La démondialisation, ineptie à la mode (1/3)

S’il est bien un thème qui semble d’ors-et-déjà s’imposer dans le débat en vue de la Présidentielle 2012, c’est bien celui de l’anti-mondialisme, ou, pour faire bien, de la démondialisation. Ce thème, s’il est révélateur de la réalité de l’échiquier politique français, n’en reste pas moins un flou idéologique total… Quand les extrêmes se rejoignent

Je sais que je fais régulièrement bondir sur son fauteuil un certain lecteur mélenchoniste dès que j’évoque cette impression qu’extrême gauche et extrême droite sont les meilleurs amis ennemis du monde. Malgré leurs oppositions idéologiques, les similitudes au niveau du projet de société qu’ils esquissent apparaissent de plus en plus au grand jour.

Non, ce n’est pas l’UMP qui souffrirait principalement d’une montée de Marine Le Pen. Seule une infime partie des sympathisants UMP pourraient être tentés par le discours nationaliste de la fille de son père. Par contre, il y a une perméabilité nettement plus nette entre les anciens électeurs communistes et l’extrême droite, qui a fait https://i2.wp.com/jeunesocialiste.blog.lemonde.fr/files/2011/05/Votez-pour-la-d%C3%A9mondialisation-.pngsien le discours du patriotisme économiques, de l’anti-libéralisme, et de l’État tout puissant. Ce n’est pas un hasard si, régulièrement, des syndicalistes, des sympathisants d’extrême gauche, ou même l’électorat ouvrier, trouve son bonheur dans le discours de Marine. Ont-ils raison de se reconnaître dans son discours ou pas ? Sont-ce des paroles en l’air ? Est-ce une pâle copie du discours de gauche ? Un vernis de gauche sur un monstre hideux ? C’est une autre question.

En attendant, avant de devenir un méchant dictateur, Hitler a bien fondé un parti National-Socialiste. Un peu de socialisme, un peu de nationalisme (ou patriotisme, si vous préférez). Mieux. Vous avez lu le premier programme des Faisceaux Italien ? Vous seriez surpris. Mussolini lui même n’était-il pas un ancien socialiste ? Bon, j’arrête là ma conquête du point Godwin. Tout ça pour dire que de voir un leader nationaliste adopter un vernis socialiste n’est pas une invention de Marine.

La confirmation de ce sentiment m’a une fois encore été apportée par les principaux intéressés. Qui a dit « Si je participais de la famille socialiste, je glisserais un bulletin pour Arnaud Montebourg » ? Marine Le Pen en personne. Étonnant ? Non, pas tant que ça. Rien de surprenant dans le fait que la cheftaine de file des patriotes économiques anti-libéraux se dise proche de l’adepte socialiste de la démondialisation et du capitalisme coopératif. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à avoir noté ce rapprochement idéologique et la réappropriation du champ lexical antimondialiste par le nouveau rottweiler de la prétendue droite dure.

Ce n’est pas anodin. C’est juste du POPULISME. Vous savez, cette méthode (plus qu’un courant) politique, consistant à dire au peuple ce qu’il a envie d’entendre, même si c’est du vent, même si ça ne s’appuie sur aucune donnée économique valable ? Alors on suit bêtement le sens du vent. Enfin, pas si bêtement, parce que ça marche plutôt bien. Je parle du populisme, hein. Parce que la démondialisation, ça ne marchera pas. C’est d’ailleurs ce que l’on verra demain. Si vous êtes sages. D’où le « 1/3  » dans le titre.

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À propos Alexandre
Carabin passionné de politique, dextro-centriste et méchant libéral. Rule Britannia ! J'ai rarement tort mais ça m'arrive souvent.

3 Responses to La démondialisation, ineptie à la mode (1/3)

  1. Ping: La démondialisation, ineptie à la mode (2/3) « J'ai rarement tort …

  2. SEVEYRAT Thierry says:

    Il ne s’agit pas de contester notre horizon planétaire mais de le structurer. L’erreur serait de croire qu’on reviendrait en arrière, ce qui à soi seul relève du non-sens – il s’agit d’aller de l’avant en rompant avec l’angélisme de la mondialisation spontanément bienfaitrice. A posteriori, même Delors il y a 20 ans s’était rendu à ce constat, avec un terme encore plus barbare – il parlait alors de « subsidiarité ». En effet c’est un principe de bon sens.

    La relocalisation n’est donc qu’un des volets de la démondialisation. Il s’agit de se réaproprier des marges de souveraineté face aux marchés, par exemple en délictualisant certains types d’activités économiques (les prêts structurés, certains types de spéculation), faire de la convergence sociale et fiscale une vraie priorité politique dans l’UE, doter l’UE d’un réel budget abondé par une fiscalité sur les bénéfices et les transactions, redonner du contenu à l’entente franco-allemande au sein des 27, responsabiliser juridiquement les maisons-mères sur les méfaits sociaux, sanitaires ou environnementaux de ses filiales, donner aux consommateurs un accès garanti aux contenus sociaux et environnementaux des biens et services qu’ils consomment, etc, etc.

    Bref c’est partir du bas de l’échelle pour remonter jusqu’en haut, avec des notions simples comme la réciprocité de l’échange, la responsabilité sociale et environnementale, les « radars » sur les routes de la finance, etc. Sur le fond je ne pense pas que nous soyons en désaccord, ni surtout que nous défendions des objectifs, voir des mesures très différents. La méthode n’est probablement pas la même.

  3. Ping: La démondialisation, ineptie à la mode (3/3) « J'ai rarement tort …

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