[Hippolyte] Tribune de soutient au mariage et à l’adoption pour tous

Fichtre. Dans un débat qui ne cesse d’enflammer les passions, du côté des conservateurs comme des soutiens, il me semblait désormais infamant de rester silencieux alors que toute la blogosphère se saisit de la question. Je ne vais pas m’appesantir plus longtemps en verbiage, je suis un soutient à la réforme (oui, sur un blogue de droite, cela existe). J’ai pour sentiment que cette question dépasse les clivages habituels même si elle y reste très liée de manière générale. On le sait, on le dit, on l’observe depuis quelques mois, cette question passionne les français chaque jour, ouvrant leur page Google dès le moindre rebondissement de cette affaire. Certains gueulent, d’autres applaudissent, d’autres s’en fichent. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a de réelles incohérences à s’opposer à cette réforme. Petite explication.

1°) Les religieux se plaisent tout particulièrement à associer l’ouverture du mariage aux couples gays, aux dérives de la polygamie, polyandrie (pour les musulmans, c’est d’ailleurs assez cocasse de noter l’emploi de ce mot), zoophilie, et pour les idiots du village, de la pédophilie. Je ne me ferai pas un sacerdoce de les raisonner, j’ai perdu ma fougue passée avec le temps, mais j’aimerais souligner la pure et simple diffamation, ainsi que l’amalgame douteux entre l’inacceptable et l’acceptable. Voyez-vous, l’homosexualité n’est pas une pratique, c’est une sexualité, comme l’hétérosexualité, la bisexualité ou la pansexualité. Si vous savez tous lire, vous retrouverez la même racine. Si vous savez tous lire, là encore, cette racine n’est pas présente dans les autres mots, et pour cause, il n’y aucune corrélation logique entre deux hommes/deux femmes qui s’aiment, et un homme qui a plusieurs femmes, une femme qui a plusieurs hommes, un homme-femme qui aime un chien et un(e) pervers(e) qui se tape des enfants. Dans le dernier cas, l’agissement est par pulsion, dans l’avant-dernier, il faut être réellement pervers pour apprécier… Je ne vais pas tous les décomposer, mais là où il y a exactement la même chose dans l’hétérosexualité et l’homosexualité, on nous ressort ces vieux argumentum ad hominem, pour dénoncer à demi-mots la perversité des gays car on n’assume pas son homophobie. Je ne me permettrais pas d’affirmer que tous les opposants à cette réforme sociétale sont homophobes, mais je me permets d’affirmer que beaucoup le sont, et ne le taisent que par les dérives accordées lors du vote du P.A.C.S (c’était les mêmes dans la rue, soit dit en passant) et car leur leader, charismatique déjantée du nom de Frigide Barjot, parvient à conserver la tête du troupeau.

2) Mais voilà… il y a un hic. Quand on associe Hollande à Hitler en trente secondes (point Godwin aussi rapide que la signature d’un P.A.C.S au greffe du tribunal), on peut se poser des questions sur la logique employée. On est tous différents, on est tous unique, mais il faut bien s’accommoder des particularités de chacun. Marre de se considérer chaque jour insulté dès que l’on ouvre le journal, et les premiers à souffrir sont les homosexuel-les humiliés chaque jour un peu plus, pris dans l’étreinte d’un débat autant que les enfants (on y reviendra, sur les enfants). On peut ne pas se vouloir homophobe, je respecte, mais la portée des propos que l’on peut avoir se répercute avec bien trop de gravité sur les principaux concernés. À entendre chaque jour qu’on n’est pas normal, on finit par saturer, et cela devient presque du harcèlement moral banalisé. #SiMonFilsEtaitGay est également dans mon viseur. La remontée des extrêmes par des débats pareils est nocive, blessante, en étant également injuste. Plus injuste encore, que ceux qui manifestent dans les rues seront ceux qui jugeront les enfants adoptés par des homosexuels, qu’ils veulent prétendre défendre (si ce n’est pas les opposants, qui peut bien se moquer d’une telle situation ?). C’est tellement hypocrite. C’en est ridicule. Une remise en question de certaines personnes seraient sans doute utile, surtout quand elles ne connaissent rien aux raisons pour lesquelles elles manifestent. Cela devient encore plus nauséabond, on agit par panurgisme dans le milieu.

3) Les enfants. Ah les sacro-saints enfants, sur lesquelles une auréole n’a de cesse de pousser depuis le début du débat. On peut lire dans les slogans répétitifs des opposants au mariage gay, ceci : “Tous nés d’un père et d’une mère“. Ce à quoi, mon visage a répliqué ceci.

Oui, cette tête-là.

À quel moment, les partisans de cette réforme sociétale ont-ils remis en cause de le moyen de fécondation pour la naissance d’un rejeton ? Jamais. Et que l’on ne me parle pas de P.M.A, puisque dans les faits, celle-ci ne sera présentée que bien plus tard. Pas de chance, il faudra organiser d’autres manifestations, mais en attendant, ce genre de propos n’a pas lieu d’être. De même que la translation du débat aux écoles, qui, envers et contre tout ce qu’a pu dire le secrétaire de l’enseignement catholique, a bien été organisé avec des élèves de troisième des discussions à ce sujet. J’en suis le premier témoin, autant que les nombreux articles que l’on peut lire. On rajoute à l’hypocrisie, la mauvaise foi. Je crois bel et bien que ce débat m’ulcère. Marre d’entendre des moutons radoter les mêmes poncifs que leurs maîtres à pensées, marre de la passivité des partisans, marre de la subjectivité des opposants. Des gens sincères dans leurs idéaux, il n’y en a pas beaucoup. Plus encore dans un débat comme celui-ci, quand on voit la droite conservatrice brandir les vieux torchons de décadence de l’humanité, menace de l’équilibre de l’humanité. En fait, il y a déjà 40 000 enfants adoptés par des familles homoparentales en France. Les “contres“ arguent… je ne sais pas quoi en fait, car je ne comprends les arguments qui sont dits là-dessus par leur côté disparate et belliqueux. Eh bien, admettons. Si un témoignage, ne serait-ce qu’un, énoncé directement par un concerné avait l’outrecuidance d’expliquer son parcours, ce pourquoi il a eu des doutes, ce pourquoi il vit très bien, on entend les râleurs pousser leurs cris d’Orfraie, dénonçant avec fermeté la dangereuse manipulation intellectuelle des lobby pro-homosexualité. De l’autre côté, il suffit qu’un article, un seul, parmi la salve de positifs énonce le négatif d’avoir été élevé par deux pères, et deux mères, c’est la société toute entière qui pouffe un scandale, des « Ah je l’avais bien dit ». Argumentum ad nauseam (pour appuyer mes dires, voir la congélation d’un bébé en Afrique du Sud par un couple de lesbienne, ou tout simplement quelques sites d’actualités, tout de même moins violent). C’est particulièrement édifiant cette manière de pensée. Oui, des enfants le vivront mal, comme certains vivent mal d’être gros, d’être noir, d’être roux, toutes ces choses insignifiantes qui constituent l’endurcissement de la vie d’un jeune. Cela ne fera qu’une raison de plus, pour autant, n’est-ce pas le meilleur moyen de s’affirmer, pour qu’au bout du compte, cela entre dans les mœurs ? Je crois que si. Je crois également qu’une réforme n’est jamais sans risque, et je mettrais cela en corrélation avec le divorce. Je me montre persuadé que c’est en brusquant parfois l’évolution que l’on obtient des résultat. Devrions-nous dire à ces enfants que s’ils perdent leur parent, l’autre personne qui les a élevée ne pourrait plus les voir, simplement car on lui a refusé le droit d’exercer une autorité ? C’est tellement mesquin de parler de sécurité de l’enfant quand ceux-ci sont marginalisés à cause d’une administration désuète. Alors, à part la peur de la différence, quoi rétorquer ?

Je pense qu’il est grand temps de penser autrement. Ceux qui ne se sentent pas concernés par mon article, mais qui sont tout de même contre, je vous invite à réagir par les commentaires sur l’homoparentalité, car il y a des positions que je ne comprends pas. Pour conclure, je dirai simplement au gouvernement de ne pas reculer. Les gens, ça gueulent beaucoup, mais dans cinq ans, cela oublie tout. Le P.A.C.S en est l’illustration complète. De “Pédé aux bûchers“ à fervent soutient, l’antithèse se poursuit comme aujourd’hui, et cela continuera demain, peu en importe le coup porté à la crédibilité.

Hippolyte.

PS : Mais quel sauvage ! J’oubliais de vous souhaiter avec retard une excellente année 2013.

PETIT RAJOUT : http://24heuresactu.com/2013/01/23/homoparentalite-letude-statistique-censuree-en-france/ J’ai enfin localisé le repère des extrémistes homophobes, dépourvus de tout savoir et de toute objectivité. Puis-je avoir mon gâteau au chocolat ? Cette étude tronquée, et fausse (je vous invite à lire les commentaires du bas, une bonne analyse en sera faite) démontre encore une fois l’hypocrisie latente des opposants, et le conservatisme réactionnaire dans lequel ils s’enferment. Heureusement, et je l’espère, pas tous, car l’amalgame entre pédophile et homosexuel me les brise légèrement et en vient jusqu’à me blesser dans ma dignité.

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[Hippolyte] Comment la gauche fonce dans un mur

C’est mon premier article sur ce blog, j’espère que vous m’accorderez donc la grâce du débutant.

Tant de promesses, tant de paroles, que de belles paroles. Mais où sont les actes aujourd’hui, vers où se dirige-t-on ?

1) Introduction.

Depuis le début de la crise économique, tous les pays d’Europe se serrent la ceinture. On le voit en Italie (même si le vice politique semble désormais vouloir faire plier la vertu), en Allemagne (où personne ne semble pouvoir faire chuter Mme. MERKEL), en Grèce (je crois que seul le lien peut suffire à exprimer la situation dans laquelle le pays se trouve), dans toute l’Europe… Sauf, en France. Alors que les mauvaises nouvelles se succèdent pour le pouvoir socialiste, je n’ai jamais vu un tel concours d’hypocrisie de la part de ses représentants. L’on pouvait imaginer que la sévère correction infligée par les sondages suffiraient à faire réagir MM. HOLLANDE et AYRAULT (palpant le palier des trente pourcents), or rien ne semble pouvoir changer cette naïveté impénitente de leur part. Il y a, selon moi, deux sortes d’impopularité. L’impopularité due aux réformes impopulaires, et l’impopularité méritée par incompétence. Dans le cas du gouvernement actuel, il s’agit clairement du second. Ainsi, l’on doute même de la bonne volonté apparente défendue par Mme. VALLAUD-BELKACEM lors de son point presse hebdomadaire après le conseil des ministres. Lors de l’élection du nouveau Président français, un article très intéressant que je vous retrouverais à l’occasion, titrait “HOLLANDE, le nouveau porte-parole des pays méditerranéens.“. Plusieurs facteurs constatent donc d’eux-mêmes l’échec qui se profilent, tandis que chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus des pays du sud au détriment des pays du nord.

2) Les faits, s’il vous plaît.

Désormais, je m’interroge. Où est la compétence et le sérieux dans un gouvernement qui prend des mesures inconsidérées, plus motivées par l’anti-sarkozysme primate que par des raisons objectives et rationnelles. Je ne me suis guère étonné de voir la réforme des retraites reconsidérée, lorsque pour plaire à quelques groupes de populace, M. HOLLANDE feint d’agir dans l’intérêt des plus pauvres. Où se trouve l’intérêt des plus pauvres, comment prétend-il les défendre avec des beaux discours et des belles paroles ? Ce qui diffère de lui par rapport aux dirigeants que l’on eût précédemment, ce sont la qualité des gestes qu’il paraphe. Son premier semestre de quinquennat, je ne le vois que dans une bataille idéologique pour satisfaire ses électeurs, sans considérer avec sérieux l’état de la France. Je ne suis pas forcément pro-SARKOZY, mais je ne suis pas non plus anti-SARKOZY au point de revenir sur tout ce qu’il a fait. Revoir la réforme des retraites, avec de l’argent que l’on n’a pas, pour se faire débouter quelques mois plus tard par le COF (cliquer ici), c’est assez ridicule. Cela dit, on n’atteint pas encore les utopies prises par le parti socialiste. Véritable inconscience, suicide politique, ou tout simplement impuissance, force est de constater que les réformes entreprises sont en-deçà des réalités. Je pourrais encore m’y appesantir longuement, mais je vais me contenter de les citer. Les faits impliquent des conséquences, c’est un raisonnement simpliste qui conduit à comprendre pourquoi nous n’allons pas vers le mieux. M. AYRAULT et ses ministres dépensent de l’argent qui n’existent pas, que l’on emprunte sur les marchés financiers et qui n’est pas utilisé à bon escient. Ils croient à l’assistanat, je crois au mérite. Il n’y a pourtant pas de mérite à baisser de six centimes le prix de l’essence pour des milliers d’euros, il n’y a pas non plus de mérite à augmenter de vingt-cinq pourcents les aides scolaires, comme il n’y a pas de mérite à provoquer l’asphyxie des riches, comme ils disent si péjorativement. Les impôts sont augmentés, les charges sont alourdies, le coût du travail ne cesse d’augmenter, et le pire, ce qui m’offusque dans cette vision, c’est que la raison n’est pas commune, mais idéologique.

L’on assiste impuissant à l’implosion du pays dans des dépenses inutiles, et des sanctions qui ne cessent de tomber d’une part des agences de notation (certes, c’est un argument facile), d’autre part de l’INSEE et d’à peu près tous les organismes mondiaux. L’Allemagne elle-même se permet une ingérence dans nos affaires tellement l’inaction va dépasser le point de non-retour (sans parler de l’article de The Economist, pratiquement insultant mais assez dans le vrai (même si je dis que les britanniques devraient philosopher sur leurs propres problèmes avant de venir régler ceux des autres)).

3) Les solutions. 

Sans me rajouter aux harpies conservatrices affilées aux Tea Party qui se suffisent toute seule pour critiquer les trente-cinq heures, je rappellerai simplement l’état moribond dans lequel se trouve notre industrie. Les plans sociaux se succèdent, et on assiste aux amusantes ritournelles entre Arnaud MONTEBOURG et les différents patrons auxquels ils se confrontent. Derrière ce spectacle affligeant se cache toutefois un réel problème qui ne peut se régler avec des cris d’Orphée. Les charges patronales et le coût du travail, dans notre pays, sont beaucoup trop élevés. L’asphyxie induite à ces nombreux problèmes augmentent fatalement les chances de délocalisation, et personne ne doit s’étonner du départ des grandes usines vers l’est de l’Europe. Les prix y sont beaucoup plus avantageux, les charges moins nombreuses, et le besoin de main d’œuvre important. Tout répond aux exigences d’un patron qui ne cherche qu’à faire développer son entreprise au même temps que les PME se sabordent à cause des taxes. Il est impératif de s’engager à la baisse du coût du travail, mais aussi à autonomiser bien plus les sociétés, les ouvrir à une concurrence plus facile, se libéraliser afin de récupérer de l’argent ainsi que de développer une économie forte, tout en y gardant un peu d’influence.

D’autres problèmes sont également à pointer du doigt. L’assistanat. Nous sommes dans un pays qui ne récompense en rien l’effort, mais plutôt qui motive à l’intérêt personnel. Cela dit, les représentants sont issus du peuple, cela n’est pas spécifiquement étonnant que les intérêts personnels soient privilégiés. Mieux responsabiliser les gens, c’est les rendre plus citoyens, plus intéressés par l’intérêt commun ainsi qu’au développement économique au niveau national. Il faut intéresser les gens, leur laisser la possibilité de faire ce qu’ils ont envie, mais sanctionner les partisans du moindre-effort ; ceux qui se complaisent à rester à Pôle Emploi ou qui ne se prennent pas en main. Je suis partisan d’un système économiquement responsable. Il n’y a aucune raison d’aider ceux qui n’en ont pas besoin, bien sûr qu’il faut aider les plus pauvres, mais pour les autres, il n’y a aucune raison. On peut choisir de prendre son destin en main, ou de le laisser partir. Mais dans les deux cas, l’état ne doit pas avoir à payer les pots cassés. La générosité de nos allocations, de notre système de santé doit se fermer à ceux qui ne font rien pour la réussite commune.
L’égoïsme, par ces temps perturbés, c’est la gangrène, surtout que les français ont les moyens de réagir. Dans ce que l’on appelle les bas-de-laine, il y a suffisamment pour régler la dette et relancer la machine. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le plafond du livret A ne cesse d’augmenter. Au lieu d’investir, les français épargnent. On peut comprendre la raison purement personnelle, tout comme la longue agonie de ce qui nous reste. Il y a juste le pessimisme malsain qui empêche d’avancer. Pour tout dire, on en revient un peu à ce que disait Alexandre dans son article sur le libéralisme au pouvoir (ci-dessous). Le glas ne tardera pas à sonner où il faudra prendre conscience de la réalité, surtout du côté du gouvernement, qui devra alors arrêter les ballons d’essais, et s’interroger le plus sérieusement du monde sur les solutions, quitte à remettre des acquis en jeux, quitte à faire l’union avec la droite. Dans les temps les plus compliqués qui favorisent la montée des extrêmes, l’union nationale peut être une solution. Renoncer à l’ouverture, c’est s’enfermer dans un sectarisme démagogue. S’ouvrir, c’est avancer. Malheureusement, il faut la carrure nécessaire pour prendre des décisions, et c’est cela qui manque à nos dirigeants.

MM. AYRAULT et HOLLANDE, réagissez.

Capitaine Hippolyte.
(Mais qui s’appelle Sacha en réalité).

Mauvaise foi, protectionnisme, peur, et consternation

Une présidentielle consternante vue par un libéral (très) consterné.

Mauvaise foi

Les courbes semblent se croiser, les socialistes ont peur. Et quand les socialistes ont peur, ils abattent leur carte « Mauvaise Foi Absolue » . Il suffit qu’un sondage, soudain, leur soit défavorable, pour que les sondages deviennent peu fiables, nuls, inacceptables, truqués, pourquoi pas, je l’ai lu aussi. Jusque là, le militant PS de base refaisait quasiment la tapisserie de sa chambre avec les sondages donnant Hollande à 62%, et les sortait à tout bout de champ. Mais quand les sondages arrangent moins, confirment moins dans leurs attentes nos petits socialistes, les voilà qui retournent leur veste et s’insurgent…

Plus que le score dans l’absolu, qui est éminemment variable et soumis à une variabilité naturelle, je rejoins Buisson quand il dit que c’est la dynamique qui compte. Et elle est du côté de Sarkozy. Quoi qu’on en pense, deux hommes réussissent leur campagne : Sarkozy à droite, et Mélenchon à gauche. Autant dire que Hollande, qui a le charisme d’une seiche, est pris en tenaille. Celui qui n’avait été choisi que par défaut, et pour éviter Sarkozy, se fissure avec délectation.

En parlant de Mélenchon, on peut dire que ses militants ne sont pas exempts non plus de mauvaise foi. A leur sens, les sondages sont une incarnation de Satan, ou, pardon, du Capitalisme Mondialisé Pas Beau, qu’il convient de dénoncer avec un couteau dans la bouche. Mais quand ils montrent la progression indiscutable de leur champion, ils sont les premiers à avancer les sondages pour mettre le phénomène en exergue…

Protectionnisme

Alors Sarkozy s’engage de plein pied dans une sorte de protectionnisme européen. Les libéraux finissent de s’étrangler. Les Réformateurs, les Libéraux de l’UMP (où ce qu’il en reste) marchent sur des œufs de caille. Bayrou fait mieux : il réplique que ce qui compte, c’est de produire en France, pas en Europe. Le voilà qui défend une vision encore plus radicale : le protectionnisme franco-français. Dire que certains libéraux ont décidé de le soutenir ouvertement… Le message libéral, déjà faible, est encore dénaturé, brouillé. On est surpris de constater (COUCOU LES LIBÉRAUX) que Bayrou peut se montrer encore plus arriéré et protectionniste, encore plus illibéral que Sarkozy. Les dernières chances pour que je vote Bayrou se sont sans doute évanouies.

Bayrou : « je m’oppose au Buy European Act, en France c’est notre appareil de production qui compte »

Peur

Sarkozy tiendra vraisemblablement son tout dernier meeting de campagne à Nice, le 19 ou le 20 avril. Belle reconnaissance pour un département ultra-sarkozyste, encore aujourd’hui. De son côté, il semblerait que Hollande ait peur. Le PS local souhaiterait que le déplacement de Hollande dans la région s’accompagne d’une véritable rencontre, une prise de parole, une forme de meeting. Mais l’équipe de Hollande n’est pas chaude. Peur d’être chahuté, de recevoir un mauvais accueil. Si Hollande a déjà peur de se déplacer dans certaines des plus grandes villes de France, comment va-t-il se comporter dans les rencontres internationales, et face aux situations de crise ? Dans un coin peu acquis à la cause socialiste, Hollande devrait au contraire rendre hommage au courage de ces militants qui continuent à se battre pour leurs idées, et affrontent une situation fortement défavorable. Mais Hollande préfère faire de belles images, comme lors de sa rencontre foireuse, manipulée, truquée et compassée avec des internautes acquis à sa cause. Ridicule. Cet homme est ridicule.

Consternation

Arthaud, Poutou. Nous aurons donc 2 candidats trotskistes. Mélenchon. Nous aurons un candidat communisto-trotskiste. Marine et NDA. Nous aurons deux marxisants de « droite » . Sarkozy, Bayrou, Hollande. Trois candidats dirigistes-étatistes-protectionnistes-socialistes. Passons les autres. On a failli même avoir un candidat du « Parti du Plaisir »… AUCUN, je dis bien AUCUN libéral.

Les Libéraux gouvernent, participent à la majorité, ou influencent fortement la politique des gouvernements d’Espagne, d’Italie, du Royaume-Uni, d’Allemagne, de Pologne, du Canada, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, etc. etc. En France, je ne demande pas d’avoir autant de candidats libéraux que de candidats trotskistes ou communistes, je ne prétends pas les voir gagner d’emblée, ni faire 10% comme Mélenchon. Je prétends en avoir UN, UN SEUL. UN petit candidat dont je puisse dire « je suis d’accord avec lui, et il aura mon vote enthousiaste » , comme Madelin, en 2002, si j’avais pu voter.

Je ne comprends pas qu’on en soit là. Mais je crois que j’écrirai un article pour tenter d’expliquer la situation catastrophique du Libéralisme en France, un de ces jours. En attendant, si vous pouvez, rejoignez cette belle rencontre organisée aujourd’hui par le PLD, ou suivez-la via les réseaux sociaux.

Et aux Législatives, préparez-vous à voter pour les candidats Libéraux.

Hollande croit-il vraiment dans ses promesses ?

L’Hérétique me demande de contribuer au débat pour savoir si, pour reprendre ses propres termes, Hollande est « fou » (il croit dur comme fer dans son programme et ses idées, et les appliquera, bien que les conséquences s’annoncent funestes), ou bien « menteur » (le seul but étant de se faire élire, peu importent les promesses de campagne).

Je crois que le meilleur exemple à étudier pour obtenir un début de réponse, ce sont les fameuses « 35 heures » . Jean-Marc Sylvestre, dans ses Petites Leçons d’Économie (etc) rappelle la petite histoire. Nous sommes avant les Législatives de 1997, et le PS, à court d’ambition après sa claque de 1995, est à la recherche d’une nouvelle idée mobilisatrice pour enthousiasmer les foules (déjà). Dominique Strauss-Kahn, cet immense économiste brillant et indispensable, ce sauveur de la France il fut un temps, sur le coin d’une table de restaurant, invente les 35 heures. A ses proches du PS qui lui rétorquent que l’idée est catastrophique pour l’économie et inapplicable, DSK répond qu’il n’en doute pas un seul instant, mais que la mesure ne sera jamais appliquée, puisque le PS ne gagnera pas les Législatives. Retournement de tendance, le PS gagne les Législatives, Jospin arrive à Matignon, et Aubry se fait le fer de lance de cette grande conquête de progrès social que sont les 35 heures…

Morale de l’histoire ? Le PS aime bien proposer des trucs quand il sait qu’il n’a aucune chance de devoir les appliquer (ça ne mange pas de pain, et d’autres partis, notamment ceux prônant la sortie de l’Euro, ou les 32 heures, jouent étrangement sur le même créneau). Ce qui irait dans le sens de « mensonge » . Ouais mais ils sont aussi assez « fous » pour mettre en œuvre leurs mensonges. Rigolo, non ?

Rappelez-vous aussi, puisqu’on parle d’humour, la promesse Ségolène-Royalesque du SMIC à 1500€, qu’elle défendit mordicus pendant toute une campagne … pour avouer après sa défaite qu’il n’y avait jamais cru. « Mensonge » , donc.

Le souci du PS, que j’avais déjà soulevé du temps de la primaire, c’est que le candidat se voit plus ou moins imposer son programme. Le projet du PS ayant été rédigé avant les primaires citohyènes, quelle marge de manœuvre les différents protagonistes conservaient-ils pour se démarquer ? Voilà qui peut venir au secours des candidatures divergentes à gauche de feu Chevènement et de tout-feu-tout-flamme Mélenchon : faute de pouvoir défendre son propre projet dans la primaire, et de le faire approuver par les militants de gauche, autant faire bande à part…

Ce souci a été plus ou moins habilement contourné par certains candidats, qui ont volontairement plongé leurs promesses dans un flou idéologique rose bonbon ( « il y a un loup ! » dirait Martine), et notamment Hollande, qui a excellé en la matière, et ne manque pas de se distinguer aujourd’hui du projet officiellement socialiste. Tout ça laisse penser que, la victoire étant aujourd’hui probable (contrairement à l’époque de la promesse des 35 heures), le PS s’auto-contraigne à un minimum de contact, aussi tenu soit-il, avec la réalité.

Du reste, malgré cet aggiornamento précipité par la crise, beaucoup de propositions socialistes relèvent encore du fameux « rêve » (qui virerait volontiers au cauchemar). Et pourtant, je pense qu’Hollande commencerait par tenter de l’appliquer, aussi « fou » cela soit-il. Il l’appliquerait, parce que la tension serait très forte, l’attente, irrépressible, et toute la crème socialiste, en transe à l’idée de pouvoir enfin s’en donner à cœur joie.

Malgré tout, le principe de réalité est dur comme 3m de béton, pour reprendre l’image d’Hervé Torchet, et les faits seront tenaces. Quand les socialistes au pouvoir réaliseront qu’ils foncent droit dans le mur, il y aura un grand bruit de retournement de veste, et un remake du tournant de la rigueur, comme en 1983 (pour fêter ses 20 ans en 2013 ?). Et là, comme je l’avais dit dans un autre article (que je ne retrouve pas, rigolo), la cocote-minute sociale française risque de montrer de sévères signes d’explosion. Comprenez-moi bien… Tant que la droite fait de l’austérité et mène une politique prétendument « anti-sociale » , les gens, les classes populaires, ont toujours le recours de l’alternance, et peuvent imaginer se réfugier à gauche. Mais si c’est la gauche qui mène cette même politique, les classes populaires, ne pouvant pas attendre de politique différente de la part de la droite, risquent sérieusement de virer au rouge, ou au bleu marine, si vous voyez ce que je veux dire… En quelque sorte, la gauche dans l’opposition est une soupape de sécurité. La gauche aux affaires avec une rigueur de droite, c’est l’autoroute de l’explosion sociale.

D’ailleurs, même si je n’ai pas beaucoup eu le temps de consulter la blogosphère ces dernières semaines (ok, mois), et en particulier celui de l’Hérétique, et ayant gardé le souvenir d’un billet où il laissait entendre qu’entre Sarkozy et Hollande, il préfèrerait encore l’alternance et voterait pour l’autre pays du fromage, je me demande aujourd’hui s’il a changé d’avis, ou s’il maintient sa préférence dans la perspective d’un tel second tour…

[Malaberg] Bayrou, tout un programme

le génial Bayrou n’a au final rien inventé, n’en déplaise à l’hérétique, qui n’a cependant pas compris, à mon sens, ce que Mélenchon disait dans la vidéo ci dessous.

 

 

A titre informatif, je recommande la lecture de cette excellente brochure, sur bayrou…

[Malaberg] 10 meilleures raisons de voter François Hollande

Yop, Alexandre m’invite dans son article à reprendre sa chaine.

Vu que je n’ai pas la moindre intention d’aller voter pour lui, puisque je suis de Gauche, c’est une bonne occasion de me faire pour une fois l’avocat du diable. Vous êtes prêts ? C’est parti. Attention, mes raisons à moi sont MEILLEURES que celles d’Alexandre. D’ailleurs, dans la logique de concurrence pure, parfaite, libre et non faussée qui régit notre relation, je suis plus compétitif que lui, comme je le démontre :

1) Parce que toutes les gens qui se trouvent trop gros auront enfin un exemple à suivre de régime qui marche ET qui vous fait réussir dans la vie.

2) Parce que si vous voulez voir les blogueurs de gauche qui l’ont soutenu être « superdécus » de sa politique.

3) Mieux encore : parce que vous voulez voir les blogueurs de gauche qui le soutiennent encore user d’une mauvaise foi scandaleuse en soutenant que sa politique est la meilleure possible, ce en quoi ils seront rejoints, avec quelques réserves, par les blogueurs de droite, ce qui permettra donc d’affirmer « gauche, droite, même combat »

4) Parce que vous avez intérêt à ce que rien ne change : répartition des richesses, tranches de la populations qui devront supporter la dette, etc.

4 bis) Parce que vous voulez ENFIN voir quelqu’un appliquer une VRAIE politique de RIGUEUR en France.

5) Parce que vous pensez qu’un congé paternité de cinq ans, ça n’a rien de scandaleux dans le cas du président actuel

6) Parce que vous avez acheté de la dette Française, donc que vous n’avez surtout pas intérêt à ce qu’elle soit ré-echelonée

7) Parce que vous aimez bien Chirac, au fond, pour son coté sympa et son absence totale de convictions politiques, et que vous aimeriez bien revoir à l’élysée quelqu’un du même acabit

8) Parce que vous soutenez Marine le Pen, et que vous êtes certains qu’elle remportera un succès fou auprès de l’electorat de droite déboussolé par la défaite ET par la politique « socialiste » qui a détérioré la situation du pays

9) Parce que vous voulez Copé comme président de la république en 2017

10) Parce que vous voulez plomber durablement la nébuleuse qu’on appelle « Gauche » en France, et que vous souhaitez que le PS en soit le seul représentant (qu’on nous débarasse vite vite d’EELV et du Front de Gauche, ouh!)

10 bis) Parce que vous souhaitez donner raison à Jean Luc Mélenchon qui affirme qu’Hollande fera comme Papandréou ou Zapatero.

10 ter) Parce que vous trouvez que les taux de participation aux elections sont encore trop hauts

Pour toutes ces raisons, je vous appelle solennellement à voter massivement pour François Hollande le 22 avril, et à lui offrir une victoire la plus large possible, dès le premier tour. Et puis sinon, dans le pire des cas, à faire la même chose le 6 mai.

Voilà, c’est bon, non ? Avec ça, toute la frange de la population allant de la gauche radicale en passant par l’introuvable « centre » et en continuant ainsi jusqu’à l’extrême droite, sans oublier les gens sans jugement politique et les allergiques à la graisse devrait trouver au moins une bonne raison de voter Hollande, non ? Du coup, ça va lui rapporter un sacré paquet de voix…

On dit merci qui ?

10 bonnes raisons de voter François Hollande

Sollicité par Val’ et l’Hérétique, je réponds ici à une chaîne visant à trouver 10 raisons « de ne pas voter Flamby » . Mais je trouve nettement plus drôle (esprit de contradiction, anarchie) de vous donner 10 très, très bonnes raisons de voter Babar. Lira en filigrane qui pourra…

  1. Si François devient Président, on nous servira du « care » , du sirupeux, du carton pâte, et le décor qui cache notre totale déchéance sera sans doute très esthétique et maternant, pendant que notre gentil capitaine de pédalo (et c’est pas moi qui le dis) ramera.
  2. Si François devient Président, on sabotera enfin l’un de nos derniers succès technologiques, le nucléaire, et il était temps, puisque nous sommes peut-être sur le point de trouver comment produire 1000 ans d’énergie simplement en recyclant nos déchets accumulés (malheureusement, je ne trouve pas la source papier que j’ai lue sur Internet, mais j’approfondirai mes recherches, promis), et on rejoindra enfin nos amis allemands dans notre course à la pollutions écolo-responsable des centrales à charbon.
  3. Si François devient Président, la droitosphère va pouvoir enfin s’amuser et se venger de toutes les turpitudes qu’elle a subi à force de passer pour l’avocat du diable.
  4. Si François devient Président, il est possible que les Libéraux comprennent que le PS est encore plus désastreusement socialiste que l’UMP.
  5. Si François devient Président, il est même possible que l’UMP, pour se distinguer de la bouillie socialisante qui se profile, soit obligée de s’ouvrir à ces idées bizarrements sous-exploitées dont regorge le Libéralisme.
  6. Si François devient Président, on sera certains que les grands sommets et accords internationaux seront gérés avec autant de maestria que l’accord avec Europe Eco-lol-gique.
  7. Si François devient Président, les Français auront enfin ce qu’ils ont tant réclamé : un président moyen donc forcément médiocre, mou et sans caractère, après l’hyperactif Sarkozy. On va tous gentiment se reposer les méninges en regardant le pays couler.
  8. Si François devient Président, je me délecterai à le voir tenter de ménager la chèvre du pragmatisme budgétaire et le chou de sa gauche, pendant que cette même vrai gôche se réveillera, en réalisant que François mène peu ou prou la même politique que Sarkozy, en peut-être plus hypocrite, tandis que notre chère intelligentsia gaucho-médiatique et illibérale se contorsionnera de façon formidâââble (comme dirait notre éternel ministre de la boboïtude culture).
  9. Si François devient Président, les réactions de la gauchosphère seront sans doute captivantes à suivre, de même que la stabilité de l’inévitable majorité nébuleuse du précaire rassemblement d’entre-deux-tours antisarkozyste (et dont l’antisarkozysme est le seul liant), pendant que la droite récupèrera toutes les collectivités locales, qui tomberont aussi vite que la cote de popularité de François.
  10. Si François devient Président, surtout, et c’est le plus drôle, Sarkozy a toutes ses chances pour 2017, et vraiment, ce serait le plus beau retour de manivelle de toute l’histoire de la Ve République.

D’ailleurs, toute cette histoire de campagne socialiste commence déjà sérieusement à sentir le brûlé. La sentez-vous venir, cette familière odeur de cramé et de ségolénitude, amis socialistes ?

Après cette note de légèreté, je profite de cet article pour m’étonner des propos de l’Hérétique sur l’un de ses derniers articles, qui m’ont considérablement surpris. Mettre sur le même plan le « j’aime pas les riches » de François (qui en fait partie, singulière schizophrénie…) et la lutte contre la fraude de Nicolas, c’est pour le moins bizarre, à mon sens. Enfin, quoi. Je préfère largement vivre dans un pays de riches que dans un pays de fraudeurs. Un pays de riches est rarement moins viable qu’un pays de fraudeurs (demandez aux grecs, dont c’est malheureusement l’un des sports préférés, btw). Alors, certes, ce n’est pas LA cause de notre situation désastreuse. Mais si quelqu’un, qui qu’il soit, tente de trouver LA cause de tous nos malheurs, je lui souhaite bon courage, tant la merde actuelle est le résultat complexe et minutieusement préparé d’un nombre remarquable de tares nationales. Est-ce une raison pour ne pas combattre la fraude ? Non… Est-ce injuste de stigmatiser une partie des Français ? Oppose-t-on (comme on l’entend tellement souvent à tout propos) les Français les uns contre les autres ? Pas davantage. Par contre, là où il y a injustice, là où on oppose les Français entre eux, c’est quand on tolère que les uns payent pendant que les autres trichent, dans notre soit-disant pays ultra-néo-turbo-libéral (< article à lire ab-so-lu-ment). C’est comme ça que je vois les choses.

Alors comme ça, augmenter d’un jour la durée de carence pour les fonctionnaires, c’est stigmatiser ces pauvres choux ? Comment peut-on tolérer, au pays du culte de l’égalité, que la fonction publique bénéficie d’une couche indécrottable de privilèges sur le secteur privé qui le finance largement ? Passer de 0 à 1 pour le public, et de 3 à 4 pour le privé, c’est une énorme connerie. C’est là que se nichent les véritables injustices de droits et de statuts, et que l’on crée aussi de la fracture sociale. 2 et 2, un point c’est tout !

Quant à cette chaîne, je la suggère à Malaberg, Alboss, et à tous ceux qui, au-delà de ce Blog, se sentent inspirés. Je les lirai, comme toujours, avec plaisir (et comme toujours, quand j’aurai le temps). ;-)

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