour battre un adversaire, à l’évidence.

Pour ma part, ce que les attaques ad hominem m’inspirent, ce n’est pas, au contraire d’Alexandre, de dire « oh, mais non, sarko il est gentil, il est attendrissant, il est courageux, blablablabisounounours » ON S’EN FOUT DE TOUT CA. Moi, ça me fait plutôt penser que cette fonction présidentielle est décidément une aberration qu’il convient de supprimer. On garde le Volk, mais nul besoin de Reich ni de Fürher. Mais apparemment, c’est très dur de mettre dans la tête des gens qu’on peut très bien vivre sa vie sans un Fürher au dessus de soi. Bande d’esprits soumis va. Je suis d’humeur méchante, alors j’ai bien envie de traiter ce genre d’éternels bébés psychologiquement dépendants d’une maman ou d’un papa symbolique de véritables Untermenschen, pour rester dans le registre. Lire la suite

J’aimerais que Sarko’mence

A la demande d’Isabelle Resplendino, je vais vous expliquerai pour qui je voterai en 2012, a priori.

Inutile de faire durer l’attente plus longtemps : le fantastique jeu de mot du titre est assez éloquent. Mon vote ira sans doute à Nicolas Sarkozy. Permettez-moi donc, une fois n’est pas coutume, de faire l’avocat du « diable » .

Pourquoi Sarkozy ?

nicolas-sarkozyJe vais certainement en surprendre, mais j’ai une vraie … « tendresse » pour Nicolas Sarkozy. Contrairement à la majorité des Français, je le trouve très sympathique. D’après ce que je sais, il est très loin de l’image que l’opinion a de lui. Il serait certes impulsif, mais aussi très affectueux. Je pense que c’est quelqu’un qui est capable de s’engager, et de faire preuve de volonté dans les situations difficiles. Vous remarquerez que si Nicolas Sarkozy avait voulu préparer de manière optimale sa réélection, il aurait pu se replier dans le « Château » comme l’avaient fait Chirac, et, dans une moindre mesure, Mitterrand (du fait de la cohabitation notamment). Il aurait pu, comme ses prédécesseurs, se servir de ses premiers ministres comme d’autant de fusibles, et se garder le rôle le plus gratifiant de la politique étrangère et de la représentation de la France (domaine dans lequel il excelle). S’il n’a pas eu peur d’occuper les premiers rangs et de prendre tous les coups, en assumant toutes les mesures impopulaires, c’est bien qu’au fond, ce type est doté d’une grande volonté.

Parlons un peu de bilan. Tous le jugent catastrophique, désastreux, et j’en passe, mais dans le fond, quoi qu’on en dise, ça a bougé. Et ça a beaucoup plus bougé que sous Jacques Chirac. Allons-y pour une liste non exhaustive. La réforme de la PAC engagée, le Grenelle de la mer (ressources et énergie sous-marines de la France, qui possède la 2e Zone Économique Exclusive au monde), le Grand Paris, le soutien à la Défense Européenne, la réintégration du Commandement de l’Otan, l’Accord de Défense avec la Grande-Bretagne, le renforcement des effectifs en Afghanistan, l’intervention courageuse en Libye (à laquelle plus personne ne croyait, rappelez-vous !), la résolution de la Guerre en Géorgie par la Présidence française de l’Union Européenne, le Grenelle de l’Environnement, les Internats d’Excellence, la loi TEPA sur les heures supplémentaires, le statut d’auto-entrepreneur, le RSA, la mise en place du Pôle Emploi, le soutien aux pôles de compétitivité, la « prime à la casse », l’autonomie des universités, la réforme constitutionnelle (ayant renforcé la démocratie), la réforme vitale des Retraites, et j’en passe…

Alors certes, inutile de bondir sur vos fauteuils, tout est loin d’être parfait. Certaines réformes n’ont pas été poussées assez loin, ont été menées maladroitement, ou mériteraient d’être améliorées. Mais incontestablement, la France a évolué, et adopté des outils efficaces pour préparer l’avenir.

Et ne parlons pas de cette attitude totalement stupide consistant à accuser Nicolas Sarkozy d’être le responsable de tous les maux du pays, liés à la Crise. Attention, grande révélation : AUCUN pays ne sort d’une Crise, d’une telle ampleur que celle que nous avons connue, sans hausse du Chômage, sans hausse de la précarité, sans difficultés de toutes sortes. Regardez autour de la France : à part l’Allemagne, quel pays peut se targuer de s’en être mieux tiré que la France ? C’est vrai que la situation est difficile, mais Sarkozy ne pouvait rien contre la Crise. Il n’a pu qu’en atténuer les effets. Mais imputer tous les problèmes de la France au Président de la République (ou à qui que ce soit), est profondément injuste. Et les gouvernements socialistes européens ne s’en sont pas mieux sortis dans cette affaire !

Il reste malgré tout cette impression un peu brouillonne, ces polémiques à répétition (que l’opposition et une partie de la presse n’ont pas manqué de gonfler artificiellement pour nuire au Président de la République, ou simplement vendre du papier), des réticences quant à l’attitude de Nicolas Sarkozy. Mais globalement, il a su endosser le costume présidentiel.

Pourquoi pas les autres ?

Rapide tour d’horizon…

A droite de Sarkozy, Marine, Ducon Gnangnan, Boutin (même si elle se voit à gauche)… Des conservateurs, des rétrogrades, voire des personnalités dangereuses. Aucune alternative.

A l’UMP, c’est le désert. Fillon ? Pas assez de personnalité. Copé ? Trop exubérant. Juppé ? Ce serait sans doute la meilleure alternative, par son expérience et ses capacités. Mais il est tout-de-même encore très rigide…

Plus au centre, Judas-Borloo (vous lui voyez une envergure et une stature présidentielle, honnêtement ?), Endive-Morin (même question ?), Bayrou ? Bon, le plus potable reste François Bayrou, qui arrivera sans doute armé d’un programme réfléchi et relativement responsable. Mais j’ai beaucoup de mal à oublier qu’il a assassiné l’UDF par ambition personnelle, rendant par la même occasion le Centre, et le Centre Droit inaudibles, fractionné en une galaxie de petits partis sans influence sur la politique française. D’excellentes idées, des personnalités formidables, ne sont pas mises au service du pays, tout simplement parce que cette famille, à laquelle peut s’ajouter celle des Libéraux, est incapable de s’unir.

Et puis surtout, il y a le PS. Quoi ? Vous êtes sérieux, chers Français ? Vous faites plus confiance au PS qu’à Sarkozy sur l’emploi ou le pouvoir d’achat ? Mais au nom de quoi ? Je ne sais pas si vous avez vu ce sondage, mais je le trouve renversant. Chers Français, je peux admettre que Sarkozy vous ait déçu sur ces questions (même si c’est à la Crise qu’il faudrait en tenir rigueur), mais comment pouvez-vous accorder aussi aveuglement votre confiance à un parti qui est en situation de mort idéologique, qui n’a, pendant 4 ans, rien proposé de valable, et qui, encore aujourd’hui, ne propose rien de nouveau, ou seulement toujours plus d’assistanat, d’État, et de dépenses ? Si vous ne faites pas confiance à Sarkozy, ne vous « prononcez pas » , mais ne faites pas confiance à un PS qui ne vous propose aucune solution ! Quel aveuglement ! Si Sarkozy est la peste, ce n’est pas une raison pour se réfugier dans le choléra

Allez, je vous épargne le reste de la Gauche, ça ne vaut même pas la peine d’expliquer pourquoi je n’y crois pas.

En somme, aujourd’hui, je tiens à éviter absolument que ce PS accède au pouvoir. Parce que cette perspective m’inquiète beaucoup pour ce pays. Je suis souvent sur la même longueur d’onde que l’Hérétique, ou Isabelle, mais il y a un point que je n’arrive pas à comprendre, dans leur réflexion. Je comprends leur préférence affichée pour Bayrou. Mais je n’arrive pas à comprendre qu’il puisse imaginer qu’il vaut mieux que le PS accède au pouvoir, plutôt que de voir Sarkozy rempiler pour 5 années supplémentaires. Le PS ? Ce parti qui compte résoudre tous les problèmes par plus de dépenses publiques, plus de moyens, de l’argent tombé du ciel, du « care » , de l’assistanat ? Cela correspond-il à vos valeurs ? Ne laissez pas votre jugement être altéré par votre rejet de Nicolas Sarkozy. Croyez-moi : il vaut mieux un Président très imparfait, plutôt que ce PS là, avec ce projet là. J’espère que vous y réfléchirez. Et au pire, j’espère que vous vous souviendrez de mes propos si la Gauche gagne, quand j’écrirai fièrement sur ce blog (qui sera sans doute très à la mode quand je n’aurai plus à faire l’avocat du diable) ces quelques mots : « je vous avais prévenus » .

Allez, je passe la patate chaude à Xerbias et Vallenain : si les Présidentielles étaient demain, pour qui voteriez-vous ? Question bonus : ne pensez-vous donc pas que les socialistes seraient encore pire que la droite ? ;-)

Pourquoi je ne suis (toujours) pas Villepiniste (1/2)

Dessicated, en commentaire à mon article sur la joyeuse dette publique, me demande quelle est mon opinion sur Dominique Galouzeau de Villepin. J’en profite donc pour me pencher avec vous sur le personnage, et surtout, le projet, du leader de République Solidaire (nom de parti à peu près aussi creux que le « Debout la République » de Nicolas Dupont Gnangnan, et bourré de bons sentiments dégoulinants qui ne laissent pas beaucoup d’espoir pour la suite). Aujourd’hui, parlons de Dominique. Demain, ce sera le tour de son projet, le temps que je le lise plus en détail.

Quelques mots donc sur son personnage. Moi aussi, qui ne me vante pas de gaullisme, de néo-gaullisme ou de giga-méga-gaullisme à tort et à travers pour briller de la lumière du « grand homme » et me grandir artificiellement , j’ai une certaine idée de la France, comme on dit pour avoir l’air cool. Et en particulier de la Présidentielle. Vous voyez de Gaulle se présenter aux Présidentielles uniquement pour se venger d’un homme de son camp d’origine ? Villepin est avant tout motivé par une haine viscérale de Sarkozy. Qu’il puisse nourrir une haine pour l’actuel Président de la République est parfaitement son droit, mais qu’il se présente uniquement pour nuire à un homme, donc, même pas par ambition personnelle (celle-ci peut avoir sa noblesse), mais carrément par vengeance personnelle, et amertume personnelle, je ne l’admets pas. Dites-vous bien que s’il ne voulait pas à tout prix nuire à Nicolas Sarkozy, cet homme là ne ce serait jamais présenté.

Au-delà de ça, je ne suivrai pas ce grand mouvement panurgiste d’amnésie collective qui se saisit de nos concitoyens, et les amène naïvement à adorer ce qu’ils ont naguère abhorré, par le simple fait de l’éloignement, et par la bénédiction du temps qui passe. Les Français ont-ils déjà oublié qu’ils ne le supportaient pas, l’ex Premier Ministre ? Ont-ils déjà oublié le CPE, quand Galouzeau donne des leçons de paix sociale à Nicolas Sarkozy au moment de la réforme des Retraites ?

Moi même, qui viens de la droite (même si j’ai légèrement évolué depuis), et qui ai soutenu la majorité entre 2002 et 2007, comme j’ai pu, et malgré de sérieuses réserves sur sa léthargie, je n’ai jamais adhéré au personnage de de Villepin. Seulement, la différence, c’est que je n’ai pas oublié les griefs que j’ai pu avoir contre lui par le passé. Les Français ont décidément la mémoire courte. Sarkozy devrait se présenter en 2017, il ferait plus de 50% au Premier Tour…

Sarkozy, parlons-en… Quel est aujourd’hui le principal argument pour soutenir de Villepin, sinon l’antisarkozysme de ce dernier ? Ce cher antisarkozysme, réaction moutonnesque (elle aussi !) consistant à rejeter en bloc tout ce qui vient du diâââbolique personnage, et à vénérer aveuglement tout mouvement, ou toute personne, affirmant son opposition à Nicolas Sarkozy. Ça fonctionne très bien ! Ce sera même l’unique ciment de la gauche en 2012, et l’unique leitmotiv des différents prétendants à l’Elysée d’ici là. Et ça évite de devoir trop s’embourber s’engager sur le terrain des idées. https://i1.wp.com/site.agerard.free.fr/img/ddv.jpg

Et passons sur le caractère impulsif, violent, et vulgaire de Galouzeau vis-à-vis de ses proches, qui est avéré. Je préfère autant quelqu’un d’impulsif, colérique, et exigeant comme Sarkozy, qui a du mal à le cacher, que quelqu’un d’hypocrite comme de Villepin, qui se donne de grands airs, et se gonfle d’orgueil, derrière quoi il dissimule un caractère exécrable. Mais ce sont des détails…

Quoi ? Je devrais faire confiance à de Villepin quand il décline une liste de bonnes intentions républicaines, alors qu’il a été si longtemps au pouvoir ? Qu’a-t-il fait pour changer le pays ? Pourquoi lui ferais-je confiance aujourd’hui alors qu’il avait l’opportunité hier de concrétiser ces vœux pieux, et qu’il ne l’a pas fait ?

Et un dernier mot, très mesquin, mais je n’ai plus peur de rien : il compte gouverner avec qui, de Villepin ? Puisque tous ses proches le lâchent progressivement pour rejoindre Nicolas Sarkozy, jusqu’aux plus intimes, avec qui gouvernera-t-il ? Ça promet d’être drôle.

A suivre…

[Alboss] Que la droite soit… de droite !

De droite et opposé au débat sur la laïcité ! Mais je n’y suis pas opposé pour les mêmes raisons que François Fillon ou Roselyne Bachelot. Ceux-ci craignent que le débat ne vire à la « stigmatisation » de l’Islam… Je ne crains rien, j’en suis convaincu. Mais ce n’est toujours pas pour cette raison. J’y suis tout simplement opposé parce qu’il ne s’agit que d’un simulacre de débat. Avec celui sur l’identité nationale, l’UMP et le Gouvernement avaient compris à leurs dépens qu’un débat ne se fait pas sur commande à une échelle aussi importante que la réunion de citoyens désireux de joutes verbales dans toutes les préfectures de France. De ce fait, cette fois, le débat sera interne à l’UMP.  Alors pourquoi répéter à longueur de journée que ce débat est essentiel, car il répond aux préoccupations des Français, si c’est pour au final n’offrir la possibilité d’en discuter qu’aux français de droite et détenteurs d’une carte UMP ? C’est avant tout un jouet permettant aux Copéistes d’assouvir leurs pulsions onanistes.
Lire la suite

Réponse à… « Qui pour remplacer Sarkozy ? »

Je n’ai fait que répondre rapidement à ce billet de mon ami l’Hérétique, mais pour ceux qui sont intéressés, j’ai déjà abordé ces sujets dans d’anciens billets (suivez les liens dans l’article).

 

par exemple, annoncer le recrutement en hausse de gendarmes et de policiers, celui de greffiers et d’experts pour la justice, de gardiens et de personnels pour les prisons, puis mener une politique de fermeté déterminée

Bien sûr, ce serait génial … mais avec quel argent ?

Aujourd’hui, la priorité, c’est de réduire cette foutue dette, de réformer le fonctionnement de l’État, et de libérer l’économie et l’initiative entravées de tous les côtés pour préparer l’avenir, pas de promettre des dépenses qui ne permettront pas forcément toujours un vrai gain d’efficacité.

Je voterai pour le camp qui promettra à la fois un projet moderne et ambitieux pour la France, tout en osant avouer que pour les années qui viennent, il ne peut nous promettre que « du sang, de la sueur, et des larmes« . Je ne voterai certainement pas pour ceux qui promettront plus de moyens à tout le monde, sans source de financement crédible.

Juppé ferait un pire score que Sarkozy. L’UMP est un parti qui marche à la fidélité, et sait se souder dans les moments importants, malgré des dissensions internes et normales, qui ont toujours existé. Et le moment venu, il sera beaucoup plus soudé et mobilisé qu’on ne l’imagine.

Imaginez bien qu’aujourd’hui, Sarkozy est le Président en fonction, cible de toutes les critiques. Il ne tombera pas plus bas, il est dans la pire des situations. Quant au PS, il ne peut que récolter quelques lauriers déplumés, puisqu’il ne fait que critiquer le bouc émissaire national, quant son candidat n’est pas carrément absent (donc à l’abri des coups). Attendez que le PS redevienne sur terre, doive se mouiller, s’avancer, prendre position, commence à prendre des coups de tous les côtés. Il est au plus haut, il baissera.

Si Marine, les Verts, et Méluche font un bon score, le second tour sera un 21 avril… à l’endroit !

On en reparlera. ;-)

Pourquoi on ne doit pas dire non à la Turquie

Le sujet de l’intégration ou non de la Turquie au sein de l’Union Européenne fait son retour aujourd’hui, dans le cadre de la visite éclair du Président Sarkozy à Ankara. Les Turcs sont volontiers choqués par la brièveté du temps que leur accorde le Président de la République : cinq heures, pour évoquer le G20, et à n’en point douter, la situation explosive au Maghreb.

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On le sait, la France, comme l’Allemagne, s’opposent fermement à l’entrée de la Turquie dans l’UE, bien qu’officiellement, les négociations soient en cours. Pour une fois, réjouissez-vous, je suis en total désaccord avec Nicolas Sarkozy. Je pense que de fermer la porte à la Turquie est une erreur géopolitique, géostratégique et historique majeure.

Balayons d’emblée l’argument le plus traditionnel et à mon sens le plus stupide des opposants à la candidature de la Turquie : « la Turquie ne serait pas en Europe« . Ah bon ? Prenez une carte, un globe, ou un planisphère, je vous prie. Google maps fera l’affaire. Observez la Turquie. Observez sa position par rapport au reste de l’Europe. Maintenant, observez où est Chypre. Oui, en-dessous de la péninsule anatolienne. Donc plus loin du reste de l’Europe que la Turquie, et que, plus encore, Istanbul, son cœur névralgique. Pourtant, Chypre est un État membre de l’Union Européenne. Quelqu’un est-il choqué que Chypre soit des nôtres ? Je ne pense pas. Alors l’argument géographique ne tient pas.

En réalité, ce faux argument n’est, selon moi, qu’un alibi commode pour voiler (ahah) la véritable raison : l’Islam. Oui, la Turquie est un pays majoritairement musulman. Mais là encore, pour l’instant, il n’y a aucune raison de s’inquiéter ! Bien au contraire ! Avec la France (et dans une très moindre mesure le Portugal), la Turquie est le seul pays quasiment totalement laïque en Europe. Sur ce sujet, il est exemplaire. C’est en outre un des rares modèles de démocratie au Proche et au Moyen Orient, une véritable source d’inspiration pour nos démocraties naissantes au Maghreb, ou l’Armée joue aussi un rôle fort de garante de la pérennité démocratique. Si on souhaite éviter que les Islamistes profitent de la situation pour s’imposer au Maghreb, on ferait bien de s’inspirer des principes d’Atatürk : « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » . Justement, nous verrons comment notre position arriérée peut contribuer à faire faillir le modèle turc.

Quelle est ma position ? Je dois avouer qu’elle n’a pas toujours été telle. Mais j’ai évolué positivement sur la question. Je pense qu’il faut que la Turquie soit intégrée sur le long terme comme un Etat membre de l’Union Européenne. Attention ! Je n’ai pas dit qu’il faut l’intégrer tout de suite, dès demain, ou dans l’année qui vient. Il faut encore du temps. Cela dit, il faut tenir la porte grande ouverte, et proclamer haut et fort à l’attention de la Turquie « nous sommes prêts à vous accueillir à condition que vous fassiez les progrès nécessaires » . Je pense qu’il y a un énorme danger dans la situation actuelle, et dans l’obstination de Sarkozy et de Merkel.

Pourquoi ? En réalité, nous leur faisons actuellement comprendre que tous les efforts qu’ils font actuellement pour nous rejoindre sont vains, puisque, quoi qu’ils fassent, quels que soient leurs progrès, nous leur fermerons la porte in fine. En somme, ils sont en train de gravir un grand et pénible escalier, au bout duquel les attend, non pas une porte ouverte ou entrouverte, leur laissant l’espoir d’entrer, mais une porte fermée, cadenassée, et blindée. Par conséquent, quelle peut-être leur réaction normale ? Le ras-le-bol, et le rejet pur et simple. Gravir un pénible escalier pour rien, c’est inutile. Et s’ils constatent que la porte reste fermée, ils finiront par redescendre, en abandonnant leurs efforts (ou au moins, ils ne bougeront plus de leur marche -fin de la métaphore-). Ce qui serait tout simplement dramatique ! Nous avons l’occasion unique d’inciter un grand pays comme la Turquie à changer ses institutions, à se démocratiser, à abandonner ses mauvaises pratiques, à se prémunir contre le risque d’un État dominé par le facteur religieux, à faire une plus grande place aux droits de l’homme, et nous la gâcherions ? Non ! C’est absurde. Il faut continuer à donner à ce pays une raison de s’améliorer, et de se rapprocher de nous, et de notre mode de fonctionnement, faute de quoi il s’en éloignera fatalement, inexorablement. Forcément, il cherchera d’autres alliés, plus bienveillants à son égard, des amitiés bien moins recommandables à nos yeux. C’est ce qu’il faut éviter par tous les moyens.

Une attitude d’ouverture (il y a du progrès à faire, mais sachez que si vous y parvenez, vous serez les bienvenus) peut nous offrir un allié essentiel pour demain. Une attitude stérile d’intransigeante fermeture (quoi que vous fassiez, c’est NON) pourrait en faire un ennemi, ou, au moins, l’éloigner de notre modèle.

Alors je suis partisan de cette ouverture. Je veux que la Turquie progresse, notamment sur la question chypriote, qui est intolérable. Mais qu’est-ce qui motivera la Turquie d’agir pour Chypre ? La carotte de l’UE ou bien notre hostilité ?

Et pour adopter un point de vue plus terre à terre, avoir un pays émergent et florissant comme la Turquie en son sein ne nous ferait pas de mal. Sans compter son potentiel apport stratégique, militaire, voire diplomatique, dans notre rapport aux autres puissances orientales.

Oui, cette question me préoccupe. Et l’idée que les Turcs puissent abandonner le rêve européen me laisse véritablement songeur et déçu. Il est impératif que nous changions totalement de perception, et que nous cessions d’adopter une attitude électoraliste et démagogique à l’égard de la Turquie. Chirac l’avait compris. Ah, me faire dire du bien de Jacques Chirac, il fallait oser !

Je suis curieux de savoir ce que mes amis blogueurs pensent de la question, et en particulier l’Hérétique (je crois avoir compris que Bayrou s’opposait lui aussi à l’entrée de la Turquie dans l’UE), Xerbias, Nicolas, Vallenain, Corto, et tous ceux qui souhaitent se joindre à eux. Et s’ils se sont déjà exprimés sur le sujet, j’essayerai de fouiller un peu leurs blogs. ;-)

Socialistes : le degré zéro de la politique

Quelle ne fut pas ma stupeur quand je découvris hier soir un mail de Jean-François Copé dans ma boîte mail, pour nous avertir de sa réaction à la dernière trouvaille tordue des Jeunes Socialistes ! Mais ce n’est rien comparé à ma stupeur au moment de découvrir la nature de ces affiches.

Je ne ferai pas durer le suspense plus longtemps :

https://i0.wp.com/www.picdo.net/fichiers/2011/2/24/cd268904-78fd-4955-aa8e-eb7237bfd037_Affiche-MJS.jpg

(cliquez pour agrandir et admirer la chose dans le détail)

« Une nouvelle étape dans la bassesse a été franchie avec l’affiche du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) qui détourne honteusement une photo dans l’unique but d’assimiler Nicolas Sarkozy à Adolf Hitler, et ceux qui soutiennent le président de la République aux nazis!« , a dénoncé le Président de l’UMP.

Je suis au regret de vous annoncer que le Parti Socialiste a officiellement touché le fond. Admirateurs de son exploration des fonds marins de la politique, rassurez-vous ! Il a toujours su démontrer qu’à chaque fois qu’il touche le fond, il creuse encore !

Cette affiche est minable, ignoble, désastreuse. Alors que j’en entendais certains critiquer les affiches de l’UMP sans la moindre raison valable, j’espère que celui qui se permettait d’évoquer « les scandaleuses affiches de l’UMP » sera aussi prompt à réagir cette fois ci.

Voilà le PS à nouveau réduit par son inconséquence politique à se réfugier derrière les confortables remparts du point Godwin : il est tellement simple d’assimiler son adversaire à Hitler, quand les idées viennent à manquer. C’est même une théorie éprouvée.

http://godwinner.files.wordpress.com/2009/10/godwin_point_by_seboun.png

Alors que certains surfent sur la mode de l’indignation, voici un parfait sujet d’indignation. Il faut croire que le niveau du débat politique a réellement atteint des niveaux de nullité assez rares. C’est comme ça que les Socialistes espèrent trouver une certaine légitimité ? En réalité, ils continuent à passer sereinement pour des idiots.

Et la bêtisé est d’autant plus significative alors même que des peuples entiers se battent, et crèvent sous les balles insensibles de soldats dociles dans la plupart des pays du Maghreb, avec l’espoir de conquérir ne serait-ce qu’un quart de la liberté et de la démocratie dont nous jouissons de ce côté-ci de la Méditerranée. Il est facile, pour un jeune socialiste français pourri gâté de démocratie, de confort et de liberté, de revêtir, le temps d’une affiche, le costume de résistant et de défenseur révolté de la démocratie. Il est facile de maquiller notre démocratie en dictature pour les besoins d’une minable propagande. Il est facile de s’indigner, ou de faire semblant de s’indigner contre les prétendus risques pour notre démocratie, comme le suggère cette affiche. Mais c’est une insulte pour tous les peuples qui se battent pour leur liberté. Beaucoup de jeunes n’ont visiblement pas conscience de ce que cela signifie, de la chance qu’ils ont, et du trésor de la démocratie qu’on leur confie en héritage. Mais peut-être ne savent-ils même pas que la plupart de ces dictateurs qu’il est de bon ton de conspuer se revendiquent socialistes, et ont même été membres de l’Internationale Socialiste, dont la vice-présidente est Ségolène Royal. Voilà qui remet les choses en perspective. Se tromperaient-ils de combat ? Les évènements de ces jours-ci rendent encore plus criant le décalage entre l’exagération d’une poignée de jeunes inconscients et la réalité du combat pour la démocratie. Pour changer du sempiternel « si t’es pas content, va voir en Corée du Nord » , j’ai envie de dire « si tu veux défendre la démocratie, va à Tripoli » .

Alors, on apprend ce matin que ces affiches ont été conçues localement, et n’engagent pas l’ensemble du Mouvement des Jeunes Socialistes. Il paraît même qu’elles vont être retirées. Seulement, notre chère blogosphère ne s’était-elle pas indignée lorsqu’un membre isolé, seul, individuel des Jeunes Populaires avait tenu des propos racistes sur Twitter, à propos des « noirs » de l’équipe de France de handball ? A l’époque, j’entendais que ces propos n’étaient pas un cas isolé (ah bon ?) et qu’ils permettaient, de fait, d’en faire porter la responsabilité à l’ensemble des Jeunes Pop’. Du coup, on n’entendait pas « un tel à tenu ces propos » mais « un Jeune Pop a tenu ces propos«  . Par conséquent, dans l’affaire qui nous préoccupe, j’estime que c’est à l’ensemble des Jeunes Socialistes d’être tenus pour responsables, surtout que pour concevoir des affiches, il a fallu l’assentiment d’une bonne série de responsables du mouvement. Contrairement aux propos tenus par un individu sur Twitter. Et oui.

Mais sans qu’il soit nécessaire d’employer un raisonnement aussi poussé, on peut légitiment penser que le lexique Nazifiant est devenu chose courante au sein du Parti Socialiste. C’est passé quasiment inaperçu, mais ce cher Moscovici n’a rien trouvé de mieux que de comparer les propos de Jacob sur DSK à ceux qu’aurait pu tenir le « maréchal Pétain«  . Je vous invite à prendre connaissance de la petit histoire. Ça commence quand même à faire beaucoup, non ? A quand Fillon comparé à Laval et André Santini à Mussolini ? Avec le PS, il faut décidément s’attendre à tout. Et toutes ces affaires sont fortement révélatrices du vide idéologique du PS, qui ne navigue que sur des mots creux, et la vanité de propos déplacés.

J’attends toujours que le PS ait la dignité de présenter des excuses au Président de la République et à ses électeurs, sachant que Nicolas Sarkozy a été élu démocratiquement, au suffrage universel, par 53% des Français. Et puisqu’elle voue un culte aux excuses, et recommande à tout un chacun de s’excuser pour tout et n’importe quoi, je suggère que Ségolène Royal s’en charge. Elle en a fait une spécialité.

Il y a des jours, j’aurais vraiment honte d’être socialiste.

Qu’attendent les Socialistes pour réagir ? « Jusqu’où les laisserez vous aller » dans la bêtise ?

Du sang, de la sueur, et des larmes

Aujourd’hui, les enseignants sont en grève. Que réclament-ils ? L’arrêt des suppressions de postes, donc plus de moyens. Les magistrats aussi râlent. Entre autres choses pourquoi ? Pour réclamer plus de moyens. Lire la suite

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