Mauvaise foi, protectionnisme, peur, et consternation

Une présidentielle consternante vue par un libéral (très) consterné.

Mauvaise foi

Les courbes semblent se croiser, les socialistes ont peur. Et quand les socialistes ont peur, ils abattent leur carte « Mauvaise Foi Absolue » . Il suffit qu’un sondage, soudain, leur soit défavorable, pour que les sondages deviennent peu fiables, nuls, inacceptables, truqués, pourquoi pas, je l’ai lu aussi. Jusque là, le militant PS de base refaisait quasiment la tapisserie de sa chambre avec les sondages donnant Hollande à 62%, et les sortait à tout bout de champ. Mais quand les sondages arrangent moins, confirment moins dans leurs attentes nos petits socialistes, les voilà qui retournent leur veste et s’insurgent…

Plus que le score dans l’absolu, qui est éminemment variable et soumis à une variabilité naturelle, je rejoins Buisson quand il dit que c’est la dynamique qui compte. Et elle est du côté de Sarkozy. Quoi qu’on en pense, deux hommes réussissent leur campagne : Sarkozy à droite, et Mélenchon à gauche. Autant dire que Hollande, qui a le charisme d’une seiche, est pris en tenaille. Celui qui n’avait été choisi que par défaut, et pour éviter Sarkozy, se fissure avec délectation.

En parlant de Mélenchon, on peut dire que ses militants ne sont pas exempts non plus de mauvaise foi. A leur sens, les sondages sont une incarnation de Satan, ou, pardon, du Capitalisme Mondialisé Pas Beau, qu’il convient de dénoncer avec un couteau dans la bouche. Mais quand ils montrent la progression indiscutable de leur champion, ils sont les premiers à avancer les sondages pour mettre le phénomène en exergue…

Protectionnisme

Alors Sarkozy s’engage de plein pied dans une sorte de protectionnisme européen. Les libéraux finissent de s’étrangler. Les Réformateurs, les Libéraux de l’UMP (où ce qu’il en reste) marchent sur des œufs de caille. Bayrou fait mieux : il réplique que ce qui compte, c’est de produire en France, pas en Europe. Le voilà qui défend une vision encore plus radicale : le protectionnisme franco-français. Dire que certains libéraux ont décidé de le soutenir ouvertement… Le message libéral, déjà faible, est encore dénaturé, brouillé. On est surpris de constater (COUCOU LES LIBÉRAUX) que Bayrou peut se montrer encore plus arriéré et protectionniste, encore plus illibéral que Sarkozy. Les dernières chances pour que je vote Bayrou se sont sans doute évanouies.

Bayrou : « je m’oppose au Buy European Act, en France c’est notre appareil de production qui compte »

Peur

Sarkozy tiendra vraisemblablement son tout dernier meeting de campagne à Nice, le 19 ou le 20 avril. Belle reconnaissance pour un département ultra-sarkozyste, encore aujourd’hui. De son côté, il semblerait que Hollande ait peur. Le PS local souhaiterait que le déplacement de Hollande dans la région s’accompagne d’une véritable rencontre, une prise de parole, une forme de meeting. Mais l’équipe de Hollande n’est pas chaude. Peur d’être chahuté, de recevoir un mauvais accueil. Si Hollande a déjà peur de se déplacer dans certaines des plus grandes villes de France, comment va-t-il se comporter dans les rencontres internationales, et face aux situations de crise ? Dans un coin peu acquis à la cause socialiste, Hollande devrait au contraire rendre hommage au courage de ces militants qui continuent à se battre pour leurs idées, et affrontent une situation fortement défavorable. Mais Hollande préfère faire de belles images, comme lors de sa rencontre foireuse, manipulée, truquée et compassée avec des internautes acquis à sa cause. Ridicule. Cet homme est ridicule.

Consternation

Arthaud, Poutou. Nous aurons donc 2 candidats trotskistes. Mélenchon. Nous aurons un candidat communisto-trotskiste. Marine et NDA. Nous aurons deux marxisants de « droite » . Sarkozy, Bayrou, Hollande. Trois candidats dirigistes-étatistes-protectionnistes-socialistes. Passons les autres. On a failli même avoir un candidat du « Parti du Plaisir »… AUCUN, je dis bien AUCUN libéral.

Les Libéraux gouvernent, participent à la majorité, ou influencent fortement la politique des gouvernements d’Espagne, d’Italie, du Royaume-Uni, d’Allemagne, de Pologne, du Canada, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, etc. etc. En France, je ne demande pas d’avoir autant de candidats libéraux que de candidats trotskistes ou communistes, je ne prétends pas les voir gagner d’emblée, ni faire 10% comme Mélenchon. Je prétends en avoir UN, UN SEUL. UN petit candidat dont je puisse dire « je suis d’accord avec lui, et il aura mon vote enthousiaste » , comme Madelin, en 2002, si j’avais pu voter.

Je ne comprends pas qu’on en soit là. Mais je crois que j’écrirai un article pour tenter d’expliquer la situation catastrophique du Libéralisme en France, un de ces jours. En attendant, si vous pouvez, rejoignez cette belle rencontre organisée aujourd’hui par le PLD, ou suivez-la via les réseaux sociaux.

Et aux Législatives, préparez-vous à voter pour les candidats Libéraux.

Moralisation de la vie politique ?

Approuvez-vous comme moi la « moralisation de la vie publique » proposée par Bayrou : nombre de députés abaissé de 577 à  400, cumul des mandats « interdit » pour les députés dès 2012 et « limité » pour les sénateurs, assemblée nationale élue aux trois quarts au scrutin majoritaire actuel et au dernier quart à la proportionnelle, reconnaissance du vote blanc, définition du conflit d’intérêt, interdiction du retour dans la vie publique des élus condamnés pour corruption,  gouvernement à moins de 20 ministres ?

C’est Aurélien Veron qui, sur son Facebook, résumait très bien les propositions de Bayrou en matière de vie publique et d’institutions. Petit commentaire rapide point par point.

Abaissement du nombre de députés : une évidence. Je serais même allé jusqu’à 300, mais disons que c’est une mesure qui va dans le bon sens (et Sarkozy propose aussi une réduction). En parlant des députés, j’aurais même divisé par 2 (ou un peu moins) les indemnités de tous les élus, comme le proposait Hashtable, et surtout, chose souvent oubliée, je me serais attaché à réduire tous les avantages accumulés par les élus pendant et après leurs mandats, et que des enquêtes régulières viennent souligner (restaurants aux tarifs avantageux, abonnements divers, moyens à dispositions, et surtout, retraites somptuaires, persistance d’avantages en nature…). Soyons objectifs, certains peuvent être utiles (par exemple pour faciliter les déplacements vers Paris etc), mais ils doivent être totalement reconsidérés et allégés, en particulier pour l’après-mandat.

Concernant la proportionnelle, j’y suis favorable, dans la mesure où cela permettrait de mieux représenter les différents courant politiques, dont les pauvres libéraux. Cela dit, j’y mets une condition : la préservation d’une majorité stable, afin de ne pas sacrifier ce qui fait l’une de nos forces actuellement, par rapport à d’autres gouvernements européens facilement paralysés. Pour ce faire, il faudrait réfléchir à la méthode : celle d’Hondt favorise malgré tout les listes ayant reçu le plus de suffrages.

Reconnaissance du vote blanc : très bonne idée. Là aussi, c’est une évidence. Pour la suite, chacun ne peut que convenir que ce sont de bonnes idées.

Quant au Gouvernement, 20 ministres, ça fait déjà beaucoup, et je crois que la règle serait à la fois rigide (à chaque Président de faire ce qu’il veut) et contre-productive (si ça amène à la nomination de pléthore de secrétaires d’État de substitution pour placer les amis).

Revenons enfin sur le cumul des mandats. J’ai, sur ce point, un avis très divergent de la plupart des Libéraux. J’estime que la liberté doit s’appliquer jusque là. Ce n’est pas au législateur de décider qui est apte d’accéder à telle ou telle fonction élective, mais … aux électeurs. Interdire le cumul à tous les niveaux, c’est s’exposer à devoir supporter éventuellement un mauvais élu faute de pouvoir désigner un bon élu, malgré son cumul. Un élu peut très bien assumer deux mandats avec qualité et attention. Tout dépend de sa compétence. Je préfère un bon cumulard à un mauvais non-cumulard. Si les électeurs estiment que le cumul des fonctions empêchera le candidat d’assurer pleinement ses fonctions, il leur suffit de le faire savoir par les urnes. Mais si ça ne les dérange pas, qu’ils soient libres d’en faire leur maire ou leur député. Ne les prenons pas pour plus bêtes qu’ils ne le sont…

Par contre, cette autorisation du cumul (sauf cas excessif pouvant présenter un inconvénient, évidemment), doit s’associer à une limitation totale du cumul des indemnités. L’élu cumulard devra se contenter d’une seule indemnité, la plus élevée, et renoncer totalement aux autres. Dans ce cas, le fait de cumuler ne sera pas motivé par la volonté de se remplir les poches (et permettra au contraire d’économiser de l’argent public)… Vous me direz qu’il y a d’autres mauvaises raisons de vouloir cumuler (influence…), mais le principal écueil serait évité, et il y a fort à parier que les politiques prendront en considération que ce n’est pas leur portefeuille qui y gagnera en poids.

Bref, pour en revenir au sujet de l’article, les mesures proposées par François Bayrou vont dans le bon sens … mais pourquoi en faire un référendum ? Demander aux gens s’ils sont favorables ou non à une MORALISATION, c’est comme leur demander s’ils sont pour ou contre la paix dans le monde, le plein-emploi, le fait que les petits africains mangent à leur faim, et l’interdiction des chansons de Justin Bieber sur le territoire national… Du coup, cette idée donne l’impression, à tort ou à raison (qui y a pensé le premier ?) qu’il y a chez Bayrou la volonté de copier Sarkozy, en rattachant son wagon après coup.

Ce qui est, selon moi, une erreur, s’ajoute à d’autres erreurs, telles que le Ministère de l’égalité (WTF ?) et l’idée de saboter le statut d’auto-entrepreneur, qui est plutôt une réussite qui devrait être approfondie. Pas sûr que cela suffise à relancer la campagne du chef du MoDem…

Ministère de l’égalité ?

« Egalité, taxes, bisous », c’est à la devise de la France hashtablienne que la dernière proposition de François Bayrou me fait penser. Ministère de l’égalité, pour lutter contre toutes les discriminations ? Vraiment ?

Et si, outre le nombre de députés, on parlait de réduire le nombre de Ministres ? Un Ministère de l’égalité est-il réellement nécessaire dans la France d’aujourd’hui ? N’a-t-on pas suffisamment d’associations, de groupes, d’organismes, qui, à grand renfort d’argent public gratuit, nous rappellent sempiternellement cette volonté farouche de la non-discrimination et de l’égalité citoyenne et festive ?

Voilà une belle priorité, M.Bayrou. Voilà un nouveau déversoir à argent public et bons sentiments, avec une docile petite armée de fonctionnaires rattachée. Et que va faire ce ministère en carton-pâte ? S’il s’agit de faire respecter la loi, nul besoin d’un ministère. S’il s’agit d’imposer de nouveaux règlements, il y a de quoi prendre peur. S’il s’agit de faire joli dans le décor, c’est à pleurer de désolation.

La lutte contre les discriminations ? Hashtable ne dénonce-t-il pas suffisamment les dérives de la lutte contre les discriminations ? Ainsi, quand un employeur embauche le candidat avec un gros diplôme, au détriment de celui au petit diplôme, on trouve moyen de crier à la discrimination, au simple prétexte que le 2e fait partie d’une « minorité »… Et les exemples de ce type sont partout… Bayrou luttera-t-il contre les excès de la lutte contre les discriminations, quand celle-ci s’apparente à une nouvelle forme de discrimination ?

Enfin bon… Encore une belle promesse à peu de frais (oui, c’est une expression : la mise en application, elle, ne sera pas gratuite), et une nouvelle couche d’intervention publique dans notre société déjà passablement sclérosée par les couches précédentes (et les subventions publiques à SOS Racisme).

Je lisais Sabine Herauld se demander si Sarkozy sabotait volontairement sa campagne… Aujourd’hui, je me demande si François Bayrou sabote volontairement son début d’alliance avec les Libéraux. S’ils ne s’étranglent pas, c’est qu’ils ont une capacité de patience hors-normes.

Et puisqu’on parle d’égalité, quittons le terrain des discriminations méchantes pour parler des inégalités économiques pas gentilles. J’ai lu, sans doute à la grande surprise de beaucoup, que le coefficient de Gini, qui mesure les inégalités économiques dans un pays, a diminué en France ces 30 dernières années. Vous avez bien lu, diminué. Cela signifie que les inégalités sont en diminution en France (mais aussi en Grèce !). CHOUETTE ! Champagne ! Dans le même temps, elles augmentaient en Allemagne, en Suède, en Norvège… Intéressant de constater que les pays où les inégalités diminuent sont aussi ceux qui sont dans la merdre la plus profonde, avec les plus jolis taux de chômage, les plus fabuleuses dettes publiques, la situation économique la mieux enlisée. Mais là où les choses vont plutôt mieux, les inégalités se creusent. ZUT DE ZUT !

En somme, pour atteindre la sainte égalité de tous, et abattre une fois pour toutes les inégalités, la meilleure solution est de plonger le pays dans le marasme économique, la récession, et la banqueroute financière. Gageons qu’en France, nous nous montrerons à la hauteur.

En somme, après le ministère Bayrouiste de l’égalité, et, soyons fous, le ministère de la fraternité par Hollande, qui pensera enfin à un GOUVERNEMENT de la Liberté ?

Pauvre pays, qui, à trop rêver d’égalité factice et en toc, en a oublié la liberté…

[Malaberg] Bayrou, tout un programme

le génial Bayrou n’a au final rien inventé, n’en déplaise à l’hérétique, qui n’a cependant pas compris, à mon sens, ce que Mélenchon disait dans la vidéo ci dessous.

 

 

A titre informatif, je recommande la lecture de cette excellente brochure, sur bayrou…

La valse macabre des fossoyeurs du Centre

Une fois de plus dans ce pays de fous, le Centre est en deuil. Une fois de plus, ceux qui s’en revendiquent avec le panache d’un sèche-linge lui ont creusé une nouvelle tombe, exploré une nouvelle voie sans issue. Pourvu qu’ils enterrent leur carrière politique avec, pour une fois.

Des coquilles vides sous perfusion de l’UMP

Le Nouveau Centre s’émancipe de l’UMP. Le Parti Radical s’émancipe de l’UMP. Ils en sont transcendés, ces partis. Ils se sentent exister, pour une fois. Mais réfléchissons un petit instant…

Que seraient ces deux partis sans l’UMP ? Rien.

Financièrement, ils doivent leur survie aux reversements effectués par l’UMP, sous perfusion de laquelle ils vivent. Je vous invite à ce sujet à lire Laurent de Boissieu, qui s’est penché sur le sujet avec beaucoup de précision. Conclusion, sans l’UMP, ces deux partis ne pèsent pas lourd. Je suis curieux de savoir comment ils mèneront campagne.

Politiquement, leur poids est quasiment nul. Ce sont des coquilles vides, qui ne tiennent que par des élus, et non par des adhérents. Même le MoDem peut se targuer d’un poids politique supérieur dans l’opinion. Et une fois encore, d’où leur viennent ces adhérents, sinon de l’UMP ? Ces quarante à cinquante députés qui pourraient former un groupe indépendant de celui de l’UMP à la prochaine rentrée parlementaire, d’où viennent-ils, sinon des listes de la Majorité ? Le Nouveau Centre et les Radicaux n’ont d’élus que grâce au bon vouloir de l’UMP, qui concède à ces deux partis quelques places au sein de ses listes, ou dans certaines élections. Le MoDem, seul, ne parvient pas à disposer de plus de 4 députés (si je ne m’abuse). Le Nouveau Centre ou le Parti Radical seuls feraient de pires performances encore.

Quelle bande de sinistres opportunistes ! Ces partis n’existent QUE grâce à l’UMP, ne survivent politiquement QUE grâce à l’UMP. Leurs élus ? Ils les doivent à l’UMP. Ce sont bien des sympathisants de l’UMP et de la majorité qui ont voté pour des personnalités issues du Nouveau Centre. Ce sont ces sympathisants UMP qui les ont portés là où ils sont : leur propre électorat n’aurait jamais suffi. Les UMPistes qui ont voté pour la Majorité aux dernière Législatives ont contribué à l’élection de ces 50 députés. Quitter cette Majorité qui a permis leur élection, c’est trahir la confiance des électeurs de leur liste, qui n’ont pas souhaité les voir intégrer autre chose qu’une Majorité unie.

Morin et Borloo jouent à un jeu dangereux. Ils savent très bien que si l’UMP les lâche, ils ne sont plus rien. Imaginons qu’ils réussisse à faire perdre Nicolas Sarkozy en 2012… L’UMP les laissera tomber avec délectation. Et après ? Ils perdront tous leurs élus, car on peut être certains que l’UMP ne leur laissera plus une miette. Et je pense sincèrement que de plus en plus d’élus Nouveau Centre et Radicaux sont conscients de ce problème : s’ils s’émancipent trop de l’UMP, ils perdront leur fauteuil, leur mairie, leur circonscription, leur écharpe, leurs indemnités, surtout. Ils seront forcément perdants. Leur survie électorale dépend uniquement de l’UMP. Combien de temps suivront-ils Borloo et Morin dans leur danse macabre ?

Cette bande de ridicules opportunistes

Je ne suis pas le seul à le souligner : il est facile de participer pendant des années au Gouvernement sans broncher, en affichant de grands sourires et en défendant l’action du Gouvernement, puis, une fois sortis, de déchaîner une haine sans borne, avec le bruissement des retournements de veste en musique de fond. En même temps, on ne devrait pas tant être surpris. C’est un mécanisme à l’œuvre à chaque fois qu’un ministre perd son ministère : il trouve soudain tous les maux du monde à son ancienne équipe. Pensez à Boutin, à Yade, à Jego, à Borloo, à Morin… Ces hypocrites atrabilaires ! Ils apparaissent comme autant d’enfants capricieux souffrant d’aigreurs d’estomac à l’idée d’avoir perdu leur planque. Ils n’étaient pas là pour servir, mais pour SE servir. C’est si facile. Le problème, c’est que ces gens-là ne prennent plus des positions en suivant leurs convictions, mais changent de convictions au gré de leurs postures. Ils ne sont guidés que par la rancoeur, et l’anti-sarkozysme dans sa version la plus primaire, dans un registre que de Villepin lui même n’avait pas encore osé explorer.

Opportunisme, encore et toujours. Tartuffisme. Théâtre. Hypocrisie.

Ils se sont bien servis des largesses de l’UMP, des ministères offerts par Sarkozy, et maintenant, ils jouent les opposants de toujours… Et quels opposants !

Un centre aux relents de mélenchonisme

Initialement, cette maudite Confédération des Centres devait s’appeler « Solide » pour « SOciale, LIbérale, DEmocrate » , idée repoussée par Morin, qui voyait déjà les journalistes ironisait sur l’état liquide ou gazeux du Centre. Effectivement, si cette Confédération du Centre ne doit être qu’un regroupement intéressé d’opportunistes n’ayant rien en commun, sinon une ambition démesurée, et les mêmes dents qui tracent des sillons sur les parquets ministériels, la comparaison a son charme. D’autant que ce rassemblement n’est que du vent. Il prend la forme d’un montage hâtif et précipité dans le but d’afficher un vernis d’unité pour dissimuler les ambition personnelles des uns et des autres. Quelle vaste plaisanterie !

Il y a mieux, beaucoup mieux ! Devinez quel nom de parti a suggéré Judas-Borloo ? « L’Alliance républicaine écologique et sociale » . En fait, depuis son intervention dans « A vous de Juger » , je sentais venir ce leitmotiv mielleux. « Républicaine, écologique, et sociale » , ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire…

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Écologie – Socialisme – République, contre République – Écologie – Social. Tiercé dans l’ordre, tiercé dans le désordre.

Vous ne rêvez pas. La Confédération centriste pourrait bien se choisir un nom qui n’est autre qu’un réaménagement du slogan du Parti de Gauche. Ahurissant. Ubuesque. Grotesque.

Pour vous dire la profondeur d’imagination de nos opportunistes. Marine a raison : tous les mêmes ! Même le Centre affiche quasiment les mêmes valeurs que la gauche radicale ! Champagne ! Ou plutôt, Champomy, pour pas faire trop bourgeois.

Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Voilà donc les valeurs du Centre ? Et le Libéralisme ? Et l’Europe ? Et la Démocratie Libérale ? L’opportunisme irait-il jusqu’à nier les racines idéologiques du Centre pour leur substituer une soupe aux relents de socialisme ? Décidément, ce n’est pas le Centre que j’attends…

Pauvre Centrisme…

Cette affaire redonnerait presque du prestige à Bayrou, à mes yeux louable pour sa constance, tant cette alliance centriste prend des allures de vaste blague. Nous avons franchi une étape supplémentaire dans le suicide politique du centrisme. Bayrou avait malheureusement commencé, pour s’enfermer dans son refrain « ni gauche ni droite » qui l’a totalement isolé politiquement. Morin et Borloo partent avec du retard, mais ils continuent à enterrer les idées centristes. A chaque fois, les ambitions individuelles ont pris le pas sur l’unité du Centre. Aujourd’hui, fragmenté, dispersé, isolé, il ne pèsera bientôt plus rien ! A refuser toute alliance avec les majorités au pouvoir, il finira par disparaître totalement de la scène politique, (presque) aussi misérablement que Lutte Ouvrière et le NPA. C’est désolant.

Ce que j’ai toujours souhaité, c’est l’émergence d’un grand parti du Centre et du Centre Droit, une UDF, ou carrément un puissant Mouvement Libéral Démocrate. Ce parti s’affirmerait par son unité et la spécificité de ses valeurs (Libéralisme, Subsidiarité, Europe etc etc), tout en restant fidèle à une alliance avec le grand parti de la droite. Comme du temps du tandem RPR-UDF, ou, malgré les problèmes que cela pouvait susciter, les deux partis n’hésitaient pas à faire front dans les moments importants, sans pour autant renoncer à leurs différences, l’un et l’autre pouvant peser sur la politique française avec un poids accru.

Seul, je suis persuadé que le Centre ne gagnera jamais rien. L’échec du MoDem en est la triste preuve, malgré l’estime que j’ai malgré tout pour Bayrou. Au contraire, s’il acceptait l’idée qu’il a plus d’affinités avec une Droite ouverte et moderne qu’avec un parti socialiste en mort clinique, tenté par l’assistanat, le « care » et des solutions totalement dépassées, il pourrait participer aux majorités, peser sur la direction du pays, faire profiter le pays de ses très bonnes idées, et de ses belles valeurs. Et même, il pourrait sans doute un jour accéder au pouvoir. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, puisque le piège tendu par Bayrou à la gauche et à la droite s’est refermé sur lui et l’a coincé, tout comme Judas-Borloo et Judas-Morin finiront coincés à leur tour, privant la France des idées centristes. La stratégie est désastreuse, et nous n’avons pas fini d’en relever la faillite.

Le tandem improbable de Laurel-Morin et Hardy-Borloo n’a strictement aucune chance de l’emporter. Le premier a le charisme d’un bas en laine ou d’une chaussette à rayures, le second a autant de crédibilité que Gérard Schivardi. Je dis les choses crûment, mais c’est hélas ainsi que je vois les choses.

Les fossoyeurs du Centre se sentent revivre depuis qu’ils s’émancipent de l’UMP. Mais ils ont encore perdu une occasion de se taire. Même Bayrou ironise sur cette « danse du centre » , c’est dire !

Et enfin, si je puis me permettre, voilà quelle pourrait être la musique du prochain clip de campagne de l’Alliance Républicaine Écologique et Sociale, qu’ils pourront jouer dans leurs meetings (qu’ils tiendront dans des cabines téléphoniques, si le PCF veut bien partager avec eux) :

Lady Gaga – Judas.

Bon week-end quand même !

Le Centre existe !

Réponse à Malaberg, et à son article sur le Centre. J’avais prévu simplement de commenter son article, mais je me suis dit que la question méritait une réponse complète. Lire la suite

Quand Bayrou manque d’humour

Dimanche 31 octobre, dans la Grand Rendez-Vous Europe 1, François Bayrou s’est livré à une critique du Petit Journal de Canal Plus, accusé de faire « le jeu des puissants » . Lire la suite

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