Demain, la crise des dettes publiques

Après une longue période de relative absence, pour cause de surcharge de travail désespérément incontournable, me voilà de retour sur ce blog, afin d’évoquer avec vous l’un des sujets qui me tient le plus à cœur aujourd’hui : la dette publique.

L’incroyable danger que représente cette dette incontrôlable, et que peu cherchent vraiment à contrôler est ma principale préoccupation pour l’avenir de notre pays, et de l’économie mondiale.

D’un point de vue strictement national, comment admettre que l’État, institution la plus élevée et légitime pour le plus grand nombre, puisse se placer dans une telle position de faiblesse ? Alors que l’État moderne et providence a endossé la responsabilité de systèmes de protection sociale toujours plus poussés, comment admettre qu’il puisse prendre le risque inconsidéré de vivre durablement au-dessus de ses moyens ? Que dira-t-on au peuple le jour où tout s’arrêtera, faute de moyens, pour avoir trop longtemps tiré sur la corde ? Aujourd’hui, l’État apparaît encore comme le protecteur des citoyens. Que fera-t-on lorsque ce bouclier tombera en poussière, du fait de l’aveuglement de générations de politiciens démagogues ? Le risque social est considérable, et un aperçu édulcoré nous est donné par les tensions sociales à l’œuvre en Grèce.

Les politiciens ont la responsabilité d’assumer la réalité de notre situation, et de dire la vérité aux citoyens. Ils doivent être capables de faire admettre au peuple qu’il vaut mieux sauver le bouclier par quelques sacrifices tant que cela est encore possible qu’attendre stoïquement, sans changer de cap, que tout s’écroule pour s’inquiéter. Pourtant, partout aujourd’hui, c’est le démagogisme qui prime. On est bien plus prompt à promettre toujours davantage de dépenses qu’à persuader les électeurs de la nécessité impérieuse d’un redressement des finances publiques.

Ce système est malsain. La croissance d’aujourd’hui, la paix sociale d’aujourd’hui, la consommation d’aujourd’hui, sont payés avec l’argent de demain. Qu’est-ce qu’emprunter, sinon avancer à aujourd’hui les investissements de demain ? Comme l’affirme mieux que moi le Minarchiste, « la dette n’est en fait qu’une façon de déplacer sa consommation du futur vers le présent. Tôt ou tard, cette dette doit être remboursée, et pour ce faire les emprunteurs devront réduire leur consommation » . Et finalement, le refus actuel de tout redressement de cette situation financière désastreuse est une forme de puissant égoïsme à l’égard des génération futures…qui pourrait bien se retourner contre les générations actuelles.

Si l’on en croit Philippe Herlin, après la crise des dettes privées que nous avons connue en 2008, partie des États-Unis, où l’endettement privé (notamment dans le cadre de l’accès à la propriété) est profondément ancré dans la culture américaine de la consommation, nous risquons d’assister à une crise des dettes publiques, dont les conséquences risquent d’être encore plus graves. En effet, en cas de crise de la dette publique, comment les États aideraient-ils les banques puisqu’ils seraient eux mêmes en faillite ? Ce scénario pourrait très vite ressembler à une joyeuse chute libre où Banques et États se tiendraient tout aussi joyeusement la main, chacun croyant pouvoir sauver l’autre.https://i1.wp.com/site.agerard.free.fr/img/dettepublique.jpg

Les signes avant-coureurs de ce séisme financier apparaissent éclatantes dans l’actualité de ces derniers jours, avec la dégradation de la note des États-Unis de « stable » à « surveillance négative » . Concrètement, ça signifie que si le pays ne redresse pas la barre dans les deux ans à venir, il est fort probable qu’il perde son « triple A » , cette assurance d’emprunter au meilleur taux sur les marchés. Quel coup de tonnerre pour un pays dont on pensait qu’il avait tout loisir de s’endetter ad vitam aeternam, grâce à la position dominante du dollar !

Ne parlons pas du Japon, où la Croissance faible se conjugue avec une dette colossale de 200% de son PIB, et les effets de la catastrophe naturelle et nucléaire que connaît actuellement le pays.

Quant à l’Europe, on en parle suffisamment pour que personne n’ignore la situation désastreuse de la Grèce, de l’Irlande, ou encore du Portugal. Mais je me demande malgré tout si sa tradition de relative rigueur budgétaire, tout au moins en ce qui concerne une partie de ses pays, ne lui permettra pas de s’en sortir paradoxalement mieux que les deux autres pôles de la Triade, puisque sa situation globale est meilleure que celle des États-Unis ou du Japon en la matière.

Cela dit, si la tempête éclate, personne ne sera épargnée. Et ce ne sera pas faute d’avoir prévenu.

Publicités

À propos Alexandre
Carabin passionné de politique, dextro-centriste et méchant libéral. Rule Britannia ! J'ai rarement tort mais ça m'arrive souvent.

4 Responses to Demain, la crise des dettes publiques

  1. Ping: Hashtable » Quelques jours à grignoter des chocolats

  2. Dessicated says:

    Salut à toi,
    intéressant ton article, le fait est que tu as malheureusement raison, moi qui suis souvent tourner vers le sociale je suis forcer d’admettre que notre système finiras par s’écroulé si on reste dans la configuration actuel des choses, et le 21ème siècle n’est pas le 19ème, ont ne peut pas compter sur « une bonne guerre » comme les « grands hommes français » de l’histoire faisais pour redresser la balance économique, il faut chercher l’argent aux seins même du pays.

    De plus les solutions miracle (style celle du FN) semble voué à l’échec tant le concepts mondiale économique à lui aussi évolué, tous porte à croire que nous sommes condamné à donner pour nous maintenir économiquement et un minimum socialement alors qu’un scénario contraire apparaît pour nos voisins éloigné comme le Brésil ou la Chine. Somme nous condamné à régresser socialement éternellement ? Un surplus économique nous suffirais t-il à être réellement « écarté du danger », je ne sais pas, dans tous les cas il faut rembourser cette dette.

    Maintenant ou trouver l’argent ? Les mesures les plus crédible serrais un retour au 40h, (ça créé forcément l’image d’une France pré 68, comme le FN le ferras finalement quand dil se rendra compte que sont programme tient pas la route si il passe), supprimer des jours de congé ; allonger la durée du temps de travaille etc, tant de mesure cruel socialement.

    On a le potentiel pour se redresser et devenir à terme la plus grande puissance économique de l’U.E mais sommes nous prêt à l’assumée ? J’en doute fort tant les concessions sont importante pour arrivé à se résultat.

    Pour conclure j’aimerais te poser une question : Est-ce que tu as eu l’occasion de lire le programme de Villepin ? Encore une fois mois qui suit plus socialiste je me retrouve dans sont programme, alors oui c’est utopique, oui il va falloir qu’il démontre que sont programme tient la route aux économiste, oui sa semble un peu « solution miracle » comme pour le FN mais avec le recule ne serrait-ce pas une meilleur politique au sens propre du termes que se qui à été mis en oeuvre jusqu’alors en France ?

    En tous cas sont utopie je suis prêt à la construire avec lui personnellement, certains aspect de sont programme manque de crédibilité et de précision (comme l’impôt dégressiste ou l’application de la tva) mais je pense qu’il y a d’autre manière d’arrivé à sont utopie sans concession sociale importante et en recouvrant la dette ! Ont ferrais de la concurrence déloyale aux pays de l’U.E mais l’Allemagne ne nous à pas attendue pour réformé sont système, voila tous ça pour dire que sont programme mérite qu’on y jette un oeil.

    Passe une bonne soirée ^^

  3. Ping: Pourquoi je ne suis toujours pas Villepiniste (1/2) « J'ai rarement tort …

  4. Alexandre says:

    « Somme nous condamné à régresser socialement éternellement ? »

    Je ne pense pas. Je suis même relativement optimiste quant à l’avenir. Sans être forcément un fin connaisseur en économie, j’ai le sentiment que le mouvement des délocalisations freinera voire reculera dès lors que les avantages de cette DIT s’amoindriront (augmentation progressive des salaires, augmentation des acquis sociaux dans les pays actuellement en développement). Produire en France finira par redevenir intéressant (c’est un mouvement que nous pouvons déjà légèrement observer aujourd’hui).

    Pour l’avenir, il nous faut un véritable credo dans l’innovation. Il faut absolument investir massivement dans la R&D. C’est là qu’est la clé. Si nos entreprises sont un peu moins étouffées fiscalement qu’elles le sont aujourd’hui, elles pourront s’engager dans la recherche, innover, inventer de nouveaux produits et services, contribuer à de nouvelles révolutions industrielles ou tertiaires. C’est des entreprises, de la libre entreprise, de l’innovation, de la créativité que viendra la solution, certainement pas du repli sur soi.

    Et d’après les premières projections (qui valent ce qu’elles valent), la France pourrait bien se retrouver en position de 4e puissance mondiale en terme de PIB/habitant (mesure plus fiable que la comparaison du PIB entre des monstres démographiques et notre petit pays), derrière les États-Unis, le Canada, et le Royaume-Uni. C’est plutôt excellent ! Nous sommes loin d’être foutus, à condition de redresser la tête.

    Nous avons en effet vocation à redevenir la première puissance européenne, ne serait-ce que grâce à notre natalité, mais seulement si nous osons le libéralisme, ne serait-ce qu’un tout petit peu de libéralisme…

    Quant à Dominique de Villepin, je lui consacre deux articles pour te répondre, un sur sa personnalité, que j’ai publié ce matin, et un autre sur son projet, dès demain. :-)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :