La droite la plus nulle du monde…

Plus je suis le combat des chefs à l’UMP, et l’affrontement (hélas plus discret, mais pourtant plus vital à long terme) des motions, plus je suis renforcé dans mon impression que nous subissons en France la droite la plus bête du monde.

D’après un sondage, certes contestable mais que nous considèrerons comme suffisamment fiable pour être commenté, la motion de la « Droite Forte« , grosse mixture infâme d’idées nébuleuses ayant pour seul vecteur commun et comme unique argument sa filiation inconditionnelle à Sarkozy, arriverait en tête chez les sympathisants à UMP (et il y a fort à parier que ce soit d’autant plus vrai parmi les adhérents UMP).

Ici, afin de remplir les critères de qualité de tout blog ou pureplayer qui se respecte (à défaut de respecter ses lecteurs), il me faut vous rappeler que Guillaume Peltier est passé par le FN, et qu’il s’agit donc de toute évidence d’un monstre sans coeur qui mange encore plus d’enfants rôtis qu’un ultralibéral, au mépris de son mauvais cholestérol. Placez ici les huées et les sifflets. Je ne sais pas si les journalistes doivent absolument placer certains clichés ou mots-clés dans tous leurs articles pour faire gagner des points à leur rédaction dans la course joyeuse de la presse vers la nullité, mais le passé de Peltier est systématiquement rappelé avec une rigueur et un sérieux que l’on souhaiterait voire appliqués à d’autres sujets.

Certains, affolés par toute référence sauvage au FN, chouette épouvantail de la vie politique française, en viennent même à me confier que si Peltier domine l’UMP, les militants porteront bientôt des chemises brunes. Rien que ça. Je pense même que Peltier se laissera pousser une jolie moustache, que les UMPistes défileront au pas de l’oie (les Français marchent déjà au trop de lois), et organiseront des marches au flambeau, paradant sous des oriflammes aux couleurs inspirées par le Guide, qui rappelleront les heures les plus sombres de notre histoire, Maréchal nous voilà.

Je ne peux pas blairer Peltier. Ce n’est rien d’autre qu’un carriériste démagogique, opportuniste, et insipide jusqu’à l’extravagance. Maintenant, j’aimerais bien qu’on l’attaque sur autre chose que son passé ou sur sa personne : il y a suffisamment de quoi faire si on s’attarde sur ses idées ou son absence d’idées. Mais un passage à l’extrême-droite vous marque au fer rouge, et vous tricote sur le blouson une petite étoile FN pour qu’on puisse vous identifier de loin et se boucher le nez. Osez parler de Novelli ou Madelin : on vous parlera de leurs conneries de jeunesse. Et c’est sans parler de Fini en Italie… Pas de rachat possible. Paradoxalement, le passage chez les trotskistes et autres maoïstes de certains responsables socialistes ne semble pas avoir pesé sur leur carrière. Oui, mais ils sont de gauche, alors c’est tellement mieux, ça part d’un bon sentiment, c’est bisou-compatible.

Bref, revenons-en à nos moutons et à nos motions. En tête, une soupe insipide. Dommage que Camille Bedin, dont certaines interventions me semblaient pertinentes et modernes, soit allée se perdre dans les méandres de la « Droite forte ». Même si la domination de cette dernière risque de s’étioler au cours de la campagne, lorsque les militants prendront conscience du fait que cette motion surfe uniquement sur la référence à Sarkozy, on ne peut que constater la faiblesse des autres motions.

La droite moderne et humaniste rassemble des centristes, des humanistes, et quelques libéraux égarés. Dommage que les quelques libéraux sincères de l’UMP soient mêlés à des personnalités aussi molles que Raffarin… Du reste, il n’est pas impossible de trouver quelques libéraux à la Droite sociale, dans la mesure où Wauquiez, entre deux refrains séniles sur le protectionnisme, se pose en défenseur des classes moyennes contre l’assistanat, ainsi que d’autres brebis égarées à la Droite Populaire populiste. Bref, vous avez compris : les quelques libéraux sont partout et surtout nulle part.

Ce Congrès est bien parti pour confirmer ce que nous présumions déjà : les libéraux de l’UMP sont totalement incapables, infoutus de se rassembler, de se concerter, et de rester soudés pour peser, au-delà de leurs quelques divergences (les uns teintant leur libéralisme de conservatisme, les autres d’humanisme). Conclusion ? Les libéraux continueront de compter pour du beurre, voire de la margarine, puisqu’ils seront perdants dans tous les scénarios. Félicitations, messieurs !

Un petit mot quand même sur le combat des chefs… Très drôle de voir comment Copé s’est arrangé pour fabriquer un duel, en écartant systématiquement les autres potentiels candidats par des règles et des complications paperassières dignes du Kremlin. Mais encore plus drôle de voir que l’UMP est devenue tellement anti-libérale que le terme de « libéral » y est devenu une insulte, qu’on utilise pour blâmer son adversaire… C’est ainsi avec une certaine circonspection que j’ai entendu Estrosi qualifier Copé et ses proches de « libéraux anti-gaullistes » et les copéistes répliquer en disant que non, non, c’est Fillon le plus libéral, et pi c’est tout.

Quand le fait d’être soi-disant libéral devient une tare, un reproche, un défaut, au sein même du principal parti de droite, on a toutes les raisons de s’inquiéter. Ajoutons à ce constat le fait qu’évidemment, ni Fillon ni Copé n’est libéral. Pas pour deux sous. Nous avons la droite la plus nulle du monde.

Si Fillon semble bien parti, et plus populaire dans l’ensemble de la population, il ne faut pas négliger la forte fidélité au chef qui continue à exister parmi les militants UMP. Du reste, s’ils choisissent de désigner Copé comme leur leader, ils commettraient un suicide politique de l’ampleur de la désignation d’Eva Joly face à Nicolas Hulot… Le choix du repli sur soi, la préférence accordée au clan, le refus de l’ouverture. Tiens, ça ressemble aussi sacrément à la doctrine économique de l’UMP.

Le plus drôle du plus drôle serait que la Droite forte, aux relents fortement copéistes, soit majoritaire, et que Fillon devienne président. Savourez la contradiction.

Fillon ou Copé, Droite forte, molle ou populaire, les libéraux sont inaudibles, et la droite est nulle. Et on attend toujours la Thatcher française.

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[Malaberg] Hollande 2012… Copé 2017 ?

Alors je vais essayer ici de me livrer à un petit exercice de prospective par écrit, avec un certain nombre d’hypothèses. Tout d’abord, en supposant que le PS et le système médiatique aient réussi à nous bâillonner, et que François Hollande ait réussi, comme le veulent certains qui ne sont pas capable de se projeter un brin au delà à se faire élire en 2012 et à sortir Sarkozy. Que se passera-t-il ensuite ?

Etant donné l’admiration de Hollande pour le capitulationniste Zapatero (homme que je fuirais comme la peste si j’avais un brin d’ambition de capter des voix de gauche), et celle d’Aubry pour le laquais Papandréou, on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’ils ne s’attaquent pas frontalement aux banques et à la dictature des marchés financiers, donc qu’ils s’y soumettent. On aura donc droit à une politique d’austérité type celle menée actuellement par Zapatero en Espagne, qui aboutira à une dégradation du niveau de vie, etc. (je n’ai pas le moral à tout détailler, par contre on peut avoir une idée de la politique dépensière qu’il s’apprête à mener ici, alors qu’on est encore en campagne électorale…), et on pourra donc s’attendre logiquement à ce que le PS perde toutes les elections intermédiaires d’ici 2017 (et le sénat, lol), et à ce qu’ils se ramassent en 2017. Qui prendrait alors la succession ? Il y en a un que j’ai repéré en 2005 ou 2006, je ne sais plus, je regardais une pseudo émission politique à la con où était invité le ministre du budget de l’époque (époque où à droite on n’avait d’yeux que pour Sarko et Villepin), et je me suis dit « ouhla, ce gars est vraiment dangereux, et avec son ton doucereux, mielleux et hypocrite, j’ai déjà envie de lui mettre des baffes, il ira loin j’en ai peur, il est potentiellement pire que Sarko ». Il s’agit de J-F Copé. Bon, la suite des évènements ne m’a pas donné tort (comme d’hab sur ce genre de thème, haha), il a grimpé, (présidence groupe assemblée, chef de l’UMP…) en promouvant une politique réac au possible (les allocations maladie qui n’étaient pas taxées le sont grâce à lui, etc.).

Bref, je n’ai aucun doute quant à sa capacité à éliminer ses rivaux en vue de 2017. (à moins qu’un petit scandale style Sofitel ne nous en débarrasse, d’ailleurs si on peut monter un coup tordu dans ce genre là, je suis volontaire !). Donc, il est fort à parier qu’on se coltinera M. Copé en 2017, qui fera une politique encore pire que celle de Sarko…

Bref, une raison de plus que je n’aille pas voter pour le porcinet anorexique en 2012.

Qu’en pensez vous ? (tous, hein, pas que ceux en liens, même si leur avis m’intéresse particulièrement)

Tenez, rien à voir, mais battre sa femme est légal aux Kansas, maintenant. God bless America !

Au fait, Alexandre, si tu me lis, je préfèrerais « Bandiera rossa » (c’est un peu vieux, mais c’est très beau, je trouve) ou « on lâche rien » (plus moderne, et très beau aussi, surtout dans une immense salle ou ça résonne avec le plafond) plutôt que « c’est la luuuutte finaaale » (ras la casquette) à coté de mon nom, à droite, si possible ;-)

Gueuheuuuuuuuuuu!

(Merci à Libé pour cette splendide image)

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