La démondialisation, ineptie à la mode (3/3)

Voici le 3e volet de nos fâââbuleuses aventures dans le monde merveilleux des pneus dégonflés de la démondialisation. Après avoir annoncé joyeusement la romance naissante entre extrême gauche et extrême droite, et examiné  à quoi nous amenaient les diverses voies de démondialisation, c’est l’heure d’une sorte de petite conclusion. Notez que je n’ai pas la moindre idée, en commençant cet article, de la manière dont il va se terminer.

Malgré tout, tant que le concept de démondialisation n’est pas mis en œuvre (au pire, il me resterait l’exil), le sujet n’est pas inintéressant. Alors il est vrai, j’ai été un peu radical, un peu excessif (et encore), un brin moqueur. Mais ce n’est pas nouveau, la démondialisation. J’ai été d’ailleurs moi même surpris par l’ancienneté et le substratum idéologique qui sous-tendait ce tissu d’inepties… Voilà d’instructives lectures sur le sujet.

Après tout, parlons-en, de la mondialisation ! Franchement, c’est un sujet aussi décisif que passionnant. Si les délires de quelques énergumènes, l’un n’ayant plus peur de mariner dans les aberrations les plus fumeuses, l’autre n’étant plus à une connerie près pour se démarquer, suffisait à installer un débat sur la mondialisation dans le cadre de 2012, ce ne serait pas si mal. Il vaut mieux parler de mondialisation, et de modèle de société que d’immigration, de sécurité, de fonction présidentielle (voire de VIe République, roflmao) et de platitudes compassées sur « les gens qui souffrent holala » . Au moins, le débat public prendrait un peu de hauteur.

Je ne me fais pas d’illusion sur le fait que la tournure des débats risque de me hérisser le poil, et de me faire blanchir les cheveux. Mais au moins, on verrait ceux qui sont capables d’approfondir réellement, et ceux qui sont incapables de sortir des sentiers battus des discours habituels.

Sur le sujet, pas de clivage droite-gauche très nette. Ce qui risque d’apparaître, c’est ce fameux 2e axe du diagramme de Nolan, l’axe « Liberté/Étatisme, Dirigisme » . Je ne me fais pas d’illusion sur la capacité des futurs candidats à franchir la barre horizontale, cantonnés, comme le riz, qu’ils seront en-dessous, à discuter du degré de malfaisance de la mondialisation. Mais ça se jouera à qui est plus ou moins libéral.

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Je vois déjà se dégager deux grandes tendances : dans le camp des démondialisateurs, le FN, toute la gauche radicale, et une bonne partie de l’aile gauche du PS, voire les écolos (tout dépend du candidat en carton qu’ils se désigneront, le vendeur de shampoing cancérigènes, ou la psychorigide venue du cercle polaire). De l’autre, dans le camp des tièdes, mais qui n’oseront pas franchir le Rubicon du Libéralisme, l’UMP, le MoDem, et ARES (et encore…). Et puis entre les deux, on trouvera le candidat PS, tiraillé entre la nécessite de tenir un discours de gauche, et son désir de crédibilité économique, prompt à séduire l’électorat centriste. De beaux maux de crânes, et d’habiles grands écarts sont à prévoir de ce côté là.

Ce serait une belle occasion pour l’UMP que de réaffirmer des valeurs Libérales, aussi bien économiquement que politiquement. Pas un Libéralisme forcené, excessif, ou effrayant (les Français sont trop habitués à la ouate pour en sortir aussi brutalement), mais quelques petites touches nuancées, un souffle libéral, une réaffirmation des principes de subsidiarité, d’efficacité de la gestion publique, d’allègement de l’administration, d’orthodoxie budgétaire, de foi en la libre entreprise et dans l’innovation, de libération des forces de croissance. Au pire, qu’ils s’inspirent de ceux qui ont déjà médité sur le sujet.

Tout ça pour dire : la démondialisation, parlons-en. Mais que les Libéraux, les Libertariens, mais aussi les Libéraux classiques, les Libéraux modérés, aient du répondant et se fassent entendre. Et que l’UMP se montre perméable à quelques unes de leurs influences. Vous savez ? Plus j’entends radoter à propos de Miterrand, plus j’entends radoter Chirac, plus je regrette Giscard.

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À propos Alexandre
Carabin passionné de politique, dextro-centriste et méchant libéral. Rule Britannia ! J'ai rarement tort mais ça m'arrive souvent.

3 Responses to La démondialisation, ineptie à la mode (3/3)

  1. Malaberg says:

    dis donc, tu révises attentivement ton bac, toi. T’as été pris en prépa finalement ou pas ?

    Pour le fond, je t’avoue que je suis un peu débordé en ce moment. Je peux te conseiller de lire la démondialisation par jacques sapir (je l’ai acheté, et n’ai toujours pas trouvé le temps de le lire), il parait qu’il est très bien et je te ferai remarquer que la définition que tu donnes du « populisme » est en fait celle de la démagogie, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Tu confonds les deux termes. Personne n’est capable de donner une définition de populisme qui soit acceptée.

  2. Malaberg says:

    je proposerai cette définition : ce que le populiste dit va dans le sens de l’intérêt du peuple, ce que le démagogue dit est ce que le peuple veut entendre (ou ce qu’il pense qu’il veut entendre), sans prévoir forcément de le faire si jamais il arrive au pouvoir.

  3. Malaberg says:

    oh, je viens de trouver un article dont je suis à peu près sur qu’il figurera dans ta selection de lien de cette semaine… Je le garde sous la main.

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