Moralisation de la vie politique ?

Approuvez-vous comme moi la « moralisation de la vie publique » proposée par Bayrou : nombre de députés abaissé de 577 à  400, cumul des mandats « interdit » pour les députés dès 2012 et « limité » pour les sénateurs, assemblée nationale élue aux trois quarts au scrutin majoritaire actuel et au dernier quart à la proportionnelle, reconnaissance du vote blanc, définition du conflit d’intérêt, interdiction du retour dans la vie publique des élus condamnés pour corruption,  gouvernement à moins de 20 ministres ?

C’est Aurélien Veron qui, sur son Facebook, résumait très bien les propositions de Bayrou en matière de vie publique et d’institutions. Petit commentaire rapide point par point.

Abaissement du nombre de députés : une évidence. Je serais même allé jusqu’à 300, mais disons que c’est une mesure qui va dans le bon sens (et Sarkozy propose aussi une réduction). En parlant des députés, j’aurais même divisé par 2 (ou un peu moins) les indemnités de tous les élus, comme le proposait Hashtable, et surtout, chose souvent oubliée, je me serais attaché à réduire tous les avantages accumulés par les élus pendant et après leurs mandats, et que des enquêtes régulières viennent souligner (restaurants aux tarifs avantageux, abonnements divers, moyens à dispositions, et surtout, retraites somptuaires, persistance d’avantages en nature…). Soyons objectifs, certains peuvent être utiles (par exemple pour faciliter les déplacements vers Paris etc), mais ils doivent être totalement reconsidérés et allégés, en particulier pour l’après-mandat.

Concernant la proportionnelle, j’y suis favorable, dans la mesure où cela permettrait de mieux représenter les différents courant politiques, dont les pauvres libéraux. Cela dit, j’y mets une condition : la préservation d’une majorité stable, afin de ne pas sacrifier ce qui fait l’une de nos forces actuellement, par rapport à d’autres gouvernements européens facilement paralysés. Pour ce faire, il faudrait réfléchir à la méthode : celle d’Hondt favorise malgré tout les listes ayant reçu le plus de suffrages.

Reconnaissance du vote blanc : très bonne idée. Là aussi, c’est une évidence. Pour la suite, chacun ne peut que convenir que ce sont de bonnes idées.

Quant au Gouvernement, 20 ministres, ça fait déjà beaucoup, et je crois que la règle serait à la fois rigide (à chaque Président de faire ce qu’il veut) et contre-productive (si ça amène à la nomination de pléthore de secrétaires d’État de substitution pour placer les amis).

Revenons enfin sur le cumul des mandats. J’ai, sur ce point, un avis très divergent de la plupart des Libéraux. J’estime que la liberté doit s’appliquer jusque là. Ce n’est pas au législateur de décider qui est apte d’accéder à telle ou telle fonction élective, mais … aux électeurs. Interdire le cumul à tous les niveaux, c’est s’exposer à devoir supporter éventuellement un mauvais élu faute de pouvoir désigner un bon élu, malgré son cumul. Un élu peut très bien assumer deux mandats avec qualité et attention. Tout dépend de sa compétence. Je préfère un bon cumulard à un mauvais non-cumulard. Si les électeurs estiment que le cumul des fonctions empêchera le candidat d’assurer pleinement ses fonctions, il leur suffit de le faire savoir par les urnes. Mais si ça ne les dérange pas, qu’ils soient libres d’en faire leur maire ou leur député. Ne les prenons pas pour plus bêtes qu’ils ne le sont…

Par contre, cette autorisation du cumul (sauf cas excessif pouvant présenter un inconvénient, évidemment), doit s’associer à une limitation totale du cumul des indemnités. L’élu cumulard devra se contenter d’une seule indemnité, la plus élevée, et renoncer totalement aux autres. Dans ce cas, le fait de cumuler ne sera pas motivé par la volonté de se remplir les poches (et permettra au contraire d’économiser de l’argent public)… Vous me direz qu’il y a d’autres mauvaises raisons de vouloir cumuler (influence…), mais le principal écueil serait évité, et il y a fort à parier que les politiques prendront en considération que ce n’est pas leur portefeuille qui y gagnera en poids.

Bref, pour en revenir au sujet de l’article, les mesures proposées par François Bayrou vont dans le bon sens … mais pourquoi en faire un référendum ? Demander aux gens s’ils sont favorables ou non à une MORALISATION, c’est comme leur demander s’ils sont pour ou contre la paix dans le monde, le plein-emploi, le fait que les petits africains mangent à leur faim, et l’interdiction des chansons de Justin Bieber sur le territoire national… Du coup, cette idée donne l’impression, à tort ou à raison (qui y a pensé le premier ?) qu’il y a chez Bayrou la volonté de copier Sarkozy, en rattachant son wagon après coup.

Ce qui est, selon moi, une erreur, s’ajoute à d’autres erreurs, telles que le Ministère de l’égalité (WTF ?) et l’idée de saboter le statut d’auto-entrepreneur, qui est plutôt une réussite qui devrait être approfondie. Pas sûr que cela suffise à relancer la campagne du chef du MoDem…

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À propos Alexandre
Carabin passionné de politique, dextro-centriste et méchant libéral. Rule Britannia ! J'ai rarement tort mais ça m'arrive souvent.

2 Responses to Moralisation de la vie politique ?

  1. reste à entendre le détail sur la facon dont il. mettrait ca en place, sur le plan pratique.

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