[Hippolyte] Tribune de soutient au mariage et à l’adoption pour tous

Fichtre. Dans un débat qui ne cesse d’enflammer les passions, du côté des conservateurs comme des soutiens, il me semblait désormais infamant de rester silencieux alors que toute la blogosphère se saisit de la question. Je ne vais pas m’appesantir plus longtemps en verbiage, je suis un soutient à la réforme (oui, sur un blogue de droite, cela existe). J’ai pour sentiment que cette question dépasse les clivages habituels même si elle y reste très liée de manière générale. On le sait, on le dit, on l’observe depuis quelques mois, cette question passionne les français chaque jour, ouvrant leur page Google dès le moindre rebondissement de cette affaire. Certains gueulent, d’autres applaudissent, d’autres s’en fichent. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a de réelles incohérences à s’opposer à cette réforme. Petite explication.

1°) Les religieux se plaisent tout particulièrement à associer l’ouverture du mariage aux couples gays, aux dérives de la polygamie, polyandrie (pour les musulmans, c’est d’ailleurs assez cocasse de noter l’emploi de ce mot), zoophilie, et pour les idiots du village, de la pédophilie. Je ne me ferai pas un sacerdoce de les raisonner, j’ai perdu ma fougue passée avec le temps, mais j’aimerais souligner la pure et simple diffamation, ainsi que l’amalgame douteux entre l’inacceptable et l’acceptable. Voyez-vous, l’homosexualité n’est pas une pratique, c’est une sexualité, comme l’hétérosexualité, la bisexualité ou la pansexualité. Si vous savez tous lire, vous retrouverez la même racine. Si vous savez tous lire, là encore, cette racine n’est pas présente dans les autres mots, et pour cause, il n’y aucune corrélation logique entre deux hommes/deux femmes qui s’aiment, et un homme qui a plusieurs femmes, une femme qui a plusieurs hommes, un homme-femme qui aime un chien et un(e) pervers(e) qui se tape des enfants. Dans le dernier cas, l’agissement est par pulsion, dans l’avant-dernier, il faut être réellement pervers pour apprécier… Je ne vais pas tous les décomposer, mais là où il y a exactement la même chose dans l’hétérosexualité et l’homosexualité, on nous ressort ces vieux argumentum ad hominem, pour dénoncer à demi-mots la perversité des gays car on n’assume pas son homophobie. Je ne me permettrais pas d’affirmer que tous les opposants à cette réforme sociétale sont homophobes, mais je me permets d’affirmer que beaucoup le sont, et ne le taisent que par les dérives accordées lors du vote du P.A.C.S (c’était les mêmes dans la rue, soit dit en passant) et car leur leader, charismatique déjantée du nom de Frigide Barjot, parvient à conserver la tête du troupeau.

2) Mais voilà… il y a un hic. Quand on associe Hollande à Hitler en trente secondes (point Godwin aussi rapide que la signature d’un P.A.C.S au greffe du tribunal), on peut se poser des questions sur la logique employée. On est tous différents, on est tous unique, mais il faut bien s’accommoder des particularités de chacun. Marre de se considérer chaque jour insulté dès que l’on ouvre le journal, et les premiers à souffrir sont les homosexuel-les humiliés chaque jour un peu plus, pris dans l’étreinte d’un débat autant que les enfants (on y reviendra, sur les enfants). On peut ne pas se vouloir homophobe, je respecte, mais la portée des propos que l’on peut avoir se répercute avec bien trop de gravité sur les principaux concernés. À entendre chaque jour qu’on n’est pas normal, on finit par saturer, et cela devient presque du harcèlement moral banalisé. #SiMonFilsEtaitGay est également dans mon viseur. La remontée des extrêmes par des débats pareils est nocive, blessante, en étant également injuste. Plus injuste encore, que ceux qui manifestent dans les rues seront ceux qui jugeront les enfants adoptés par des homosexuels, qu’ils veulent prétendre défendre (si ce n’est pas les opposants, qui peut bien se moquer d’une telle situation ?). C’est tellement hypocrite. C’en est ridicule. Une remise en question de certaines personnes seraient sans doute utile, surtout quand elles ne connaissent rien aux raisons pour lesquelles elles manifestent. Cela devient encore plus nauséabond, on agit par panurgisme dans le milieu.

3) Les enfants. Ah les sacro-saints enfants, sur lesquelles une auréole n’a de cesse de pousser depuis le début du débat. On peut lire dans les slogans répétitifs des opposants au mariage gay, ceci : “Tous nés d’un père et d’une mère“. Ce à quoi, mon visage a répliqué ceci.

Oui, cette tête-là.

À quel moment, les partisans de cette réforme sociétale ont-ils remis en cause de le moyen de fécondation pour la naissance d’un rejeton ? Jamais. Et que l’on ne me parle pas de P.M.A, puisque dans les faits, celle-ci ne sera présentée que bien plus tard. Pas de chance, il faudra organiser d’autres manifestations, mais en attendant, ce genre de propos n’a pas lieu d’être. De même que la translation du débat aux écoles, qui, envers et contre tout ce qu’a pu dire le secrétaire de l’enseignement catholique, a bien été organisé avec des élèves de troisième des discussions à ce sujet. J’en suis le premier témoin, autant que les nombreux articles que l’on peut lire. On rajoute à l’hypocrisie, la mauvaise foi. Je crois bel et bien que ce débat m’ulcère. Marre d’entendre des moutons radoter les mêmes poncifs que leurs maîtres à pensées, marre de la passivité des partisans, marre de la subjectivité des opposants. Des gens sincères dans leurs idéaux, il n’y en a pas beaucoup. Plus encore dans un débat comme celui-ci, quand on voit la droite conservatrice brandir les vieux torchons de décadence de l’humanité, menace de l’équilibre de l’humanité. En fait, il y a déjà 40 000 enfants adoptés par des familles homoparentales en France. Les “contres“ arguent… je ne sais pas quoi en fait, car je ne comprends les arguments qui sont dits là-dessus par leur côté disparate et belliqueux. Eh bien, admettons. Si un témoignage, ne serait-ce qu’un, énoncé directement par un concerné avait l’outrecuidance d’expliquer son parcours, ce pourquoi il a eu des doutes, ce pourquoi il vit très bien, on entend les râleurs pousser leurs cris d’Orfraie, dénonçant avec fermeté la dangereuse manipulation intellectuelle des lobby pro-homosexualité. De l’autre côté, il suffit qu’un article, un seul, parmi la salve de positifs énonce le négatif d’avoir été élevé par deux pères, et deux mères, c’est la société toute entière qui pouffe un scandale, des « Ah je l’avais bien dit ». Argumentum ad nauseam (pour appuyer mes dires, voir la congélation d’un bébé en Afrique du Sud par un couple de lesbienne, ou tout simplement quelques sites d’actualités, tout de même moins violent). C’est particulièrement édifiant cette manière de pensée. Oui, des enfants le vivront mal, comme certains vivent mal d’être gros, d’être noir, d’être roux, toutes ces choses insignifiantes qui constituent l’endurcissement de la vie d’un jeune. Cela ne fera qu’une raison de plus, pour autant, n’est-ce pas le meilleur moyen de s’affirmer, pour qu’au bout du compte, cela entre dans les mœurs ? Je crois que si. Je crois également qu’une réforme n’est jamais sans risque, et je mettrais cela en corrélation avec le divorce. Je me montre persuadé que c’est en brusquant parfois l’évolution que l’on obtient des résultat. Devrions-nous dire à ces enfants que s’ils perdent leur parent, l’autre personne qui les a élevée ne pourrait plus les voir, simplement car on lui a refusé le droit d’exercer une autorité ? C’est tellement mesquin de parler de sécurité de l’enfant quand ceux-ci sont marginalisés à cause d’une administration désuète. Alors, à part la peur de la différence, quoi rétorquer ?

Je pense qu’il est grand temps de penser autrement. Ceux qui ne se sentent pas concernés par mon article, mais qui sont tout de même contre, je vous invite à réagir par les commentaires sur l’homoparentalité, car il y a des positions que je ne comprends pas. Pour conclure, je dirai simplement au gouvernement de ne pas reculer. Les gens, ça gueulent beaucoup, mais dans cinq ans, cela oublie tout. Le P.A.C.S en est l’illustration complète. De “Pédé aux bûchers“ à fervent soutient, l’antithèse se poursuit comme aujourd’hui, et cela continuera demain, peu en importe le coup porté à la crédibilité.

Hippolyte.

PS : Mais quel sauvage ! J’oubliais de vous souhaiter avec retard une excellente année 2013.

PETIT RAJOUT : http://24heuresactu.com/2013/01/23/homoparentalite-letude-statistique-censuree-en-france/ J’ai enfin localisé le repère des extrémistes homophobes, dépourvus de tout savoir et de toute objectivité. Puis-je avoir mon gâteau au chocolat ? Cette étude tronquée, et fausse (je vous invite à lire les commentaires du bas, une bonne analyse en sera faite) démontre encore une fois l’hypocrisie latente des opposants, et le conservatisme réactionnaire dans lequel ils s’enferment. Heureusement, et je l’espère, pas tous, car l’amalgame entre pédophile et homosexuel me les brise légèrement et en vient jusqu’à me blesser dans ma dignité.

En bref – le plus froid de tous les monstres froids

Je vous recommande la lecture de ce témoignage poignant publié par Atlantico. Il s’agit de l’histoire d’une vieille femme mourante et de son mari, ancien médecin, qui illustre de façon touchante et révoltante toutes les dérives et toute l’inhumanité du système de santé français, qui ne sait se montrer efficace ni du point de vue financier, ni du point de vue humain.

Quand on sait que la France est vice-championne du monde des dépenses de santé par habitant, il y a de quoi s’interroger.

Une machine étatique, bureaucratique et politique a voulu bâtir, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une Santé Publique toujours plus égalitaire, toujours plus large, toujours plus républicaine, toujours plus normalisée…jusqu’à construire aujourd’hui « le plus froid de tous les monstres froids« , pour paraphraser Nietzsche.

L’avalanche de commissions, l’avalanche de normes et de bonnes pratiques, censées améliorer en continuité la qualité des soins et de l’accueil, n’a fait que déshumaniser sans cesse un système, le dépersonnaliser, tout en le ruinant financièrement. Ce système a perdu depuis longtemps de vue ce qui devrait être son principe de base, et je ne parle même pas des principes d’Hippocrate … mais simplement du bon sens, de la civilité, de l’empathie.

Une question de choix

Isabelle Resplendino rappelle une question oubliée par cette présidentielle : l’autisme, et la scolarisation des enfants handicapés. C’est un sujet à propos duquel Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir démérité, au point de convaincre des parents de gauche de voter pour lui.

Une fois n’est pas coutume, il s’agit davantage d’une question de bonne volonté que de moyens, contrairement à ce qu’on entend couramment. Ou du moins, il s’agit d’une question de priorités. Cet article en 3 pages d’Atlantico est formidable dans l’analyse des économies qu’il est possible de réaliser sans dégrader la qualité de l’enseignement. Pour un élève scolarisé, on paye plus de 350€ de fonctionnaires pour l’administratif, contre 80€ en Allemagne (« une dépense de 351,33 euros par élève et par an en France et 80,11 euros en Allemagne – soit 271,23 euros de plus. Rapporté aux 10 millions d’élèves français, cela représente une dépense de 2,74 milliards d’euros par an« ). Pour un professeur en classe, il y a 3 fonctionnaires dans l’administration de l’éducation nationale. Agissons sur ce levier, et on pourra à la fois économiser, et à la fois utiliser l’argent plus efficacement, c’est-à-dire au plus près de l’élève et du professeur ! Il y a largement assez d’argent pour scolariser les enfants handicapés en assurant leurs besoins, pour ouvrir davantage d’internats d’excellence, permettant une ascension sociale accélérée, et même pour permettre de scolariser les élèves en échec scolaire et comportemental. Tout est une question de choix. Dégonflons le mille-feuilles administratif et recommençons à utiliser l’argent là où il est nécessaire, utile, productif. C’est là que devrait être la priorité : dans la chasse continue, permanente, au gaspillage, à la dépense superflue, dans le dégonflement de l’administration pléthorique (qui ne démontre en outre pas son efficacité !).

Le même problème est décelable dans la Santé Publique. Il paraît qu’on n’a plus de moyens, et qu’on vient même à manquer de linge d’hôpital (venez avec votre couverture !). Le système est délabré (autant d’IRM par habitant qu’en Turquie). Pourtant, en terme de dépenses de santé, nous sommes les champions du monde, juste derrière les américains. Pourtant, dépense supérieure ne rime pas avec qualité de soins supérieure ! Les Pays-Bas et le Danemark assurent un meilleur index de qualité en dépensant moins, et la Suisse, l’Allemagne, la Suède et la Norvège arrivent à un niveau de qualité à peu près équivalent, à un coût moindre ! Le problème est très vaste (on pourrait évoquer que les Français consomment 2 à 2.5 fois plus d’antibiotiques que les Allemands ou les Britanniques, 2 à 4 fois plus de psychotropes que dans n’importe quel autre pays, que 90% des consultations chez le généraliste aboutissent à une prescription, contre 40% aux Pays-Bas ou 60% en Allemagne de mémoire…), mais nous pourrions là aussi pointer du doigt le déluge administratif (dés)organisé autour de la Santé Publique, avec moult commissions, comités, agences et autres dont les missions se superposent assez régulièrement pour envisager des fusions massives : directoires, conseils de surveillance, commissions médicales d’établissement, comités techniques d’établissement, comité d’hygiène, de sécurité, et de conditions de travail, agences régionales de santé (regroupant pas moins de 7 organismes différents), comités d’éthiques, cercles régionaux d’éthique, comités de protection des personnes, AFSSAPS, AFSSA, AFSSE, EFS, EFG, OPRI, Haut Conseil de Santé Publique… Et j’en passe !

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Sans doute ces fonctions doivent-elles être assurées, mais un peu de frugalité de ce côté ne ferait sans doute pas de mal, avec quelques rapprochements, et quelques économies administratives… Ne parlons même pas des formalités administratives, qui, pour flatter cette même administration très pointilleuse, obligent le médecin à remplir une paperasse de plus en plus folle, au détriment du temps passé auprès du malade ou de ses proches. Ce système est en partie dénoncé par Patrick Pelloux, du syndicat des médecins urgentistes, qui a malgré tout le toupet de croire que c’est le néolibéralisme thatchérien qui est à mettre en cause dans cette affaire (alors que l’inspiration du système est plutôt bureaucratique et soviétisante qu’ultralibérale, très franchement, et que le système Outre-Manche est encore plus étatisé)… Comme quoi, le Libéralisme, même quand il est piétiné dans ses principes fondamentaux, reste le coupable idéal.

Tout ça pour dire que là aussi, beaucoup d’argent est gaspillé dans des empilements administratifs. Il serait plus judicieux de se rappeler de la fonction première de la Santé Publique, qui est la mission de soins (ou de prévention, soit), et de rapprocher l’argent, les moyens, des patients, des médecins, et des familles … là où il est utile et manque, tout simplement.

Quel candidat à la présidentielle est prêt à rappeler à l’État providence, à défaut de le contester, ses réelles priorités ? Qui est prêt à indiquer toutes les sources possibles d’économies de fonctionnement ? Qui ? Pauvre pays.

Républicain, démocrate, libéral

Samedi, j’ai suivi le débat, sur On N’Est Pas Couché, entre Christophe Barbier et les polémistes de Ruquier.

Selon l’éditorialiste, être républicain est plus important qu’être démocrate. Il défend les prétendues valeurs républicaines, et estime qu’aucun référendum ne doit pouvoir venir renverser certaines de ses valeurs. Ainsi, il rejette l’idée d’un référendum sur la peine de mort. A son avis, son abolition est un acquis républicain, qui ne doit pas être contesté, même si une majorité démocratique le souhaite. Il constitue un sanctuaire de valeurs républicaines intouchables. Je suis un farouche opposant à la peine de mort, mais l’idée même de décréter que certains débats n’ont pas lieu d’être en République est hautement problématique. Qui décide quelles sont ces valeurs sanctuarisées ? Qui place la borne entre le sacré et le profane ? Qui décide ce dont on doit discuter démocratiquement, et ce qu’on ne peut évoquer ? Si on décide un jour que le socialisme ambiant est un acquis de la république, aucun choix démocratique ne pourrait venir le contester. Est-ce légitime ?

Cela dit, placer l’abolition de la peine de mort dans le lot des valeurs intouchables de la République, c’est assez loufoque. La République, après la Révolution Française, est née dans l’application effrénée de la peine de mort par guillotine. La République s’est accomodée, la plus longue partie de son histoire, de la peine de mort. Du temps de De Gaulle, Pompidou, Giscard, la peine de mort n’était pas abolie. Ces hommes-là n’étaient-ils pas républicains ? Bref, bizarre, cette vision élitiste des choses. Dans le cadre duquel une minorité voudrait imposer son point de vue comme un dogme.

Faut-il être d’abord républicain, ou démocrate ? Si être républicain signifie sanctuariser certains sujets, imposer des dogmes commodes, et réécrire une histoire républicaine, je suis démocrate. Le Royaume-Uni n’est pas une République, mais c’est une démocratie, une grande démocratie, depuis beaucoup plus longtemps, et avec beaucoup plus de régularité que la France.

Et si j’étais avant-tout libéral ? Une démocratie sans libéralisme (au moins économique), c’est fort possible. Le libéralisme (dont le libéralisme politique) sans démocratie, c’est quasiment impossible. Quitte à choisir, autant demander le libéralisme. On a la démocratie garantie. Quant au républicanisme, il n’a rien d’indispensable a priori.

Con-lectif Roosevelt 2012

Si vous avez eu le plaisir de feuilleter la presse gratuite ces derniers jours, vous avez peut-être eu le malheur d’entendre parler du Collectif Roosevelt 2012.

Rien que le nom devrait faire peur à tout libéral qui se respecte. Prendre pour référence un président démocrate qui a appliqué de désastreuses mesures de relance keynésiennes de poudre aux yeux, c’est triste. D’ailleurs, au milieu d’un article gluant de connivence, un encadré de Metro rétablissait un semblant d’équilibre, en avouant que les politiques de Roosevelt eurent un effet au mieux très moyen sur l’économie américaine, mais étaient simplement restées comme un SYMBOLE POPULAIRE. Comprenez : une légende mensongère au possible.

Pourtant, Metro tente de nous rassurer. Il paraît que le collectif rassemble des personnalités de tous horizons, et que leurs propositions doivent transcender la droite et la gauche. Et là, si vous regardez la liste des membres du collectif, vous réalisez à quel point vous vous faites enfumer. « Tous horizons », « droite et gauche » … VRAIMENT ? Stéphane Hessel, Edgard Morin, Bruno Gaccio, Michel Roccard, Lilian Thuram, c’est la droite ultralibérale échevelée ? C’est l’équilibre droite/gauche dans toute sa splendeur ? De qui se moque-t-on ? La Fondation Danièle Mitterrand, le Conseil National du PS, un Conseiller Régional du Front de Gauche, ça transcende les clivages ? DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Et puis ce n’est pas tout… En terme de propositions révolutionnaires, on est servis ! Que du lourd, du vu, du revu, et du contre-productif.

Déjà, bien sûr, il y a l’idée d’offrir de l’argent gratuit aux États, via des emprunts à taux d’intérêt quasi nul. On a un problème de dette ? Offrons de l’argent gratuit, on règlera le souci. D’ailleurs, il suffit de demander à la BCE de faire tourner les rotatives en accéléré, pour imprimer des tonnes de jolis billets. ET POUF ! Plein d’argent. Comment n’y a-t-on pas pensé avant ? Consternant…

On continue dans du neuf et de l’original avec l’idée d’un nouvel impôt européen sur les sociétés. Comme les impôts précédents avaient déjà fait peser un poids fiscal hors-normes sur nos citoyens, notre économie, et nos entreprises, il suffit de continuer sur cette belle voie, afin d’asphyxier notre restant de croissance. TAXE-TAXE-TAXE, voilà le credo révolutionnaire des amis de Roosevelt.

La lutte contre les paradis fiscaux est aussi quelque chose de nouveau et clinquant. D’ailleurs, c’est connu, personne n’en a parlé jusque là. Nous sommes dans la droite ligne de la proposition précédente : après avoir transformé l’Europe en enfer fiscal, la suite logique est de s’attaquer aux paradis fiscaux.

Autre idée révolutionnaire déjà entendue un bon millier de fois : séparer banques d’affaires et banques de dépôts… Pourquoi pas, je ne prétends pas exceller dans la maîtrise de ce domaine, et il me semble même que Charles Gave, qui n’est pas la moitié d’un con, suggère à peu près la même chose. Maintenant, il me semble aussi que les banques qui ont causé le désastre de la Crise appliquaient déjà ce principe. Pas la panacée, donc.

Taxer les transactions financières. Sarkozy et Merkel y sont favorables. Rien de nouveau sous la tempête, donc. Et encore, nous ne reviendrons pas sur les effets délétères de ce système que la Suède a adopté avant de l’abandonner, et dont nous aurons vite fait de réaliser l’échec une fois que nous l’aurons mis en oeuvre. En même temps, actuellement, nos riches partent en Suisse, nos entrepreneurs partent à Londres, et les autres essayent la Belgique. Bientôt, il n’y aura plus rien à taxer. Ce sera la plus grande de nos victoires.

Déclarer la guerre au dérèglement climatique. Ça se passe de commentaire, non ?

Enfin, l’idée la plus géniale du lot est celle d’aller plus loin dans le partage du temps de travail. On frôle le loufoque avec béatitude. L’idée neuve du Collectif est donc de continuer dans une vision du marché du travail qui a conduit aux 35 heures, et aux taux de chômage astronomiques que nous connaissons ? Pourquoi persister à voir le marché du travail comme un gros gâteau de taille fixe ?

En somme, ne vous fiez pas aux apparences. Rien de nouveau, aucune idée neuve,  aucune trouvaille révolutionnaire… Du socialisme, encore, toujours, et dans la joie ! Du dirigisme, toujours plus loin, toujours plus fort !

PS : J’ai écrit cet article ce matin, et depuis, j’ai lu l’article d’Hashtable à ce sujet. Inégalable. Je vous le recommande chaleureusement. ;-)

Ministère de l’égalité ?

« Egalité, taxes, bisous », c’est à la devise de la France hashtablienne que la dernière proposition de François Bayrou me fait penser. Ministère de l’égalité, pour lutter contre toutes les discriminations ? Vraiment ?

Et si, outre le nombre de députés, on parlait de réduire le nombre de Ministres ? Un Ministère de l’égalité est-il réellement nécessaire dans la France d’aujourd’hui ? N’a-t-on pas suffisamment d’associations, de groupes, d’organismes, qui, à grand renfort d’argent public gratuit, nous rappellent sempiternellement cette volonté farouche de la non-discrimination et de l’égalité citoyenne et festive ?

Voilà une belle priorité, M.Bayrou. Voilà un nouveau déversoir à argent public et bons sentiments, avec une docile petite armée de fonctionnaires rattachée. Et que va faire ce ministère en carton-pâte ? S’il s’agit de faire respecter la loi, nul besoin d’un ministère. S’il s’agit d’imposer de nouveaux règlements, il y a de quoi prendre peur. S’il s’agit de faire joli dans le décor, c’est à pleurer de désolation.

La lutte contre les discriminations ? Hashtable ne dénonce-t-il pas suffisamment les dérives de la lutte contre les discriminations ? Ainsi, quand un employeur embauche le candidat avec un gros diplôme, au détriment de celui au petit diplôme, on trouve moyen de crier à la discrimination, au simple prétexte que le 2e fait partie d’une « minorité »… Et les exemples de ce type sont partout… Bayrou luttera-t-il contre les excès de la lutte contre les discriminations, quand celle-ci s’apparente à une nouvelle forme de discrimination ?

Enfin bon… Encore une belle promesse à peu de frais (oui, c’est une expression : la mise en application, elle, ne sera pas gratuite), et une nouvelle couche d’intervention publique dans notre société déjà passablement sclérosée par les couches précédentes (et les subventions publiques à SOS Racisme).

Je lisais Sabine Herauld se demander si Sarkozy sabotait volontairement sa campagne… Aujourd’hui, je me demande si François Bayrou sabote volontairement son début d’alliance avec les Libéraux. S’ils ne s’étranglent pas, c’est qu’ils ont une capacité de patience hors-normes.

Et puisqu’on parle d’égalité, quittons le terrain des discriminations méchantes pour parler des inégalités économiques pas gentilles. J’ai lu, sans doute à la grande surprise de beaucoup, que le coefficient de Gini, qui mesure les inégalités économiques dans un pays, a diminué en France ces 30 dernières années. Vous avez bien lu, diminué. Cela signifie que les inégalités sont en diminution en France (mais aussi en Grèce !). CHOUETTE ! Champagne ! Dans le même temps, elles augmentaient en Allemagne, en Suède, en Norvège… Intéressant de constater que les pays où les inégalités diminuent sont aussi ceux qui sont dans la merdre la plus profonde, avec les plus jolis taux de chômage, les plus fabuleuses dettes publiques, la situation économique la mieux enlisée. Mais là où les choses vont plutôt mieux, les inégalités se creusent. ZUT DE ZUT !

En somme, pour atteindre la sainte égalité de tous, et abattre une fois pour toutes les inégalités, la meilleure solution est de plonger le pays dans le marasme économique, la récession, et la banqueroute financière. Gageons qu’en France, nous nous montrerons à la hauteur.

En somme, après le ministère Bayrouiste de l’égalité, et, soyons fous, le ministère de la fraternité par Hollande, qui pensera enfin à un GOUVERNEMENT de la Liberté ?

Pauvre pays, qui, à trop rêver d’égalité factice et en toc, en a oublié la liberté…

Hollande croit-il vraiment dans ses promesses ?

L’Hérétique me demande de contribuer au débat pour savoir si, pour reprendre ses propres termes, Hollande est « fou » (il croit dur comme fer dans son programme et ses idées, et les appliquera, bien que les conséquences s’annoncent funestes), ou bien « menteur » (le seul but étant de se faire élire, peu importent les promesses de campagne).

Je crois que le meilleur exemple à étudier pour obtenir un début de réponse, ce sont les fameuses « 35 heures » . Jean-Marc Sylvestre, dans ses Petites Leçons d’Économie (etc) rappelle la petite histoire. Nous sommes avant les Législatives de 1997, et le PS, à court d’ambition après sa claque de 1995, est à la recherche d’une nouvelle idée mobilisatrice pour enthousiasmer les foules (déjà). Dominique Strauss-Kahn, cet immense économiste brillant et indispensable, ce sauveur de la France il fut un temps, sur le coin d’une table de restaurant, invente les 35 heures. A ses proches du PS qui lui rétorquent que l’idée est catastrophique pour l’économie et inapplicable, DSK répond qu’il n’en doute pas un seul instant, mais que la mesure ne sera jamais appliquée, puisque le PS ne gagnera pas les Législatives. Retournement de tendance, le PS gagne les Législatives, Jospin arrive à Matignon, et Aubry se fait le fer de lance de cette grande conquête de progrès social que sont les 35 heures…

Morale de l’histoire ? Le PS aime bien proposer des trucs quand il sait qu’il n’a aucune chance de devoir les appliquer (ça ne mange pas de pain, et d’autres partis, notamment ceux prônant la sortie de l’Euro, ou les 32 heures, jouent étrangement sur le même créneau). Ce qui irait dans le sens de « mensonge » . Ouais mais ils sont aussi assez « fous » pour mettre en œuvre leurs mensonges. Rigolo, non ?

Rappelez-vous aussi, puisqu’on parle d’humour, la promesse Ségolène-Royalesque du SMIC à 1500€, qu’elle défendit mordicus pendant toute une campagne … pour avouer après sa défaite qu’il n’y avait jamais cru. « Mensonge » , donc.

Le souci du PS, que j’avais déjà soulevé du temps de la primaire, c’est que le candidat se voit plus ou moins imposer son programme. Le projet du PS ayant été rédigé avant les primaires citohyènes, quelle marge de manœuvre les différents protagonistes conservaient-ils pour se démarquer ? Voilà qui peut venir au secours des candidatures divergentes à gauche de feu Chevènement et de tout-feu-tout-flamme Mélenchon : faute de pouvoir défendre son propre projet dans la primaire, et de le faire approuver par les militants de gauche, autant faire bande à part…

Ce souci a été plus ou moins habilement contourné par certains candidats, qui ont volontairement plongé leurs promesses dans un flou idéologique rose bonbon ( « il y a un loup ! » dirait Martine), et notamment Hollande, qui a excellé en la matière, et ne manque pas de se distinguer aujourd’hui du projet officiellement socialiste. Tout ça laisse penser que, la victoire étant aujourd’hui probable (contrairement à l’époque de la promesse des 35 heures), le PS s’auto-contraigne à un minimum de contact, aussi tenu soit-il, avec la réalité.

Du reste, malgré cet aggiornamento précipité par la crise, beaucoup de propositions socialistes relèvent encore du fameux « rêve » (qui virerait volontiers au cauchemar). Et pourtant, je pense qu’Hollande commencerait par tenter de l’appliquer, aussi « fou » cela soit-il. Il l’appliquerait, parce que la tension serait très forte, l’attente, irrépressible, et toute la crème socialiste, en transe à l’idée de pouvoir enfin s’en donner à cœur joie.

Malgré tout, le principe de réalité est dur comme 3m de béton, pour reprendre l’image d’Hervé Torchet, et les faits seront tenaces. Quand les socialistes au pouvoir réaliseront qu’ils foncent droit dans le mur, il y aura un grand bruit de retournement de veste, et un remake du tournant de la rigueur, comme en 1983 (pour fêter ses 20 ans en 2013 ?). Et là, comme je l’avais dit dans un autre article (que je ne retrouve pas, rigolo), la cocote-minute sociale française risque de montrer de sévères signes d’explosion. Comprenez-moi bien… Tant que la droite fait de l’austérité et mène une politique prétendument « anti-sociale » , les gens, les classes populaires, ont toujours le recours de l’alternance, et peuvent imaginer se réfugier à gauche. Mais si c’est la gauche qui mène cette même politique, les classes populaires, ne pouvant pas attendre de politique différente de la part de la droite, risquent sérieusement de virer au rouge, ou au bleu marine, si vous voyez ce que je veux dire… En quelque sorte, la gauche dans l’opposition est une soupape de sécurité. La gauche aux affaires avec une rigueur de droite, c’est l’autoroute de l’explosion sociale.

D’ailleurs, même si je n’ai pas beaucoup eu le temps de consulter la blogosphère ces dernières semaines (ok, mois), et en particulier celui de l’Hérétique, et ayant gardé le souvenir d’un billet où il laissait entendre qu’entre Sarkozy et Hollande, il préfèrerait encore l’alternance et voterait pour l’autre pays du fromage, je me demande aujourd’hui s’il a changé d’avis, ou s’il maintient sa préférence dans la perspective d’un tel second tour…

Condamnés à la médiocrité

Il suffit que le débat s’engage sur le choix sarkozyen du modèle allemand, pour que les vieux réflexes chauvinistes voire germanophobes se lèvent à l’unisson. Quand Montebourg ne dénonce pas la politique à la Bismarck de Mme Merkel (Bismarck étant lui-même l’inventeur de l’Etat providence, je ne comprends pas que ce soit une offense dans la bouche de notre socialiste sirupeux), c’est pour en entendre d’autres, de tous bords, mais surtout les auto-désignés « Républicains » et patriotes de gauche et de droite dirigiste.

Sachez-le, le modèle allemand est parfaitement inapplicable en France. Il y a plein de raisons pour l’affirmer ! Notre situation est profondément différente ! Nous n’avons pas la même démographie, la même histoire, le même tissu économique ou syndical, voire pas la même mentalité (et là, je revois immédiatement Édith Cresson comparer les japonais à des fourmis pour expliquer leurs succès). C’est tout bonnement im-po-ssible !

Aucun modèle ne correspond à la France. Inutile de tenter de s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs : c’est l’exception française, nous sommes tellement différents que nous pensons pouvoir vivre (ou survivre) en niant la réalité, et en se coupant des faits, encore et encore. Nous sommes impuissants. Là où d’autres pays, dans des situations comparables à la nôtre, ont réussi à se réformer, nous serions condamnés à l’impuissance, nous sommes condamnés à la médiocrité.

Bien sûr, comme le pérorait Jean-François Kahn face à Alain Madelin, la France peut créer son propre modèle, et c’est évident que c’est une nécessité. Mais d’une part, elle n’a jusque là pas démontré la pertinence de la plupart de ses choix passés, et la compétence économique de ses gouvernants, ni la viabilité de son modèle social, et d’autre part, il n’existe pas (ou quasiment) de modèle nouveau, inventé par un pays. Tout n’est que modèle détourné ou adapté, ou influence de grands penseurs ou économistes (il suffit de constater l’influence néfaste et durable de Keynes sur nos politique économiques et monétaires). Personne n’a « inventé » l’économie de marché, par exemple. Les modèles sont issus de l’expérience, de l’épreuve des faits, des mélanges culturels…

Avant d’imaginer composer un modèle français, il faudrait déjà accepter l’idée d’essayer d’imiter ou d’adapter ce qui fonctionne bien ou mieux dans d’autres pays, comme la flexi-sécurité danoise, la qualité industrielle et les PME allemandes, le système éducatif ou social scandinave (les excès en moins pour ce dernier), la facilité d’entrepreunariat et les puissantes Universités en Grande-Bretagne, l’innovation aux États-Unis, la gestion de la dette et des déficits en Australie ou Nouvelle-Zélande, le fédéralisme au Canada, la démocratie directe suisse… Les exemples sont nombreux, et je vous épargne les nombreux liens de références que vous pourrez trouver sur des sites comme Contrepoints (voire le Sénat, par exemple, soyons fous). Serons-nous assez intelligents pour se pencher dessus, ou trop chauvins pour admettre l’idée de notre non-perfection ?

Sommes-nous condamnés à la médiocrité ?

No Pasaran

Ainsi, des zouaves fondamentalistes n’ont pas trouvé mieux que de détruire les locaux de Charlie Hebdo, tout en piratant son site.

La liberté d’expression n’est pas négociable.

Je n’apprécie pas spécialement Charlie Hebdo, je le lis rarement, je le trouve souvent vulgaire, pas drôle, moyen… Mais comme (n’) a (en réalité, pas) dit Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.« 

Quoi qu’il en soit, la liberté d’expression mérite d’être défendue. No pasaran ! Ils ne nous impressionnerons pas. Ils n’imposeront pas leur censure sur ce pays. Je souhaite bon courage aux équipes de Charlie Hebdo pour se relever, au plus vite. J’espère que les abrutis qui ont fait ça seront sanctionnés et puni de manière exemplaire. Les crimes et dégradations visant à intimider ou censurer, entravant la liberté d’expression doivent être sanctionnés aussi lourdement que possible. A chaque fois que la liberté d’expression est atteinte, ce sont nos valeurs qui en pâtissent et reculent.

Ne cédons pas un pouce de terrain au chantage et à la violence. Le plus drôle malgré tout, c’est qu’en croyant nuire à Charlie Hebdo, ces crétins lui ont fait une pub inespérée et formidable. Bien fait pour leur gueule, en somme.

En France comme ailleurs, on DOIT pouvoir rire de tout. Je laisserai le dernier mot à Pierre Desproges, qui, s’il était encore vivant, hélas, les rendrait tous fous, ces foutus intolérants…

S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. Au reste, est-ce qu’elle se gêne, elle, la mort, pour se rire de nous ? Est-ce qu’elle ne pratique pas l’humour noir, elle, la mort ? Regardons s’agiter ces malheureux dans les usines, regardons gigoter ces hommes puissants boursouflés de leur importance, qui vivent à cent à l’heure. Ils se battent, ils courent, ils caracolent derrière leur vie, et tout d’un coup ça s’arrête, sans plus de raison que ça n’avait commencé, et le militant de base, le pompeux P.D. G., la princesse d’opérette, l’enfant qui jouait à la marelle dans les caniveaux de Beyrouth, toi aussi à qui je pense et qui a cru en Dieu jusqu’au bout de ton cancer, tous, tous nous sommes fauchés un jour par le croche-pied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l’homme s’effacent devant les droits de l’asticot.

[Alboss] Le dragon est dans la bergerie !

(Je préviens d’entrée, cet article écrit durant le week-end peut déjà, à quelques égards, paraître obsolète. Je ne pouvais pas prévoir le coup de poignard grec, et je n’étais apparemment pas le seul. Les amateurs qui nous servent de dirigeants n’ont rien vu venir non plus. Vous me pardonnerez donc. Article écrit 2 jours avant G-P, Georges Papandréou, la nouvelle référence de la chronologie de l’existence de l’UE.)

Quelle est l’Europe de mes rêves ? Ou, plutôt, est-ce que je rêve d’Europe ? Si tant est que j’en ai rêvé un jour, après le sommet de Bruxelles, toute forme de rêve européen s’est envolée à jamais.
Ceux qui, comme mon ami Alexandre, croient à l’Europe, sont forcément des rêveurs et de doux idéalistes. Et je dirais même qu’ils ont une tendance profonde à la schizophrénie.
Je m’explique. Si on lit le dernier billet d’Alexandre, il y a l’Europe d’un côté et les Etats de l’autre… la première serait responsable, prévoyante et bienveillante, les seconds seraient évidemment tout le contraire. Cette étrange dichotomie semble consciemment, (ou inconsciemment, et ce serait d’autant plus grave), ne pas vouloir tenir compte du fait que l’une est faite à partir de l’autre et que l’une ne peut exister sans l’autre. Autrement dit, ceux qui ont pondu une Europe irréprochable sur le papier sont les mêmes que ceux à la tête des Etats fautifs ! Lorsque le traité de Maastricht est ratifié, Nicolas Sarkozy, alors secrétaire général adjoint du RPR, faisait campagne pour le oui. Tout comme on se souvient de cette une de Paris Match réunissant en 2005 François Hollande et Nicolas Sarkozy, chacun à la tête des deux plus grands partis politiques du pays, au diapason pour le oui au référendum sur la Constitution Européenne. Après, le tout est de savoir si on a écrit ces traités pour se donner bonne conscience ou pour les respecter…

Il est donc aberrant de dissocier les deux camps ! Il n’y a pas la vertueuse Europe d’une part et les véreux Etats de l’autre. Quand les Etats fautent, l’Europe faute ! Ne sommes-nous pas une « famille » ? C’est ce que j’ai cru comprendre ces derniers temps. Alors quand le petit frère grec faute, c’est parce que sa mère, l’Europe, a fauté au départ. Elle a soit fauté dans son éducation pour ne pas avoir su faire respecter ses règles, soit pour avoir inculqué de mauvaises règles ou même, pour avoir accepté dans la famille rapprochée (monétaire) un membre notoirement instable et malhonnête… Et qui le lui rend bien, en ce moment.
Alors, on reproche aux souverainistes d’être des boulets dont l’Europe doit se débarrasser pour avancer…  Ce serait donc en partie de la faute des sceptiques si l’Europe en est là. Et pourquoi ce ne serait pas de la faute des européistes ? C’est bien parce qu’ils n’ont jamais su nous convaincre que nous sommes toujours restés sceptiques et le cul entre deux chaises. C’est bien parce qu’ils n’ont jamais su convaincre qu’ils ont dû s’y reprendre à plusieurs fois pour faire passer en force leurs textes, au demeurant à l’apparence toujours vertueuse  et consciencieuse, censés régir l’UE. Les européistes n’ont jamais pris au sérieux les euros sceptiques. Ils n’ont jamais pris la peine de considérer leur position, la rejetant, la renvoyant dans ses 22 à la moindre occasion. Et ce, pas toujours avec élégance, dernier exemple en date : l’altercation Sarkozy-Cameron. Les européistes sont toujours parvenus à leurs fins et n’ont guère réellement souffert des euros sceptiques qui, eux, n’ont jamais bloqué le projet européen. Ils l’ont, au pire, retardé. On ne peut pas dire que le PPE soit minoritaire depuis une dizaine d’années à Strasbourg ou que l’immonde Barroso ne soit pas à la tête de la Commission européenne depuis bientôt sept ans. C’est moins la faute des sceptiques que celle des européistes eux-mêmes si nous en sommes là aujourd’hui ! Il ne faudrait pas inverser les rôles…
Mais, en même temps, si  on avait écouté les Français dès 2005, si nous n’avions pas fait voter deux fois les Irlandais pour Lisbonne, si, plus récemment, nous n’avions pas fait pression sur les Slovaques, nous n’en serions pas là. Nous aurions sûrement déjà célébré les funérailles de l’Europe un verre à la main, autour d’un bon grec en rêvant imaginant l’Europe d’après. Nous n’aurions donc pas été en retard, mais en avance.

Nul doute que Victor Hugo aurait considéré le projet actuel comme une félonie faite à ce que devaient être, selon lui, les Etats-Unis d’Europe !
Le dernier coup porté à cette Europe est venu du sommet de Bruxelles. Modestement, Sarkozy nous expliquait que lui et toute la bande d’incapables avaient non pas seulement sauvé l’Europe mercredi, mais le monde ! Je suis sûr que les Ouzbeks et autres Népalais peuvent souffler, l’Europe est sauvée. Mais à quel prix, puisque nous avons pactisé avec le diable. C’est d’ailleurs Nicolas Sarkozy en personne qui s’est entretenu avec lui au téléphone. Et le diable européen porte désormais un nom : Hu Jintao.
Alors, certes Alexandre, l’Europe n’a pas de politique économique et budgétaire fédéralisée, mais l’Europe a une BCE. On crache sur ceux qui usent de l’argument de l’indépendance et de la souveraineté des Etats et, dans le même temps, on  se soumet à jamais à l’ogre Chinois ? Si je comprends bien : pas de jaloux, de souveraineté et d’indépendance il n’y en aura ni pour les Etats ni pour l’Union Européenne ? Je trouve que les européistes ont poussé leur aversion pour ces deux composantes essentielles d’une nation ou d’une union un peu trop loin… Pourquoi l’Europe renie ses propres institutions pour vendre son âme aux chintoks ? Dans tout autre pays du monde, et c’est ce qui se passe aux USA, étant donné la gravité de la situation, on aurait fait appel à la planche à billets. Un pouvoir régalien ! Un levier qu’actionnent seulement les Etats qui sont maîtres de leur destin. Quoi ? Was ? Ah ja, ja, ja… c’est vrai, nous avons vainement demandé la permission au Bundestag avant de se prosterner… Nein inflation ! Verboten ! Traktat ! Heil Angela !

Ou, plutôt ni hao Hu Jintao ! Eh oui, faut se mettre à la page, le chinois va devenir la langue d’usage en Europe, maintenant. Dumping chinois ? Barrières douanières avec la Chine ? Pillage par la Chine de nos technologies sur l’autel du transfert de technologie ? Et, accessoirement, respect des droits de l’homme ? Terminé ! On n’en parle plus, alors que hier encore Sarkozy s’en insurgeait. Il ne faut plus agacer les salvateurs cocos chinois. Au contraire, on se félicite, dixit Sarkozy, que la Chine fasse tellement confiance à l’Euro qu’elle décide d’investir dedans. C’est formidable ! Je me pince pour y croire tellement c’est beau.
En provoquant une guerre mondiale, l’Allemagne nous avait déjà contraints au protectorat américain. Maintenant, sa peur bleue de l’inflation nous subordonne à la Chine sans pour autant offrir une solution sur le long terme.
Les européistes disent qu’il en va du respect des traités comme du respect de l’Europe. Néanmoins, je pense que l’Europe se serait bien passée de cet infâme signe respectif. En 2008, la solution est venue des Etats. On a définitivement constaté que l’Europe n’était pas l’outil adapté à la résolution de crises. En s’assoyant sur les traités, les protocoles et autres conventions, chaque Etat dans son coin a sauvé ses banques avec plus ou moins de brio. Cette fois, hypocrisie oblige, le piège des textes s’est refermé sans aucune possibilité de l’entrouvrir, même sous la pression que nous ne pouvions de toute façon pas exercer sur une Angela en position de force.
L’hypocrite mouton européen qui avait inventé l’euro pour fuir Oncle Sam se jette maintenant dans la gueule du dragon chinois. Etrange parcours.

Le sommet de Bruxelles a donc sauvé l’Euro pour mieux tuer l’Europe. Jeudi, au lendemain du sommet, les bourses se remettaient dans un élan presque orgasmique de leurs déboires… Par l’afflux de ces bonnes nouvelles politiques, leur turgescence faisait monter la valeur de l’euro emportant avec elle toujours plus la compétitivité de nos industries depuis toujours plombées par une monnaie sur évaluée… L’euro est un problème sans solution. Comme disait Einstein, « un problème sans solution, est un problème mal posé ». On en revient à la responsabilité  de l’Europe, comme des Etats.
Mais, comme la libido finit toujours par retomber, dès le lendemain, l’euphorie laissait place nette au doute de la panne italienne. L’Italie de Berlusconi qui pose un problème de libido, le comble…
Ainsi, les paris sont ouverts pour la date du prochain sommet décisif (presque le 20ème depuis le début de la crise), dans quelques jours, semaines ou mois ? (Les Grecs viennent d’apporter la réponse à cette question. Il aura fallu six jours pour qu’une nouvelle réunion de crise soit programmée ! C’est fort !)

De cette Europe là, désormais à la botte d’une dictature sans nom, souffrez que je ne puisse non pas en rêver mais lui souhaiter tout le mal du monde. Au fond, je rêve d’une seule chose : c’est que le cauchemar qu’est actuellement l’Union Européenne, prenne un terme définitif !
Bref, j’aurais aimé finir sur du Einstein mais c’est Bigard qui va conclure. Ainsi, à défaut de trouver le moyen de l’escalader, « c’est au pied du mur que l’on voit mieux le mur ».

[Alboss] Comprendre la dette publique en un clic.

En ce moment, on est en mode vidéo sur ce blog. En suiviste de circonstance, je respecte le mouvement et je vous propose une vidéo que j’ai trouvé très intéressante. Elle traite de la dette publique pour nous en faire comprendre les tenants et les aboutissants en dix minutes à peine. Défi osé et, à mon humble avis de non-économiste, réussi (puisque j’ai compris). Ajoutons à cela qu’elle respecte une certaine cohérence par rapport à l’opération andouillette de Malaberg. C’est pas beau tout ça ?

A l’heure à laquelle je vous parle, certains sont attablés à Bruxelles pour sauver l’Europe dans un énième « sommet décisif » dont je souhaite de tout coeur l’échec. Il ne pourra de toute façon rien arriver de pire aux peuples européens qui souffrent de l’incompétence chronique de leurs dirigeants. Absolument rien ! Et pour ceux qui pensent que l’Europe telle que nous la connaissons et telle que nous la souhaitons n’est pas vouée à l’échec, le réveil sera rude. L’Europe court à sa perte et ces sommets ne font que retarder celle-ci.
Nico a menti, notre triple A n’est pas intouchable. La France n’est à l’abri de rien du tout et surtout pas de la récession qui va faire son grand retour dans notre pays comme dans bien d’autres. La France n’est plus qu’un pion (encore important) de l’échiquier financier européen et sera désormais pour toujours esclave de l’Allemagne qui est en train d’imposer une Europe allemande !  A défaut de pouvoir peser sur les décisions, Nico lèche les pieds à la grosse Merkel tout en ne ratant pas les bonnes occasions pour remettre en cause le résultat de son régime, ou encore de s’en prendre à plus faible que lui, David Cameron. Notre chef d’état n’a même pas l’élégance d’un bon perdant.

La pire chose qui puisse vraiment nous arriver, c’est que jeudi, après avoir bâclé le sommet de Bruxelles, Nico ne squatte pas notre soirée télévisuelle pour nous annoncer que nous devons nous préparer au sang, aux sueurs et aux larmes mais pour faire son numéro électoraliste. Il viendra surement mentir aux français une nouvelle fois, leur dire que c’est grâce à lui que l’Europe aura été « sauvée » ou encore leur faire croire à un statut intouchable de la France tout en se prosternant et se couchant avec bienveillance face aux agences de notation, et, bien sur, tapera sur les doigts de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie pour se défouler.
Qu’il vienne, qu’il nous dise qu’on va en chier, s’il en a le courage. Qu’il dise réellement ce que sera l’avenir sur le court terme pour les français (récession, chômage, appauvrissement, recul chronique du pouvoir d’achat, dégradation du niveau de la qualité de vie). Qu’il vienne, s’il en a les couilles. Qu’il vienne nous expliquer que tout le monde va devoir travailler plus pour payer les dégâts causés par une tempête dont lui et les gouvernements successifs qu’a connu le pays sont à l’origine. Qu’il vienne, s’il est un homme. Qu’il vienne nous faire culpabiliser pour des erreurs que nous n’avons pas faites !
Personnellement, je connais la réponse que je pourrais lui donner. Mais, comme je n’ai pas pour autant envie de voir passer la gauche en 2012, je m’abstiendrai.

Dans cette vidéo, il est ahurissant de constater que l’article 123 du traité de Lisbonne (prolongation naturelle de la loi du 3 janvier 73) combiné à l’irresponsabilité de nos gouvernements successifs nous ont obligés à nous endetter de 1300 milliards pour payer les seuls intérêts de nos emprunts ! Alors que sans cet article, notre dette publique serait inférieure à ce qu’elle était en 1980… Un traité de Lisbonne adopté malgré le refus des français au référendum quelques années plus tôt.

Bref, place à la projection ! Et si des économistes passent par-là, je veux bien leurs avis éclairés et éclairants, parce qu’il fait franchement sombre ici-bas.

Et maintenant que j’ai tapé sur Sarko, voyez que Hollande ne fait pas mieux… Sa réponse est elle aussi ahurissante et nous donne tellement de bonnes raisons de ne pas voter pour lui puisqu’il ne vaut pas mieux que Sarko sur ce dossier. Quitte à choisir, autant voter pour le meilleur des pires candidats. Comme je le dis depuis la fin des primaires, Hollande, quitte à être le candidat naturel de la gauche en est son candidat par défaut, mais Sarko, qui lui est le candidat naturel de la droite, sera président par défaut en 2012, pour la simple et bonne raison que la frilosité des français les empêchera de changer de capitaine en pleine tempête.

Une réforme libérale de l’enseignement

Toute la classe politique s’accorde sur un point : la nécessité de gagner les élections de réformer l’éducation. Tout le monde a ce mot à la bouche, et à l’heure où les socialistes jouent entre eux à la surenchère de moyens financiers que nous n’avons pas, il était temps de démontrer (ou tout au moins d’essayer) que le niveau de l’enseignement apporté à la jeunesse ne dépend pas que des moyens. D’ailleurs, il convient de noter que la République Tchèque, qui dépense moitié moins d’argent par élève pour l’enseignement que nous, reccueille des résultats à peu près aussi bons (ou aussi mauvais, c’est selon), que la France.

Certes, tous parlent de réforme, mais si toutes ont échoué jusque là (quand elles ont franchi le barrage des syndicats), c’est peut-être aussi un problème de méthode. Tout comme Hayek dénonçait la « présomption fatale » des Etats, lorsqu’ils pensent pouvoir maîtriser l’économie et la société d’en haut, il est sans doute légitime de dénoncer la « présomption fatale » de ceux qui pensent que le système éducatif peut s’imposer d’en haut, sans tenir compte des particularismes individuels, et qu’un équilibre parfait pour chacun peut se déterminer par de simples palabres au sommet de l’Etat, entre pédagolologues. Une fois encore, le pays serait bien inspiré de se pencher sur les solutions libérales à ce problème.

Lorsqu’un rythme, ou une méthode éducative quelconque est imposée d’en haut, et si elle échoue (prenons l’exemple tristement célèbre de la méthode globale dans l’apprentissage de la lecture), ce sont des générations d’élèves qui en pâtissent, avant que l’État, qui défendra mordicus son idée initiale, ne reconnaisse son erreur, et ne se consacre à une réforme. Tous les délais sont rallongés. Si chaque établissement était en mesure de choisir ses propres formules pédagogiques (notamment, dans notre cas, entre les différentes méthodes d’apprentissage de la lecture), et qu’il en devenait responsable (car libre), les meilleures méthodes finiraient par se diffuser et être imitées, tandis que les méthodes qui échouent disparaitraient d’elles-mêmes, comme par sélection naturelle. Dans un pareil système, la méthode globale aurait disparu bien plus rapidement, et des méthodes novatrices de pédagogie seraient sans doute apparues, grâce à la créativité de telle ou telle équipe professorale, qui aurait fait « école » . L’autonomie des établissements scolaires permettrait des expérimentations continues, spontanées, révèlerait les techniques qui fonctionnent, et éliminerait rapidement les autres, sans intervention étatique, et permettrait en outre une plus grande souplesse dans l’adaptation à la situation de chaque établissement (un collège de banlieue a sans doute besoin de plus d’heures de Français qu’un collège du XVIe arrondissement de Paris).

La solution passe donc, à mon sens, par l’autonomisation (pardon). Chaque établissement scolaire serait libre d’adapter son enseignement, ses options, ses nombres d’heures par matière, ses méthodes pédagogiques, à sa situation et à sa philosophie. Cette stratégie serait déterminée par le chef d’établissement, non plus simple agent administratif, mais véritable chef d’orchestre, associé à un « Conseil d’Administration » auquel seraient associés les représentants de l’administration, des professeurs, des parents d’élèves, et des élèves eux-mêmes (à partir du lycée), idéalement élus par ceux qu’ils représentent, chaque année.

De fait, le chef d’établissement aurait les mains libres en ce qui concerne le recrutement de son équipe enseignante (selon ses objectifs). Les professeurs travailleraient plus facilement en équipe, partageraient des objectifs etc. Les conseils d’administration seraient maîtres de la stratégie pédagogique de l’établissement : nombre et répartition des heures de cours, rythmes scolaires, formes d’évaluation des élèves, enseignements optionnels…

Bien sûr, ce système de « sélection naturelle » n’a de sens que si les parents d’élèves sont libres de privilégier telle ou telle stratégie, donc de choisir l’établissement de leur choix pour leurs enfants. Ce qui implique l’élimination totale de la carte scolaire, voire même de favoriser la mise en place d’internats partout où cela est possible (les internats d’excellence seraient ainsi généralisés). En outre, le financement des établissements serait proportionnel au nombre d’élèves qu’ils sont capables d’attirer par leur excellence ou les services qu’ills offrent. C’est tout l’avantage du système du « voucher » , ou chèque éducatif. Même si chaque établissement continuera à être financé directement par l’Etat, la plus grande partie de ses financements dépendra du nombre d’élèves qu’il accueille. Chaque parent disposera d’un « chèque éducation » financé par l’Etat, pour chacun de ses enfants, qu’il donnera à l’établissement de son choix, où l’enfant sera accueilli.

L’administration de l’Éducation Nationale pourra être considérablement simplifiée. L’État n’imposant, non plus tous les programmes, mais uniquement des « objectifs cadres de savoirs et compétences » de fin de cycle, les inspections deviendront moins systématiques. Il est parfaitement inacceptable qu’une grande partie du budget de l’Education Nationale soit absorbé par les « impératifs » administratifs.

Dans la même lignée, le Bac tel qu’il existe aujourd’hui sera supprimé, ne serait-ce que pour des raisons économiques, mais pas que (se référer à mon précédent article à ce sujet). Chaque établissement organisera son contrôle continu, qui vaudra pour 50 à 75% de la note finale. Le reste consistera en une double épreuve nationale allégée (afin d’assurer un équilibre de compétences nationalement requises, à partir des objectifs cadres), en décembre et juin. L’examen serait organisé dans les établissements, par les établissements des élèves soumis à l’épreuve, afin d’économiser sur les exorbitants frais d’organisation. En somme, l’examen sera désacralisé, et l’organisation ne devrait pas être beaucoup plus lourde que celle d’un contrôle classique, à la différence près que tous les élèves de France le passent en même temps, avec le même sujet.

Il est envisageable d’instituer aussi une prime au mérite pour les enseignants exemplaires. Mais quel mode d’évaluation ? Chacun sait que les inspections ne veulent pas dire grand chose, puisque non-inopinées. N’importe qui est capable de sembler compétent pendant une heure ou deux (même Cécile Dufot, c’est dire). Le chef d’établissement semble le mieux placé pour être juge. Mais ces primes devront rester confidentielles, afin de préserver un semblant d’ambiance au sein des salles de profs. Pour avoir un témoignage de la qualité d’un professeur, surtout au niveau lycée, une bonne solution serait peut-être l’évaluation des professeurs par les élèves, anonymement, par voie informatique. Je sais, ce système peut sembler très choquant, et j’en suis parfaitement conscient. Cependant, contrairement à ce qu’on peut imaginer, par expérience, je sais que tous les lycéens, des plus intellos aux plus cancres, sont parfaitement capables d’un jugement objectif sur la qualité d’un professeur. Ce n’est pas son caractère qui serait jugé, mais sa pédagogie, sa capacité à se faire respecter, et a qualité de ses cours. N’importe quel lycéen sait faire la différence entre le prof passionné qui bosse 3 à 4 heures par jour sur ses cours, pour enrichir ses diapo, transmettre une passion, et préparer ses élèves au mieux, et le prof qui recycle ses vieux cours écrits il y a 30 ans, et lus sur un ton monocorde. Il ne faut pas sous-estimer l’intelligence de nos jeunes. Bien évidemment, je le répète, ces notes devraient rester anonymes, et le chef d’étabissement ne recevrait que les moyennes pour chaque professeur, afin de faciliter et moduler ses jugements sur des professeurs qu’il ne peut juger que de l’exérieur. L’occasion, peut-être aussi, d’intervenir discrètement auprès d’un professeur mal considéré, afin de désamorcer le problème. En aucun cas les notes ne seraient transmises aux professeurs. Ca ne doit être et rester qu’un outil permettant au chef d’établissement de récompenser les professeurs exemplaires, qui méritent largement plus d’attention et de reconnaissance. Cela dit, si cette suggestion semble trop délicate à mettre en place, on peut l’oublier. Elle est loin d’être essentielle.

Pour le reste, par contre, le temps presse. Il est grand temps d’aborder le sujet, d’en discuter, et de changer de méthode d’approche. Vous pensez peut-être que les Français ne sont pas favorables à ces changements ? Que nenni ! Alternative libérale diffuse cette enquête intéressante qui montre que 75 à 85% des Français approuvent ces réformes inspirées du libéralisme.

1. Diversification des types d’écoles :
« DEFAVORABLE »26%*  –   « FAVORABLE » 74%*

2. Renforcement des pouvoirs des directeurs d’établissements scolaires :
« OPPOSE» 13%  –  «FAVORABLE» 87%

3. Recrutement par le chef d’établissement de l‘équipe de professeurs :
«DEFAVORABLE  »19%  –   «FAVORABLE » 81%

4. Réelle possibilité pour les parents de choisir l’école de leurs enfants :
« DEFAVORABLE » 19%  –   «FAVORABLE  » 81%

5. Mise en place d’un système de financement de la scolarité pour chaque famille : bon scolaire, ticket scolaire,  chèque éducation, crédit d’impôt…
«DEFAVORABLE »26%  –  «FAVORABLE » 74%

Opinion des Français : sondage IFOP juin 2010

J’ai sans doute oublié une foule de détails que j’aurais aimé évoquer avec vous, mais l’essentiel à retenir est peut-être qu’en réalité, les Français souscrivent au Libéralisme quand celui-ci ne dit pas son nom. Mais personne n’ose s’engager en sa faveur. Pourtant, tout le monde est gagnant, dans ce système : les élèves, en premier lieu, les parents, aussi, qui peuvent choisir le type d’enseignement qu’ils souhaitent pour leurs enfants, les chefs d’établissements, et même les professeurs, responsabilisés, autonomes, libres, et récompensés pour leur mérite. Etonnant, non ?

[Malaberg] Un EXCELLENT anime

Il s’agit d’un Anime nommé Code Geass. Pour ceux qui ne connaissent pas, on appelle « manga », la bande dessinée japonaise et « animé », les dessins animés qui en sont tirés.

Dans le cas qui nous intéresse, Il n’y a aucun Manga à la source de cet anime, il a été écrit spécialement pour être une série.

Pour tous ceux qui ont eu un jour envie de changer un monde qui vous semble mal fait, c’est fait pour vous.

Pour faire simple, c’est une uchronie (un univers tiré du notre dans un futur proche avec une histoire différente mais semblable), dans le Japon colonisé par l’Empire de Britannia, un garçon de 17 ans reçoit par un concours de circonstances (je n’en dis pas davantage, pas de trop de spoil) le pouvoir de se faire obéir de n’importe qui. (Mais juste une fois !) Il décide de prendre une revanche…

Par exemple, s’il dit « tais toi ! » tu ne parleras plus jamais, et s’il dit « meurs », et ben… Tu te suicides !

L’histoire est extrêmement bien ficelée, elle pose de vraies questions politiques (sur la violence, sur le lien entre la fin et les moyens), et elle m’a absorbé à deux reprises (une fois il y a deux ans, une seconde fois il y a quelques mois) avec succès. (ça m’a transformé en vrai no life le temps que je termine)

Le héros, qui s’appelle Lelouch (rien à voir avec le cinéaste ni avec le facho atlantiste de l’UMP) comme la plupart des personnages est assez ambigu, ni « gentil » tout rose, ni « méchant » completement salaud, un peu des deux, avec une volonté de fer qui écrase tout sur son passage.

Je ne dirais même pas que c’est un anime de gauche ou de droite, parce qu’en fait j’en sais fichtre rien, et je m’en fiche. (oui, oui, vous m’avez bien lu !)

Vous pouvez le trouver , sur Rutube, le youtube russe, difficilement accessible des restrictions européennes sur la propriété intellectuelle (et c’est tant mieux dans ce cas précis)

deux saisons de 25 épisodes (entre 20 et 25 min), avec de longs (mais sublimes) génériques d’intro et de fin.

Normalement, en deux ou trois épisodes, vous avez accroché. (Pour mon cas, c’était dès l’intro du premier !)

Ce qui est bien c’est que plus on le regarde, plus on comprend certains détails !

Précision : les commentaires du genre « j’aime pas les mangas/ce qui vient du japon » seront traités avec tout le respect que le niveau intellectuel qu’ils démontrent mérite. Les autres sont le bienvenu !

DSK est de retour (et pas que lui)

Au cas où vous n’auriez pas été en contact avec la radio ou la télévision depuis plus d’une semaine, je vous rappelle les deux principales informations du moment : c’est la Rentrée (si, si), et DSK est rentré en France. Quant à moi, je suis rentré aussi, mais j’ai encore un peu de répit avant La Rentrée. Vous suivez toujours ?

Un superbe sujet de conversation autour de la machine à café peut être de spéculer sur les futures déclarations de DSK à la Presse (et sur la date de ces déclarations). En tous cas, c’est une attente qui plonge les médias dans une sorte de transe. Quant aux Français, je crois qu’ils commencent sérieusement à s’en foutre. Mais je finirai par croire que le fossé entre les préoccupations journalistiques et populaires s’accroît encore plus vite que celui qui sépare la finance de l’économie réelle.

Honnêtement, qu’attendez-vous des déclarations de DSK ? Qu’il avoue avoir violé une femme de chambre ? Attendez-vous de sensationnelles révélations ? Nous n’aurons rien d’autres que des propos convenus et parfaitement ciselés par une armada d’avocats et communicants. En bref, nous aurons du vent à peine brassé. Pas de quoi casser trois pattes à un canard.https://i2.wp.com/www.dessinateur.biz/blog/wp-content/uploads/2011/09/817_il_revient.jpg

Hier soir, j’ai regardé Ce Soir ou Jamais, l’émission culturelle (et légèrement bobo) de Frédéric Taddeï (la revoir en ligne). C’était assez drôle dans l’ensemble, surtout à propos de DSK. Surtout quand le duel verbal a opposé Raphaël Enthoven, arrogant et trop sûr de lui, et le génial Guy Sorman, oasis de sagesse libérale.

C’est Sorman qui a envoyé la première estocade. Il s’étonne de l’ « imposture DSK » , de l’attente messianique qu’a suscité l’ancien patron du FMI, considéré par beaucoup comme le meilleur économiste de France, auréolé de sa gloire toute FMIenne.  D’après l’auteur de Wonderful World, DSK n’a jamais rien apporté à la connaissance économique, ni en tant que professeur, ni en tant que ministre, ni même en tant que directeur du FMI. Celui que les Français attendaient comme le sauveur n’a jamais rien raconté d’original sur la crise, il n’a fourni que des explications réchauffées et conventionnelles.

Enthoven s’est soudain mué en grand défenseur d’une « présomption d’innocence » prétendument bafouée. Nous sommes tentés de lui répondre que ce principe est très visiblement à géométrie variable, et qu’il est certes visiblement plus confortable quand il s’agit d’un homme célèbre « de gauche » et moins souhaitable lorsqu’il s’agit d’un homme célèbre de droite (Woerth ? etc) ou d’un délinquant ordinaire accusé de viol dans sa banlieue… Par ailleurs, quelle vision de la Justice Enthoven défend-il ? Considère-t-il la justice (en tant qu’institution) comme l’alpha et l’oméga de la vérité ? Comme l’a déjà avancé Hashtable par le passé, la « présomption d’innocence » ou une quelconque décision judiciaire (humaine, donc faillible), n’empêche pas chaque individu de se forger sa propre opinion sur les faits, et d’en tirer ses propres conclusions. Le fait que Dreyfus ait été d’abord condamné n’a jamais -Dieu merci- empêché de croire en son innocence. De même en ce qui concerne l’affaire Outreau (qui fait l’objet d’un film glauque en ce moment au cinéma). Alors chacun est juge de penser ce qu’il veut quant à DSK. Puisque personne, à part les deux intéressés, ne saura jamais ce qui s’est passé dans cette chambre.

A ceux qui se plaignaient, avec des trémolos dans la voix, du lynchage médiatique de DSK, d’autres intervenants ont jugé bon de rétorquer que c’est DSK lui-même qui s’est exposé vis-à-vis de l’opinion publique, notamment à l’occasion de ce fameux (publi-)reportage de Canal+. S’il accepte de s’afficher dans son intimité, en train de cuire un steak avec son épouse, il doit aussi accepter d’être jugé sur ses frasques privées. DSK ne récolte que ce qu’il a semé. Il aurait été plus judicieux de s’inspirer de Martine Aubry, qui a toujours résisté à la mise en pâture de sa vie de couple.

Autre débat, celui sur la « théorie du genre » . Entendre un sociologue répliquer promptement au médecin Bernard Debré que « le sexe chromosomique ne correspond pas toujours au sexe gonadique, qui ne correspond pas toujours au sexe phénotypique » vaut son pesant d’or. Il suffit d’avoir suivi des leçons de Biologie de Lycée pour savoir que c’est un non-sens total.

J’avoue que j’ai pouffé aussi quand j’ai entendu Enthoven placer une critique du « pouvoir des marchés » dans un débat sur le traitement médiatique de l’affaire DSK. Il ne manquait plus que le Libéralisme, la Mondialisation, et l’Impérialisme Américain, et on aurait eu droit à toutes les tartes à la crème boboïsante. Très drôle. (Très prévisible)

Très drôle, mais pas aussi drôle que l’intervention de ce cher « Khmer Vert » , Fabrice Nicolino, intervenu dans le débat sur l’accroissement des inégalités avec ses thèses écolo-malthusiano-catastrophistes, accumulant les sentences péremptoires à la manière de plus dogmatique des évêques intégristes, gratifiant même Guy Sorman d’un double « vous ne savez pas de quoi vous parlez » , argument de haute voltige intellectuelle, à propos du développement des pays du Tiers-Monde. Il suffit pourtant de lire (ou relire) L’économie ne ment pas (traduit en une dizaine de langues) pour se persuader du contraire. Sorman sait parfaitement de quoi il parle.

Du reste, je trouve toujours aussi drôle de voir que les inégalités sont toujours le principal sujet de préoccupation des polémistes et autres troubadours télévisuels. Plus que l’écart relatif entre les plus riches et les plus pauvres, ce qui me préoccupe par-dessus tout, c’est le sort en absolu des plus modestes. En d’autres termes, je préfère que les inégalités relatives s’accroissent lorsque toute les couches sociales s’enrichissent (dont les plus modestes), plutôt que de les voir diminuer alors que touts s’appauvrissent (mais les plus riches s’appauvrissent plus vite que les plus modestes, la bonne affaire). Nivellement par le haut ou par le bas, voilà l’alternative. Avant de s’inquiéter des inégalités relatives, inquiétons-nous de la pauvreté dans l’absolu. Et rappelons-nous aussi que les plus modestes des Français font encore partie des 10% les plus riches de la planète. Voilà qui remet les choses en perspective.

Le débat n’est cependant pas nouveau. Il me rappelle la célèbre citation de Winston Churchill : « Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère » . Ou encore cette réponse de Margaret Thatcher à l’opposition, qui reprend mon raisonnement…

En attendant, rentrez bien, et allez investir dans l’or.

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[Malaberg] Le 11 septembre… 1973. Et les autres.

Et oui, le 11 septembre n’est pas une date qui a été privatisée par les américains… Il s’en est passé des trucs le 11 septembre !

Allez, je prends quelques petits truc par ci par là (merci wikipedia) choisis très arbitrairement comme de coutume :

naissance de Pierre de Ronsard, Jacques Gaillot, Brian de Palma…

Morts de Georges Guynemer, Nikita Khrouchtchev, Salvador Allende

En fait, ce qui m’intéresse le plus ici, c’est le 11 septembre 1973. Que s’est il dont passé ce jour là ?

Vous trouvez ?

Toujours pas ?

La réponse est au dessus pourtant !

Le 11 septembre 1973, c’est le jour du coup d’état militaire au Chili, où, encouragé et soutenu par les états unis (la CIA), le Général Augusto Pinochet a renversé le président Salvador Allende, et entrainé la mort de celui ci. (Mort sujette à caution : officiellement, il s’est suicidé, ça arrange pas mal de monde, mais personnellement, je pense que le suicide ne se commet qu’en cas de grave problèmes internes qu’on ne peut plus affronter, et je ne pense pas qu’Allende entre particulièrement dans cette catégorie, au vu de son passé, il était plutôt du genre à affronter l’adversité)

Pour info, voici en quoi consistait le plan gouvernemental d’Allende (merci encore vous savez quoi)

  • l’augmentation des salaires de 40 à 60 %
  • la nationalisation à grande échelle de certaines industries (notamment le cuivre, principale exportation du Chili),
  • la réforme du système de santé,
  • le blocage des prix,
  • la réforme du système d’éducation, poursuivant les réformes entreprises par son prédécesseur Eduardo Frei Montalva,
  • des mesures diverses telles qu’un programme de lait gratuit pour des enfants (à raison d’un demi litre de lait par jour et par bébé),
  • une tentative de réforme agraire,
  • un nouvel « impôt sur les bénéfices » est créé,
  • un moratoire sur les remboursements de la dette extérieure et la cessation du paiement des dettes auprès des créanciers internationaux et les gouvernements étrangers.

Moi ça me semble en grande partie toujours d’actualité !

Ce coup d’état, c’était le début d’un régime gentiment fasciste (muni entre autres de camps de concentration, dont le monopole ne saurait être laissé aux européens), d’une féroce répression contre tout ce qui pouvait être de près ou de loin de gauche dans ce pays, (et dans les autres ! Cf l’opération Condor), et de la création d’un laboratoire (de plus) du néolibéralisme dans ce qui était la chasse gardée des états unis.

Bon, j’oublie plein de choses probablement, le nombre de victimes de la répression, un système social encore en vigueur aujourd’hui qui provoque des émeutes (entre autres l‘éducation au portefeuille : si celui de tes parents est gros, tu peux faire des études à 15000$ l’année, au minimum) la suppression du divorce…

Ce coup d’état était aussi une grande catastrophe psychologique pour la gauche européenne, qui se demanderait ce qui se passerait si jamais elle arrivait au pouvoir. Mon père me racontait que le 11 mai 1981 au matin, l’inquiétude était telle que le colonel de la caserne où il faisait son service militaire était venu préciser « l’armée en France est Loyaliste ! ».

Bref, puisqu’une catastrophe doit être célébrée le 11 septembre, je pense que celle du 11 septembre 1973 le mérite.

Je ne comprends pas pourquoi l’on fait tout un tintouin autour du 11 septembre 2001. D’accord, il y a eu quelques milliers de morts. Mais qu’avaient ils, eux, pour que leur mort soit plus importante que celle des bosniaques, tchétchenes, kosovars, et j’en oublie, qui sont morts à la même époque ? En quoi leur mort est elle plus importante que le génocide perpétré en 1965 en Indonésie ? (QUEL MEDIA en parle, de celui là, hein ?) Pourquoi parle-t-on plus d’eux que de la famine en Afrique, particulièrement en Somalie ? Des morts du Darfour ? (et j’ai oublié 99,99% minimum des évènements au moins aussi importants qui mériteraient une attention au moins aussi importante)

Le problème, c’est que même dans la morts, les gens ne sont pas égaux. Si t’es mort dans le world trade center en 2001, on parlera de toi pendant des années. Si t’es mort de faim à 6 mois, 6 ans, ou 20 ans en Somalie, on ne parlera même pas de toi. D’ailleurs, qui se rappellera ton existence ?

Allez, s’il faut célébrer une catastrophes et des morts ce 11 septembre, au moins que ce soit celle de gens qui tentaient de construire un monde meilleur…

J’aimerais savoir ce que quelques blogueurs de gauche pensent de tout ceci… (ainsi qu’Alexandre aussi !)

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