Le libéralisme au pouvoir ?

Le libéralisme porte en lui la plupart des solutions aux difficultés actuelles du pays. On le sait, on le dit, on en débat… Mais pour appliquer ces idées, il faut arriver au pouvoir. Prenons-nous quelques instants à rêver… Quels sont les scénarios envisageables ?

Le scénario Margaret Thatcher

Une personnalité iconoclaste et aux idées libérales profondes et sincères impose sa différence au sein du principal parti de droite (ouais, l’UMP), et change totalement la doctrine de son parti. Le Parti Conservateur avant Thatcher était devenu, à l’image de l’UMP, un parti social-démocrate mou et complaisant, incapable de heurter les sensibilités syndicales ou de renouveler sa pensée économique. Au début, personne n’imaginait que Thatcher pourrait s’y imposer. Et pourtant, elle l’a fait, en ramenant tout le parti vers un discours authentiquement libéral. Même si les libéraux n’aiment généralement pas les hommes et femmes providentiels, une telle révolution implique de trouver un leader suffisamment charismatique, déterminé, et intransigeant, capable de rassembler autour de lui.

Probabilité ? Actuellement très faible. J’ai beau chercher des personnalités libérales de carrure présidentielle à l’UMP, je n’en trouve pas. Personne n’a cette force, cette légitimité, et cette force de conviction qui sont nécessaires. C’est une impasse. Les grands partis français sont tellement pétris de piston et de copinage que pour y grimper, il faut soit abandonner ses convictions pour adopter la bouillie officielle, soit être très fortement pistonné. Pas le meilleur moyen de faire émerger une personnalité nouvelle et capable de transformer le parti. Parmi les militants de l’UMP de base, beaucoup sont sensibles aux idées libérales, ou pourraient facilement s’y convertir si les idées libérales étaient un peu mieux connues et diffusées au sein de la société. Mais les dirigeants du parti y sont hermétiques, et la plupart des militants suivent par panurgisme.

Le scénario Ron Paul

A défaut d’infiltrer le parti de la droite majoritaire, une autre solution consiste à garder son indépendance, de former un parti ou un courant fort dont le but serait de doubler l’UMP. Ce parti, qui pourrait être le PLD, devrait faire parler de lui, faire une promotion incessante des idées libérales, abattre l’épaisse muraille de mensonges qui l’entoure, et progressivement gagner en gallon au sein de l’opinion, par des idées simples, concrètes, qui répondent aux inquiétudes des électeurs. Rien n’empêche de participer ensuite à une éventuelle primaire de toute la droite, à l’image de Ron Paul aux primaires GOP. Le but est de devenir calife à la place du calife, et de dépasser la droite traditionnelle.

Probabilité ? Faible. Les partis, think-tanks et associations libérales peinent encore à s’imposer, notamment du fait d’un certain individualisme ancré chez les sympathisants libéraux français. Il est grand temps que toutes ces initiatives louables fassent ENFIN l’effort de se rassembler dans un unique grand mouvement, un parti qui représenterait les différentes sensibilités libérales sans les écraser (libéraux-conservateurs, libéraux centristes, libéraux de gauche, libertariens, voire droite humaniste et moderne), en mettant l’accent sur ce qui rassemble tous ces militants de la liberté. Les think-tanks auraient un rôle à jouer pour constituer un projet libéral fort, avec de nombreuses propositions pédagogiques dont on aura pris le soin de démontrer l’efficacité lorsqu’elles ont été appliquées dans d’autres pays. Les associations seraient le bras armé de l’ensemble, et se concerteraient un peu mieux, uniraient leur force plutôt que de se parasiter ou se marcher sur les pieds. L’Union des Libéraux, que j’ai vue naître, mais que je n’ai malheureusement pas eu le temps de suivre de près depuis, va dans le bon sens. Arrêtons de nous éparpiller, et rassemblons les libéraux existants, histoire d’en convaincre d’autres plus efficacement.

Le scénario Mario Monti

On ne discutera pas ici du degré de libéralisme de Mario Monti (toujours largement plus satisfaisant que celui de toute la classe politique française ensemble), mais plutôt de la manière dont il s’est imposé dans la politique italienne. La France déteste le changement, même si elle le réclame sans arrêt. Dans l’histoire, chaque changement de régime a accompagné une crise violente ou le chaos (Révolutions, défaites militaires en 1870 et 1940, guerre d’Algérie…). Autant les Britanniques savent évoluer avec l’histoire sans trop d’à-coups, autant les Français ne réagissent qu’au dernier moment. Pour que la France accepte le remède libérale, il faut soit, comme le prédisait Hayek, « que le monde entier soit converti«  , soit qu’on ait fini de foncer dans le mur, qu’on se soit écrasé dedans, et qu’on y soit encastré à la manière d’une compression de César. A ce moment là, même plus dos au mur ou au bord du ravin, mais carrément dans le mur et en chute libre, les Français comprendront peut-être, ou on leur imposera de l’extérieur, qu’il convient de tout changer dans notre manière de voir le monde et notre économie. Ce jour-là, dégoûtés par l’incompétence manifeste des politocards (énarques, rentiers de la politique, personnes dénuées de tout contact avec la réalité de la société), les Français se retourneraient, enfin, vers la société civile et les forces vives de la nation (entrepreneurs, professions libérales, salariés, artisans, classes moyennes et même ouvriers) qui ont supporté depuis des dizaines d’années le poids délirant de la fonction publique et du « modèle français » . N’étant pas des politiciens de carrière, ne dépendant pas de leur réélection pour gagner leur vie, ces membres de la société civile pourraient enfin réformer le pays, et le remettre sur de meilleurs rails.

Probabilité ? Forte. Actuellement, aucune mesure n’est prise pour éviter le désastre qui s’annonce. Aucun politicien ne semble à la hauteur, ni à droite ni à gauche, ni au centre, pour éviter le naufrage. A moyen ou long terme, la situation sera totalement détériorée, et la France sera la risée de toute l’Europe qui aura pris le temps de se réformer, même marginalement. Ce jour-là, l’échec du socialisme et de la sociale-démocratie éclatera définitivement (?) au grand jour. Il sera temps de réparer les dégâts. Une fois de plus, le sale boulot est pour les libéraux.

La droite la plus nulle du monde…

Plus je suis le combat des chefs à l’UMP, et l’affrontement (hélas plus discret, mais pourtant plus vital à long terme) des motions, plus je suis renforcé dans mon impression que nous subissons en France la droite la plus bête du monde.

D’après un sondage, certes contestable mais que nous considèrerons comme suffisamment fiable pour être commenté, la motion de la « Droite Forte« , grosse mixture infâme d’idées nébuleuses ayant pour seul vecteur commun et comme unique argument sa filiation inconditionnelle à Sarkozy, arriverait en tête chez les sympathisants à UMP (et il y a fort à parier que ce soit d’autant plus vrai parmi les adhérents UMP).

Ici, afin de remplir les critères de qualité de tout blog ou pureplayer qui se respecte (à défaut de respecter ses lecteurs), il me faut vous rappeler que Guillaume Peltier est passé par le FN, et qu’il s’agit donc de toute évidence d’un monstre sans coeur qui mange encore plus d’enfants rôtis qu’un ultralibéral, au mépris de son mauvais cholestérol. Placez ici les huées et les sifflets. Je ne sais pas si les journalistes doivent absolument placer certains clichés ou mots-clés dans tous leurs articles pour faire gagner des points à leur rédaction dans la course joyeuse de la presse vers la nullité, mais le passé de Peltier est systématiquement rappelé avec une rigueur et un sérieux que l’on souhaiterait voire appliqués à d’autres sujets.

Certains, affolés par toute référence sauvage au FN, chouette épouvantail de la vie politique française, en viennent même à me confier que si Peltier domine l’UMP, les militants porteront bientôt des chemises brunes. Rien que ça. Je pense même que Peltier se laissera pousser une jolie moustache, que les UMPistes défileront au pas de l’oie (les Français marchent déjà au trop de lois), et organiseront des marches au flambeau, paradant sous des oriflammes aux couleurs inspirées par le Guide, qui rappelleront les heures les plus sombres de notre histoire, Maréchal nous voilà.

Je ne peux pas blairer Peltier. Ce n’est rien d’autre qu’un carriériste démagogique, opportuniste, et insipide jusqu’à l’extravagance. Maintenant, j’aimerais bien qu’on l’attaque sur autre chose que son passé ou sur sa personne : il y a suffisamment de quoi faire si on s’attarde sur ses idées ou son absence d’idées. Mais un passage à l’extrême-droite vous marque au fer rouge, et vous tricote sur le blouson une petite étoile FN pour qu’on puisse vous identifier de loin et se boucher le nez. Osez parler de Novelli ou Madelin : on vous parlera de leurs conneries de jeunesse. Et c’est sans parler de Fini en Italie… Pas de rachat possible. Paradoxalement, le passage chez les trotskistes et autres maoïstes de certains responsables socialistes ne semble pas avoir pesé sur leur carrière. Oui, mais ils sont de gauche, alors c’est tellement mieux, ça part d’un bon sentiment, c’est bisou-compatible.

Bref, revenons-en à nos moutons et à nos motions. En tête, une soupe insipide. Dommage que Camille Bedin, dont certaines interventions me semblaient pertinentes et modernes, soit allée se perdre dans les méandres de la « Droite forte ». Même si la domination de cette dernière risque de s’étioler au cours de la campagne, lorsque les militants prendront conscience du fait que cette motion surfe uniquement sur la référence à Sarkozy, on ne peut que constater la faiblesse des autres motions.

La droite moderne et humaniste rassemble des centristes, des humanistes, et quelques libéraux égarés. Dommage que les quelques libéraux sincères de l’UMP soient mêlés à des personnalités aussi molles que Raffarin… Du reste, il n’est pas impossible de trouver quelques libéraux à la Droite sociale, dans la mesure où Wauquiez, entre deux refrains séniles sur le protectionnisme, se pose en défenseur des classes moyennes contre l’assistanat, ainsi que d’autres brebis égarées à la Droite Populaire populiste. Bref, vous avez compris : les quelques libéraux sont partout et surtout nulle part.

Ce Congrès est bien parti pour confirmer ce que nous présumions déjà : les libéraux de l’UMP sont totalement incapables, infoutus de se rassembler, de se concerter, et de rester soudés pour peser, au-delà de leurs quelques divergences (les uns teintant leur libéralisme de conservatisme, les autres d’humanisme). Conclusion ? Les libéraux continueront de compter pour du beurre, voire de la margarine, puisqu’ils seront perdants dans tous les scénarios. Félicitations, messieurs !

Un petit mot quand même sur le combat des chefs… Très drôle de voir comment Copé s’est arrangé pour fabriquer un duel, en écartant systématiquement les autres potentiels candidats par des règles et des complications paperassières dignes du Kremlin. Mais encore plus drôle de voir que l’UMP est devenue tellement anti-libérale que le terme de « libéral » y est devenu une insulte, qu’on utilise pour blâmer son adversaire… C’est ainsi avec une certaine circonspection que j’ai entendu Estrosi qualifier Copé et ses proches de « libéraux anti-gaullistes » et les copéistes répliquer en disant que non, non, c’est Fillon le plus libéral, et pi c’est tout.

Quand le fait d’être soi-disant libéral devient une tare, un reproche, un défaut, au sein même du principal parti de droite, on a toutes les raisons de s’inquiéter. Ajoutons à ce constat le fait qu’évidemment, ni Fillon ni Copé n’est libéral. Pas pour deux sous. Nous avons la droite la plus nulle du monde.

Si Fillon semble bien parti, et plus populaire dans l’ensemble de la population, il ne faut pas négliger la forte fidélité au chef qui continue à exister parmi les militants UMP. Du reste, s’ils choisissent de désigner Copé comme leur leader, ils commettraient un suicide politique de l’ampleur de la désignation d’Eva Joly face à Nicolas Hulot… Le choix du repli sur soi, la préférence accordée au clan, le refus de l’ouverture. Tiens, ça ressemble aussi sacrément à la doctrine économique de l’UMP.

Le plus drôle du plus drôle serait que la Droite forte, aux relents fortement copéistes, soit majoritaire, et que Fillon devienne président. Savourez la contradiction.

Fillon ou Copé, Droite forte, molle ou populaire, les libéraux sont inaudibles, et la droite est nulle. Et on attend toujours la Thatcher française.

Républicain, démocrate, libéral

Samedi, j’ai suivi le débat, sur On N’Est Pas Couché, entre Christophe Barbier et les polémistes de Ruquier.

Selon l’éditorialiste, être républicain est plus important qu’être démocrate. Il défend les prétendues valeurs républicaines, et estime qu’aucun référendum ne doit pouvoir venir renverser certaines de ses valeurs. Ainsi, il rejette l’idée d’un référendum sur la peine de mort. A son avis, son abolition est un acquis républicain, qui ne doit pas être contesté, même si une majorité démocratique le souhaite. Il constitue un sanctuaire de valeurs républicaines intouchables. Je suis un farouche opposant à la peine de mort, mais l’idée même de décréter que certains débats n’ont pas lieu d’être en République est hautement problématique. Qui décide quelles sont ces valeurs sanctuarisées ? Qui place la borne entre le sacré et le profane ? Qui décide ce dont on doit discuter démocratiquement, et ce qu’on ne peut évoquer ? Si on décide un jour que le socialisme ambiant est un acquis de la république, aucun choix démocratique ne pourrait venir le contester. Est-ce légitime ?

Cela dit, placer l’abolition de la peine de mort dans le lot des valeurs intouchables de la République, c’est assez loufoque. La République, après la Révolution Française, est née dans l’application effrénée de la peine de mort par guillotine. La République s’est accomodée, la plus longue partie de son histoire, de la peine de mort. Du temps de De Gaulle, Pompidou, Giscard, la peine de mort n’était pas abolie. Ces hommes-là n’étaient-ils pas républicains ? Bref, bizarre, cette vision élitiste des choses. Dans le cadre duquel une minorité voudrait imposer son point de vue comme un dogme.

Faut-il être d’abord républicain, ou démocrate ? Si être républicain signifie sanctuariser certains sujets, imposer des dogmes commodes, et réécrire une histoire républicaine, je suis démocrate. Le Royaume-Uni n’est pas une République, mais c’est une démocratie, une grande démocratie, depuis beaucoup plus longtemps, et avec beaucoup plus de régularité que la France.

Et si j’étais avant-tout libéral ? Une démocratie sans libéralisme (au moins économique), c’est fort possible. Le libéralisme (dont le libéralisme politique) sans démocratie, c’est quasiment impossible. Quitte à choisir, autant demander le libéralisme. On a la démocratie garantie. Quant au républicanisme, il n’a rien d’indispensable a priori.

Mauvaise foi, protectionnisme, peur, et consternation

Une présidentielle consternante vue par un libéral (très) consterné.

Mauvaise foi

Les courbes semblent se croiser, les socialistes ont peur. Et quand les socialistes ont peur, ils abattent leur carte « Mauvaise Foi Absolue » . Il suffit qu’un sondage, soudain, leur soit défavorable, pour que les sondages deviennent peu fiables, nuls, inacceptables, truqués, pourquoi pas, je l’ai lu aussi. Jusque là, le militant PS de base refaisait quasiment la tapisserie de sa chambre avec les sondages donnant Hollande à 62%, et les sortait à tout bout de champ. Mais quand les sondages arrangent moins, confirment moins dans leurs attentes nos petits socialistes, les voilà qui retournent leur veste et s’insurgent…

Plus que le score dans l’absolu, qui est éminemment variable et soumis à une variabilité naturelle, je rejoins Buisson quand il dit que c’est la dynamique qui compte. Et elle est du côté de Sarkozy. Quoi qu’on en pense, deux hommes réussissent leur campagne : Sarkozy à droite, et Mélenchon à gauche. Autant dire que Hollande, qui a le charisme d’une seiche, est pris en tenaille. Celui qui n’avait été choisi que par défaut, et pour éviter Sarkozy, se fissure avec délectation.

En parlant de Mélenchon, on peut dire que ses militants ne sont pas exempts non plus de mauvaise foi. A leur sens, les sondages sont une incarnation de Satan, ou, pardon, du Capitalisme Mondialisé Pas Beau, qu’il convient de dénoncer avec un couteau dans la bouche. Mais quand ils montrent la progression indiscutable de leur champion, ils sont les premiers à avancer les sondages pour mettre le phénomène en exergue…

Protectionnisme

Alors Sarkozy s’engage de plein pied dans une sorte de protectionnisme européen. Les libéraux finissent de s’étrangler. Les Réformateurs, les Libéraux de l’UMP (où ce qu’il en reste) marchent sur des œufs de caille. Bayrou fait mieux : il réplique que ce qui compte, c’est de produire en France, pas en Europe. Le voilà qui défend une vision encore plus radicale : le protectionnisme franco-français. Dire que certains libéraux ont décidé de le soutenir ouvertement… Le message libéral, déjà faible, est encore dénaturé, brouillé. On est surpris de constater (COUCOU LES LIBÉRAUX) que Bayrou peut se montrer encore plus arriéré et protectionniste, encore plus illibéral que Sarkozy. Les dernières chances pour que je vote Bayrou se sont sans doute évanouies.

Bayrou : « je m’oppose au Buy European Act, en France c’est notre appareil de production qui compte »

Peur

Sarkozy tiendra vraisemblablement son tout dernier meeting de campagne à Nice, le 19 ou le 20 avril. Belle reconnaissance pour un département ultra-sarkozyste, encore aujourd’hui. De son côté, il semblerait que Hollande ait peur. Le PS local souhaiterait que le déplacement de Hollande dans la région s’accompagne d’une véritable rencontre, une prise de parole, une forme de meeting. Mais l’équipe de Hollande n’est pas chaude. Peur d’être chahuté, de recevoir un mauvais accueil. Si Hollande a déjà peur de se déplacer dans certaines des plus grandes villes de France, comment va-t-il se comporter dans les rencontres internationales, et face aux situations de crise ? Dans un coin peu acquis à la cause socialiste, Hollande devrait au contraire rendre hommage au courage de ces militants qui continuent à se battre pour leurs idées, et affrontent une situation fortement défavorable. Mais Hollande préfère faire de belles images, comme lors de sa rencontre foireuse, manipulée, truquée et compassée avec des internautes acquis à sa cause. Ridicule. Cet homme est ridicule.

Consternation

Arthaud, Poutou. Nous aurons donc 2 candidats trotskistes. Mélenchon. Nous aurons un candidat communisto-trotskiste. Marine et NDA. Nous aurons deux marxisants de « droite » . Sarkozy, Bayrou, Hollande. Trois candidats dirigistes-étatistes-protectionnistes-socialistes. Passons les autres. On a failli même avoir un candidat du « Parti du Plaisir »… AUCUN, je dis bien AUCUN libéral.

Les Libéraux gouvernent, participent à la majorité, ou influencent fortement la politique des gouvernements d’Espagne, d’Italie, du Royaume-Uni, d’Allemagne, de Pologne, du Canada, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, etc. etc. En France, je ne demande pas d’avoir autant de candidats libéraux que de candidats trotskistes ou communistes, je ne prétends pas les voir gagner d’emblée, ni faire 10% comme Mélenchon. Je prétends en avoir UN, UN SEUL. UN petit candidat dont je puisse dire « je suis d’accord avec lui, et il aura mon vote enthousiaste » , comme Madelin, en 2002, si j’avais pu voter.

Je ne comprends pas qu’on en soit là. Mais je crois que j’écrirai un article pour tenter d’expliquer la situation catastrophique du Libéralisme en France, un de ces jours. En attendant, si vous pouvez, rejoignez cette belle rencontre organisée aujourd’hui par le PLD, ou suivez-la via les réseaux sociaux.

Et aux Législatives, préparez-vous à voter pour les candidats Libéraux.

Guy Sorman et la légende du MITI

Dès 1984, et je ne parle même pas de Georges Orwell, le libéral Guy Sorman avait constaté l’utilisation à tort de l’exemple japonais pour justifier l’intérêt d’un Etat stratège. Aujourd’hui, c’est l’Hérétique qui en parle.

L’État en raison de ce qu’il est en France, doit être stratège. […] Dans les grandes réussites économiques du siècle, chaque fois qu’un pays a su se transformer rapidement, son État, quand il existe, a joué le rôle d’aiguillon et de fédérateur. Tout le monde sait, je pense au MITI japonais, l’agenda que l’Allemagne s’est donnée au début des années 2003/2004 qui a abouti en 2009/2010, et en France plus qu’ailleurs, il en a toujours été ainsi. […]

Je m’empresse de dire que « stratège » ne veut pas dire, comme en grec, commandant en chef. Cela ne veut pas dire : je décide, ils exécutent. « Stratège » cela veut dire un État qui se sent en charge de faire partager un plan de bataille et qui se donne pour tâche de convaincre les acteurs.

L’organisme qui était chargé de préparer et de porter la stratégie existait. C’était le Commissariat au Plan.

Il m’a rappelé cet extrait, que je vous retranscris : il est encore d’actualité en 2012, et permet d’y voir plus clair sur ce sujet…

Au Japon, l’État passe la main

Le voyage au Japon a pour les économistes, les responsables politiques ou les patrons, un parfum initiatique. Chacun vient ici pour découvrir l’explication du miracle de la croissance et pense généralement le trouver au M.I.T.I., le Ministère de l’Industrie et du Commerce extérieur. Le M.I.T.I. est à l’origine d’une vaste littérature qui, après une visite sur place, paraît relever du fantasme, plus que de l’observation économique concrète. Les responsables du M.I.T.I. sont aujourd’hui les premiers à l’admettre. Si l’on en croit cette mythologie, ici, des hauts fonctionnaires superbement intelligents, recrutés à la sortie de l’université de Tokyo, l’E.N.A. du Japon, définiraient les voies de l’avenir et persuaderaient les chefs d’entreprise de s’y rallier au prix de quelques tasses de thé vert. Cette parfaite concertation entre l’Administration et le monde des affaires, autour d’objectifs communs, expliquerait la plus spectaculaire réussite économique de tous les temps. Ainsi, en 1982, François Mitterrand, de retour du Japon, déclarait qu’il fallait un M.I.T.I. français et confiait cette responsabilité à Jean-Pierre Chevènement. Au Etats-Unis, au cours de la campagne présidentielle de 1984, Gary Hart et Walter Mondale ont demandé la création d’un M.I.T.I. américain. Naturellement, entre temps, le M.I.T.I. japonais avait changé radicalement de nature.

Taizo  Kokoyama, responsable du développement international, reconnaît que cette mythologie occidentale du M.I.T.I. pourrait trouver son origine dans les années 60. A l’époque, le retard du Japon était tel que les objectifs de la croissance étaient parfaitement évidents. Il suffisait de rattraper ceux qui étaient devant : les entreprises européennes et américaines. L’avenir était écrit ailleurs, et la planification par le M.I.T.I. relevait du mimétisme plus que de la science économique. Mais dès l’instant où le Japon eût rattrapé ses concurrents, l’avenir n’était plus écrit nulle part et le M.I.T.I. commença à se tromper lourdement. Akyo Morita, le fondateur de Sony, aime à rappeler comment, dans les années 60, le M.I.T.I. lui expliqua qu’il n’y avait pas d’avenir dans l’électronique de grande consommation. Autre exemple célèbre : dans les mêmes années 60, le M.I.T.I. tenta en vain de persuader Nissan et Toyota de fusionner, prévoyant une récession dans le secteur automobile…

Les M.I.T.I. s’est donc reconverti depuis plusieurs années déjà en une sorte de centre de réflexion, même si apparemment la nouvelle n’a pas encore filtré à l’étranger. Des fonctionnaires méditatifs et des patrons en retraite y élaborent on ne peut plus posément des scénarios fu futur et des stratégies de repli pour les secteurs en difficulté, à la manière du Commissariat au Plan français. Mais surtout, le M.I.T.I. a désormais décidé de venir renforcer l’économie libérale en jouant les initiatives dispersées plutôt que la planification centralisée. Il a ainsi ouvert dans tout le Japon des « Collèges pour petits patrons » afin que ceux-ci puissent se perfectionner dans les techniques du management et multiplier les aventures industrielles. Là réside, selon Taizo Yokohama, le nouveau modèle japonais.

Il faut cependant s’interroger sur cette pérennité du mythe du M.I.T.I., en contradiction flagrante avec la réalité récente. La réalité et sans doute que les Japonais fournissent, malgré eux, une sorte de caution aux amateurs de politiques industrielle et de planification centralisée. A tous les libéraux qui prétendent que l’avenir n’est écrit nulle part, ils opposent qu’au contraire, l’avenir est planifiable : voyez les Japonais ! La politique industrielle, en plus de sa séduction intellectuelle -elle rassure-, présente des charmes politiques incontestables. Elle permet aux gouvernements de favoriser certaines régions ou certaines professions, ce qui peut être d’un grand profit électoral.

La vraie leçon japonaise est donc que la seule politique industrielle qui vaille consiste à préparer les hommes à imaginer l’avenir et rien d’autre. Le moteur de la croissance japonaise est l’esprit d’entreprise des japonais.

La solution libérale (chap. « La croissance sans l’État »), Guy Sorman

Je vous recommande chaleureusement d’acheter et de lire cet ouvrage ancien, mais qui n’a pas pris une ride, exceptionnel dans son diagnostic et dans la finesse de son exposé de la diversité mondiale (à l’image aussi du plus récent L’économie ne ment pas maintenant au format Kindle \O/), mais aussi comme un guide pratique de communication à l’usage des militants libéraux, par son analyse des stratégies ayant permis aux libéraux d’accéder au pouvoir un peu partout dans les années 1980.

En démontrant, une fois encore, que l’idée de pouvoir planifier l’économie par le sommet relève de la « présomption fatale« , Sorman se place dans la droite lignée de Hayek. L’information, les idées, sont infiniment divisées, et chaque individu et porteur d’un morceau de cette information. Imaginer pouvoir centraliser la prise de décision, même à la marge, donc prétendre réussir à rassembler objectivement cette information relève de l’impossible. La preuve en est donnée par certains conseils désastreux du M.I.T.I….

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Au contraire, pour favoriser le décollage économique, la croissance, l’innovation, il faut libérer les entrepreneurs et les créateurs de leurs multiples carcans, favoriser l’investissement, la prise de risque, l’initiative individuelle. Bien sûr, il y aura des échecs et des voies sans issues, mais c’est le seul moyen de découvrir des perles rares, ces concepts et produits qui peuvent révolutionner notre quotidien et dynamiser notre économie, et auxquels aucun ministère ne pensera jamais. Par exemple, il est grand temps de faire sauter de la Constitution cette lubie du principe de précaution, qui paralyse la prise de risque, et enfin foutre la paix aux chercheurs et ingénieurs. La réussite est à ce prix, et certainement pas, à mon avis, dans une stratégie insufflée d’en haut, qui démontre chaque jour davantage de failles (puisqu’ actuellement, l’État se mêle déjà à fond de stratégie d’entreprises : lisez plutôt cet article édifiant à ce sujet). Si la gestion par l’État des grandes lignes de la stratégie économique réussissait, l’URSS aurait gagné la Guerre Froide, et la France irait bien mieux qu’aujourd’hui.

Condamnés à la médiocrité

Il suffit que le débat s’engage sur le choix sarkozyen du modèle allemand, pour que les vieux réflexes chauvinistes voire germanophobes se lèvent à l’unisson. Quand Montebourg ne dénonce pas la politique à la Bismarck de Mme Merkel (Bismarck étant lui-même l’inventeur de l’Etat providence, je ne comprends pas que ce soit une offense dans la bouche de notre socialiste sirupeux), c’est pour en entendre d’autres, de tous bords, mais surtout les auto-désignés « Républicains » et patriotes de gauche et de droite dirigiste.

Sachez-le, le modèle allemand est parfaitement inapplicable en France. Il y a plein de raisons pour l’affirmer ! Notre situation est profondément différente ! Nous n’avons pas la même démographie, la même histoire, le même tissu économique ou syndical, voire pas la même mentalité (et là, je revois immédiatement Édith Cresson comparer les japonais à des fourmis pour expliquer leurs succès). C’est tout bonnement im-po-ssible !

Aucun modèle ne correspond à la France. Inutile de tenter de s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs : c’est l’exception française, nous sommes tellement différents que nous pensons pouvoir vivre (ou survivre) en niant la réalité, et en se coupant des faits, encore et encore. Nous sommes impuissants. Là où d’autres pays, dans des situations comparables à la nôtre, ont réussi à se réformer, nous serions condamnés à l’impuissance, nous sommes condamnés à la médiocrité.

Bien sûr, comme le pérorait Jean-François Kahn face à Alain Madelin, la France peut créer son propre modèle, et c’est évident que c’est une nécessité. Mais d’une part, elle n’a jusque là pas démontré la pertinence de la plupart de ses choix passés, et la compétence économique de ses gouvernants, ni la viabilité de son modèle social, et d’autre part, il n’existe pas (ou quasiment) de modèle nouveau, inventé par un pays. Tout n’est que modèle détourné ou adapté, ou influence de grands penseurs ou économistes (il suffit de constater l’influence néfaste et durable de Keynes sur nos politique économiques et monétaires). Personne n’a « inventé » l’économie de marché, par exemple. Les modèles sont issus de l’expérience, de l’épreuve des faits, des mélanges culturels…

Avant d’imaginer composer un modèle français, il faudrait déjà accepter l’idée d’essayer d’imiter ou d’adapter ce qui fonctionne bien ou mieux dans d’autres pays, comme la flexi-sécurité danoise, la qualité industrielle et les PME allemandes, le système éducatif ou social scandinave (les excès en moins pour ce dernier), la facilité d’entrepreunariat et les puissantes Universités en Grande-Bretagne, l’innovation aux États-Unis, la gestion de la dette et des déficits en Australie ou Nouvelle-Zélande, le fédéralisme au Canada, la démocratie directe suisse… Les exemples sont nombreux, et je vous épargne les nombreux liens de références que vous pourrez trouver sur des sites comme Contrepoints (voire le Sénat, par exemple, soyons fous). Serons-nous assez intelligents pour se pencher dessus, ou trop chauvins pour admettre l’idée de notre non-perfection ?

Sommes-nous condamnés à la médiocrité ?

[Malaberg] le travail, ça tue…

je crois que cette vidéo l’illustre plutôt pas mal. Une fois n’est pas coutume, merci libé.

Licenciements à Montataire

[Malaberg] A quand le bonheur libéral ?

Ce qu’il y a de marrant, avec le libéralisme, c’est que ça ressemble à ce que fut le traitement de l’ulcère de l’estomac. Je m’explique : Avant que l’on ne découvre qu’il suffisait d’un traitement somme toute assez efficace et léger, on le soignait avec du Bismuth. Le bismuth est un élément chimique à peine toxique qui combat un peu la bactérie qui provoque cet ulcère, mais qui en contrepartie, faisait tomber toutes les dents. L’efficacité de ce machin était de plus un peu discutable. Malbehreusement pour mon grand père, il a eu un ulcère assez jeune, et on lui a donc administré des doses conséquentes de Bismuth. Comme ça ne le soulageait pas, on lui a donné encore plus de bismuth, etc.

Au final, il a trouvé des os en mangeant une banane. C’était ses dents qui venaient de se désolidariser de sa machoire…

Le libéralisme, c’est un peu  pareil. C’est sensé apporter le bohneur, ça produit de plus en plus de malheureux et de laissés pour compte, mais ses partisans n’ont de cesse de dire que c’est parce qu’on n’en fait pas assez. (ça marche aussi avec les saignées en cas de cancer : on pratique une saignée, ça ne résout rien, alors on te fait saigner encore davantage, etc.)

J’ajoute donc mon nom à cette liste : Océane, Mipmip, Agnès, SeeMee, Seb Musset, CSP, Marco, Dadavidov, Vogelsong, Intox2007, Dedalus, Christian, Bah !? By CC , Gaël, Nicolas, Jojo, Alter Oueb, Altermonde sans frontières, galuel, drclehmann, cent papiers, dalipas, une Autre vie, dada vidov, 365 mots, crêpe Georgette, Christian Lehmann, Heaven can wait, mes coups de coeur, gnaffron, Gauche de Combat, et Malaberg pour vous faire partager ce point de vue.

Bref, lettre ouverte, donc.

A l’attention de: Jean-Michel Aphatie, Jacques Attali, Christophe Barbier, Eric Brunet, Yves Calvi, Monique Canto-Sperber, Jean-François Copé, Arnaud Dassier, Sophie De Menthon, Michel Godet, Eric Le Boucher, Alain Madelin, Alain Minc, Hervé Novelli, Catherine Ney, Laurence Parisot, Jean Quatremer, Pascal Salin, Hugues Serraf, Guy Sorman, Jean-Marc Sylvestre, Pierre-André Taguieff, Yves Thréard, Agnès Verdier-Molinié, Laurent Wauquiez. 
 
Madame, Monsieur,
 
 
Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.
 
 
Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis une trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – ne sera qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exceptions profitera…
 
 
Disons le net : nous sommes sceptiques.
 
 
Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :
 
 
Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?
 
 
Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits de ces fameux « marchés » que vous défendez pourtant mordicus en dépit du bon sens.
 
 
Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.
 
 
Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général vis-à-vis duquel vos idées sont objectivement nuisibles, il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?
 
 
Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées.

De la notation des agences de notation

Il suffit de reluquer 5 minutes de l’émission d’ennui vespéral « On n’est pas couché (mais on aurait mieux fait) » pour admirer une magnifique tarte à la crême française, servie non sans panache avec beaucoup de chantilly, de larmes à l’oeil et de certitudes : « mais qui note les agences de notation, hein ? Hein ? » , « parce qu’elles n’ont aucune fiabilité, hein. HEIN ? » . Alors dans un but didactique, j’ai décidé d’écrire un super jeu de rôle, en simplifiant à dessein les questions économiques. Dans les rôles principaux, Malaberg, et moi.

Imaginons, dans un élan de folie, que Malaberg et moi ouvrions notre propre agence de notation (oui, je trouve l’idée très drôle). Régulièrement, nous ferions savoir publiquement ce que nous pensons de la solvabilité des Etats. Fun, non ? Aurons-nous une influence sur les choix des investisseurs ? Même adoubés par l’état français (Malaberg peut être très séduisant auprès des ministres), sommes-nous certains que nos choix seront observés attentivement par les bourses ?

D’où vient la crédibilité des agences de notation ? Qui juge de la légitimité de leurs points de vue ? Les marchés eux-mêmes. Les agents du marché peuvent choisir, ou non, de se fier aux jugements des agences de notation. S’ils nous jugent crédibles, ils se fieront à Malaberg et moi. S’ils jugent Fitch crédible, ils se fieront à leurs notes. Le jour où ces agences seront perçues comme défaillantes … les marchés ne réagiront plus. Les agences n’obligent pas les marchés à adapter leurs taux d’intérêt : la meilleure preuve est que les taux de la France se sont déjà envolés, avant même la dégradation officielle de la note du pays.

Ce sont donc les marchés, les coupables ? Oui, mais au juste, qui a obligé les États à emprunter ? Tenez. Le Japon lui aussi est sur-sur-surendetté. Oui, mais surtout auprès des citoyens japonais, et relativement peu vis-à-vis de l’étranger. C’est un choix. Et nous avons fait le choix de nous endetter auprès des marchés. Personne ne nous y a obligé. On aurait même pu s’assurer de ne pas dépendre des marchés, en faisant coïncider notre budget avec nos rentrées fiscales. Critiquer les marchés financiers, c’est comme si on se tirait une balle dans le pied et qu’on accusait le pistolet. Et en s’en prenant aux agences de notation, on attaque le type qui nous prévient qu’au-delà de 6 balles dans le même pied, ça commence à picoter.

Parce que dans le fond, quelle est l’erreur des marchés financiers, quand ils augmentent les taux d’emprunt de la France ? Prêteriez-vous des milliers d’euros, les yeux fermés, à quelqu’un que vous savez insolvable, et qui emprunte pour vous rembourser (en envisageant même de vous prendre de force de l’argent pour vous rembourser) ? Leur erreur, c’est leur trop grande patience. Ca fait longtemps que les taux français auraient dû s’envoler. Les marchés ont été beaucoup trop gentils. Ils auraient dû s’inquiéter avant.

Et la faute de nos dirigeants, c’est de n’avoir jamais pris en compte le fait que leurs politiques déraisonnables mettaient en péril l’indépendance et la souveraineté nationales. Sincèrement, imaginaient-ils ce train de vie viable sur le moyen-long terme ? Alors il fallait faire des choix : faire fi de notre pression fiscale (la plus élevée d’Europe, Champomy !) et de notre dépense publique (la plus élevée d’Europe, Champagne !) et augmenter les rentrées pour continuer à dépenser, OU baisser les dépenses. Que chacun choisisse son camp, mais que chacun choisisse, surtout. C’est arithmétique.

A ce propos, j’ai toujours trouvé étonnantes les réactions d’une partie de la gauche, qui affirme ouvertement, fortement, théâtralement, qu’ELLE, elle résisterait aux marchés, et qu’elle ne se plierait pas à leurs diktats pour conserver une bonne notation par les agences. A l’extrême rigueur, c’est un discours que pourraient tenir les libéraux : « faites-nous les taux que vous voulez, parce qu’on n’a quoi qu’il en soit pas prévu de faire appel à vous très souvent » . Mais la gauche oriente souvent son action vers plus de dépense publique (qu’on l’approuve ou non, c’est pas un jugement de valeur … ici). Donc elle a besoin, plus que les autres, que les taux soient aussi favorables que possible ! Car enfin, si on envoie les marchés se faire foutre, pensez-vous qu’ils accepteront encore volontiers de nous prêter de l’argent par la suite ? Et quand ils refuseront (ou nous soumettront à des taux insupportables), où la gauche ira-t-elle chercher l’argent ? Ah, peut-être serez-vous capable de m’exposer quelques pistes … mais pourquoi personne n’a pensé à le faire avant, dans ce cas ?

Et, entre nous, avec nos records de dépense publique et de pression fiscale, si cette méthode et ce modèle étaient bénéfiques, on aurait fini par s’en rendre compte non ? Parce qu’a priori, on ne surclasse pas le reste du monde, hein. Enfin, je ne crois pas.

Parlons d’Europe (et de dette)

Il était temps que je rebondisse gracieusement sur la question de la crise de la dette en Europe, abordée avant moi par mon camarade Alboss (toujours très plaisant à lire). Évidemment, il arrive que nos points de vue divergent. La preuve.

La faute de l’Europe (ou des Européens) ?

Dans toute cette affaire, l’Europe sert de coupable idéal. Les dirigeants des états européens, soumis à la dictature des marchés de leur électorat, trouvent forcément confortable de rejeter la faute sur le voisin, qui plus est non élu, et trop soumis pour réagir trop fortement : les banques, les marchés financiers et l’Europe. De tous ces boucs émissaires, l’Europe est le plus vague et le plus gargarisant. On désigne une nébuleuse diabolisée, qui a l’avantage de présenter une structure comaprable à un super-Etat, tout en évocant l’ennemi venu de l’étranger pour soumettre notre pauvre Nation (qui a librement consenti tout ça).

Une fois de plus, dans le Crise de la Dette, on se trompe de coupable. Les mêmes râleurs d’aujourd’hui ne protestaient-ils pas déjà contre les règles trop strictes d’une Europe toujours prète à combattre l’inflation et à taper sur les doigts des Etats qui s’endettaient trop ? Les critères de Maastricht, les 3% de déficits, n’était-ce pas trop contraignant avant que l’orage ne gronde ? Pourtant, il s’avère que l’Europe n’a pas été assez sévère, et n’a pas su s’imposer assez fortement pour faire respecter ses règles. Les Etats européens étaient au courant que dépasser les 3% de déficit présentait des risques certains d’instabilité au sein de la Zone Euro. S’ils ont marché sur les avertissements qu’on leur a adressés, c’est donc entièrement de leur responsabilité. Ils étaient prévenus, ils ont fait semblant d’ignorer.

En réalité, les eurosceptiques portent une importante part de responsabilité. (Entre autres) à cause de leurs réticences, nous avons adopté une monnaie commune sans franchir le pas de la politique économique et budgétaire en partie fédéralisée. Le cul entre deux chaises, avec une monnaie européenne, et des politiques budgétaires repliées sur elles-mêmes. Et quand l’Union préconisait moins de 3% de déficits, nos souverainistes s’en moquaient avc panache.

L’Europe n’a pas fauté. Si les gouvernements européens avaient été à la hauteur, et s’étaient inquiétés à temps de la problématique de la dette, l’Euro aurait sans doute été parfaitement viable. Si on avait permis à l’Europe de faire respecter ses règles, l’Euro aurait été viable. Au lieu de cela, on a préféré la politique de l’autruche, en ne cessant jamais de parler de défense de la souveraineté et de l’indépendance de l’Etat, quand dans la même temps, ce même Etat mettait cette indépendance en péril en s’endettant excessivement. On ne marche pas indéfiniment sur la tête sans en payer les conséquences. Ce n’est pas l’Europe qui a failli, ni l’Euro, ce sont les Etats souverains qui n’ont pas été à la hauteur.

Les socialistes (je pouffe)

Dès que j’entends les socialistes parler de dette et de déficits, je n’y peux rien, je pouffe. On parle quand même de ceux qui avaient promis sans la moindre autodérision, de passer les smic à 1500€ (Ségo elle-même n’y croyait pas, c’est dire !). On parle quand même de ceux qui, plus récemment, lors de la Crise de 2008, s’étaient largement plaints de la faiblesse des plans de relance gouvernementaux, et demandaient un projet plus « ambitieux » . Aujourd’hui, ils ont beau jeu de radoter. Mais ils n’ont aucune crédibilité. Ils n’avaient rien vu venir.

Comme les autres, du reste. La réalité, c’est que ni la gauche ni la droite ne se sont jamais préoccupées de la dette jusqu’à ce qu’elle leur explose à la face, avec les conséquences que l’on sait. Les seuls qui se soient inquiétés de longue date, ce sont les libéraux, et dans une moindre mesure, le MoDem de Bayrou en 2007. Reconnaissons-le. D’ailleurs, l’une des seules à avoir réussi à obtenir un budget excédentaire en partant d’une situation très dégradée, en Grande-Bretagne, c’est la très libérale Thatcher. La réduction de la dette, au Canada, ou surtout en Nouvelle-Zélande, a presque toujours été la conséquence de politiques libérales, menées par les conservateurs comme par les travaillistes. Tant que nous n’accepterons pas ce constat, nous continuerons à patiner dans notre gadoue.

Sarkozy, Berlusconi, l’Italie (ça rime)

Les Italiens sont furieux. Les médias italiens sont en transe ! Merkel et Sarkozy ont osé critiquer la gestion Berlusconienne des finances italiennes ! Retournement de situation paradoxal : les Italiens détestent Berlusconi, mais le défendent quasiment corps et âme dès que sa compétence est clairement mise en doute à l’étranger. Le stade suprême de l’aveuglement chauviniste. Les Italiens n’en semblent que plus ridicules. Mais le sommet du ridicule a été atteint au moment où Berlusconi est venu annoncer en direct à la télévision que Merkel avait présenté des excuses … ce que la principale intéressée s’est empressée de démentir…

Rappelons que la dette italienne est la 3e dette mondiale, juste après les USA (dont on connaît le gros, gros PIB, et la situation particulière liée au dollar), et le Japon (où la dette est en grande partie détenue par les japonais). Il n’y a pas de quoi se vanter. Et quand on connaît l’enlisement économique, moral, criminel et judiciaire du pays, il n’y a pas non plus de raison d’afficher un triomphalisme particuièrement prononcé.

J’étais en Italie tout l’été, et j’y ai suivi les cafouillages du Gouvernement italien bousculé par les marchés. J’y ai entendu la Lega Nord opposer son veto à toute réforme des retraites. Aujourd’hui, le vent a tourné, et les vestes avec. Tout ça est consternant. Mais rassurez-vous : pas de changement violent au programme, puisqu’on évoque l’horizon 2026.

Les meilleurs ennemis du monde

Autant Sarkozy a eu raison de s’en prendre à Berlusconi, autant il a eu tort de s’en prendre à Cameron. Certes, Cameron s’est montré critique vis-à-vis de l’Euro, mais il ne faut pas non plus oublier qu’il répond, en fait, à une demande nationale en ce sens, et qu’il est en première ligne pour défendre l’Europe au Parlement britannique ! Pris en sandwich entre Londres et Bruxelles, Cameron joue les équilibristes … non sans talent.

On comprends les griefs des dirigeants européens vis-à-vis de Cameron. Il a mené des réformes et une politique de rigueur autrement violente que les leurs, mais il reste nettement plus populaires qu’eux, et il est toujours jugé comme le plus apte à mener le pays, 3 ans après son arrivée au 10, Downing Street. Pas mal, non ? Autre motif de désaccord, la fameuse et éternelle taxe Tobin.

La taxe (pas) Trop-bien

Pourquoi les Anglais s’y opposent-ils ? Ils sont non seulement sensibles à des motifs idéologiques et d’efficacité économique, mais ils ont surtout en tête que 80% des transactions financières européennes passent par Londres. Ainsi, instituer la taxe Tobin reviendrait à taxer à 80% l’économie britannique. Pas très équilibré, non ?

Autre pays à s’y opposer : la Suède, ce fameux modèle de Social-Démocratie, en réalité converti au Libéralisme depuis la fin des années 90. Pourquoi s’y oppose-t-elle ? Il faut savoir que la Suède a déjà institué une taxe Tobin en 1992 … pour l’abandonner quelques années plus tard, après en avoir fait douloureusement les frais ! Si les Suédois qui ont essayé s’opposent à cette taxe, ne devrions-nous par les écouter ? Voulons-nous vraiment faire cette désastreuse expérience nous-mêmes ?

Dès que nous instituerons une taxe de ce genre, les flux financiers n’auront qu’à contourner notre région. C’est tout. On n’y gagnera rien. Pire ! « Lorsqu’on taxe les vaches, ce ne sont pas les vaches qui paient » . De même, ce ne sont pas les banques et les organismes financiers qui payeront cette taxe … mais les citoyens. Le coût sera répercuté sur le crédit, les transactions bancaires… Vous appelez ça la Justice Sociale ?

C’est un malheur que ni la Grande Bretagne ni la Suède ne soient dans l’Eurozone : malgré leur refus, rien n’empêchera nos autres troubadours d’instituer une pareille idiotie au sein de la Zone Euro. Nous allons bien nous étaler.

L’Europe s’en sortira

Cependant, je ne suis pas aussi pessimiste qu’Alboss. Je suis certain que l’Europe s’en sortira, comme toujours. N’oublions pas que l’Europe est un pur produit de volonté politique. Et rien ne pourra venir à bout de cette volonté. Je ne sais pas comment, ni dans quel état, mais l’Europe se relèvera, et trouvera assez de rustines pour colmater les fuites. La vraie queston est de savoir quelle efficacité elle aura, et quelle idéologie influencera ses bricolages. A entendre Mario Draghi compatir avec les « Indignés » , on est en droit de penser que la recherche permanente de boucs émissaires est loin d’être terminée. La politique de l’autruche aussi est loin d’être terminée.

Mais j’ai l’espoir que l’Europe en sorte la tête haute. J’attends d’elle qu’elle cesse de se mêler de l’angle de courbure des courgettes autorisées à la vente, et des ballons gonflables, et se concentre sur la libéralisation des économies et des sociétés, sur la synergie des politiques économiques et budgétaires, sur le principe de subsidiarité (selon lequel l’efficacité voudrait entre autres que la politique étrangère ou de défense européenne progresse fortement dans les années qui viennent, pour faire face aux défis du XXIe siècle, et redonner une voix à l’Europe, alliant soft et hard power, et réduisant les coûts par la Défense Européenne qui mettrait fin aux « armées bonsaï » dénoncées par Etienne Copel), et sur des bases plus démocratiques, ce qui comprend l’élection d’un Président de l’Europe, qui remplacerait à la fois Van Rompuy et Barroso, qui nommerait les commissaires européens selon la majorité en présence au Parlement Européen, et serait désigné au suffrage universel direct. Avec une véritable légitimité, un tel Président saurait peut-être faire cesser ce flux permanent de critiques des Etats cherchant à s’innocenter, envers des instances européennes impersonnelles.

Mais p’têt que je suis fou de rêver à ce point. P’têt que je suis trop optimiste. P’têt que l’Europe est foutue, et ses Etats (surtout) avec.

D’ailleurs, si certains de mes camarades blogueurs, tels Aurélien Véron, l’Hérétique, Alboss, Nicolas, Xerbias et les autres, veulent se livrer à une présentation de l’Europe « de leurs rêves » , qu’ils ne s’en privent pas. J’essayerai aussi de revenir sur le sujet … dès que j’aurai le temps. Parce qu’écrire des articles à 7h30 le matin ne me réussit pas forcément… :D

[Malaberg] Hollande 2012… Copé 2017 ?

Alors je vais essayer ici de me livrer à un petit exercice de prospective par écrit, avec un certain nombre d’hypothèses. Tout d’abord, en supposant que le PS et le système médiatique aient réussi à nous bâillonner, et que François Hollande ait réussi, comme le veulent certains qui ne sont pas capable de se projeter un brin au delà à se faire élire en 2012 et à sortir Sarkozy. Que se passera-t-il ensuite ?

Etant donné l’admiration de Hollande pour le capitulationniste Zapatero (homme que je fuirais comme la peste si j’avais un brin d’ambition de capter des voix de gauche), et celle d’Aubry pour le laquais Papandréou, on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’ils ne s’attaquent pas frontalement aux banques et à la dictature des marchés financiers, donc qu’ils s’y soumettent. On aura donc droit à une politique d’austérité type celle menée actuellement par Zapatero en Espagne, qui aboutira à une dégradation du niveau de vie, etc. (je n’ai pas le moral à tout détailler, par contre on peut avoir une idée de la politique dépensière qu’il s’apprête à mener ici, alors qu’on est encore en campagne électorale…), et on pourra donc s’attendre logiquement à ce que le PS perde toutes les elections intermédiaires d’ici 2017 (et le sénat, lol), et à ce qu’ils se ramassent en 2017. Qui prendrait alors la succession ? Il y en a un que j’ai repéré en 2005 ou 2006, je ne sais plus, je regardais une pseudo émission politique à la con où était invité le ministre du budget de l’époque (époque où à droite on n’avait d’yeux que pour Sarko et Villepin), et je me suis dit « ouhla, ce gars est vraiment dangereux, et avec son ton doucereux, mielleux et hypocrite, j’ai déjà envie de lui mettre des baffes, il ira loin j’en ai peur, il est potentiellement pire que Sarko ». Il s’agit de J-F Copé. Bon, la suite des évènements ne m’a pas donné tort (comme d’hab sur ce genre de thème, haha), il a grimpé, (présidence groupe assemblée, chef de l’UMP…) en promouvant une politique réac au possible (les allocations maladie qui n’étaient pas taxées le sont grâce à lui, etc.).

Bref, je n’ai aucun doute quant à sa capacité à éliminer ses rivaux en vue de 2017. (à moins qu’un petit scandale style Sofitel ne nous en débarrasse, d’ailleurs si on peut monter un coup tordu dans ce genre là, je suis volontaire !). Donc, il est fort à parier qu’on se coltinera M. Copé en 2017, qui fera une politique encore pire que celle de Sarko…

Bref, une raison de plus que je n’aille pas voter pour le porcinet anorexique en 2012.

Qu’en pensez vous ? (tous, hein, pas que ceux en liens, même si leur avis m’intéresse particulièrement)

Tenez, rien à voir, mais battre sa femme est légal aux Kansas, maintenant. God bless America !

Au fait, Alexandre, si tu me lis, je préfèrerais « Bandiera rossa » (c’est un peu vieux, mais c’est très beau, je trouve) ou « on lâche rien » (plus moderne, et très beau aussi, surtout dans une immense salle ou ça résonne avec le plafond) plutôt que « c’est la luuuutte finaaale » (ras la casquette) à coté de mon nom, à droite, si possible ;-)

Gueuheuuuuuuuuuu!

(Merci à Libé pour cette splendide image)

Une réforme libérale de l’enseignement

Toute la classe politique s’accorde sur un point : la nécessité de gagner les élections de réformer l’éducation. Tout le monde a ce mot à la bouche, et à l’heure où les socialistes jouent entre eux à la surenchère de moyens financiers que nous n’avons pas, il était temps de démontrer (ou tout au moins d’essayer) que le niveau de l’enseignement apporté à la jeunesse ne dépend pas que des moyens. D’ailleurs, il convient de noter que la République Tchèque, qui dépense moitié moins d’argent par élève pour l’enseignement que nous, reccueille des résultats à peu près aussi bons (ou aussi mauvais, c’est selon), que la France.

Certes, tous parlent de réforme, mais si toutes ont échoué jusque là (quand elles ont franchi le barrage des syndicats), c’est peut-être aussi un problème de méthode. Tout comme Hayek dénonçait la « présomption fatale » des Etats, lorsqu’ils pensent pouvoir maîtriser l’économie et la société d’en haut, il est sans doute légitime de dénoncer la « présomption fatale » de ceux qui pensent que le système éducatif peut s’imposer d’en haut, sans tenir compte des particularismes individuels, et qu’un équilibre parfait pour chacun peut se déterminer par de simples palabres au sommet de l’Etat, entre pédagolologues. Une fois encore, le pays serait bien inspiré de se pencher sur les solutions libérales à ce problème.

Lorsqu’un rythme, ou une méthode éducative quelconque est imposée d’en haut, et si elle échoue (prenons l’exemple tristement célèbre de la méthode globale dans l’apprentissage de la lecture), ce sont des générations d’élèves qui en pâtissent, avant que l’État, qui défendra mordicus son idée initiale, ne reconnaisse son erreur, et ne se consacre à une réforme. Tous les délais sont rallongés. Si chaque établissement était en mesure de choisir ses propres formules pédagogiques (notamment, dans notre cas, entre les différentes méthodes d’apprentissage de la lecture), et qu’il en devenait responsable (car libre), les meilleures méthodes finiraient par se diffuser et être imitées, tandis que les méthodes qui échouent disparaitraient d’elles-mêmes, comme par sélection naturelle. Dans un pareil système, la méthode globale aurait disparu bien plus rapidement, et des méthodes novatrices de pédagogie seraient sans doute apparues, grâce à la créativité de telle ou telle équipe professorale, qui aurait fait « école » . L’autonomie des établissements scolaires permettrait des expérimentations continues, spontanées, révèlerait les techniques qui fonctionnent, et éliminerait rapidement les autres, sans intervention étatique, et permettrait en outre une plus grande souplesse dans l’adaptation à la situation de chaque établissement (un collège de banlieue a sans doute besoin de plus d’heures de Français qu’un collège du XVIe arrondissement de Paris).

La solution passe donc, à mon sens, par l’autonomisation (pardon). Chaque établissement scolaire serait libre d’adapter son enseignement, ses options, ses nombres d’heures par matière, ses méthodes pédagogiques, à sa situation et à sa philosophie. Cette stratégie serait déterminée par le chef d’établissement, non plus simple agent administratif, mais véritable chef d’orchestre, associé à un « Conseil d’Administration » auquel seraient associés les représentants de l’administration, des professeurs, des parents d’élèves, et des élèves eux-mêmes (à partir du lycée), idéalement élus par ceux qu’ils représentent, chaque année.

De fait, le chef d’établissement aurait les mains libres en ce qui concerne le recrutement de son équipe enseignante (selon ses objectifs). Les professeurs travailleraient plus facilement en équipe, partageraient des objectifs etc. Les conseils d’administration seraient maîtres de la stratégie pédagogique de l’établissement : nombre et répartition des heures de cours, rythmes scolaires, formes d’évaluation des élèves, enseignements optionnels…

Bien sûr, ce système de « sélection naturelle » n’a de sens que si les parents d’élèves sont libres de privilégier telle ou telle stratégie, donc de choisir l’établissement de leur choix pour leurs enfants. Ce qui implique l’élimination totale de la carte scolaire, voire même de favoriser la mise en place d’internats partout où cela est possible (les internats d’excellence seraient ainsi généralisés). En outre, le financement des établissements serait proportionnel au nombre d’élèves qu’ils sont capables d’attirer par leur excellence ou les services qu’ills offrent. C’est tout l’avantage du système du « voucher » , ou chèque éducatif. Même si chaque établissement continuera à être financé directement par l’Etat, la plus grande partie de ses financements dépendra du nombre d’élèves qu’il accueille. Chaque parent disposera d’un « chèque éducation » financé par l’Etat, pour chacun de ses enfants, qu’il donnera à l’établissement de son choix, où l’enfant sera accueilli.

L’administration de l’Éducation Nationale pourra être considérablement simplifiée. L’État n’imposant, non plus tous les programmes, mais uniquement des « objectifs cadres de savoirs et compétences » de fin de cycle, les inspections deviendront moins systématiques. Il est parfaitement inacceptable qu’une grande partie du budget de l’Education Nationale soit absorbé par les « impératifs » administratifs.

Dans la même lignée, le Bac tel qu’il existe aujourd’hui sera supprimé, ne serait-ce que pour des raisons économiques, mais pas que (se référer à mon précédent article à ce sujet). Chaque établissement organisera son contrôle continu, qui vaudra pour 50 à 75% de la note finale. Le reste consistera en une double épreuve nationale allégée (afin d’assurer un équilibre de compétences nationalement requises, à partir des objectifs cadres), en décembre et juin. L’examen serait organisé dans les établissements, par les établissements des élèves soumis à l’épreuve, afin d’économiser sur les exorbitants frais d’organisation. En somme, l’examen sera désacralisé, et l’organisation ne devrait pas être beaucoup plus lourde que celle d’un contrôle classique, à la différence près que tous les élèves de France le passent en même temps, avec le même sujet.

Il est envisageable d’instituer aussi une prime au mérite pour les enseignants exemplaires. Mais quel mode d’évaluation ? Chacun sait que les inspections ne veulent pas dire grand chose, puisque non-inopinées. N’importe qui est capable de sembler compétent pendant une heure ou deux (même Cécile Dufot, c’est dire). Le chef d’établissement semble le mieux placé pour être juge. Mais ces primes devront rester confidentielles, afin de préserver un semblant d’ambiance au sein des salles de profs. Pour avoir un témoignage de la qualité d’un professeur, surtout au niveau lycée, une bonne solution serait peut-être l’évaluation des professeurs par les élèves, anonymement, par voie informatique. Je sais, ce système peut sembler très choquant, et j’en suis parfaitement conscient. Cependant, contrairement à ce qu’on peut imaginer, par expérience, je sais que tous les lycéens, des plus intellos aux plus cancres, sont parfaitement capables d’un jugement objectif sur la qualité d’un professeur. Ce n’est pas son caractère qui serait jugé, mais sa pédagogie, sa capacité à se faire respecter, et a qualité de ses cours. N’importe quel lycéen sait faire la différence entre le prof passionné qui bosse 3 à 4 heures par jour sur ses cours, pour enrichir ses diapo, transmettre une passion, et préparer ses élèves au mieux, et le prof qui recycle ses vieux cours écrits il y a 30 ans, et lus sur un ton monocorde. Il ne faut pas sous-estimer l’intelligence de nos jeunes. Bien évidemment, je le répète, ces notes devraient rester anonymes, et le chef d’étabissement ne recevrait que les moyennes pour chaque professeur, afin de faciliter et moduler ses jugements sur des professeurs qu’il ne peut juger que de l’exérieur. L’occasion, peut-être aussi, d’intervenir discrètement auprès d’un professeur mal considéré, afin de désamorcer le problème. En aucun cas les notes ne seraient transmises aux professeurs. Ca ne doit être et rester qu’un outil permettant au chef d’établissement de récompenser les professeurs exemplaires, qui méritent largement plus d’attention et de reconnaissance. Cela dit, si cette suggestion semble trop délicate à mettre en place, on peut l’oublier. Elle est loin d’être essentielle.

Pour le reste, par contre, le temps presse. Il est grand temps d’aborder le sujet, d’en discuter, et de changer de méthode d’approche. Vous pensez peut-être que les Français ne sont pas favorables à ces changements ? Que nenni ! Alternative libérale diffuse cette enquête intéressante qui montre que 75 à 85% des Français approuvent ces réformes inspirées du libéralisme.

1. Diversification des types d’écoles :
« DEFAVORABLE »26%*  –   « FAVORABLE » 74%*

2. Renforcement des pouvoirs des directeurs d’établissements scolaires :
« OPPOSE» 13%  –  «FAVORABLE» 87%

3. Recrutement par le chef d’établissement de l‘équipe de professeurs :
«DEFAVORABLE  »19%  –   «FAVORABLE » 81%

4. Réelle possibilité pour les parents de choisir l’école de leurs enfants :
« DEFAVORABLE » 19%  –   «FAVORABLE  » 81%

5. Mise en place d’un système de financement de la scolarité pour chaque famille : bon scolaire, ticket scolaire,  chèque éducation, crédit d’impôt…
«DEFAVORABLE »26%  –  «FAVORABLE » 74%

Opinion des Français : sondage IFOP juin 2010

J’ai sans doute oublié une foule de détails que j’aurais aimé évoquer avec vous, mais l’essentiel à retenir est peut-être qu’en réalité, les Français souscrivent au Libéralisme quand celui-ci ne dit pas son nom. Mais personne n’ose s’engager en sa faveur. Pourtant, tout le monde est gagnant, dans ce système : les élèves, en premier lieu, les parents, aussi, qui peuvent choisir le type d’enseignement qu’ils souhaitent pour leurs enfants, les chefs d’établissements, et même les professeurs, responsabilisés, autonomes, libres, et récompensés pour leur mérite. Etonnant, non ?

DSK est de retour (et pas que lui)

Au cas où vous n’auriez pas été en contact avec la radio ou la télévision depuis plus d’une semaine, je vous rappelle les deux principales informations du moment : c’est la Rentrée (si, si), et DSK est rentré en France. Quant à moi, je suis rentré aussi, mais j’ai encore un peu de répit avant La Rentrée. Vous suivez toujours ?

Un superbe sujet de conversation autour de la machine à café peut être de spéculer sur les futures déclarations de DSK à la Presse (et sur la date de ces déclarations). En tous cas, c’est une attente qui plonge les médias dans une sorte de transe. Quant aux Français, je crois qu’ils commencent sérieusement à s’en foutre. Mais je finirai par croire que le fossé entre les préoccupations journalistiques et populaires s’accroît encore plus vite que celui qui sépare la finance de l’économie réelle.

Honnêtement, qu’attendez-vous des déclarations de DSK ? Qu’il avoue avoir violé une femme de chambre ? Attendez-vous de sensationnelles révélations ? Nous n’aurons rien d’autres que des propos convenus et parfaitement ciselés par une armada d’avocats et communicants. En bref, nous aurons du vent à peine brassé. Pas de quoi casser trois pattes à un canard.https://i2.wp.com/www.dessinateur.biz/blog/wp-content/uploads/2011/09/817_il_revient.jpg

Hier soir, j’ai regardé Ce Soir ou Jamais, l’émission culturelle (et légèrement bobo) de Frédéric Taddeï (la revoir en ligne). C’était assez drôle dans l’ensemble, surtout à propos de DSK. Surtout quand le duel verbal a opposé Raphaël Enthoven, arrogant et trop sûr de lui, et le génial Guy Sorman, oasis de sagesse libérale.

C’est Sorman qui a envoyé la première estocade. Il s’étonne de l’ « imposture DSK » , de l’attente messianique qu’a suscité l’ancien patron du FMI, considéré par beaucoup comme le meilleur économiste de France, auréolé de sa gloire toute FMIenne.  D’après l’auteur de Wonderful World, DSK n’a jamais rien apporté à la connaissance économique, ni en tant que professeur, ni en tant que ministre, ni même en tant que directeur du FMI. Celui que les Français attendaient comme le sauveur n’a jamais rien raconté d’original sur la crise, il n’a fourni que des explications réchauffées et conventionnelles.

Enthoven s’est soudain mué en grand défenseur d’une « présomption d’innocence » prétendument bafouée. Nous sommes tentés de lui répondre que ce principe est très visiblement à géométrie variable, et qu’il est certes visiblement plus confortable quand il s’agit d’un homme célèbre « de gauche » et moins souhaitable lorsqu’il s’agit d’un homme célèbre de droite (Woerth ? etc) ou d’un délinquant ordinaire accusé de viol dans sa banlieue… Par ailleurs, quelle vision de la Justice Enthoven défend-il ? Considère-t-il la justice (en tant qu’institution) comme l’alpha et l’oméga de la vérité ? Comme l’a déjà avancé Hashtable par le passé, la « présomption d’innocence » ou une quelconque décision judiciaire (humaine, donc faillible), n’empêche pas chaque individu de se forger sa propre opinion sur les faits, et d’en tirer ses propres conclusions. Le fait que Dreyfus ait été d’abord condamné n’a jamais -Dieu merci- empêché de croire en son innocence. De même en ce qui concerne l’affaire Outreau (qui fait l’objet d’un film glauque en ce moment au cinéma). Alors chacun est juge de penser ce qu’il veut quant à DSK. Puisque personne, à part les deux intéressés, ne saura jamais ce qui s’est passé dans cette chambre.

A ceux qui se plaignaient, avec des trémolos dans la voix, du lynchage médiatique de DSK, d’autres intervenants ont jugé bon de rétorquer que c’est DSK lui-même qui s’est exposé vis-à-vis de l’opinion publique, notamment à l’occasion de ce fameux (publi-)reportage de Canal+. S’il accepte de s’afficher dans son intimité, en train de cuire un steak avec son épouse, il doit aussi accepter d’être jugé sur ses frasques privées. DSK ne récolte que ce qu’il a semé. Il aurait été plus judicieux de s’inspirer de Martine Aubry, qui a toujours résisté à la mise en pâture de sa vie de couple.

Autre débat, celui sur la « théorie du genre » . Entendre un sociologue répliquer promptement au médecin Bernard Debré que « le sexe chromosomique ne correspond pas toujours au sexe gonadique, qui ne correspond pas toujours au sexe phénotypique » vaut son pesant d’or. Il suffit d’avoir suivi des leçons de Biologie de Lycée pour savoir que c’est un non-sens total.

J’avoue que j’ai pouffé aussi quand j’ai entendu Enthoven placer une critique du « pouvoir des marchés » dans un débat sur le traitement médiatique de l’affaire DSK. Il ne manquait plus que le Libéralisme, la Mondialisation, et l’Impérialisme Américain, et on aurait eu droit à toutes les tartes à la crème boboïsante. Très drôle. (Très prévisible)

Très drôle, mais pas aussi drôle que l’intervention de ce cher « Khmer Vert » , Fabrice Nicolino, intervenu dans le débat sur l’accroissement des inégalités avec ses thèses écolo-malthusiano-catastrophistes, accumulant les sentences péremptoires à la manière de plus dogmatique des évêques intégristes, gratifiant même Guy Sorman d’un double « vous ne savez pas de quoi vous parlez » , argument de haute voltige intellectuelle, à propos du développement des pays du Tiers-Monde. Il suffit pourtant de lire (ou relire) L’économie ne ment pas (traduit en une dizaine de langues) pour se persuader du contraire. Sorman sait parfaitement de quoi il parle.

Du reste, je trouve toujours aussi drôle de voir que les inégalités sont toujours le principal sujet de préoccupation des polémistes et autres troubadours télévisuels. Plus que l’écart relatif entre les plus riches et les plus pauvres, ce qui me préoccupe par-dessus tout, c’est le sort en absolu des plus modestes. En d’autres termes, je préfère que les inégalités relatives s’accroissent lorsque toute les couches sociales s’enrichissent (dont les plus modestes), plutôt que de les voir diminuer alors que touts s’appauvrissent (mais les plus riches s’appauvrissent plus vite que les plus modestes, la bonne affaire). Nivellement par le haut ou par le bas, voilà l’alternative. Avant de s’inquiéter des inégalités relatives, inquiétons-nous de la pauvreté dans l’absolu. Et rappelons-nous aussi que les plus modestes des Français font encore partie des 10% les plus riches de la planète. Voilà qui remet les choses en perspective.

Le débat n’est cependant pas nouveau. Il me rappelle la célèbre citation de Winston Churchill : « Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère » . Ou encore cette réponse de Margaret Thatcher à l’opposition, qui reprend mon raisonnement…

En attendant, rentrez bien, et allez investir dans l’or.

[Et découvrez plus de dessins humoristiques sur le blog de Na!]

Un peu de Libéralisme en vidéos

Pour parodier le slogan d’une célèbre publicité, il fait trop chaud pour écrire de longs articles bien solides. J’ai bien pour projet de commenter le projet de Xerbias pour 2012, et j’ai bien une dizaine de sujets à aborder un jour ou l’autre, mais là, je ne suis pas suffisamment inspiré. J’attends encore l’élan lyrique.

Cela dit, je vous propose quelques vidéos pour passer le temps.

Je suis de ceux qui avaient beaucoup de difficulté à appréhender le sujet de philo « peut-on avoir raison contre les faits ? » . En effet, je suis plutôt attaché au pragmatisme : ce qui fonctionne le plus efficacement est souhaitable, en toutes circonstances. C’est pas tout-à-fait de l’utilitarisme (trop froid, mécanique, et insuffisamment nuancé), mais on y est presque. C’est selon ce principe clé du pragmatisme que je me définis comme un Libéral. Plus encore qu’une convergence avec un système de valeurs, c’est avant tout le pragmatisme qui m’a rapproché du Libéralisme. Je reste convaincu que le Libéralisme est le système économique et sociétal le plus efficace que l’homme ait imaginé.

Besoin d’une confirmation ? Visionnez plutôt cette courte mais très efficace démonstration de l’impact de la liberté économique sur la prospérité des nations, et le bonheur des populations (via Ordre Spontané).

Certes, ces classements de « Bonheur Intérieur Brut » ne sont pas un indicateur parfaitement satisfaisant, comme l’a expliqué H16, mais tout compte fait, il ne faut pas oublier que ça reste un moyen très efficace et difficilement réfutable de démontrer statistiquement l’importance de la liberté économique, et les bienfaits du Libéralisme. Alors que le Libéralisme est partout décrié, critiqué, contesté, conspué, accusé de tous les maux, nous ne pouvons pas négliger l’importance de cette vulgarisation et de ce type de démonstration.

En parlant de vulgarisation, je profite de l’occasion pour partager avec vous ces deux autres vidéos particulièrement sympathiques. Il me semblait l’avoir déjà fait, mais ce n’est peut-être pas le cas finalement. Au pire, prenez ça comme une piqûre de rappel. Voici une initiation ludique à l’opposition entre les théories de Keynes et Hayek. Le tout en musique. Merci à Hashtable pour la trouvaille.

Si vous voulez quelque chose de plus sérieux, ne manquez pas cette autre vidéo de vulgarisation, pour enfin comprendre la théorie des avantages comparatifs de Smith, meilleur antidote aux tentations protectionnistes (merci à Ecointerview).

Et j’ai comme l’impression que toutes les vidéos de cet utilisateur sont à suivre de près.

Les succès du pureplayer libéral Contrepoints se font chaque mois plus éclatants. C’est un réel plaisir que de voir ce site grandir, et gagner en assurance et en qualité au fil des mois, et ce, depuis que j’ai la chance de le connaître. J’y ai beaucoup appris, sur l’économie, la philosophie, l’actualité, et l’histoire. Ce site est une vraie mine d’or, loin de la légèreté de la plupart des sources d’informations du Web français. Cette réussite n’est-elle pas le signe d’un retour en force des idées libérales, alors que ces dettes publiques, sans cesse dénoncées, en vain, par ces mêmes libéraux, pendant des années, commencent à devenir un sujet de très (très) grande inquiétude pour tous ? En tous cas, je ne sais pas si ce n’est qu’une impression, mais je vois naître de plus en plus de site, et l’apparition d’un camp longtemps totalement désert, en France : celui des Libéraux Conservateurs. Je n’irai pas jusqu’à dire que je suis toujours d’accord avec eux (la partie « conservatrice » me gêne toujours autant, sur de nombreux sujets, et je me définis davantage comme un Libéral dextro-centriste que comme un Libéral Conservateur ou un Libéral de Gauche), mais tous ces mouvements seront intéressants à suivre. A condition que les vrais partis libéraux ne cèdent pas, comme semble le faire Alternative Libérale, aux sirènes d’ARES (Républicaine, Sociale, Écologique, presque comme le Parti de Gauche, vraiment, Mégalol), ce mouvement qui est TOUT, sauf vraiment Libéral (même s’il attire aussi des sympathisants très sympathiques). La preuve :

« … À l’Alliance, nous n’envisageons une sortie de crise que par une relance économique, industrielle, agricole, par la cohésion sociale, par de grands projets européens, par le retour des banques au financement de l’activité réelle, par le respect de l’autre. . patati patata » (Borloo, cité par Daniel Tourre).

Et c’est sur ces tristes mots que nous terminerons ce pot-pourri, qui ne devait -initialement- être qu’un chapelet de vidéos.

La démondialisation, ineptie à la mode (3/3)

Voici le 3e volet de nos fâââbuleuses aventures dans le monde merveilleux des pneus dégonflés de la démondialisation. Après avoir annoncé joyeusement la romance naissante entre extrême gauche et extrême droite, et examiné  à quoi nous amenaient les diverses voies de démondialisation, c’est l’heure d’une sorte de petite conclusion. Notez que je n’ai pas la moindre idée, en commençant cet article, de la manière dont il va se terminer.

Malgré tout, tant que le concept de démondialisation n’est pas mis en œuvre (au pire, il me resterait l’exil), le sujet n’est pas inintéressant. Alors il est vrai, j’ai été un peu radical, un peu excessif (et encore), un brin moqueur. Mais ce n’est pas nouveau, la démondialisation. J’ai été d’ailleurs moi même surpris par l’ancienneté et le substratum idéologique qui sous-tendait ce tissu d’inepties… Voilà d’instructives lectures sur le sujet.

Après tout, parlons-en, de la mondialisation ! Franchement, c’est un sujet aussi décisif que passionnant. Si les délires de quelques énergumènes, l’un n’ayant plus peur de mariner dans les aberrations les plus fumeuses, l’autre n’étant plus à une connerie près pour se démarquer, suffisait à installer un débat sur la mondialisation dans le cadre de 2012, ce ne serait pas si mal. Il vaut mieux parler de mondialisation, et de modèle de société que d’immigration, de sécurité, de fonction présidentielle (voire de VIe République, roflmao) et de platitudes compassées sur « les gens qui souffrent holala » . Au moins, le débat public prendrait un peu de hauteur.

Je ne me fais pas d’illusion sur le fait que la tournure des débats risque de me hérisser le poil, et de me faire blanchir les cheveux. Mais au moins, on verrait ceux qui sont capables d’approfondir réellement, et ceux qui sont incapables de sortir des sentiers battus des discours habituels.

Sur le sujet, pas de clivage droite-gauche très nette. Ce qui risque d’apparaître, c’est ce fameux 2e axe du diagramme de Nolan, l’axe « Liberté/Étatisme, Dirigisme » . Je ne me fais pas d’illusion sur la capacité des futurs candidats à franchir la barre horizontale, cantonnés, comme le riz, qu’ils seront en-dessous, à discuter du degré de malfaisance de la mondialisation. Mais ça se jouera à qui est plus ou moins libéral.

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Je vois déjà se dégager deux grandes tendances : dans le camp des démondialisateurs, le FN, toute la gauche radicale, et une bonne partie de l’aile gauche du PS, voire les écolos (tout dépend du candidat en carton qu’ils se désigneront, le vendeur de shampoing cancérigènes, ou la psychorigide venue du cercle polaire). De l’autre, dans le camp des tièdes, mais qui n’oseront pas franchir le Rubicon du Libéralisme, l’UMP, le MoDem, et ARES (et encore…). Et puis entre les deux, on trouvera le candidat PS, tiraillé entre la nécessite de tenir un discours de gauche, et son désir de crédibilité économique, prompt à séduire l’électorat centriste. De beaux maux de crânes, et d’habiles grands écarts sont à prévoir de ce côté là.

Ce serait une belle occasion pour l’UMP que de réaffirmer des valeurs Libérales, aussi bien économiquement que politiquement. Pas un Libéralisme forcené, excessif, ou effrayant (les Français sont trop habitués à la ouate pour en sortir aussi brutalement), mais quelques petites touches nuancées, un souffle libéral, une réaffirmation des principes de subsidiarité, d’efficacité de la gestion publique, d’allègement de l’administration, d’orthodoxie budgétaire, de foi en la libre entreprise et dans l’innovation, de libération des forces de croissance. Au pire, qu’ils s’inspirent de ceux qui ont déjà médité sur le sujet.

Tout ça pour dire : la démondialisation, parlons-en. Mais que les Libéraux, les Libertariens, mais aussi les Libéraux classiques, les Libéraux modérés, aient du répondant et se fassent entendre. Et que l’UMP se montre perméable à quelques unes de leurs influences. Vous savez ? Plus j’entends radoter à propos de Miterrand, plus j’entends radoter Chirac, plus je regrette Giscard.

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