La droite la plus nulle du monde…

Plus je suis le combat des chefs à l’UMP, et l’affrontement (hélas plus discret, mais pourtant plus vital à long terme) des motions, plus je suis renforcé dans mon impression que nous subissons en France la droite la plus bête du monde.

D’après un sondage, certes contestable mais que nous considèrerons comme suffisamment fiable pour être commenté, la motion de la « Droite Forte« , grosse mixture infâme d’idées nébuleuses ayant pour seul vecteur commun et comme unique argument sa filiation inconditionnelle à Sarkozy, arriverait en tête chez les sympathisants à UMP (et il y a fort à parier que ce soit d’autant plus vrai parmi les adhérents UMP).

Ici, afin de remplir les critères de qualité de tout blog ou pureplayer qui se respecte (à défaut de respecter ses lecteurs), il me faut vous rappeler que Guillaume Peltier est passé par le FN, et qu’il s’agit donc de toute évidence d’un monstre sans coeur qui mange encore plus d’enfants rôtis qu’un ultralibéral, au mépris de son mauvais cholestérol. Placez ici les huées et les sifflets. Je ne sais pas si les journalistes doivent absolument placer certains clichés ou mots-clés dans tous leurs articles pour faire gagner des points à leur rédaction dans la course joyeuse de la presse vers la nullité, mais le passé de Peltier est systématiquement rappelé avec une rigueur et un sérieux que l’on souhaiterait voire appliqués à d’autres sujets.

Certains, affolés par toute référence sauvage au FN, chouette épouvantail de la vie politique française, en viennent même à me confier que si Peltier domine l’UMP, les militants porteront bientôt des chemises brunes. Rien que ça. Je pense même que Peltier se laissera pousser une jolie moustache, que les UMPistes défileront au pas de l’oie (les Français marchent déjà au trop de lois), et organiseront des marches au flambeau, paradant sous des oriflammes aux couleurs inspirées par le Guide, qui rappelleront les heures les plus sombres de notre histoire, Maréchal nous voilà.

Je ne peux pas blairer Peltier. Ce n’est rien d’autre qu’un carriériste démagogique, opportuniste, et insipide jusqu’à l’extravagance. Maintenant, j’aimerais bien qu’on l’attaque sur autre chose que son passé ou sur sa personne : il y a suffisamment de quoi faire si on s’attarde sur ses idées ou son absence d’idées. Mais un passage à l’extrême-droite vous marque au fer rouge, et vous tricote sur le blouson une petite étoile FN pour qu’on puisse vous identifier de loin et se boucher le nez. Osez parler de Novelli ou Madelin : on vous parlera de leurs conneries de jeunesse. Et c’est sans parler de Fini en Italie… Pas de rachat possible. Paradoxalement, le passage chez les trotskistes et autres maoïstes de certains responsables socialistes ne semble pas avoir pesé sur leur carrière. Oui, mais ils sont de gauche, alors c’est tellement mieux, ça part d’un bon sentiment, c’est bisou-compatible.

Bref, revenons-en à nos moutons et à nos motions. En tête, une soupe insipide. Dommage que Camille Bedin, dont certaines interventions me semblaient pertinentes et modernes, soit allée se perdre dans les méandres de la « Droite forte ». Même si la domination de cette dernière risque de s’étioler au cours de la campagne, lorsque les militants prendront conscience du fait que cette motion surfe uniquement sur la référence à Sarkozy, on ne peut que constater la faiblesse des autres motions.

La droite moderne et humaniste rassemble des centristes, des humanistes, et quelques libéraux égarés. Dommage que les quelques libéraux sincères de l’UMP soient mêlés à des personnalités aussi molles que Raffarin… Du reste, il n’est pas impossible de trouver quelques libéraux à la Droite sociale, dans la mesure où Wauquiez, entre deux refrains séniles sur le protectionnisme, se pose en défenseur des classes moyennes contre l’assistanat, ainsi que d’autres brebis égarées à la Droite Populaire populiste. Bref, vous avez compris : les quelques libéraux sont partout et surtout nulle part.

Ce Congrès est bien parti pour confirmer ce que nous présumions déjà : les libéraux de l’UMP sont totalement incapables, infoutus de se rassembler, de se concerter, et de rester soudés pour peser, au-delà de leurs quelques divergences (les uns teintant leur libéralisme de conservatisme, les autres d’humanisme). Conclusion ? Les libéraux continueront de compter pour du beurre, voire de la margarine, puisqu’ils seront perdants dans tous les scénarios. Félicitations, messieurs !

Un petit mot quand même sur le combat des chefs… Très drôle de voir comment Copé s’est arrangé pour fabriquer un duel, en écartant systématiquement les autres potentiels candidats par des règles et des complications paperassières dignes du Kremlin. Mais encore plus drôle de voir que l’UMP est devenue tellement anti-libérale que le terme de « libéral » y est devenu une insulte, qu’on utilise pour blâmer son adversaire… C’est ainsi avec une certaine circonspection que j’ai entendu Estrosi qualifier Copé et ses proches de « libéraux anti-gaullistes » et les copéistes répliquer en disant que non, non, c’est Fillon le plus libéral, et pi c’est tout.

Quand le fait d’être soi-disant libéral devient une tare, un reproche, un défaut, au sein même du principal parti de droite, on a toutes les raisons de s’inquiéter. Ajoutons à ce constat le fait qu’évidemment, ni Fillon ni Copé n’est libéral. Pas pour deux sous. Nous avons la droite la plus nulle du monde.

Si Fillon semble bien parti, et plus populaire dans l’ensemble de la population, il ne faut pas négliger la forte fidélité au chef qui continue à exister parmi les militants UMP. Du reste, s’ils choisissent de désigner Copé comme leur leader, ils commettraient un suicide politique de l’ampleur de la désignation d’Eva Joly face à Nicolas Hulot… Le choix du repli sur soi, la préférence accordée au clan, le refus de l’ouverture. Tiens, ça ressemble aussi sacrément à la doctrine économique de l’UMP.

Le plus drôle du plus drôle serait que la Droite forte, aux relents fortement copéistes, soit majoritaire, et que Fillon devienne président. Savourez la contradiction.

Fillon ou Copé, Droite forte, molle ou populaire, les libéraux sont inaudibles, et la droite est nulle. Et on attend toujours la Thatcher française.

Publicités

[Malaberg] Hollande 2012… Copé 2017 ?

Alors je vais essayer ici de me livrer à un petit exercice de prospective par écrit, avec un certain nombre d’hypothèses. Tout d’abord, en supposant que le PS et le système médiatique aient réussi à nous bâillonner, et que François Hollande ait réussi, comme le veulent certains qui ne sont pas capable de se projeter un brin au delà à se faire élire en 2012 et à sortir Sarkozy. Que se passera-t-il ensuite ?

Etant donné l’admiration de Hollande pour le capitulationniste Zapatero (homme que je fuirais comme la peste si j’avais un brin d’ambition de capter des voix de gauche), et celle d’Aubry pour le laquais Papandréou, on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’ils ne s’attaquent pas frontalement aux banques et à la dictature des marchés financiers, donc qu’ils s’y soumettent. On aura donc droit à une politique d’austérité type celle menée actuellement par Zapatero en Espagne, qui aboutira à une dégradation du niveau de vie, etc. (je n’ai pas le moral à tout détailler, par contre on peut avoir une idée de la politique dépensière qu’il s’apprête à mener ici, alors qu’on est encore en campagne électorale…), et on pourra donc s’attendre logiquement à ce que le PS perde toutes les elections intermédiaires d’ici 2017 (et le sénat, lol), et à ce qu’ils se ramassent en 2017. Qui prendrait alors la succession ? Il y en a un que j’ai repéré en 2005 ou 2006, je ne sais plus, je regardais une pseudo émission politique à la con où était invité le ministre du budget de l’époque (époque où à droite on n’avait d’yeux que pour Sarko et Villepin), et je me suis dit « ouhla, ce gars est vraiment dangereux, et avec son ton doucereux, mielleux et hypocrite, j’ai déjà envie de lui mettre des baffes, il ira loin j’en ai peur, il est potentiellement pire que Sarko ». Il s’agit de J-F Copé. Bon, la suite des évènements ne m’a pas donné tort (comme d’hab sur ce genre de thème, haha), il a grimpé, (présidence groupe assemblée, chef de l’UMP…) en promouvant une politique réac au possible (les allocations maladie qui n’étaient pas taxées le sont grâce à lui, etc.).

Bref, je n’ai aucun doute quant à sa capacité à éliminer ses rivaux en vue de 2017. (à moins qu’un petit scandale style Sofitel ne nous en débarrasse, d’ailleurs si on peut monter un coup tordu dans ce genre là, je suis volontaire !). Donc, il est fort à parier qu’on se coltinera M. Copé en 2017, qui fera une politique encore pire que celle de Sarko…

Bref, une raison de plus que je n’aille pas voter pour le porcinet anorexique en 2012.

Qu’en pensez vous ? (tous, hein, pas que ceux en liens, même si leur avis m’intéresse particulièrement)

Tenez, rien à voir, mais battre sa femme est légal aux Kansas, maintenant. God bless America !

Au fait, Alexandre, si tu me lis, je préfèrerais « Bandiera rossa » (c’est un peu vieux, mais c’est très beau, je trouve) ou « on lâche rien » (plus moderne, et très beau aussi, surtout dans une immense salle ou ça résonne avec le plafond) plutôt que « c’est la luuuutte finaaale » (ras la casquette) à coté de mon nom, à droite, si possible ;-)

Gueuheuuuuuuuuuu!

(Merci à Libé pour cette splendide image)

[Malaberg] Unité 2012 !!

J’ai lu sur le blog de Guy Girenbaum un appel à l’unité de la gauche en 2012, pour éviter qu’elle soit absente au second tour. J’ai déjà dit ici ce que j’en pensais. Mais je trouve qu’ils sont un brin sectaires. C’est vrai, quoi. Pourquoi se limiter à la Gauche ? Puisque ces gens là se contrefichent manifestement des divergences énormes présentes à l’intérieur de ce gloubi boulga qu’ils appellent la gauche (volonté d’affronter le capital, de gouverner face aux banques, de ne pas se laisser dicter notre politique par l’UE et sa commission d’ultralibéraux fanatiques, de remettre la durée de cotisation pour la retraite à 37.5ans -ou même ne serai-ce qu’à minima la remettre à 40 ans- etc. autant de choses cruciales qu’on trouve par exemple au Front de Gauche et catégoriquement écartées par le PS, par exemple), et que donc, tout ça n’est que du détail, on est la gauche, peu importe ce qu’on met à l’intérieur, n’est ce pas, on pourrait faire de l’eugénisme comme ont fait depuis les années 30 les sociaux-démocrates suédois, on serait toujours la gauche, et bien je trouve donc fort dommage de ne pas soutenir directement Nicolas Sarkozy dès le premier tour, en rassemblant au passage toutes les forces « républicaines », Modem, NC, UMP, CPNT en plus de tout ce qui est « la gauche »…

Cherchons un accord de gouvernement avec cet homme. Mettons nous d’accord sur un programme, qu’il sera obligé de respecter, hein, et soutenons le dès le premier tour. Ainsi, il devrait gagner dès le premier tour, et éviter au FN d’être au second tour qui n’aura donc pas lieu. Après tout, c’est logique, non ? Sarkozy est le président sortant, il a donc toute légitimité pour que nous le soutenions, et qu’il gagne. Donc un programme, un candidat, et hop, la victoire en 2012 ! C’est pas beau ?

Alors, qu’en pensez vous, chers signataires ?

Captainhaka : Le grumeau, Custin d’Astrée : 365 mots, Cycee : bahbycc , Dominique Darcy : dominiquedarcy, Eric Citoyen : Mon Mulhouse, Gaël : De tout et de rien, Jean-Claude : Slovar – Les nouvelles, Jean Renaud Roy : @jr_roy, Juan : SarkoFrance, Jules Praxis : @jules_praxis, Le Coucou : Le coucou de Claviers, Melclalex : A Perdre la raison, MrsClooney : La femme de George (s) , Nicolas : Partageons mon avis, Nicolas : La rénovitude, Nicolas Cadène : Débat socialiste, Rimbus : Rimbus le Blog, Romain Pigenel : Variae, Ronald : Intox2007, Jacques Rosselin : @rosselin, Seb Musset : Les jours et l’ennui de… , Stef : Une autre vie, Sylvie Stefani : Trublyonne, Vogelsong : Piratages, Yann Savidan Carnet de notes de…, Zeyesnidzeno : La France a peur

Comment ça, vous n’êtes pas d’accord ? Si on doit soutenir le PS et sa politique de droite, pourquoi ne soutiendrait-on pas directement la droite ? Au moins on acheverait de donner raison à Marine le Pen quand elle affirme qu’elle serait la seule à s’opposer au système… Hollande 2012, soutenu par toute la gauche pour appliquer un plan d’austérité décidé par l’europe et le FMI « modernisé » !! Ça, ça aurait de la gueule, non ?…

Edit : je vois que cet appel est repris par des strauss-kahniens. Je n’ai rien contre ces gens qui sont surement charmants personnellement, mais politiquement, je ne me sens vraiment rien à voir avec eux, mais vraiment rien, on a des divergences de fond très importantes, cf plus haut (comme d’habitude, et comme tous les PS, ils ne veulent pas en discuter, préférant le « votutil !, votutil ! », en évacuant le fond mais c’est bien leur droit malgré mon envie de leur donner une baffe lorsqu’ils font cela), et si jamais je me trouvais dans une démarche politique approuvée par eux et entrant dans leur optique, je me poserais vraiment des questions… Un peu comme si, tout à coup, je me trouvais associé à l’UMP, au FN, ou aux Skinheads, je me dirais vraiment « mais qu’est ce que je fais là ? »… A bon entendeur.

Edit-bis : Ne pensez vous pas que c’est plus la médiocrité du PS qui risquerait de le priver de second tour en 2012, davantage que la division ? (S’il est si bon, il devrait pouvoir gagner tout seul) Et qu’il serait donc particulièrement stupide de soutenir des médiocres pour une élection de cette importance ?

Une rose pour Ophelia

Comme je vous le confie de canard toujours en introduction de mes billets, je n’ai pas beaucoup de temps pour publier, et, le Bac à sable approchant, ça ne va pas aller en s’améliorant.

Je me contenterai donc d’un petit billet pour relayer une information abordée avant moi par H16 et l’Hérétique.

Si vous aussi vous trouvez qu’on plaint un peu trop l’accusé, et pas suffisamment la victime présumée, si vous aussi vous êtes resté pantois devant ces hurluberlus de Capital.fr qui proposent de faire un don à DSK, sans une once d’ironie, sans même rougir, semble-t-il, offrez une rose à Ophelia.

Il s’agit d’une initiative très agréable des Libéraux (comme quoi les méchants ne sont pas forcément là où on croit, surtout à la lecture de certaines réactions socialistes, qui piétinent allègrement la victime), que je vous invite à soutenir en vous rendant sur cette page :

http://www.une-rose-pour-ophelia.fr/

    «Chère Ophélia,

Une rose pour nous excuser de ne pas avoir assez pensé à vous.

Nous avons beaucoup parlé de notre compatriote, de ses conditions de détentions, de ses émotions, pas assez des vôtres.

C’est pourquoi, sans présumer du jugement qui sera rendu dans le respect de la présomption d’innocence, nous vous envoyons ces fleurs.»

Les internautes qui le souhaitent peuvent cliquer sur le bouton. Tous les trente clics, une rose sera offerte à Ophélia. Cette opération symbolique a pour objectif de faire savoir à la présumée victime que les Français, sans préjuger de l’issue de cette affaire, pensent également à elle. »

Et pendant que tous s’égosillent pour que l’on accorde à DSK la présomption d’innocence, et que certains ont une pensée émue pour la famille de DSK, j’ai une sincère pensée émue pour Éric Woerth, et la famille d’Eric Woerth, cet homme allègrement traîné dans la boue, en dépit de toute présomption d’innocence par ces mêmes socialistes qui la revendiquent pour leur ancien chouchou. Comme quoi la roue tourne. Hier, c’était un UMP qui était dans la merde, aujourd’hui, c’est un PS (peut-être plus gravement encore). Inutile donc, de fanfaronner, et de s’acharner, car le retour de manivelle est généralement à la mesure de l’attaque portée. Cela dit, la droite (dans son immense majorité) a réagi très dignement dans cette affaire, et c’est tout à son honneur (et que ce soit bien clair : je n’aurais pas apprécié qu’elle réagisse différemment).

En parlant des Libéraux, je suis agréablement surpris de les voir s’organiser, bomber le torse, et faire enfin (un tout petit peu) parler d’eux. Et comme je l’ai confié à Aurélien Veron après avoir visionné cette vidéo où il évoque la place des Libéraux sur la scène politique, je ne peux que souhaiter que nous assistions enfin à l’adoption des valeurs libérales par l’UMP et le centre-droit en général, et que les Libéraux y trouveront une famille accueillante et résolument moderne, unie, et ouverte.

Quant à Val, qui me demande quel serait mon planning pour le jour de la fin du monde, je lui répondrai aussi vite que possible, même si je n’en ai absolument aucune idée à l’heure qu’il est. :-)

La valse macabre des fossoyeurs du Centre

Une fois de plus dans ce pays de fous, le Centre est en deuil. Une fois de plus, ceux qui s’en revendiquent avec le panache d’un sèche-linge lui ont creusé une nouvelle tombe, exploré une nouvelle voie sans issue. Pourvu qu’ils enterrent leur carrière politique avec, pour une fois.

Des coquilles vides sous perfusion de l’UMP

Le Nouveau Centre s’émancipe de l’UMP. Le Parti Radical s’émancipe de l’UMP. Ils en sont transcendés, ces partis. Ils se sentent exister, pour une fois. Mais réfléchissons un petit instant…

Que seraient ces deux partis sans l’UMP ? Rien.

Financièrement, ils doivent leur survie aux reversements effectués par l’UMP, sous perfusion de laquelle ils vivent. Je vous invite à ce sujet à lire Laurent de Boissieu, qui s’est penché sur le sujet avec beaucoup de précision. Conclusion, sans l’UMP, ces deux partis ne pèsent pas lourd. Je suis curieux de savoir comment ils mèneront campagne.

Politiquement, leur poids est quasiment nul. Ce sont des coquilles vides, qui ne tiennent que par des élus, et non par des adhérents. Même le MoDem peut se targuer d’un poids politique supérieur dans l’opinion. Et une fois encore, d’où leur viennent ces adhérents, sinon de l’UMP ? Ces quarante à cinquante députés qui pourraient former un groupe indépendant de celui de l’UMP à la prochaine rentrée parlementaire, d’où viennent-ils, sinon des listes de la Majorité ? Le Nouveau Centre et les Radicaux n’ont d’élus que grâce au bon vouloir de l’UMP, qui concède à ces deux partis quelques places au sein de ses listes, ou dans certaines élections. Le MoDem, seul, ne parvient pas à disposer de plus de 4 députés (si je ne m’abuse). Le Nouveau Centre ou le Parti Radical seuls feraient de pires performances encore.

Quelle bande de sinistres opportunistes ! Ces partis n’existent QUE grâce à l’UMP, ne survivent politiquement QUE grâce à l’UMP. Leurs élus ? Ils les doivent à l’UMP. Ce sont bien des sympathisants de l’UMP et de la majorité qui ont voté pour des personnalités issues du Nouveau Centre. Ce sont ces sympathisants UMP qui les ont portés là où ils sont : leur propre électorat n’aurait jamais suffi. Les UMPistes qui ont voté pour la Majorité aux dernière Législatives ont contribué à l’élection de ces 50 députés. Quitter cette Majorité qui a permis leur élection, c’est trahir la confiance des électeurs de leur liste, qui n’ont pas souhaité les voir intégrer autre chose qu’une Majorité unie.

Morin et Borloo jouent à un jeu dangereux. Ils savent très bien que si l’UMP les lâche, ils ne sont plus rien. Imaginons qu’ils réussisse à faire perdre Nicolas Sarkozy en 2012… L’UMP les laissera tomber avec délectation. Et après ? Ils perdront tous leurs élus, car on peut être certains que l’UMP ne leur laissera plus une miette. Et je pense sincèrement que de plus en plus d’élus Nouveau Centre et Radicaux sont conscients de ce problème : s’ils s’émancipent trop de l’UMP, ils perdront leur fauteuil, leur mairie, leur circonscription, leur écharpe, leurs indemnités, surtout. Ils seront forcément perdants. Leur survie électorale dépend uniquement de l’UMP. Combien de temps suivront-ils Borloo et Morin dans leur danse macabre ?

Cette bande de ridicules opportunistes

Je ne suis pas le seul à le souligner : il est facile de participer pendant des années au Gouvernement sans broncher, en affichant de grands sourires et en défendant l’action du Gouvernement, puis, une fois sortis, de déchaîner une haine sans borne, avec le bruissement des retournements de veste en musique de fond. En même temps, on ne devrait pas tant être surpris. C’est un mécanisme à l’œuvre à chaque fois qu’un ministre perd son ministère : il trouve soudain tous les maux du monde à son ancienne équipe. Pensez à Boutin, à Yade, à Jego, à Borloo, à Morin… Ces hypocrites atrabilaires ! Ils apparaissent comme autant d’enfants capricieux souffrant d’aigreurs d’estomac à l’idée d’avoir perdu leur planque. Ils n’étaient pas là pour servir, mais pour SE servir. C’est si facile. Le problème, c’est que ces gens-là ne prennent plus des positions en suivant leurs convictions, mais changent de convictions au gré de leurs postures. Ils ne sont guidés que par la rancoeur, et l’anti-sarkozysme dans sa version la plus primaire, dans un registre que de Villepin lui même n’avait pas encore osé explorer.

Opportunisme, encore et toujours. Tartuffisme. Théâtre. Hypocrisie.

Ils se sont bien servis des largesses de l’UMP, des ministères offerts par Sarkozy, et maintenant, ils jouent les opposants de toujours… Et quels opposants !

Un centre aux relents de mélenchonisme

Initialement, cette maudite Confédération des Centres devait s’appeler « Solide » pour « SOciale, LIbérale, DEmocrate » , idée repoussée par Morin, qui voyait déjà les journalistes ironisait sur l’état liquide ou gazeux du Centre. Effectivement, si cette Confédération du Centre ne doit être qu’un regroupement intéressé d’opportunistes n’ayant rien en commun, sinon une ambition démesurée, et les mêmes dents qui tracent des sillons sur les parquets ministériels, la comparaison a son charme. D’autant que ce rassemblement n’est que du vent. Il prend la forme d’un montage hâtif et précipité dans le but d’afficher un vernis d’unité pour dissimuler les ambition personnelles des uns et des autres. Quelle vaste plaisanterie !

Il y a mieux, beaucoup mieux ! Devinez quel nom de parti a suggéré Judas-Borloo ? « L’Alliance républicaine écologique et sociale » . En fait, depuis son intervention dans « A vous de Juger » , je sentais venir ce leitmotiv mielleux. « Républicaine, écologique, et sociale » , ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire…

https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/8/84/Nouveau_logotype_PG.png

Écologie – Socialisme – République, contre République – Écologie – Social. Tiercé dans l’ordre, tiercé dans le désordre.

Vous ne rêvez pas. La Confédération centriste pourrait bien se choisir un nom qui n’est autre qu’un réaménagement du slogan du Parti de Gauche. Ahurissant. Ubuesque. Grotesque.

Pour vous dire la profondeur d’imagination de nos opportunistes. Marine a raison : tous les mêmes ! Même le Centre affiche quasiment les mêmes valeurs que la gauche radicale ! Champagne ! Ou plutôt, Champomy, pour pas faire trop bourgeois.

Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Voilà donc les valeurs du Centre ? Et le Libéralisme ? Et l’Europe ? Et la Démocratie Libérale ? L’opportunisme irait-il jusqu’à nier les racines idéologiques du Centre pour leur substituer une soupe aux relents de socialisme ? Décidément, ce n’est pas le Centre que j’attends…

Pauvre Centrisme…

Cette affaire redonnerait presque du prestige à Bayrou, à mes yeux louable pour sa constance, tant cette alliance centriste prend des allures de vaste blague. Nous avons franchi une étape supplémentaire dans le suicide politique du centrisme. Bayrou avait malheureusement commencé, pour s’enfermer dans son refrain « ni gauche ni droite » qui l’a totalement isolé politiquement. Morin et Borloo partent avec du retard, mais ils continuent à enterrer les idées centristes. A chaque fois, les ambitions individuelles ont pris le pas sur l’unité du Centre. Aujourd’hui, fragmenté, dispersé, isolé, il ne pèsera bientôt plus rien ! A refuser toute alliance avec les majorités au pouvoir, il finira par disparaître totalement de la scène politique, (presque) aussi misérablement que Lutte Ouvrière et le NPA. C’est désolant.

Ce que j’ai toujours souhaité, c’est l’émergence d’un grand parti du Centre et du Centre Droit, une UDF, ou carrément un puissant Mouvement Libéral Démocrate. Ce parti s’affirmerait par son unité et la spécificité de ses valeurs (Libéralisme, Subsidiarité, Europe etc etc), tout en restant fidèle à une alliance avec le grand parti de la droite. Comme du temps du tandem RPR-UDF, ou, malgré les problèmes que cela pouvait susciter, les deux partis n’hésitaient pas à faire front dans les moments importants, sans pour autant renoncer à leurs différences, l’un et l’autre pouvant peser sur la politique française avec un poids accru.

Seul, je suis persuadé que le Centre ne gagnera jamais rien. L’échec du MoDem en est la triste preuve, malgré l’estime que j’ai malgré tout pour Bayrou. Au contraire, s’il acceptait l’idée qu’il a plus d’affinités avec une Droite ouverte et moderne qu’avec un parti socialiste en mort clinique, tenté par l’assistanat, le « care » et des solutions totalement dépassées, il pourrait participer aux majorités, peser sur la direction du pays, faire profiter le pays de ses très bonnes idées, et de ses belles valeurs. Et même, il pourrait sans doute un jour accéder au pouvoir. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, puisque le piège tendu par Bayrou à la gauche et à la droite s’est refermé sur lui et l’a coincé, tout comme Judas-Borloo et Judas-Morin finiront coincés à leur tour, privant la France des idées centristes. La stratégie est désastreuse, et nous n’avons pas fini d’en relever la faillite.

Le tandem improbable de Laurel-Morin et Hardy-Borloo n’a strictement aucune chance de l’emporter. Le premier a le charisme d’un bas en laine ou d’une chaussette à rayures, le second a autant de crédibilité que Gérard Schivardi. Je dis les choses crûment, mais c’est hélas ainsi que je vois les choses.

Les fossoyeurs du Centre se sentent revivre depuis qu’ils s’émancipent de l’UMP. Mais ils ont encore perdu une occasion de se taire. Même Bayrou ironise sur cette « danse du centre » , c’est dire !

Et enfin, si je puis me permettre, voilà quelle pourrait être la musique du prochain clip de campagne de l’Alliance Républicaine Écologique et Sociale, qu’ils pourront jouer dans leurs meetings (qu’ils tiendront dans des cabines téléphoniques, si le PCF veut bien partager avec eux) :

Lady Gaga – Judas.

Bon week-end quand même !

[Alboss] Que la droite soit… de droite !

De droite et opposé au débat sur la laïcité ! Mais je n’y suis pas opposé pour les mêmes raisons que François Fillon ou Roselyne Bachelot. Ceux-ci craignent que le débat ne vire à la « stigmatisation » de l’Islam… Je ne crains rien, j’en suis convaincu. Mais ce n’est toujours pas pour cette raison. J’y suis tout simplement opposé parce qu’il ne s’agit que d’un simulacre de débat. Avec celui sur l’identité nationale, l’UMP et le Gouvernement avaient compris à leurs dépens qu’un débat ne se fait pas sur commande à une échelle aussi importante que la réunion de citoyens désireux de joutes verbales dans toutes les préfectures de France. De ce fait, cette fois, le débat sera interne à l’UMP.  Alors pourquoi répéter à longueur de journée que ce débat est essentiel, car il répond aux préoccupations des Français, si c’est pour au final n’offrir la possibilité d’en discuter qu’aux français de droite et détenteurs d’une carte UMP ? C’est avant tout un jouet permettant aux Copéistes d’assouvir leurs pulsions onanistes.
Lire la suite

Des goûts de luxe

Patrick Saint-Paul nous apprenait récemment que le patron allemand de « Die Linke » , le parti d’extrême gauche, Klaus Ernst, aimait rouler en Porsche. En plus, il possède un chalet dans le Tyrol, et comble du mauvais goût, apprécie les bons vins ! Lire la suite

%d blogueurs aiment cette page :