Pourquoi on ne doit pas dire non à la Turquie

Le sujet de l’intégration ou non de la Turquie au sein de l’Union Européenne fait son retour aujourd’hui, dans le cadre de la visite éclair du Président Sarkozy à Ankara. Les Turcs sont volontiers choqués par la brièveté du temps que leur accorde le Président de la République : cinq heures, pour évoquer le G20, et à n’en point douter, la situation explosive au Maghreb.

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On le sait, la France, comme l’Allemagne, s’opposent fermement à l’entrée de la Turquie dans l’UE, bien qu’officiellement, les négociations soient en cours. Pour une fois, réjouissez-vous, je suis en total désaccord avec Nicolas Sarkozy. Je pense que de fermer la porte à la Turquie est une erreur géopolitique, géostratégique et historique majeure.

Balayons d’emblée l’argument le plus traditionnel et à mon sens le plus stupide des opposants à la candidature de la Turquie : « la Turquie ne serait pas en Europe« . Ah bon ? Prenez une carte, un globe, ou un planisphère, je vous prie. Google maps fera l’affaire. Observez la Turquie. Observez sa position par rapport au reste de l’Europe. Maintenant, observez où est Chypre. Oui, en-dessous de la péninsule anatolienne. Donc plus loin du reste de l’Europe que la Turquie, et que, plus encore, Istanbul, son cœur névralgique. Pourtant, Chypre est un État membre de l’Union Européenne. Quelqu’un est-il choqué que Chypre soit des nôtres ? Je ne pense pas. Alors l’argument géographique ne tient pas.

En réalité, ce faux argument n’est, selon moi, qu’un alibi commode pour voiler (ahah) la véritable raison : l’Islam. Oui, la Turquie est un pays majoritairement musulman. Mais là encore, pour l’instant, il n’y a aucune raison de s’inquiéter ! Bien au contraire ! Avec la France (et dans une très moindre mesure le Portugal), la Turquie est le seul pays quasiment totalement laïque en Europe. Sur ce sujet, il est exemplaire. C’est en outre un des rares modèles de démocratie au Proche et au Moyen Orient, une véritable source d’inspiration pour nos démocraties naissantes au Maghreb, ou l’Armée joue aussi un rôle fort de garante de la pérennité démocratique. Si on souhaite éviter que les Islamistes profitent de la situation pour s’imposer au Maghreb, on ferait bien de s’inspirer des principes d’Atatürk : « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » . Justement, nous verrons comment notre position arriérée peut contribuer à faire faillir le modèle turc.

Quelle est ma position ? Je dois avouer qu’elle n’a pas toujours été telle. Mais j’ai évolué positivement sur la question. Je pense qu’il faut que la Turquie soit intégrée sur le long terme comme un Etat membre de l’Union Européenne. Attention ! Je n’ai pas dit qu’il faut l’intégrer tout de suite, dès demain, ou dans l’année qui vient. Il faut encore du temps. Cela dit, il faut tenir la porte grande ouverte, et proclamer haut et fort à l’attention de la Turquie « nous sommes prêts à vous accueillir à condition que vous fassiez les progrès nécessaires » . Je pense qu’il y a un énorme danger dans la situation actuelle, et dans l’obstination de Sarkozy et de Merkel.

Pourquoi ? En réalité, nous leur faisons actuellement comprendre que tous les efforts qu’ils font actuellement pour nous rejoindre sont vains, puisque, quoi qu’ils fassent, quels que soient leurs progrès, nous leur fermerons la porte in fine. En somme, ils sont en train de gravir un grand et pénible escalier, au bout duquel les attend, non pas une porte ouverte ou entrouverte, leur laissant l’espoir d’entrer, mais une porte fermée, cadenassée, et blindée. Par conséquent, quelle peut-être leur réaction normale ? Le ras-le-bol, et le rejet pur et simple. Gravir un pénible escalier pour rien, c’est inutile. Et s’ils constatent que la porte reste fermée, ils finiront par redescendre, en abandonnant leurs efforts (ou au moins, ils ne bougeront plus de leur marche -fin de la métaphore-). Ce qui serait tout simplement dramatique ! Nous avons l’occasion unique d’inciter un grand pays comme la Turquie à changer ses institutions, à se démocratiser, à abandonner ses mauvaises pratiques, à se prémunir contre le risque d’un État dominé par le facteur religieux, à faire une plus grande place aux droits de l’homme, et nous la gâcherions ? Non ! C’est absurde. Il faut continuer à donner à ce pays une raison de s’améliorer, et de se rapprocher de nous, et de notre mode de fonctionnement, faute de quoi il s’en éloignera fatalement, inexorablement. Forcément, il cherchera d’autres alliés, plus bienveillants à son égard, des amitiés bien moins recommandables à nos yeux. C’est ce qu’il faut éviter par tous les moyens.

Une attitude d’ouverture (il y a du progrès à faire, mais sachez que si vous y parvenez, vous serez les bienvenus) peut nous offrir un allié essentiel pour demain. Une attitude stérile d’intransigeante fermeture (quoi que vous fassiez, c’est NON) pourrait en faire un ennemi, ou, au moins, l’éloigner de notre modèle.

Alors je suis partisan de cette ouverture. Je veux que la Turquie progresse, notamment sur la question chypriote, qui est intolérable. Mais qu’est-ce qui motivera la Turquie d’agir pour Chypre ? La carotte de l’UE ou bien notre hostilité ?

Et pour adopter un point de vue plus terre à terre, avoir un pays émergent et florissant comme la Turquie en son sein ne nous ferait pas de mal. Sans compter son potentiel apport stratégique, militaire, voire diplomatique, dans notre rapport aux autres puissances orientales.

Oui, cette question me préoccupe. Et l’idée que les Turcs puissent abandonner le rêve européen me laisse véritablement songeur et déçu. Il est impératif que nous changions totalement de perception, et que nous cessions d’adopter une attitude électoraliste et démagogique à l’égard de la Turquie. Chirac l’avait compris. Ah, me faire dire du bien de Jacques Chirac, il fallait oser !

Je suis curieux de savoir ce que mes amis blogueurs pensent de la question, et en particulier l’Hérétique (je crois avoir compris que Bayrou s’opposait lui aussi à l’entrée de la Turquie dans l’UE), Xerbias, Nicolas, Vallenain, Corto, et tous ceux qui souhaitent se joindre à eux. Et s’ils se sont déjà exprimés sur le sujet, j’essayerai de fouiller un peu leurs blogs. ;-)

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À propos Alexandre
Carabin passionné de politique, dextro-centriste et méchant libéral. Rule Britannia ! J'ai rarement tort mais ça m'arrive souvent.

10 Responses to Pourquoi on ne doit pas dire non à la Turquie

  1. Vlad says:

    Ah parce que tu crois encore à l’Europe ?…
    Ok je sors…

  2. Alboss says:

    Dommage que tu oublies l’aspect culturel, historique des relations entre l’Europe et la Turquie, l’influence turque sur cette même culture européenne. Concernant l’argument de l’Islam, comment réagira l’Europe demain quand il s’agira d’intégrer la Bosnie, le Kosovo et l’Albanie, trois pays majoritairement musulmans ? Certes, le problème n’est pas de même nature et ces trois pays ont un poids tout relatif comparé à celui de la Turquie. Mais, ce qui gêne, c’est bien que l’Europe puisse avoir une identité autre que celle principalement chrétienne. A moins que ce ne soit, une fois de plus, qu’un argument de façade.
    Sans oublier que la Turquie ne rentrera pas dans l’UE tant que le système de représentation au Parlement sera proportionnel à la population de chaque pays, et avec 80 millions d’habitants, la voix de la Turquie aura autant de poids que celle de l’Allemagne, plus que celle de la France et autant qu’une dizaine de petits pays réunis. Et s’il venait l’idée à la Turquie et à la Pologne de s’accorder sur certains points…
    Enfin bon, on peut clairement constater la fébrilité européenne Jusqu’ici elle n’a pas eu de mal à s’ouvrir aux pays de l’Est parce qu’ils ne présentaient pas de réel danger pour elle. Mais l’audace qui serait celle de s’ouvrir à la Turquie, l’Europe ne l’a pas.

    Et enfin, juste petite remarque, la laïcité n’est pas sans reproche en Turquie depuis quelques années et notamment depuis l’arrivée de Recep Tayyip Erdogan, rappelons notamment la présence occasionnelle de femmes voilées au Parlement et d’autres entorses à la Constitution relatives à la laïcité du pays.

    Mais bon, je suis un partisan de l’intégration turque aussi. Toutefois, la priorité doit être donnée aux Balkans, selon moi. Ce serait même la meilleure voie pour l’intégration de la Turquie.

  3. xerbias says:

    Je disconviens sur ce billet. Les arguments sont connus, et j’ai eu depuis des années l’occasion de m’y opposer. Plutôt que d’écrire directement un nouveau billet sur la question, j’en propose déjà quatre de mon blog qui traitent de la question :
    La Turquie n’est pas en Europe (mai 2006)
    Retour sur la question turque (octobre 2006)
    La division de l’ïle de Chypre (juillet 2007)
    La Turquie, nouveau membre des États-Unis d’Amérique ? (avril 2009)

    Et bien d’autres billets abordent ce thème par un détour. Je considère la question comme capitale pour l’Union Européenne, et en tant que fédéraliste européen, j’étais dévasté lorsque Jacques Chirac a permis l’ouverture des négociations. La Turquie n’a pas vocation à rentrer dans l’UE, à une époque je considérais que c’était une blague (comme lorsqu’on parle d’une adhésion du Maroc), maintenant je considère que c’est un drame. Je reprends les principaux points d’argumentations ici :

    – Le problème, ce n’est pas l’Islam : un jour, la Bosnie Herzégovine rentrera dans l’Union Européenne, alors que le pays est majoritairement musulman, et je n’y vois nul inconvénient.

    – La Turquie n’est pas en Europe : pourquoi vouloir faire une Union Européenne avec un pays qui n’est pas situé en Europe ? L’un des problèmes du projet européen, c’est que les peuples européens peinent à se l’approprier. Pour qu’il y ait une conscience de la nécessité de relever ensemble des défis communs, encore faut-il que nous puissions savoir qui nous sommes. Et pour cela, nous avons besoin de frontières. Les frontières de l’Europe, ce n’est pas l’Irak et l’Iran. L’Union Européenne n’a pas à s’étendre indéfiniment, elle devrait plutôt se concentrer à davantage d’intégration parmi les pays européens.

    – Chypre n’est dans l’Union Européenne que par volonté de la Grèce. Historiquement, à peu de choses près, cela aurait été une colonie grecque, comme la France est présente en Amérique du Sud via la Guyane. Mais la taille de Chypre n’a rien à voir avec le mastodonte qu’est la Turquie. Quand on aura comme plus gros pays de l’Union Européenne un pays qui n’est pas en Europe, on aura vraiment atteint le fond de l’absurdité. S’il faut choisir entre « Chypre et Turquie dans l’UE » et « aucun des deux », je préfère encore la deuxième possibilité.

    – Vis à vis du projet européen initial, les adhésions successives ont apporté davantage de difficultés. Le Royaume-Uni puis les pays de l’Europe de l’Est ont rendu les accords plus difficiles à obtenir, ceux-là ne voyant la construction européenne que comme une zone de libre échange. L’adhésion de la Turquie porterait le coup de grâce de la construction européenne, il ne faut pas en douter. Le débat politique ne s’y fait pas sur les mêmes bases qu’ici, et rien ne permet de penser que la Turquie souhaite adhérer pour faire un projet fédéral. Je rappel qu’en poids démographique, ce sera le pays le plus important de l’UE, et donc qui y aura le plus d’influence. C’est vraiment détruire tout ce qui a été fait depuis plus de 50 ans.

    – Et le pire, c’est que l’argument le plus utilisé en faveur de l’adhésion est celui du « flingue sur la tempe » ! Si on leur dit non, ils vont se sentir vexés et vont se transformer en dangereux islamistes parait-il. Déjà, j’ai une bien meilleure opinion de la Turquie que cela, je pense que les Turcs peuvent vouloir la démocratie pour eux-mêmes plutôt que pour nous faire plaisir. Ensuite, je tiens à signaler le côté terriblement malsain d’un tel message : « prenez les, ou ils font tout péter ». Ce n’est pas vraiment une bonne base de coopération. Faut-il sacrifier le projet européen pour pouvoir avoir moins peur d’un lointain voisin ? Non.

    – Pour l’apport militaire et stratégique, la Turquie est déjà dans l’OTAN, ce qui fait l’affaire.

    – Sur l’accusation de démagogie et d’électoralisme : je ne vois pas du tout en quoi ce serait démagogique de dire non à la Turquie, au contraire, je trouve ça particulièrement censé et raisonnable. Quant à l’électoralisme, eh bien quand on aura fait rentrer la Turquie dans l’Union Européenne avec des conséquences majeures sans que les peuples européens ne soient d’accord, on sera encore plus mal en point. Mais à ce moment-là, il n’y aura plus qu’à prononcer le décès du projet européen.

    C’est vrai que certains sont pour l’adhésion car ils considèrent que l’Union Européenne est déjà morte et qu’il n’y a plus rien à perdre (comme Michel Rocard), mais je pense qu’il y a encore de l’espoir en la matière, et qu’il faut faire le maximum pour l’entretenir. Le mieux à faire, c’est encore de cesser cette pantomime et de leur dit non le plus tôt possible.

  4. Crapoto says:

    Ta position se tient. Je déteste l’idée de l’argument géographique (madères, les açores, la réunion, la martinique, la guyane, la Guadeloupe, Mayotte, les malouines sont-elles sur le territoire européen?) et il est facilement compensé par l’argument Historique (la Turquie est une nation qui historiquement a eu une place importante dans le concert des nations européennes… Comme la Russie).

    Non, là où j’émet des réserves sur son entrée, c’est en terme de représentation. La situation en Europe est plus ou moins la suivante (c’est plus vrai pour l’Europe à 15 qu’à 27): à PIB/habitant plus ou moins homogène, on a fait une répartition des votes au Conseil et au Parlement européen proportionnelle à la population (avec plus ou moins d’arrangements, notamment pour les petits pays). Hors, la Turquie sera d’ici à qq années la nation européenne hors Russie la plus peuplée, et sa richesse par habitant sera largement inférieure à la moyenne européenne. Autant il est envisageable d’aider les 100 millions d’européens issues des élargissements de 2004 et 2007, autant peut on aussi facilement s’occuper de 100 millions de plus avec l’arrivée de la Turquie? Et que dire du pouvoir politique important confié à cet Etat (première délégation au Parlement européen, bien que les traités plafonnent le nombre de représentants) alors qu’il n’est pas le premier fournisseur au budget européen?

    Bref, tout cela pour dire que tant que le poids politique donné aux Etat sera confiné à leur poids démographique, je resterai fort sceptique! J’aimerai coupler cette représentation par des facteurs économiques (la richesse par habitant par exemple, ce qui favoriserait le Luxembourg ou des nations très riches comme les Pays-Bas, sans trop pénaliser les grands acteurs actuels: Italie, France, UK et Allemagne).

    Mais peut-être as-tu un avis à donner là-dessus? ;-)

  5. excellent billet. je le reprend sur mon blog

  6. nous avons trop vécu dans l’idée que l’Europe était une unité culturelle et géographique. Ce que l’on essaie de nous faire comprendre, c’est que l’Europe est un traité économique et normatif, qui n’a plus vocation à recouvrir une zone, ni une culture, mais correspond à un ensemble d’intérêts. La Turquie n’est géographiquement européenne qu’à 10%, et n’est pas chrétienne, contrairement à l’europe classique « qui s’est couverte d’un blanc manteau d’églises au moyen-âge. On peut parfaitement imaginer d’intégrer un jour le Maghreb ou le Cameroun. Il est curieux de constater que le traité couvre des pays de niveau économique équivalent, ou qui ont vocation à le devenir, et tourne le dos aux anciennes relations liées à l’ancien empire colonial, Ce traité géopolitique détient une certaine plasticité qui peut lui permettre d’aller au-delà de sa zone initiale.

  7. Malaberg says:

    Moi j’aimerais savoir pourquoi les turcs voudraient tant que ça entrer dans l’UE…

    Si j’avais quelque chose à leur dire, ça serait ce que le barbu dit là, juste avant de tomber dans l’abime…

    Ils veulent vraiment que leurs services publics, sociaux, leur droit du travail et tout ça soient fusillés ?

  8. Malaberg says:

    Il aurait pu ajouter : « Je vais adhérer à l’UE ! »

  9. Bonsoir Alexandre,
    Ton argumentation en faveur de l’intégration de la Turquie à l’UE est, comme toujours, assez convaincante, malgré tout je suis plus dans la ligne de Xerbias sur ce sujet.
    Même si j’adhère à l’essentiel de tes arguments, je considère que l’arrivée de la Turquie dans l’UE signifierait purement et simplement la fin de l’Europe, ou du moins de l’Europe à laquelle j’aspire.

    J’ai déjà exposé cet avis dans un billet de Novembre 2010: http://blog.vaches-a-la-une.fr/post/2010/11/10/Pourquoi-il-faut-retoquer-%28diplomatiquement%29-la-Turquie

    j’en ferai quand même un petit billet de rappel, une sorte de synthèse avec mes commentaires sur ce billet et chez Xerbias pour être le plus complet sur le fond de ma pensée sur ce sujet.

  10. Alexandre says:

    @Vlad : Oui, plus que jamais. ;-) On l’a si souvent enterrée vivante avant de l’avoir tuée qu’elle n’en est que plus crédible à chaque fois. :p

    @Laurent : J’aurais pu, en effet, évoquer son poids sur les politiques européennes, dans l’histoire, et lors des conflits majeurs, voire même son empreinte culturelle. Quant au problème de gouvernance qui se poserait, j’étais à « ça » de l’évoquer, mais j’ai finalement oublié. De toute manière, il faut réformer ce système d’ici là. Car une fois encore, quand je parle d’accepter la Turquie, c’est vraiment pas pour demain ! Quant à la Laïcité, je sais que ce n’est pas parfait, mais j’ai bien précisé « quasiment ». De toute manière, certains jugeront plus positives qu’autre chose cette souplesse sur certains principes de laïcité jugés excessifs.

    @Xerbias : Tes arguments sont parfaitement recevables. Je répondrai peut-être plus précisément à l’occasion d’un prochain billet, mais quelques remarques en vrac me viennent à l’esprit. Celle de la menace, et du « flingue sur la tempe » ne se base malheureusement pas sur des chimères, mais sur des faits, qui se manifestent de manière plus acerbe encore depuis 1 ou 2 ans, quant à leur volte face diplomatique en cours. Quant à leur capacité à se réformer sans la carotte européenne, ce n’est qu’à moitié vrai à mon sens : auraient-ils aboli la peine de mort si ce n’était pour rentrer dans les critères de l’UE ? Que penser d’un certain retour de l’islamisme politique, comme le suggère pertinemment Laurent, dans le pays ? Hélas, je ne suis pas sûr que la Turquie prenne toujours la bonne direction.
    Quant aux craintes relatives à l’ambition fédérale, je les comprends, puisque je me considère moi même fédéraliste. Cependant, je ne pense pas que l’Europe Fédérale naîtra dans le cadre de l’Union Européenne, du fait des élargissements de cette dernière, et des trop fortes oppositions qui existent en son sein (Grande-Bretagne etc), mais en superposition, par un accord passé entre certains pays de l’Union Monétaire, comme la France, l’Allemagne et le Bénélux, qui décideraient ensemble de franchir le pas. J’avais lu quelques très bons articles sur le sujet, il faudrait que je remette la main dessus. Dans ce cas, l’élargissement de l’UE ne serait pas un obstacle au fédéralisme.

    @Crapoto : Oui, comme la Russie. Mais l’Europe s’étend, géographiquement, jusqu’à l’Oural, et Saint-Pétersbourg n’est pas moins en Europe que l’Estonie ou la Scandinavie. ;-)
    Quant à la Gouvernance européenne, c’est toujours le même problème qui se pose. Pourquoi ne pas aller vers un système hybride, qui prendrait en compte plusieurs facteurs, comme le poids démographique et le poids économique, ainsi que la contribution au budget de l’UE ? Cependant, je ne prétends pas maîtriser parfaitement ces questions du haut de mes 17 ans.

    @Romain : Merci, je suis flatté ! ;-)

    @Nicolas : Je comprends très bien ta préoccupation, comme celle de Xerbias, mais selon moi, l’Europe Fédérale, si elle naît, ne naîtra pas dans le strict cadre de l’UE ou de la zone Euro, mais d’un nouveau cadre plus restreint. Ce n’est pas impossible, puisque l’UE, la Zone Euro, ou encore l’Espace Schengen coexistent déjà sans recouvrir toujours les mêmes États.

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