[Hippolyte] Comment la gauche fonce dans un mur

C’est mon premier article sur ce blog, j’espère que vous m’accorderez donc la grâce du débutant.

Tant de promesses, tant de paroles, que de belles paroles. Mais où sont les actes aujourd’hui, vers où se dirige-t-on ?

1) Introduction.

Depuis le début de la crise économique, tous les pays d’Europe se serrent la ceinture. On le voit en Italie (même si le vice politique semble désormais vouloir faire plier la vertu), en Allemagne (où personne ne semble pouvoir faire chuter Mme. MERKEL), en Grèce (je crois que seul le lien peut suffire à exprimer la situation dans laquelle le pays se trouve), dans toute l’Europe… Sauf, en France. Alors que les mauvaises nouvelles se succèdent pour le pouvoir socialiste, je n’ai jamais vu un tel concours d’hypocrisie de la part de ses représentants. L’on pouvait imaginer que la sévère correction infligée par les sondages suffiraient à faire réagir MM. HOLLANDE et AYRAULT (palpant le palier des trente pourcents), or rien ne semble pouvoir changer cette naïveté impénitente de leur part. Il y a, selon moi, deux sortes d’impopularité. L’impopularité due aux réformes impopulaires, et l’impopularité méritée par incompétence. Dans le cas du gouvernement actuel, il s’agit clairement du second. Ainsi, l’on doute même de la bonne volonté apparente défendue par Mme. VALLAUD-BELKACEM lors de son point presse hebdomadaire après le conseil des ministres. Lors de l’élection du nouveau Président français, un article très intéressant que je vous retrouverais à l’occasion, titrait “HOLLANDE, le nouveau porte-parole des pays méditerranéens.“. Plusieurs facteurs constatent donc d’eux-mêmes l’échec qui se profilent, tandis que chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus des pays du sud au détriment des pays du nord.

2) Les faits, s’il vous plaît.

Désormais, je m’interroge. Où est la compétence et le sérieux dans un gouvernement qui prend des mesures inconsidérées, plus motivées par l’anti-sarkozysme primate que par des raisons objectives et rationnelles. Je ne me suis guère étonné de voir la réforme des retraites reconsidérée, lorsque pour plaire à quelques groupes de populace, M. HOLLANDE feint d’agir dans l’intérêt des plus pauvres. Où se trouve l’intérêt des plus pauvres, comment prétend-il les défendre avec des beaux discours et des belles paroles ? Ce qui diffère de lui par rapport aux dirigeants que l’on eût précédemment, ce sont la qualité des gestes qu’il paraphe. Son premier semestre de quinquennat, je ne le vois que dans une bataille idéologique pour satisfaire ses électeurs, sans considérer avec sérieux l’état de la France. Je ne suis pas forcément pro-SARKOZY, mais je ne suis pas non plus anti-SARKOZY au point de revenir sur tout ce qu’il a fait. Revoir la réforme des retraites, avec de l’argent que l’on n’a pas, pour se faire débouter quelques mois plus tard par le COF (cliquer ici), c’est assez ridicule. Cela dit, on n’atteint pas encore les utopies prises par le parti socialiste. Véritable inconscience, suicide politique, ou tout simplement impuissance, force est de constater que les réformes entreprises sont en-deçà des réalités. Je pourrais encore m’y appesantir longuement, mais je vais me contenter de les citer. Les faits impliquent des conséquences, c’est un raisonnement simpliste qui conduit à comprendre pourquoi nous n’allons pas vers le mieux. M. AYRAULT et ses ministres dépensent de l’argent qui n’existent pas, que l’on emprunte sur les marchés financiers et qui n’est pas utilisé à bon escient. Ils croient à l’assistanat, je crois au mérite. Il n’y a pourtant pas de mérite à baisser de six centimes le prix de l’essence pour des milliers d’euros, il n’y a pas non plus de mérite à augmenter de vingt-cinq pourcents les aides scolaires, comme il n’y a pas de mérite à provoquer l’asphyxie des riches, comme ils disent si péjorativement. Les impôts sont augmentés, les charges sont alourdies, le coût du travail ne cesse d’augmenter, et le pire, ce qui m’offusque dans cette vision, c’est que la raison n’est pas commune, mais idéologique.

L’on assiste impuissant à l’implosion du pays dans des dépenses inutiles, et des sanctions qui ne cessent de tomber d’une part des agences de notation (certes, c’est un argument facile), d’autre part de l’INSEE et d’à peu près tous les organismes mondiaux. L’Allemagne elle-même se permet une ingérence dans nos affaires tellement l’inaction va dépasser le point de non-retour (sans parler de l’article de The Economist, pratiquement insultant mais assez dans le vrai (même si je dis que les britanniques devraient philosopher sur leurs propres problèmes avant de venir régler ceux des autres)).

3) Les solutions. 

Sans me rajouter aux harpies conservatrices affilées aux Tea Party qui se suffisent toute seule pour critiquer les trente-cinq heures, je rappellerai simplement l’état moribond dans lequel se trouve notre industrie. Les plans sociaux se succèdent, et on assiste aux amusantes ritournelles entre Arnaud MONTEBOURG et les différents patrons auxquels ils se confrontent. Derrière ce spectacle affligeant se cache toutefois un réel problème qui ne peut se régler avec des cris d’Orphée. Les charges patronales et le coût du travail, dans notre pays, sont beaucoup trop élevés. L’asphyxie induite à ces nombreux problèmes augmentent fatalement les chances de délocalisation, et personne ne doit s’étonner du départ des grandes usines vers l’est de l’Europe. Les prix y sont beaucoup plus avantageux, les charges moins nombreuses, et le besoin de main d’œuvre important. Tout répond aux exigences d’un patron qui ne cherche qu’à faire développer son entreprise au même temps que les PME se sabordent à cause des taxes. Il est impératif de s’engager à la baisse du coût du travail, mais aussi à autonomiser bien plus les sociétés, les ouvrir à une concurrence plus facile, se libéraliser afin de récupérer de l’argent ainsi que de développer une économie forte, tout en y gardant un peu d’influence.

D’autres problèmes sont également à pointer du doigt. L’assistanat. Nous sommes dans un pays qui ne récompense en rien l’effort, mais plutôt qui motive à l’intérêt personnel. Cela dit, les représentants sont issus du peuple, cela n’est pas spécifiquement étonnant que les intérêts personnels soient privilégiés. Mieux responsabiliser les gens, c’est les rendre plus citoyens, plus intéressés par l’intérêt commun ainsi qu’au développement économique au niveau national. Il faut intéresser les gens, leur laisser la possibilité de faire ce qu’ils ont envie, mais sanctionner les partisans du moindre-effort ; ceux qui se complaisent à rester à Pôle Emploi ou qui ne se prennent pas en main. Je suis partisan d’un système économiquement responsable. Il n’y a aucune raison d’aider ceux qui n’en ont pas besoin, bien sûr qu’il faut aider les plus pauvres, mais pour les autres, il n’y a aucune raison. On peut choisir de prendre son destin en main, ou de le laisser partir. Mais dans les deux cas, l’état ne doit pas avoir à payer les pots cassés. La générosité de nos allocations, de notre système de santé doit se fermer à ceux qui ne font rien pour la réussite commune.
L’égoïsme, par ces temps perturbés, c’est la gangrène, surtout que les français ont les moyens de réagir. Dans ce que l’on appelle les bas-de-laine, il y a suffisamment pour régler la dette et relancer la machine. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le plafond du livret A ne cesse d’augmenter. Au lieu d’investir, les français épargnent. On peut comprendre la raison purement personnelle, tout comme la longue agonie de ce qui nous reste. Il y a juste le pessimisme malsain qui empêche d’avancer. Pour tout dire, on en revient un peu à ce que disait Alexandre dans son article sur le libéralisme au pouvoir (ci-dessous). Le glas ne tardera pas à sonner où il faudra prendre conscience de la réalité, surtout du côté du gouvernement, qui devra alors arrêter les ballons d’essais, et s’interroger le plus sérieusement du monde sur les solutions, quitte à remettre des acquis en jeux, quitte à faire l’union avec la droite. Dans les temps les plus compliqués qui favorisent la montée des extrêmes, l’union nationale peut être une solution. Renoncer à l’ouverture, c’est s’enfermer dans un sectarisme démagogue. S’ouvrir, c’est avancer. Malheureusement, il faut la carrure nécessaire pour prendre des décisions, et c’est cela qui manque à nos dirigeants.

MM. AYRAULT et HOLLANDE, réagissez.

Capitaine Hippolyte.
(Mais qui s’appelle Sacha en réalité).

Guy Sorman et la légende du MITI

Dès 1984, et je ne parle même pas de Georges Orwell, le libéral Guy Sorman avait constaté l’utilisation à tort de l’exemple japonais pour justifier l’intérêt d’un Etat stratège. Aujourd’hui, c’est l’Hérétique qui en parle.

L’État en raison de ce qu’il est en France, doit être stratège. […] Dans les grandes réussites économiques du siècle, chaque fois qu’un pays a su se transformer rapidement, son État, quand il existe, a joué le rôle d’aiguillon et de fédérateur. Tout le monde sait, je pense au MITI japonais, l’agenda que l’Allemagne s’est donnée au début des années 2003/2004 qui a abouti en 2009/2010, et en France plus qu’ailleurs, il en a toujours été ainsi. […]

Je m’empresse de dire que « stratège » ne veut pas dire, comme en grec, commandant en chef. Cela ne veut pas dire : je décide, ils exécutent. « Stratège » cela veut dire un État qui se sent en charge de faire partager un plan de bataille et qui se donne pour tâche de convaincre les acteurs.

L’organisme qui était chargé de préparer et de porter la stratégie existait. C’était le Commissariat au Plan.

Il m’a rappelé cet extrait, que je vous retranscris : il est encore d’actualité en 2012, et permet d’y voir plus clair sur ce sujet…

Au Japon, l’État passe la main

Le voyage au Japon a pour les économistes, les responsables politiques ou les patrons, un parfum initiatique. Chacun vient ici pour découvrir l’explication du miracle de la croissance et pense généralement le trouver au M.I.T.I., le Ministère de l’Industrie et du Commerce extérieur. Le M.I.T.I. est à l’origine d’une vaste littérature qui, après une visite sur place, paraît relever du fantasme, plus que de l’observation économique concrète. Les responsables du M.I.T.I. sont aujourd’hui les premiers à l’admettre. Si l’on en croit cette mythologie, ici, des hauts fonctionnaires superbement intelligents, recrutés à la sortie de l’université de Tokyo, l’E.N.A. du Japon, définiraient les voies de l’avenir et persuaderaient les chefs d’entreprise de s’y rallier au prix de quelques tasses de thé vert. Cette parfaite concertation entre l’Administration et le monde des affaires, autour d’objectifs communs, expliquerait la plus spectaculaire réussite économique de tous les temps. Ainsi, en 1982, François Mitterrand, de retour du Japon, déclarait qu’il fallait un M.I.T.I. français et confiait cette responsabilité à Jean-Pierre Chevènement. Au Etats-Unis, au cours de la campagne présidentielle de 1984, Gary Hart et Walter Mondale ont demandé la création d’un M.I.T.I. américain. Naturellement, entre temps, le M.I.T.I. japonais avait changé radicalement de nature.

Taizo  Kokoyama, responsable du développement international, reconnaît que cette mythologie occidentale du M.I.T.I. pourrait trouver son origine dans les années 60. A l’époque, le retard du Japon était tel que les objectifs de la croissance étaient parfaitement évidents. Il suffisait de rattraper ceux qui étaient devant : les entreprises européennes et américaines. L’avenir était écrit ailleurs, et la planification par le M.I.T.I. relevait du mimétisme plus que de la science économique. Mais dès l’instant où le Japon eût rattrapé ses concurrents, l’avenir n’était plus écrit nulle part et le M.I.T.I. commença à se tromper lourdement. Akyo Morita, le fondateur de Sony, aime à rappeler comment, dans les années 60, le M.I.T.I. lui expliqua qu’il n’y avait pas d’avenir dans l’électronique de grande consommation. Autre exemple célèbre : dans les mêmes années 60, le M.I.T.I. tenta en vain de persuader Nissan et Toyota de fusionner, prévoyant une récession dans le secteur automobile…

Les M.I.T.I. s’est donc reconverti depuis plusieurs années déjà en une sorte de centre de réflexion, même si apparemment la nouvelle n’a pas encore filtré à l’étranger. Des fonctionnaires méditatifs et des patrons en retraite y élaborent on ne peut plus posément des scénarios fu futur et des stratégies de repli pour les secteurs en difficulté, à la manière du Commissariat au Plan français. Mais surtout, le M.I.T.I. a désormais décidé de venir renforcer l’économie libérale en jouant les initiatives dispersées plutôt que la planification centralisée. Il a ainsi ouvert dans tout le Japon des « Collèges pour petits patrons » afin que ceux-ci puissent se perfectionner dans les techniques du management et multiplier les aventures industrielles. Là réside, selon Taizo Yokohama, le nouveau modèle japonais.

Il faut cependant s’interroger sur cette pérennité du mythe du M.I.T.I., en contradiction flagrante avec la réalité récente. La réalité et sans doute que les Japonais fournissent, malgré eux, une sorte de caution aux amateurs de politiques industrielle et de planification centralisée. A tous les libéraux qui prétendent que l’avenir n’est écrit nulle part, ils opposent qu’au contraire, l’avenir est planifiable : voyez les Japonais ! La politique industrielle, en plus de sa séduction intellectuelle -elle rassure-, présente des charmes politiques incontestables. Elle permet aux gouvernements de favoriser certaines régions ou certaines professions, ce qui peut être d’un grand profit électoral.

La vraie leçon japonaise est donc que la seule politique industrielle qui vaille consiste à préparer les hommes à imaginer l’avenir et rien d’autre. Le moteur de la croissance japonaise est l’esprit d’entreprise des japonais.

La solution libérale (chap. « La croissance sans l’État »), Guy Sorman

Je vous recommande chaleureusement d’acheter et de lire cet ouvrage ancien, mais qui n’a pas pris une ride, exceptionnel dans son diagnostic et dans la finesse de son exposé de la diversité mondiale (à l’image aussi du plus récent L’économie ne ment pas maintenant au format Kindle \O/), mais aussi comme un guide pratique de communication à l’usage des militants libéraux, par son analyse des stratégies ayant permis aux libéraux d’accéder au pouvoir un peu partout dans les années 1980.

En démontrant, une fois encore, que l’idée de pouvoir planifier l’économie par le sommet relève de la « présomption fatale« , Sorman se place dans la droite lignée de Hayek. L’information, les idées, sont infiniment divisées, et chaque individu et porteur d’un morceau de cette information. Imaginer pouvoir centraliser la prise de décision, même à la marge, donc prétendre réussir à rassembler objectivement cette information relève de l’impossible. La preuve en est donnée par certains conseils désastreux du M.I.T.I….

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Au contraire, pour favoriser le décollage économique, la croissance, l’innovation, il faut libérer les entrepreneurs et les créateurs de leurs multiples carcans, favoriser l’investissement, la prise de risque, l’initiative individuelle. Bien sûr, il y aura des échecs et des voies sans issues, mais c’est le seul moyen de découvrir des perles rares, ces concepts et produits qui peuvent révolutionner notre quotidien et dynamiser notre économie, et auxquels aucun ministère ne pensera jamais. Par exemple, il est grand temps de faire sauter de la Constitution cette lubie du principe de précaution, qui paralyse la prise de risque, et enfin foutre la paix aux chercheurs et ingénieurs. La réussite est à ce prix, et certainement pas, à mon avis, dans une stratégie insufflée d’en haut, qui démontre chaque jour davantage de failles (puisqu’ actuellement, l’État se mêle déjà à fond de stratégie d’entreprises : lisez plutôt cet article édifiant à ce sujet). Si la gestion par l’État des grandes lignes de la stratégie économique réussissait, l’URSS aurait gagné la Guerre Froide, et la France irait bien mieux qu’aujourd’hui.

Con-lectif Roosevelt 2012

Si vous avez eu le plaisir de feuilleter la presse gratuite ces derniers jours, vous avez peut-être eu le malheur d’entendre parler du Collectif Roosevelt 2012.

Rien que le nom devrait faire peur à tout libéral qui se respecte. Prendre pour référence un président démocrate qui a appliqué de désastreuses mesures de relance keynésiennes de poudre aux yeux, c’est triste. D’ailleurs, au milieu d’un article gluant de connivence, un encadré de Metro rétablissait un semblant d’équilibre, en avouant que les politiques de Roosevelt eurent un effet au mieux très moyen sur l’économie américaine, mais étaient simplement restées comme un SYMBOLE POPULAIRE. Comprenez : une légende mensongère au possible.

Pourtant, Metro tente de nous rassurer. Il paraît que le collectif rassemble des personnalités de tous horizons, et que leurs propositions doivent transcender la droite et la gauche. Et là, si vous regardez la liste des membres du collectif, vous réalisez à quel point vous vous faites enfumer. « Tous horizons », « droite et gauche » … VRAIMENT ? Stéphane Hessel, Edgard Morin, Bruno Gaccio, Michel Roccard, Lilian Thuram, c’est la droite ultralibérale échevelée ? C’est l’équilibre droite/gauche dans toute sa splendeur ? De qui se moque-t-on ? La Fondation Danièle Mitterrand, le Conseil National du PS, un Conseiller Régional du Front de Gauche, ça transcende les clivages ? DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Et puis ce n’est pas tout… En terme de propositions révolutionnaires, on est servis ! Que du lourd, du vu, du revu, et du contre-productif.

Déjà, bien sûr, il y a l’idée d’offrir de l’argent gratuit aux États, via des emprunts à taux d’intérêt quasi nul. On a un problème de dette ? Offrons de l’argent gratuit, on règlera le souci. D’ailleurs, il suffit de demander à la BCE de faire tourner les rotatives en accéléré, pour imprimer des tonnes de jolis billets. ET POUF ! Plein d’argent. Comment n’y a-t-on pas pensé avant ? Consternant…

On continue dans du neuf et de l’original avec l’idée d’un nouvel impôt européen sur les sociétés. Comme les impôts précédents avaient déjà fait peser un poids fiscal hors-normes sur nos citoyens, notre économie, et nos entreprises, il suffit de continuer sur cette belle voie, afin d’asphyxier notre restant de croissance. TAXE-TAXE-TAXE, voilà le credo révolutionnaire des amis de Roosevelt.

La lutte contre les paradis fiscaux est aussi quelque chose de nouveau et clinquant. D’ailleurs, c’est connu, personne n’en a parlé jusque là. Nous sommes dans la droite ligne de la proposition précédente : après avoir transformé l’Europe en enfer fiscal, la suite logique est de s’attaquer aux paradis fiscaux.

Autre idée révolutionnaire déjà entendue un bon millier de fois : séparer banques d’affaires et banques de dépôts… Pourquoi pas, je ne prétends pas exceller dans la maîtrise de ce domaine, et il me semble même que Charles Gave, qui n’est pas la moitié d’un con, suggère à peu près la même chose. Maintenant, il me semble aussi que les banques qui ont causé le désastre de la Crise appliquaient déjà ce principe. Pas la panacée, donc.

Taxer les transactions financières. Sarkozy et Merkel y sont favorables. Rien de nouveau sous la tempête, donc. Et encore, nous ne reviendrons pas sur les effets délétères de ce système que la Suède a adopté avant de l’abandonner, et dont nous aurons vite fait de réaliser l’échec une fois que nous l’aurons mis en oeuvre. En même temps, actuellement, nos riches partent en Suisse, nos entrepreneurs partent à Londres, et les autres essayent la Belgique. Bientôt, il n’y aura plus rien à taxer. Ce sera la plus grande de nos victoires.

Déclarer la guerre au dérèglement climatique. Ça se passe de commentaire, non ?

Enfin, l’idée la plus géniale du lot est celle d’aller plus loin dans le partage du temps de travail. On frôle le loufoque avec béatitude. L’idée neuve du Collectif est donc de continuer dans une vision du marché du travail qui a conduit aux 35 heures, et aux taux de chômage astronomiques que nous connaissons ? Pourquoi persister à voir le marché du travail comme un gros gâteau de taille fixe ?

En somme, ne vous fiez pas aux apparences. Rien de nouveau, aucune idée neuve,  aucune trouvaille révolutionnaire… Du socialisme, encore, toujours, et dans la joie ! Du dirigisme, toujours plus loin, toujours plus fort !

PS : J’ai écrit cet article ce matin, et depuis, j’ai lu l’article d’Hashtable à ce sujet. Inégalable. Je vous le recommande chaleureusement. ;-)

Condamnés à la médiocrité

Il suffit que le débat s’engage sur le choix sarkozyen du modèle allemand, pour que les vieux réflexes chauvinistes voire germanophobes se lèvent à l’unisson. Quand Montebourg ne dénonce pas la politique à la Bismarck de Mme Merkel (Bismarck étant lui-même l’inventeur de l’Etat providence, je ne comprends pas que ce soit une offense dans la bouche de notre socialiste sirupeux), c’est pour en entendre d’autres, de tous bords, mais surtout les auto-désignés « Républicains » et patriotes de gauche et de droite dirigiste.

Sachez-le, le modèle allemand est parfaitement inapplicable en France. Il y a plein de raisons pour l’affirmer ! Notre situation est profondément différente ! Nous n’avons pas la même démographie, la même histoire, le même tissu économique ou syndical, voire pas la même mentalité (et là, je revois immédiatement Édith Cresson comparer les japonais à des fourmis pour expliquer leurs succès). C’est tout bonnement im-po-ssible !

Aucun modèle ne correspond à la France. Inutile de tenter de s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs : c’est l’exception française, nous sommes tellement différents que nous pensons pouvoir vivre (ou survivre) en niant la réalité, et en se coupant des faits, encore et encore. Nous sommes impuissants. Là où d’autres pays, dans des situations comparables à la nôtre, ont réussi à se réformer, nous serions condamnés à l’impuissance, nous sommes condamnés à la médiocrité.

Bien sûr, comme le pérorait Jean-François Kahn face à Alain Madelin, la France peut créer son propre modèle, et c’est évident que c’est une nécessité. Mais d’une part, elle n’a jusque là pas démontré la pertinence de la plupart de ses choix passés, et la compétence économique de ses gouvernants, ni la viabilité de son modèle social, et d’autre part, il n’existe pas (ou quasiment) de modèle nouveau, inventé par un pays. Tout n’est que modèle détourné ou adapté, ou influence de grands penseurs ou économistes (il suffit de constater l’influence néfaste et durable de Keynes sur nos politique économiques et monétaires). Personne n’a « inventé » l’économie de marché, par exemple. Les modèles sont issus de l’expérience, de l’épreuve des faits, des mélanges culturels…

Avant d’imaginer composer un modèle français, il faudrait déjà accepter l’idée d’essayer d’imiter ou d’adapter ce qui fonctionne bien ou mieux dans d’autres pays, comme la flexi-sécurité danoise, la qualité industrielle et les PME allemandes, le système éducatif ou social scandinave (les excès en moins pour ce dernier), la facilité d’entrepreunariat et les puissantes Universités en Grande-Bretagne, l’innovation aux États-Unis, la gestion de la dette et des déficits en Australie ou Nouvelle-Zélande, le fédéralisme au Canada, la démocratie directe suisse… Les exemples sont nombreux, et je vous épargne les nombreux liens de références que vous pourrez trouver sur des sites comme Contrepoints (voire le Sénat, par exemple, soyons fous). Serons-nous assez intelligents pour se pencher dessus, ou trop chauvins pour admettre l’idée de notre non-perfection ?

Sommes-nous condamnés à la médiocrité ?

10 bonnes raisons de voter François Hollande

Sollicité par Val’ et l’Hérétique, je réponds ici à une chaîne visant à trouver 10 raisons « de ne pas voter Flamby » . Mais je trouve nettement plus drôle (esprit de contradiction, anarchie) de vous donner 10 très, très bonnes raisons de voter Babar. Lira en filigrane qui pourra…

  1. Si François devient Président, on nous servira du « care » , du sirupeux, du carton pâte, et le décor qui cache notre totale déchéance sera sans doute très esthétique et maternant, pendant que notre gentil capitaine de pédalo (et c’est pas moi qui le dis) ramera.
  2. Si François devient Président, on sabotera enfin l’un de nos derniers succès technologiques, le nucléaire, et il était temps, puisque nous sommes peut-être sur le point de trouver comment produire 1000 ans d’énergie simplement en recyclant nos déchets accumulés (malheureusement, je ne trouve pas la source papier que j’ai lue sur Internet, mais j’approfondirai mes recherches, promis), et on rejoindra enfin nos amis allemands dans notre course à la pollutions écolo-responsable des centrales à charbon.
  3. Si François devient Président, la droitosphère va pouvoir enfin s’amuser et se venger de toutes les turpitudes qu’elle a subi à force de passer pour l’avocat du diable.
  4. Si François devient Président, il est possible que les Libéraux comprennent que le PS est encore plus désastreusement socialiste que l’UMP.
  5. Si François devient Président, il est même possible que l’UMP, pour se distinguer de la bouillie socialisante qui se profile, soit obligée de s’ouvrir à ces idées bizarrements sous-exploitées dont regorge le Libéralisme.
  6. Si François devient Président, on sera certains que les grands sommets et accords internationaux seront gérés avec autant de maestria que l’accord avec Europe Eco-lol-gique.
  7. Si François devient Président, les Français auront enfin ce qu’ils ont tant réclamé : un président moyen donc forcément médiocre, mou et sans caractère, après l’hyperactif Sarkozy. On va tous gentiment se reposer les méninges en regardant le pays couler.
  8. Si François devient Président, je me délecterai à le voir tenter de ménager la chèvre du pragmatisme budgétaire et le chou de sa gauche, pendant que cette même vrai gôche se réveillera, en réalisant que François mène peu ou prou la même politique que Sarkozy, en peut-être plus hypocrite, tandis que notre chère intelligentsia gaucho-médiatique et illibérale se contorsionnera de façon formidâââble (comme dirait notre éternel ministre de la boboïtude culture).
  9. Si François devient Président, les réactions de la gauchosphère seront sans doute captivantes à suivre, de même que la stabilité de l’inévitable majorité nébuleuse du précaire rassemblement d’entre-deux-tours antisarkozyste (et dont l’antisarkozysme est le seul liant), pendant que la droite récupèrera toutes les collectivités locales, qui tomberont aussi vite que la cote de popularité de François.
  10. Si François devient Président, surtout, et c’est le plus drôle, Sarkozy a toutes ses chances pour 2017, et vraiment, ce serait le plus beau retour de manivelle de toute l’histoire de la Ve République.

D’ailleurs, toute cette histoire de campagne socialiste commence déjà sérieusement à sentir le brûlé. La sentez-vous venir, cette familière odeur de cramé et de ségolénitude, amis socialistes ?

Après cette note de légèreté, je profite de cet article pour m’étonner des propos de l’Hérétique sur l’un de ses derniers articles, qui m’ont considérablement surpris. Mettre sur le même plan le « j’aime pas les riches » de François (qui en fait partie, singulière schizophrénie…) et la lutte contre la fraude de Nicolas, c’est pour le moins bizarre, à mon sens. Enfin, quoi. Je préfère largement vivre dans un pays de riches que dans un pays de fraudeurs. Un pays de riches est rarement moins viable qu’un pays de fraudeurs (demandez aux grecs, dont c’est malheureusement l’un des sports préférés, btw). Alors, certes, ce n’est pas LA cause de notre situation désastreuse. Mais si quelqu’un, qui qu’il soit, tente de trouver LA cause de tous nos malheurs, je lui souhaite bon courage, tant la merde actuelle est le résultat complexe et minutieusement préparé d’un nombre remarquable de tares nationales. Est-ce une raison pour ne pas combattre la fraude ? Non… Est-ce injuste de stigmatiser une partie des Français ? Oppose-t-on (comme on l’entend tellement souvent à tout propos) les Français les uns contre les autres ? Pas davantage. Par contre, là où il y a injustice, là où on oppose les Français entre eux, c’est quand on tolère que les uns payent pendant que les autres trichent, dans notre soit-disant pays ultra-néo-turbo-libéral (< article à lire ab-so-lu-ment). C’est comme ça que je vois les choses.

Alors comme ça, augmenter d’un jour la durée de carence pour les fonctionnaires, c’est stigmatiser ces pauvres choux ? Comment peut-on tolérer, au pays du culte de l’égalité, que la fonction publique bénéficie d’une couche indécrottable de privilèges sur le secteur privé qui le finance largement ? Passer de 0 à 1 pour le public, et de 3 à 4 pour le privé, c’est une énorme connerie. C’est là que se nichent les véritables injustices de droits et de statuts, et que l’on crée aussi de la fracture sociale. 2 et 2, un point c’est tout !

Quant à cette chaîne, je la suggère à Malaberg, Alboss, et à tous ceux qui, au-delà de ce Blog, se sentent inspirés. Je les lirai, comme toujours, avec plaisir (et comme toujours, quand j’aurai le temps). ;-)

[Malaberg] A quand le bonheur libéral ?

Ce qu’il y a de marrant, avec le libéralisme, c’est que ça ressemble à ce que fut le traitement de l’ulcère de l’estomac. Je m’explique : Avant que l’on ne découvre qu’il suffisait d’un traitement somme toute assez efficace et léger, on le soignait avec du Bismuth. Le bismuth est un élément chimique à peine toxique qui combat un peu la bactérie qui provoque cet ulcère, mais qui en contrepartie, faisait tomber toutes les dents. L’efficacité de ce machin était de plus un peu discutable. Malbehreusement pour mon grand père, il a eu un ulcère assez jeune, et on lui a donc administré des doses conséquentes de Bismuth. Comme ça ne le soulageait pas, on lui a donné encore plus de bismuth, etc.

Au final, il a trouvé des os en mangeant une banane. C’était ses dents qui venaient de se désolidariser de sa machoire…

Le libéralisme, c’est un peu  pareil. C’est sensé apporter le bohneur, ça produit de plus en plus de malheureux et de laissés pour compte, mais ses partisans n’ont de cesse de dire que c’est parce qu’on n’en fait pas assez. (ça marche aussi avec les saignées en cas de cancer : on pratique une saignée, ça ne résout rien, alors on te fait saigner encore davantage, etc.)

J’ajoute donc mon nom à cette liste : Océane, Mipmip, Agnès, SeeMee, Seb Musset, CSP, Marco, Dadavidov, Vogelsong, Intox2007, Dedalus, Christian, Bah !? By CC , Gaël, Nicolas, Jojo, Alter Oueb, Altermonde sans frontières, galuel, drclehmann, cent papiers, dalipas, une Autre vie, dada vidov, 365 mots, crêpe Georgette, Christian Lehmann, Heaven can wait, mes coups de coeur, gnaffron, Gauche de Combat, et Malaberg pour vous faire partager ce point de vue.

Bref, lettre ouverte, donc.

A l’attention de: Jean-Michel Aphatie, Jacques Attali, Christophe Barbier, Eric Brunet, Yves Calvi, Monique Canto-Sperber, Jean-François Copé, Arnaud Dassier, Sophie De Menthon, Michel Godet, Eric Le Boucher, Alain Madelin, Alain Minc, Hervé Novelli, Catherine Ney, Laurence Parisot, Jean Quatremer, Pascal Salin, Hugues Serraf, Guy Sorman, Jean-Marc Sylvestre, Pierre-André Taguieff, Yves Thréard, Agnès Verdier-Molinié, Laurent Wauquiez. 
 
Madame, Monsieur,
 
 
Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.
 
 
Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis une trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – ne sera qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exceptions profitera…
 
 
Disons le net : nous sommes sceptiques.
 
 
Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :
 
 
Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?
 
 
Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits de ces fameux « marchés » que vous défendez pourtant mordicus en dépit du bon sens.
 
 
Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.
 
 
Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général vis-à-vis duquel vos idées sont objectivement nuisibles, il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?
 
 
Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées.

De la notation des agences de notation

Il suffit de reluquer 5 minutes de l’émission d’ennui vespéral « On n’est pas couché (mais on aurait mieux fait) » pour admirer une magnifique tarte à la crême française, servie non sans panache avec beaucoup de chantilly, de larmes à l’oeil et de certitudes : « mais qui note les agences de notation, hein ? Hein ? » , « parce qu’elles n’ont aucune fiabilité, hein. HEIN ? » . Alors dans un but didactique, j’ai décidé d’écrire un super jeu de rôle, en simplifiant à dessein les questions économiques. Dans les rôles principaux, Malaberg, et moi.

Imaginons, dans un élan de folie, que Malaberg et moi ouvrions notre propre agence de notation (oui, je trouve l’idée très drôle). Régulièrement, nous ferions savoir publiquement ce que nous pensons de la solvabilité des Etats. Fun, non ? Aurons-nous une influence sur les choix des investisseurs ? Même adoubés par l’état français (Malaberg peut être très séduisant auprès des ministres), sommes-nous certains que nos choix seront observés attentivement par les bourses ?

D’où vient la crédibilité des agences de notation ? Qui juge de la légitimité de leurs points de vue ? Les marchés eux-mêmes. Les agents du marché peuvent choisir, ou non, de se fier aux jugements des agences de notation. S’ils nous jugent crédibles, ils se fieront à Malaberg et moi. S’ils jugent Fitch crédible, ils se fieront à leurs notes. Le jour où ces agences seront perçues comme défaillantes … les marchés ne réagiront plus. Les agences n’obligent pas les marchés à adapter leurs taux d’intérêt : la meilleure preuve est que les taux de la France se sont déjà envolés, avant même la dégradation officielle de la note du pays.

Ce sont donc les marchés, les coupables ? Oui, mais au juste, qui a obligé les États à emprunter ? Tenez. Le Japon lui aussi est sur-sur-surendetté. Oui, mais surtout auprès des citoyens japonais, et relativement peu vis-à-vis de l’étranger. C’est un choix. Et nous avons fait le choix de nous endetter auprès des marchés. Personne ne nous y a obligé. On aurait même pu s’assurer de ne pas dépendre des marchés, en faisant coïncider notre budget avec nos rentrées fiscales. Critiquer les marchés financiers, c’est comme si on se tirait une balle dans le pied et qu’on accusait le pistolet. Et en s’en prenant aux agences de notation, on attaque le type qui nous prévient qu’au-delà de 6 balles dans le même pied, ça commence à picoter.

Parce que dans le fond, quelle est l’erreur des marchés financiers, quand ils augmentent les taux d’emprunt de la France ? Prêteriez-vous des milliers d’euros, les yeux fermés, à quelqu’un que vous savez insolvable, et qui emprunte pour vous rembourser (en envisageant même de vous prendre de force de l’argent pour vous rembourser) ? Leur erreur, c’est leur trop grande patience. Ca fait longtemps que les taux français auraient dû s’envoler. Les marchés ont été beaucoup trop gentils. Ils auraient dû s’inquiéter avant.

Et la faute de nos dirigeants, c’est de n’avoir jamais pris en compte le fait que leurs politiques déraisonnables mettaient en péril l’indépendance et la souveraineté nationales. Sincèrement, imaginaient-ils ce train de vie viable sur le moyen-long terme ? Alors il fallait faire des choix : faire fi de notre pression fiscale (la plus élevée d’Europe, Champomy !) et de notre dépense publique (la plus élevée d’Europe, Champagne !) et augmenter les rentrées pour continuer à dépenser, OU baisser les dépenses. Que chacun choisisse son camp, mais que chacun choisisse, surtout. C’est arithmétique.

A ce propos, j’ai toujours trouvé étonnantes les réactions d’une partie de la gauche, qui affirme ouvertement, fortement, théâtralement, qu’ELLE, elle résisterait aux marchés, et qu’elle ne se plierait pas à leurs diktats pour conserver une bonne notation par les agences. A l’extrême rigueur, c’est un discours que pourraient tenir les libéraux : « faites-nous les taux que vous voulez, parce qu’on n’a quoi qu’il en soit pas prévu de faire appel à vous très souvent » . Mais la gauche oriente souvent son action vers plus de dépense publique (qu’on l’approuve ou non, c’est pas un jugement de valeur … ici). Donc elle a besoin, plus que les autres, que les taux soient aussi favorables que possible ! Car enfin, si on envoie les marchés se faire foutre, pensez-vous qu’ils accepteront encore volontiers de nous prêter de l’argent par la suite ? Et quand ils refuseront (ou nous soumettront à des taux insupportables), où la gauche ira-t-elle chercher l’argent ? Ah, peut-être serez-vous capable de m’exposer quelques pistes … mais pourquoi personne n’a pensé à le faire avant, dans ce cas ?

Et, entre nous, avec nos records de dépense publique et de pression fiscale, si cette méthode et ce modèle étaient bénéfiques, on aurait fini par s’en rendre compte non ? Parce qu’a priori, on ne surclasse pas le reste du monde, hein. Enfin, je ne crois pas.

[Alboss] Le dragon est dans la bergerie !

(Je préviens d’entrée, cet article écrit durant le week-end peut déjà, à quelques égards, paraître obsolète. Je ne pouvais pas prévoir le coup de poignard grec, et je n’étais apparemment pas le seul. Les amateurs qui nous servent de dirigeants n’ont rien vu venir non plus. Vous me pardonnerez donc. Article écrit 2 jours avant G-P, Georges Papandréou, la nouvelle référence de la chronologie de l’existence de l’UE.)

Quelle est l’Europe de mes rêves ? Ou, plutôt, est-ce que je rêve d’Europe ? Si tant est que j’en ai rêvé un jour, après le sommet de Bruxelles, toute forme de rêve européen s’est envolée à jamais.
Ceux qui, comme mon ami Alexandre, croient à l’Europe, sont forcément des rêveurs et de doux idéalistes. Et je dirais même qu’ils ont une tendance profonde à la schizophrénie.
Je m’explique. Si on lit le dernier billet d’Alexandre, il y a l’Europe d’un côté et les Etats de l’autre… la première serait responsable, prévoyante et bienveillante, les seconds seraient évidemment tout le contraire. Cette étrange dichotomie semble consciemment, (ou inconsciemment, et ce serait d’autant plus grave), ne pas vouloir tenir compte du fait que l’une est faite à partir de l’autre et que l’une ne peut exister sans l’autre. Autrement dit, ceux qui ont pondu une Europe irréprochable sur le papier sont les mêmes que ceux à la tête des Etats fautifs ! Lorsque le traité de Maastricht est ratifié, Nicolas Sarkozy, alors secrétaire général adjoint du RPR, faisait campagne pour le oui. Tout comme on se souvient de cette une de Paris Match réunissant en 2005 François Hollande et Nicolas Sarkozy, chacun à la tête des deux plus grands partis politiques du pays, au diapason pour le oui au référendum sur la Constitution Européenne. Après, le tout est de savoir si on a écrit ces traités pour se donner bonne conscience ou pour les respecter…

Il est donc aberrant de dissocier les deux camps ! Il n’y a pas la vertueuse Europe d’une part et les véreux Etats de l’autre. Quand les Etats fautent, l’Europe faute ! Ne sommes-nous pas une « famille » ? C’est ce que j’ai cru comprendre ces derniers temps. Alors quand le petit frère grec faute, c’est parce que sa mère, l’Europe, a fauté au départ. Elle a soit fauté dans son éducation pour ne pas avoir su faire respecter ses règles, soit pour avoir inculqué de mauvaises règles ou même, pour avoir accepté dans la famille rapprochée (monétaire) un membre notoirement instable et malhonnête… Et qui le lui rend bien, en ce moment.
Alors, on reproche aux souverainistes d’être des boulets dont l’Europe doit se débarrasser pour avancer…  Ce serait donc en partie de la faute des sceptiques si l’Europe en est là. Et pourquoi ce ne serait pas de la faute des européistes ? C’est bien parce qu’ils n’ont jamais su nous convaincre que nous sommes toujours restés sceptiques et le cul entre deux chaises. C’est bien parce qu’ils n’ont jamais su convaincre qu’ils ont dû s’y reprendre à plusieurs fois pour faire passer en force leurs textes, au demeurant à l’apparence toujours vertueuse  et consciencieuse, censés régir l’UE. Les européistes n’ont jamais pris au sérieux les euros sceptiques. Ils n’ont jamais pris la peine de considérer leur position, la rejetant, la renvoyant dans ses 22 à la moindre occasion. Et ce, pas toujours avec élégance, dernier exemple en date : l’altercation Sarkozy-Cameron. Les européistes sont toujours parvenus à leurs fins et n’ont guère réellement souffert des euros sceptiques qui, eux, n’ont jamais bloqué le projet européen. Ils l’ont, au pire, retardé. On ne peut pas dire que le PPE soit minoritaire depuis une dizaine d’années à Strasbourg ou que l’immonde Barroso ne soit pas à la tête de la Commission européenne depuis bientôt sept ans. C’est moins la faute des sceptiques que celle des européistes eux-mêmes si nous en sommes là aujourd’hui ! Il ne faudrait pas inverser les rôles…
Mais, en même temps, si  on avait écouté les Français dès 2005, si nous n’avions pas fait voter deux fois les Irlandais pour Lisbonne, si, plus récemment, nous n’avions pas fait pression sur les Slovaques, nous n’en serions pas là. Nous aurions sûrement déjà célébré les funérailles de l’Europe un verre à la main, autour d’un bon grec en rêvant imaginant l’Europe d’après. Nous n’aurions donc pas été en retard, mais en avance.

Nul doute que Victor Hugo aurait considéré le projet actuel comme une félonie faite à ce que devaient être, selon lui, les Etats-Unis d’Europe !
Le dernier coup porté à cette Europe est venu du sommet de Bruxelles. Modestement, Sarkozy nous expliquait que lui et toute la bande d’incapables avaient non pas seulement sauvé l’Europe mercredi, mais le monde ! Je suis sûr que les Ouzbeks et autres Népalais peuvent souffler, l’Europe est sauvée. Mais à quel prix, puisque nous avons pactisé avec le diable. C’est d’ailleurs Nicolas Sarkozy en personne qui s’est entretenu avec lui au téléphone. Et le diable européen porte désormais un nom : Hu Jintao.
Alors, certes Alexandre, l’Europe n’a pas de politique économique et budgétaire fédéralisée, mais l’Europe a une BCE. On crache sur ceux qui usent de l’argument de l’indépendance et de la souveraineté des Etats et, dans le même temps, on  se soumet à jamais à l’ogre Chinois ? Si je comprends bien : pas de jaloux, de souveraineté et d’indépendance il n’y en aura ni pour les Etats ni pour l’Union Européenne ? Je trouve que les européistes ont poussé leur aversion pour ces deux composantes essentielles d’une nation ou d’une union un peu trop loin… Pourquoi l’Europe renie ses propres institutions pour vendre son âme aux chintoks ? Dans tout autre pays du monde, et c’est ce qui se passe aux USA, étant donné la gravité de la situation, on aurait fait appel à la planche à billets. Un pouvoir régalien ! Un levier qu’actionnent seulement les Etats qui sont maîtres de leur destin. Quoi ? Was ? Ah ja, ja, ja… c’est vrai, nous avons vainement demandé la permission au Bundestag avant de se prosterner… Nein inflation ! Verboten ! Traktat ! Heil Angela !

Ou, plutôt ni hao Hu Jintao ! Eh oui, faut se mettre à la page, le chinois va devenir la langue d’usage en Europe, maintenant. Dumping chinois ? Barrières douanières avec la Chine ? Pillage par la Chine de nos technologies sur l’autel du transfert de technologie ? Et, accessoirement, respect des droits de l’homme ? Terminé ! On n’en parle plus, alors que hier encore Sarkozy s’en insurgeait. Il ne faut plus agacer les salvateurs cocos chinois. Au contraire, on se félicite, dixit Sarkozy, que la Chine fasse tellement confiance à l’Euro qu’elle décide d’investir dedans. C’est formidable ! Je me pince pour y croire tellement c’est beau.
En provoquant une guerre mondiale, l’Allemagne nous avait déjà contraints au protectorat américain. Maintenant, sa peur bleue de l’inflation nous subordonne à la Chine sans pour autant offrir une solution sur le long terme.
Les européistes disent qu’il en va du respect des traités comme du respect de l’Europe. Néanmoins, je pense que l’Europe se serait bien passée de cet infâme signe respectif. En 2008, la solution est venue des Etats. On a définitivement constaté que l’Europe n’était pas l’outil adapté à la résolution de crises. En s’assoyant sur les traités, les protocoles et autres conventions, chaque Etat dans son coin a sauvé ses banques avec plus ou moins de brio. Cette fois, hypocrisie oblige, le piège des textes s’est refermé sans aucune possibilité de l’entrouvrir, même sous la pression que nous ne pouvions de toute façon pas exercer sur une Angela en position de force.
L’hypocrite mouton européen qui avait inventé l’euro pour fuir Oncle Sam se jette maintenant dans la gueule du dragon chinois. Etrange parcours.

Le sommet de Bruxelles a donc sauvé l’Euro pour mieux tuer l’Europe. Jeudi, au lendemain du sommet, les bourses se remettaient dans un élan presque orgasmique de leurs déboires… Par l’afflux de ces bonnes nouvelles politiques, leur turgescence faisait monter la valeur de l’euro emportant avec elle toujours plus la compétitivité de nos industries depuis toujours plombées par une monnaie sur évaluée… L’euro est un problème sans solution. Comme disait Einstein, « un problème sans solution, est un problème mal posé ». On en revient à la responsabilité  de l’Europe, comme des Etats.
Mais, comme la libido finit toujours par retomber, dès le lendemain, l’euphorie laissait place nette au doute de la panne italienne. L’Italie de Berlusconi qui pose un problème de libido, le comble…
Ainsi, les paris sont ouverts pour la date du prochain sommet décisif (presque le 20ème depuis le début de la crise), dans quelques jours, semaines ou mois ? (Les Grecs viennent d’apporter la réponse à cette question. Il aura fallu six jours pour qu’une nouvelle réunion de crise soit programmée ! C’est fort !)

De cette Europe là, désormais à la botte d’une dictature sans nom, souffrez que je ne puisse non pas en rêver mais lui souhaiter tout le mal du monde. Au fond, je rêve d’une seule chose : c’est que le cauchemar qu’est actuellement l’Union Européenne, prenne un terme définitif !
Bref, j’aurais aimé finir sur du Einstein mais c’est Bigard qui va conclure. Ainsi, à défaut de trouver le moyen de l’escalader, « c’est au pied du mur que l’on voit mieux le mur ».

Parlons d’Europe (et de dette)

Il était temps que je rebondisse gracieusement sur la question de la crise de la dette en Europe, abordée avant moi par mon camarade Alboss (toujours très plaisant à lire). Évidemment, il arrive que nos points de vue divergent. La preuve.

La faute de l’Europe (ou des Européens) ?

Dans toute cette affaire, l’Europe sert de coupable idéal. Les dirigeants des états européens, soumis à la dictature des marchés de leur électorat, trouvent forcément confortable de rejeter la faute sur le voisin, qui plus est non élu, et trop soumis pour réagir trop fortement : les banques, les marchés financiers et l’Europe. De tous ces boucs émissaires, l’Europe est le plus vague et le plus gargarisant. On désigne une nébuleuse diabolisée, qui a l’avantage de présenter une structure comaprable à un super-Etat, tout en évocant l’ennemi venu de l’étranger pour soumettre notre pauvre Nation (qui a librement consenti tout ça).

Une fois de plus, dans le Crise de la Dette, on se trompe de coupable. Les mêmes râleurs d’aujourd’hui ne protestaient-ils pas déjà contre les règles trop strictes d’une Europe toujours prète à combattre l’inflation et à taper sur les doigts des Etats qui s’endettaient trop ? Les critères de Maastricht, les 3% de déficits, n’était-ce pas trop contraignant avant que l’orage ne gronde ? Pourtant, il s’avère que l’Europe n’a pas été assez sévère, et n’a pas su s’imposer assez fortement pour faire respecter ses règles. Les Etats européens étaient au courant que dépasser les 3% de déficit présentait des risques certains d’instabilité au sein de la Zone Euro. S’ils ont marché sur les avertissements qu’on leur a adressés, c’est donc entièrement de leur responsabilité. Ils étaient prévenus, ils ont fait semblant d’ignorer.

En réalité, les eurosceptiques portent une importante part de responsabilité. (Entre autres) à cause de leurs réticences, nous avons adopté une monnaie commune sans franchir le pas de la politique économique et budgétaire en partie fédéralisée. Le cul entre deux chaises, avec une monnaie européenne, et des politiques budgétaires repliées sur elles-mêmes. Et quand l’Union préconisait moins de 3% de déficits, nos souverainistes s’en moquaient avc panache.

L’Europe n’a pas fauté. Si les gouvernements européens avaient été à la hauteur, et s’étaient inquiétés à temps de la problématique de la dette, l’Euro aurait sans doute été parfaitement viable. Si on avait permis à l’Europe de faire respecter ses règles, l’Euro aurait été viable. Au lieu de cela, on a préféré la politique de l’autruche, en ne cessant jamais de parler de défense de la souveraineté et de l’indépendance de l’Etat, quand dans la même temps, ce même Etat mettait cette indépendance en péril en s’endettant excessivement. On ne marche pas indéfiniment sur la tête sans en payer les conséquences. Ce n’est pas l’Europe qui a failli, ni l’Euro, ce sont les Etats souverains qui n’ont pas été à la hauteur.

Les socialistes (je pouffe)

Dès que j’entends les socialistes parler de dette et de déficits, je n’y peux rien, je pouffe. On parle quand même de ceux qui avaient promis sans la moindre autodérision, de passer les smic à 1500€ (Ségo elle-même n’y croyait pas, c’est dire !). On parle quand même de ceux qui, plus récemment, lors de la Crise de 2008, s’étaient largement plaints de la faiblesse des plans de relance gouvernementaux, et demandaient un projet plus « ambitieux » . Aujourd’hui, ils ont beau jeu de radoter. Mais ils n’ont aucune crédibilité. Ils n’avaient rien vu venir.

Comme les autres, du reste. La réalité, c’est que ni la gauche ni la droite ne se sont jamais préoccupées de la dette jusqu’à ce qu’elle leur explose à la face, avec les conséquences que l’on sait. Les seuls qui se soient inquiétés de longue date, ce sont les libéraux, et dans une moindre mesure, le MoDem de Bayrou en 2007. Reconnaissons-le. D’ailleurs, l’une des seules à avoir réussi à obtenir un budget excédentaire en partant d’une situation très dégradée, en Grande-Bretagne, c’est la très libérale Thatcher. La réduction de la dette, au Canada, ou surtout en Nouvelle-Zélande, a presque toujours été la conséquence de politiques libérales, menées par les conservateurs comme par les travaillistes. Tant que nous n’accepterons pas ce constat, nous continuerons à patiner dans notre gadoue.

Sarkozy, Berlusconi, l’Italie (ça rime)

Les Italiens sont furieux. Les médias italiens sont en transe ! Merkel et Sarkozy ont osé critiquer la gestion Berlusconienne des finances italiennes ! Retournement de situation paradoxal : les Italiens détestent Berlusconi, mais le défendent quasiment corps et âme dès que sa compétence est clairement mise en doute à l’étranger. Le stade suprême de l’aveuglement chauviniste. Les Italiens n’en semblent que plus ridicules. Mais le sommet du ridicule a été atteint au moment où Berlusconi est venu annoncer en direct à la télévision que Merkel avait présenté des excuses … ce que la principale intéressée s’est empressée de démentir…

Rappelons que la dette italienne est la 3e dette mondiale, juste après les USA (dont on connaît le gros, gros PIB, et la situation particulière liée au dollar), et le Japon (où la dette est en grande partie détenue par les japonais). Il n’y a pas de quoi se vanter. Et quand on connaît l’enlisement économique, moral, criminel et judiciaire du pays, il n’y a pas non plus de raison d’afficher un triomphalisme particuièrement prononcé.

J’étais en Italie tout l’été, et j’y ai suivi les cafouillages du Gouvernement italien bousculé par les marchés. J’y ai entendu la Lega Nord opposer son veto à toute réforme des retraites. Aujourd’hui, le vent a tourné, et les vestes avec. Tout ça est consternant. Mais rassurez-vous : pas de changement violent au programme, puisqu’on évoque l’horizon 2026.

Les meilleurs ennemis du monde

Autant Sarkozy a eu raison de s’en prendre à Berlusconi, autant il a eu tort de s’en prendre à Cameron. Certes, Cameron s’est montré critique vis-à-vis de l’Euro, mais il ne faut pas non plus oublier qu’il répond, en fait, à une demande nationale en ce sens, et qu’il est en première ligne pour défendre l’Europe au Parlement britannique ! Pris en sandwich entre Londres et Bruxelles, Cameron joue les équilibristes … non sans talent.

On comprends les griefs des dirigeants européens vis-à-vis de Cameron. Il a mené des réformes et une politique de rigueur autrement violente que les leurs, mais il reste nettement plus populaires qu’eux, et il est toujours jugé comme le plus apte à mener le pays, 3 ans après son arrivée au 10, Downing Street. Pas mal, non ? Autre motif de désaccord, la fameuse et éternelle taxe Tobin.

La taxe (pas) Trop-bien

Pourquoi les Anglais s’y opposent-ils ? Ils sont non seulement sensibles à des motifs idéologiques et d’efficacité économique, mais ils ont surtout en tête que 80% des transactions financières européennes passent par Londres. Ainsi, instituer la taxe Tobin reviendrait à taxer à 80% l’économie britannique. Pas très équilibré, non ?

Autre pays à s’y opposer : la Suède, ce fameux modèle de Social-Démocratie, en réalité converti au Libéralisme depuis la fin des années 90. Pourquoi s’y oppose-t-elle ? Il faut savoir que la Suède a déjà institué une taxe Tobin en 1992 … pour l’abandonner quelques années plus tard, après en avoir fait douloureusement les frais ! Si les Suédois qui ont essayé s’opposent à cette taxe, ne devrions-nous par les écouter ? Voulons-nous vraiment faire cette désastreuse expérience nous-mêmes ?

Dès que nous instituerons une taxe de ce genre, les flux financiers n’auront qu’à contourner notre région. C’est tout. On n’y gagnera rien. Pire ! « Lorsqu’on taxe les vaches, ce ne sont pas les vaches qui paient » . De même, ce ne sont pas les banques et les organismes financiers qui payeront cette taxe … mais les citoyens. Le coût sera répercuté sur le crédit, les transactions bancaires… Vous appelez ça la Justice Sociale ?

C’est un malheur que ni la Grande Bretagne ni la Suède ne soient dans l’Eurozone : malgré leur refus, rien n’empêchera nos autres troubadours d’instituer une pareille idiotie au sein de la Zone Euro. Nous allons bien nous étaler.

L’Europe s’en sortira

Cependant, je ne suis pas aussi pessimiste qu’Alboss. Je suis certain que l’Europe s’en sortira, comme toujours. N’oublions pas que l’Europe est un pur produit de volonté politique. Et rien ne pourra venir à bout de cette volonté. Je ne sais pas comment, ni dans quel état, mais l’Europe se relèvera, et trouvera assez de rustines pour colmater les fuites. La vraie queston est de savoir quelle efficacité elle aura, et quelle idéologie influencera ses bricolages. A entendre Mario Draghi compatir avec les « Indignés » , on est en droit de penser que la recherche permanente de boucs émissaires est loin d’être terminée. La politique de l’autruche aussi est loin d’être terminée.

Mais j’ai l’espoir que l’Europe en sorte la tête haute. J’attends d’elle qu’elle cesse de se mêler de l’angle de courbure des courgettes autorisées à la vente, et des ballons gonflables, et se concentre sur la libéralisation des économies et des sociétés, sur la synergie des politiques économiques et budgétaires, sur le principe de subsidiarité (selon lequel l’efficacité voudrait entre autres que la politique étrangère ou de défense européenne progresse fortement dans les années qui viennent, pour faire face aux défis du XXIe siècle, et redonner une voix à l’Europe, alliant soft et hard power, et réduisant les coûts par la Défense Européenne qui mettrait fin aux « armées bonsaï » dénoncées par Etienne Copel), et sur des bases plus démocratiques, ce qui comprend l’élection d’un Président de l’Europe, qui remplacerait à la fois Van Rompuy et Barroso, qui nommerait les commissaires européens selon la majorité en présence au Parlement Européen, et serait désigné au suffrage universel direct. Avec une véritable légitimité, un tel Président saurait peut-être faire cesser ce flux permanent de critiques des Etats cherchant à s’innocenter, envers des instances européennes impersonnelles.

Mais p’têt que je suis fou de rêver à ce point. P’têt que je suis trop optimiste. P’têt que l’Europe est foutue, et ses Etats (surtout) avec.

D’ailleurs, si certains de mes camarades blogueurs, tels Aurélien Véron, l’Hérétique, Alboss, Nicolas, Xerbias et les autres, veulent se livrer à une présentation de l’Europe « de leurs rêves » , qu’ils ne s’en privent pas. J’essayerai aussi de revenir sur le sujet … dès que j’aurai le temps. Parce qu’écrire des articles à 7h30 le matin ne me réussit pas forcément… :D

[Alboss] Comprendre la dette publique en un clic.

En ce moment, on est en mode vidéo sur ce blog. En suiviste de circonstance, je respecte le mouvement et je vous propose une vidéo que j’ai trouvé très intéressante. Elle traite de la dette publique pour nous en faire comprendre les tenants et les aboutissants en dix minutes à peine. Défi osé et, à mon humble avis de non-économiste, réussi (puisque j’ai compris). Ajoutons à cela qu’elle respecte une certaine cohérence par rapport à l’opération andouillette de Malaberg. C’est pas beau tout ça ?

A l’heure à laquelle je vous parle, certains sont attablés à Bruxelles pour sauver l’Europe dans un énième « sommet décisif » dont je souhaite de tout coeur l’échec. Il ne pourra de toute façon rien arriver de pire aux peuples européens qui souffrent de l’incompétence chronique de leurs dirigeants. Absolument rien ! Et pour ceux qui pensent que l’Europe telle que nous la connaissons et telle que nous la souhaitons n’est pas vouée à l’échec, le réveil sera rude. L’Europe court à sa perte et ces sommets ne font que retarder celle-ci.
Nico a menti, notre triple A n’est pas intouchable. La France n’est à l’abri de rien du tout et surtout pas de la récession qui va faire son grand retour dans notre pays comme dans bien d’autres. La France n’est plus qu’un pion (encore important) de l’échiquier financier européen et sera désormais pour toujours esclave de l’Allemagne qui est en train d’imposer une Europe allemande !  A défaut de pouvoir peser sur les décisions, Nico lèche les pieds à la grosse Merkel tout en ne ratant pas les bonnes occasions pour remettre en cause le résultat de son régime, ou encore de s’en prendre à plus faible que lui, David Cameron. Notre chef d’état n’a même pas l’élégance d’un bon perdant.

La pire chose qui puisse vraiment nous arriver, c’est que jeudi, après avoir bâclé le sommet de Bruxelles, Nico ne squatte pas notre soirée télévisuelle pour nous annoncer que nous devons nous préparer au sang, aux sueurs et aux larmes mais pour faire son numéro électoraliste. Il viendra surement mentir aux français une nouvelle fois, leur dire que c’est grâce à lui que l’Europe aura été « sauvée » ou encore leur faire croire à un statut intouchable de la France tout en se prosternant et se couchant avec bienveillance face aux agences de notation, et, bien sur, tapera sur les doigts de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie pour se défouler.
Qu’il vienne, qu’il nous dise qu’on va en chier, s’il en a le courage. Qu’il dise réellement ce que sera l’avenir sur le court terme pour les français (récession, chômage, appauvrissement, recul chronique du pouvoir d’achat, dégradation du niveau de la qualité de vie). Qu’il vienne, s’il en a les couilles. Qu’il vienne nous expliquer que tout le monde va devoir travailler plus pour payer les dégâts causés par une tempête dont lui et les gouvernements successifs qu’a connu le pays sont à l’origine. Qu’il vienne, s’il est un homme. Qu’il vienne nous faire culpabiliser pour des erreurs que nous n’avons pas faites !
Personnellement, je connais la réponse que je pourrais lui donner. Mais, comme je n’ai pas pour autant envie de voir passer la gauche en 2012, je m’abstiendrai.

Dans cette vidéo, il est ahurissant de constater que l’article 123 du traité de Lisbonne (prolongation naturelle de la loi du 3 janvier 73) combiné à l’irresponsabilité de nos gouvernements successifs nous ont obligés à nous endetter de 1300 milliards pour payer les seuls intérêts de nos emprunts ! Alors que sans cet article, notre dette publique serait inférieure à ce qu’elle était en 1980… Un traité de Lisbonne adopté malgré le refus des français au référendum quelques années plus tôt.

Bref, place à la projection ! Et si des économistes passent par-là, je veux bien leurs avis éclairés et éclairants, parce qu’il fait franchement sombre ici-bas.

Et maintenant que j’ai tapé sur Sarko, voyez que Hollande ne fait pas mieux… Sa réponse est elle aussi ahurissante et nous donne tellement de bonnes raisons de ne pas voter pour lui puisqu’il ne vaut pas mieux que Sarko sur ce dossier. Quitte à choisir, autant voter pour le meilleur des pires candidats. Comme je le dis depuis la fin des primaires, Hollande, quitte à être le candidat naturel de la gauche en est son candidat par défaut, mais Sarko, qui lui est le candidat naturel de la droite, sera président par défaut en 2012, pour la simple et bonne raison que la frilosité des français les empêchera de changer de capitaine en pleine tempête.

Berlusconi doit démissionner

Cette nuit, pendant que le Président du Conseil « à temps partiel » se livrait peut-être à l’une de ses galipettes nocturnes hors de prix, la note de la dette de l’Italie a été dégradée de 3 rangs. Aujourd’hui, entre deux pays en difficulté comme l’Espagne et l’Italie, c’est la crédibilité des dirigeants qui fait la différence. Et c’est sur ce terrain que l’Italie a perdu. Paradoxalement, le socialiste Zappatero a opté pour une politique économique pragmatique qui a sauvé l’essentiel, malgré des niveaux de chômage stratosphériques.

En Italie, c’est la cacophonie qui rêgne en maître. Face à la tempête de cet été, le Gouvernement a dû anticiper toutes ses mesures d’urgence. Il n’était désormais plus maître de son rythme de réformes, qui n’en étaient que moins crédibles qu’elles n’étaient pas spontanées. Et le chaos de la politique intérieure italienne a fini par aggraver encore la situation : hésitations, tergiversations, discensions dans l’opposition, un pas en avant, deux en arrière, deux en avant, trois en arrière, le tout en un pas de danse plus proche de la tectonique que du flamenco. Le Gouvernement italien navigue à vue, incapable d’imposer ses choix, et de prendre les mesures qui s’imposent dans un semblant d’unité, impression renforcée par l’incompétence manifeste des alliés de la Ligue du Nord, et l’irresponsabilité d’une bonne partie de l’opposition.
Pire : l’Italie est piégée par la personnalité de son Président du Conseil, empêtré dans des affaires judiciaires, et des scandales de moeurs, qui atteignent gravement l’image de l’Italie, déjà écornée par la Mafia (et les défaites au Ruby Rugby). Quand on déclare n’être premier ministre qu’à « temps partiel« , on ne peut pas prétendre rassurer des marchés déjà tendus.https://i0.wp.com/static0.7sur7.be/static/FOTO/pe/4/1/11/large_534056.jpg

Pour le bien de son pays, Berlusconi doit démisssionner, pour rendre possible le changement rapide nécessaire, tant du point de vue de la personnalité (un peu de sérieux et de sincérité) que des réformes (larguer le boulet « Lega Nord »).

L’idéal pour le pays serait un Gouvernement de transition autour de personnalités de bonne volonté, et pas forcément la convocation immédiate d’élections potentiellement déstabilisantes. Je verrais bien une équipe formée autour du « libéral » Gianfranco Fini de Futuro e Libertà per l’Italia, à la tête d’une coalition que reoindraient le éléments dextro-centristes du Popolo della Libertà non-berlusconien, la coalition des centres de Casini (Terzo Polo), et quelques bonnes âmes pragmatiques issus des rangs socialistes, le but étant de créer une forme de consensus pour tenir la barre pendant cette crise, en s’appuyant sur l’autorité du Président Napolitano, en attendant les prochaines élections.

L’idée de lâcher un Berusconi devenu un boulet pour son camp a fait son chemin : auparavant affiché en vedette sur toutes les affiches électorales locales (où le nom du candidat local n’apparaissait parfois même pas !), il a aujourd’hui disparu, au profit des candidats eux-mêmes, première étape de la dé-personnalisation d’un parti créé sur mesure autour de la personnalité du Cavaliere.

Pendant ce temps, on en vient à se demander quel sera le prochain pays sur la liste. Aurélien Véron suggère la France. Espérons que non, même si le démembrement de Dexia est un très mauvais signal. Avant de blâmer le système bancaire, peut-être est-il bon de rappeler que les banques sont dans cette situation parce que certains Etats ne sont plus en mesure d’honorer leurs engagements (ce qui est déjà grave dans le cas d’un individu, alors s’il s’agit d’un Etat !), ce qui est le véritable symptôme d’une véritable perte de véritable souveraineté, entendue au sens d’indépendance nationale. Et peut-être aussi parce que les banques et marchés financiers ont été trop généreux et optimistes en prêtant de l’argent que les Etats envisagent désormais de rembourser … en taxant ceux qui l’ont prêté, c’est-à-dire les marchés financiers. Le beurre et l’argent du beurre. Les marchés prêtent aux Etats et se font rembourser avec l’argent des taxes qu’on leur impose. Rigolo, non ? Non ?

DSK est de retour (et pas que lui)

Au cas où vous n’auriez pas été en contact avec la radio ou la télévision depuis plus d’une semaine, je vous rappelle les deux principales informations du moment : c’est la Rentrée (si, si), et DSK est rentré en France. Quant à moi, je suis rentré aussi, mais j’ai encore un peu de répit avant La Rentrée. Vous suivez toujours ?

Un superbe sujet de conversation autour de la machine à café peut être de spéculer sur les futures déclarations de DSK à la Presse (et sur la date de ces déclarations). En tous cas, c’est une attente qui plonge les médias dans une sorte de transe. Quant aux Français, je crois qu’ils commencent sérieusement à s’en foutre. Mais je finirai par croire que le fossé entre les préoccupations journalistiques et populaires s’accroît encore plus vite que celui qui sépare la finance de l’économie réelle.

Honnêtement, qu’attendez-vous des déclarations de DSK ? Qu’il avoue avoir violé une femme de chambre ? Attendez-vous de sensationnelles révélations ? Nous n’aurons rien d’autres que des propos convenus et parfaitement ciselés par une armada d’avocats et communicants. En bref, nous aurons du vent à peine brassé. Pas de quoi casser trois pattes à un canard.https://i2.wp.com/www.dessinateur.biz/blog/wp-content/uploads/2011/09/817_il_revient.jpg

Hier soir, j’ai regardé Ce Soir ou Jamais, l’émission culturelle (et légèrement bobo) de Frédéric Taddeï (la revoir en ligne). C’était assez drôle dans l’ensemble, surtout à propos de DSK. Surtout quand le duel verbal a opposé Raphaël Enthoven, arrogant et trop sûr de lui, et le génial Guy Sorman, oasis de sagesse libérale.

C’est Sorman qui a envoyé la première estocade. Il s’étonne de l’ « imposture DSK » , de l’attente messianique qu’a suscité l’ancien patron du FMI, considéré par beaucoup comme le meilleur économiste de France, auréolé de sa gloire toute FMIenne.  D’après l’auteur de Wonderful World, DSK n’a jamais rien apporté à la connaissance économique, ni en tant que professeur, ni en tant que ministre, ni même en tant que directeur du FMI. Celui que les Français attendaient comme le sauveur n’a jamais rien raconté d’original sur la crise, il n’a fourni que des explications réchauffées et conventionnelles.

Enthoven s’est soudain mué en grand défenseur d’une « présomption d’innocence » prétendument bafouée. Nous sommes tentés de lui répondre que ce principe est très visiblement à géométrie variable, et qu’il est certes visiblement plus confortable quand il s’agit d’un homme célèbre « de gauche » et moins souhaitable lorsqu’il s’agit d’un homme célèbre de droite (Woerth ? etc) ou d’un délinquant ordinaire accusé de viol dans sa banlieue… Par ailleurs, quelle vision de la Justice Enthoven défend-il ? Considère-t-il la justice (en tant qu’institution) comme l’alpha et l’oméga de la vérité ? Comme l’a déjà avancé Hashtable par le passé, la « présomption d’innocence » ou une quelconque décision judiciaire (humaine, donc faillible), n’empêche pas chaque individu de se forger sa propre opinion sur les faits, et d’en tirer ses propres conclusions. Le fait que Dreyfus ait été d’abord condamné n’a jamais -Dieu merci- empêché de croire en son innocence. De même en ce qui concerne l’affaire Outreau (qui fait l’objet d’un film glauque en ce moment au cinéma). Alors chacun est juge de penser ce qu’il veut quant à DSK. Puisque personne, à part les deux intéressés, ne saura jamais ce qui s’est passé dans cette chambre.

A ceux qui se plaignaient, avec des trémolos dans la voix, du lynchage médiatique de DSK, d’autres intervenants ont jugé bon de rétorquer que c’est DSK lui-même qui s’est exposé vis-à-vis de l’opinion publique, notamment à l’occasion de ce fameux (publi-)reportage de Canal+. S’il accepte de s’afficher dans son intimité, en train de cuire un steak avec son épouse, il doit aussi accepter d’être jugé sur ses frasques privées. DSK ne récolte que ce qu’il a semé. Il aurait été plus judicieux de s’inspirer de Martine Aubry, qui a toujours résisté à la mise en pâture de sa vie de couple.

Autre débat, celui sur la « théorie du genre » . Entendre un sociologue répliquer promptement au médecin Bernard Debré que « le sexe chromosomique ne correspond pas toujours au sexe gonadique, qui ne correspond pas toujours au sexe phénotypique » vaut son pesant d’or. Il suffit d’avoir suivi des leçons de Biologie de Lycée pour savoir que c’est un non-sens total.

J’avoue que j’ai pouffé aussi quand j’ai entendu Enthoven placer une critique du « pouvoir des marchés » dans un débat sur le traitement médiatique de l’affaire DSK. Il ne manquait plus que le Libéralisme, la Mondialisation, et l’Impérialisme Américain, et on aurait eu droit à toutes les tartes à la crème boboïsante. Très drôle. (Très prévisible)

Très drôle, mais pas aussi drôle que l’intervention de ce cher « Khmer Vert » , Fabrice Nicolino, intervenu dans le débat sur l’accroissement des inégalités avec ses thèses écolo-malthusiano-catastrophistes, accumulant les sentences péremptoires à la manière de plus dogmatique des évêques intégristes, gratifiant même Guy Sorman d’un double « vous ne savez pas de quoi vous parlez » , argument de haute voltige intellectuelle, à propos du développement des pays du Tiers-Monde. Il suffit pourtant de lire (ou relire) L’économie ne ment pas (traduit en une dizaine de langues) pour se persuader du contraire. Sorman sait parfaitement de quoi il parle.

Du reste, je trouve toujours aussi drôle de voir que les inégalités sont toujours le principal sujet de préoccupation des polémistes et autres troubadours télévisuels. Plus que l’écart relatif entre les plus riches et les plus pauvres, ce qui me préoccupe par-dessus tout, c’est le sort en absolu des plus modestes. En d’autres termes, je préfère que les inégalités relatives s’accroissent lorsque toute les couches sociales s’enrichissent (dont les plus modestes), plutôt que de les voir diminuer alors que touts s’appauvrissent (mais les plus riches s’appauvrissent plus vite que les plus modestes, la bonne affaire). Nivellement par le haut ou par le bas, voilà l’alternative. Avant de s’inquiéter des inégalités relatives, inquiétons-nous de la pauvreté dans l’absolu. Et rappelons-nous aussi que les plus modestes des Français font encore partie des 10% les plus riches de la planète. Voilà qui remet les choses en perspective.

Le débat n’est cependant pas nouveau. Il me rappelle la célèbre citation de Winston Churchill : « Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère » . Ou encore cette réponse de Margaret Thatcher à l’opposition, qui reprend mon raisonnement…

En attendant, rentrez bien, et allez investir dans l’or.

[Et découvrez plus de dessins humoristiques sur le blog de Na!]

[Malaberg] Elle est I-N-D-E-P-E-N-D-A-N-T-E

Qu’on se le dise. Non, mais.

Quoi encore ? de qui je parle, c’est ça ? Mais de la banque centrale européenne, enfin ! C’est écrit dans le traité de lisbonne (et celui de maastricht aussi je crois) la banque centrale européenne est INDEPENDANTE. Qu’est ce que ça veut dire ?

Bonne question. Je pense que ça doit vouloir dire qu’elle est indépendante de toute pression politique. Bigre alors. Un organe politique et économique extrêmement puissant comme une banque centrale, mais indépendant ! Qu’est ce qu’il fait alors ? Bah, ce qu’il veut, je crois. Ou plutôt, ce que ceux qui dirigent la BCE veulent. (en l’occurrence ils sont tous de droite mais bon… Il parait qu’ils sont indépendants.)

L' »indépendance » de la BCE, ça veut dire renoncer à toute action sur le dieu nomme « lémarché » et qu’on lui laisse faire ce qu’il veut. Normal, c’est un dieu. D’ailleurs, « lémarché » est indépendant, aussi, c’est bien connu, Lémarché est infaillible, il corrige tout de lui même.

L’indépendance de la BCE, ça veut dire qu’elle n’est pas soumise au gouvernement, donc théoriquement au peuple, non. Ca veut dire que c’est le peuple qui est soumis aux banques, puisque ce sont les banques qui font la politique, dorénavant ! Mais ça, c’est pas nouveau n’est ce pas ?

Et la démocratie ? Elle est où, dans tout ça ?

[Malaberg] La dette aux commandes !

Le problème de la dette grecque, mais pas seulement, est expliqué dans ce merveilleux documentaire, Debtocracy. Il peut y avoir de temps en temps quelques cafouillages dans les sous titres, mais ça n’enlève rien à la qualité du documentaire. (N’oubliez pas d’afficher les sous titres, à moins que vous ne parliez couramment grec, espagnol, anglais…)

on peut le trouver aussi sur youtube (pbs de sous titres parfois) ici

Une question me vient à l’esprit après l’avoir vu : quelle est la légitimité d’une dette comme celle de la France contractée principalement pour enrichir des gens qui n’en ont pas besoin ? (exonération de charges, niches fiscales, réduction d’impôts sur les plus hauts revenus, dans le meilleur des cas investissement dans des structures qui ne serviront qu’à la couche supérieure de la population…)

Est ce au peuple de payer la dette contractée pour les plus riches ? Est ce que vraiment, nous vivons comme on l’a si souvent entendu dire « au dessus de nos moyens » ?

Un peu de Libéralisme en vidéos

Pour parodier le slogan d’une célèbre publicité, il fait trop chaud pour écrire de longs articles bien solides. J’ai bien pour projet de commenter le projet de Xerbias pour 2012, et j’ai bien une dizaine de sujets à aborder un jour ou l’autre, mais là, je ne suis pas suffisamment inspiré. J’attends encore l’élan lyrique.

Cela dit, je vous propose quelques vidéos pour passer le temps.

Je suis de ceux qui avaient beaucoup de difficulté à appréhender le sujet de philo « peut-on avoir raison contre les faits ? » . En effet, je suis plutôt attaché au pragmatisme : ce qui fonctionne le plus efficacement est souhaitable, en toutes circonstances. C’est pas tout-à-fait de l’utilitarisme (trop froid, mécanique, et insuffisamment nuancé), mais on y est presque. C’est selon ce principe clé du pragmatisme que je me définis comme un Libéral. Plus encore qu’une convergence avec un système de valeurs, c’est avant tout le pragmatisme qui m’a rapproché du Libéralisme. Je reste convaincu que le Libéralisme est le système économique et sociétal le plus efficace que l’homme ait imaginé.

Besoin d’une confirmation ? Visionnez plutôt cette courte mais très efficace démonstration de l’impact de la liberté économique sur la prospérité des nations, et le bonheur des populations (via Ordre Spontané).

Certes, ces classements de « Bonheur Intérieur Brut » ne sont pas un indicateur parfaitement satisfaisant, comme l’a expliqué H16, mais tout compte fait, il ne faut pas oublier que ça reste un moyen très efficace et difficilement réfutable de démontrer statistiquement l’importance de la liberté économique, et les bienfaits du Libéralisme. Alors que le Libéralisme est partout décrié, critiqué, contesté, conspué, accusé de tous les maux, nous ne pouvons pas négliger l’importance de cette vulgarisation et de ce type de démonstration.

En parlant de vulgarisation, je profite de l’occasion pour partager avec vous ces deux autres vidéos particulièrement sympathiques. Il me semblait l’avoir déjà fait, mais ce n’est peut-être pas le cas finalement. Au pire, prenez ça comme une piqûre de rappel. Voici une initiation ludique à l’opposition entre les théories de Keynes et Hayek. Le tout en musique. Merci à Hashtable pour la trouvaille.

Si vous voulez quelque chose de plus sérieux, ne manquez pas cette autre vidéo de vulgarisation, pour enfin comprendre la théorie des avantages comparatifs de Smith, meilleur antidote aux tentations protectionnistes (merci à Ecointerview).

Et j’ai comme l’impression que toutes les vidéos de cet utilisateur sont à suivre de près.

Les succès du pureplayer libéral Contrepoints se font chaque mois plus éclatants. C’est un réel plaisir que de voir ce site grandir, et gagner en assurance et en qualité au fil des mois, et ce, depuis que j’ai la chance de le connaître. J’y ai beaucoup appris, sur l’économie, la philosophie, l’actualité, et l’histoire. Ce site est une vraie mine d’or, loin de la légèreté de la plupart des sources d’informations du Web français. Cette réussite n’est-elle pas le signe d’un retour en force des idées libérales, alors que ces dettes publiques, sans cesse dénoncées, en vain, par ces mêmes libéraux, pendant des années, commencent à devenir un sujet de très (très) grande inquiétude pour tous ? En tous cas, je ne sais pas si ce n’est qu’une impression, mais je vois naître de plus en plus de site, et l’apparition d’un camp longtemps totalement désert, en France : celui des Libéraux Conservateurs. Je n’irai pas jusqu’à dire que je suis toujours d’accord avec eux (la partie « conservatrice » me gêne toujours autant, sur de nombreux sujets, et je me définis davantage comme un Libéral dextro-centriste que comme un Libéral Conservateur ou un Libéral de Gauche), mais tous ces mouvements seront intéressants à suivre. A condition que les vrais partis libéraux ne cèdent pas, comme semble le faire Alternative Libérale, aux sirènes d’ARES (Républicaine, Sociale, Écologique, presque comme le Parti de Gauche, vraiment, Mégalol), ce mouvement qui est TOUT, sauf vraiment Libéral (même s’il attire aussi des sympathisants très sympathiques). La preuve :

« … À l’Alliance, nous n’envisageons une sortie de crise que par une relance économique, industrielle, agricole, par la cohésion sociale, par de grands projets européens, par le retour des banques au financement de l’activité réelle, par le respect de l’autre. . patati patata » (Borloo, cité par Daniel Tourre).

Et c’est sur ces tristes mots que nous terminerons ce pot-pourri, qui ne devait -initialement- être qu’un chapelet de vidéos.

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