La machine à perdre est lancée !

Les Socialistes ont au moins un talent particulier, que personne ne leur envie : celui de perdre, même quand la conjoncture politique devrait leur permettre de gagner sans le moindre problème. Retour sur la candidature de Montebourg.

Après Manuel Valls (pour qui j’ai par ailleurs un profond respect), c’est Arnaud Montebourg qui s’est déclaré candidat. Oui, mais …

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Vous avez bien lu. Montebourg n’a pas simplement annoncé sa candidature aux primaires socialistes, mais à la Présidence de la République !

Et là, je me dis… Lapsus ? Non, même pas.

https://i1.wp.com/www.picdo.net/fichiers/2010/11/21/3c3047eb-1703-408a-a22b-68612242b611_Montebourg-2.png

Cette déclaration me donne envie de rire. L’idée de la primaire est de sélectionner le candidat unique d’un camp, le camp socialiste, aux Présidentielles. De fait, ceux qui s’y soumettent ne sont pas encore candidats à la Présidentielle, Monsieur Montebourg ! Ca donne bizarrement l’impression que l’ambition du candidat est déjà au-delà de la primaire, projetée dans la course Présidentielle.

On a eu l’occasion de voir à quel point les socialistes ont tenu à s’inspirer de l’organisation de la campagne de Barack Obama aux Etats-Unis, bien qu’Obama ait tout pompé sur Ségolène, en y envoyant Montebourg, justement. Ce dernier semble oublier que la primaire n’a fonctionné que parce qu’elle s’est terminée par une réconciliation entre les deux belligérants, Obama et Clinton.

J’ai déjà l’impression que le climat instauré autour de cette primaire sera pourri d’ambitions et de querelles. La meilleure attitude aurait été de se déclarer candidat aux Primaires socialistes, en démontrant sa capacité à se mettre au service d’une ambition collective marquée du sceau socialiste, afin de montrer la preuve d’une démarche constructive, afin de montrer le signe que le candidat respectera la décision finale des militants de gauche, s’y soumettra, et se mettra au service du candidat désigné pour représenter le PS.

Alors même que le Parti de Gauche me semble frapper davantage sur le PS et Europe Écologie que sur la Droite, le PS risque lui aussi d’entrer dans une phase de bataille rangée qui laissera des traces. Surtout que la listes des candidats va s’allonger. Le risque est qu’un Parti Socialiste en guerre interne se présente aux Présidentielles en équilibre instable ou de circonstance, face à une UMP soudée autour de son candidat naturel, Nicolas Sarkozy, et placée en ordre de bataille par l’habile Jean-François Copé.

Même en s’inspirant de la campagne d’Obama, le PS sera en difficulté. Il sera en difficulté, parce qu’aucun candidat socialiste potentiel n’a l’aura et le charisme de Barack Obama. Aucun de ces gladiateurs de primaires ne saura apparaître comme un nouvel espoir. Autre écueil socialiste, le parti ne dispose, à mon avis, d’aucun candidat naturel et incontournable à la Présidentielle. François Mitterrand a gagné, parce que sa candidature ne souffrait quasiment aucune contestation interne. Il s’était imposé presque naturellement au sein du parti, et y faisait quasiment l’unanimité. C’était comme une évidence. Aujourd’hui, qui a cette stature ? Personne.

D’ailleurs, même si les sondages ne sont pas à prendre pour argent comptant, et n’indiquent qu’une tendance très globale, il est drôle de penser que le bloc des droites, au Second Tour, sans François Bayrou, devancerait le Bloc des Gauches, 52 contre 41.

On pourrait se demander, pour finir, si cette annonce de Montebourg signifie qu’il se présentera aux Présidentielles, même si les Primaires ne le désignent pas vainqueur. Mais non, l’ancien porte-parole de la dame du Poitou n’aurait jamais le courage, le cran, la détermination suffisante, pour se lancer dans une aventure solitaire et kamikaze qu’il sait perdue d’avance. Et comme il ne sera jamais désigné par la primaire, il a perdu avant même d’avoir commencé. Dommage, car Montebourg Président, ça aurait été la classe.

Oui, il y a des casseroles qui poursuivent longtemps leur auteur. Ce serait un joli pied de nez, que François Hollande réussisse un peu mieux la primaire socialiste qu’Arnaud Montebourg, non ?

Au passage, je n’ai rien inventé, j’ai juste repris l’expression de Jacques Attali.

En tous les cas, la drôle de gauche a de beaux jours devant elle, pour mon plus grand bonheur.

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À propos Alexandre
Carabin passionné de politique, dextro-centriste et méchant libéral. Rule Britannia ! J'ai rarement tort mais ça m'arrive souvent.

16 Responses to La machine à perdre est lancée !

  1. Vlad says:

    Très sympa ce billet et malgré la nausée que me provoque la fatuité de ce Montebourg de pacotille, il me tarde de voir la machine à perdre se vautrer dans ses luttes intestines.

  2. Vlad says:

    Ah ah…Corto si tu veux on va boire un coup le soir des primaires dans un café qui fait la retransmission : on va bien se marrer en regardant leur tête…
    Alexandre : vous êtes le bienvenu il va de soi :)

  3. Mailou-x2 says:

    Sous le prétexte fallacieux de démocratie, les prétendus cadres la gauche prennent plaisir à se différentier les uns des autres.

    En mal d’audience et de publicité personnelle (le charisme n’en parlons mêm pas), chacun s’empresse d’entonner sa musique personnelle, quite à ajouter du brouillage à la cacophonie actuelle, du moment que cela ne soit pas la même chose que ce que dit le camarade concurent.

    En fait, c’est en ayant multiplié les candidatrures soit disant de gauche, que les tenants de cette entité fantôme a offert sur un plateau d’or le deuxième tour à JM Lepen, du temps de Jospin.

    Cela n’a pas servi de leçon, donc nous re-voilà à nous préparer mentalement pour une deuxième mandature de little Chouchou !

  4. marronnier says:

    Il se place pour 2022…

  5. C’est assez extraordinaire quand même, on a vraiment l’impression qu’ils n’ont tiré aucune leçon de leurs précédentes déconfitures.
    Je suis certain que chacun de ces zozos se dit que la défaite de 2007, « c’est la faute de cette gourde de Ségo et qui ça avait été moi à sa place, on aurait gagné ».
    Au delà de ce fatras d’ambitions déjà bien handicapant, le PS a un autre problème, un problème de fond puisqu’il s’agit de leur programme. L’espèce de ramassis d’illusions que l’on retrouve dans le document « l’égalité réelle » pourtant adopté par la Direction du PS, laisse penser qu’ils auront beaucoup de mal à retrouver une once de crédibilité !

  6. Alexandre says:

    @ Vlad & Corto : On comptera les points ! ^^

    @ Mailou : On est d’accord. Certains parlaient d’un 21 avril à l’envers, que subirait Nicolas Sarkozy. Il semblerait plutôt que nous risquions un 21 avril bis.

    @ Marronnier : Si ce n’était pas si triste pour son parti, ce serait presque drôle, quand même.

    @ Nicolas : Et parfois, les problèmes d’ambitions et de candidats se superposent aux problèmes de programme. Je pense notamment à Ségolène Royal, qui a admis, me semble-t-il, qu’elle a défendu en 2007 un Programme qu’elle ne trouvait pas crédible… Difficile d’imaginer un même programme pour DSK, Aubry, ou Hamon, par exemple.

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  8. Malaberg says:

    Coucou Alex ! Je ne sais pas si tu te rappelles de moi, mais je serais curieux de savoir ce qui justifie, je te cite, ton « profond respect » pour Manuel Valls.

    Tu peux même faire un billet là dessus, au besoin.

    à titre indicatif, je vais te dire pourquoi je n’ai aucune estime pour cet homme. C’est très simple : il est la plupart du temps d’accord avec la politique menée par Sarkozy. Si jamais par la plus grande des infortunes, désaccord il y a, c’est alors seulement sur la forme. Sur le fond, le désaccord, je le cherche encore.

    Certes, il en a tout à fait le droit. Mais dans ce cas, que ne va-t-il s’inscrire dans un parti qui se reconnait dans la « majorité présidentielle » ?

    Pourquoi est il inscrit dans un parti « socialiste », lui pour qui c’est une idée « dépassée », pourquoi est il inscrit dans un parti d’opposition, lui qui est si souvent en accord avec la prétendue « majorité » ? (et si fréquemment en désaccord avec les positions pourtant fort modérées de son parti d' »opposition » ?)

    Il contribue par son action (ho, il n’est malheureusement pas le seul, mais c’est quand même l’un des pires) au brouillage des cartes qui entretient le consensus mou, l’absence totale d’alternative politique, de débat politique, et à cette phrase qui personnellement me hérisse les cheveux sur la tête « gauche droite même combat ». Avec Valls en incarnation de la gauche, ça ne peut être que vrai, en effet.

    Mais pour quelqu’un de gauche comme moi, c’est inacceptable.

    Pourquoi les gens de droite l’aiment tant ? Parce qu’il est de droite ? Bon, je veux bien.
    Parce qu’il emmerde le PS ? C’est déjà plus retors. (ou est passée la droiture de mongénéral dont tout le monde se réclame à droite ?)
    Parce qu’il contribue à ce qu’il n’y ait AUCUN débat politique de fond dans ce pays ? Si c’est le cas, alors il est completèment contradictoire de se proclamer « démocrate », quand on refuse justement le débat. Quand on est sur de ses idées, on n’a pas peur de les confronter à celles des autres.

    Enfin bref, si c’est le cas, de Gaulle doit être devenu un véritable ventilateur à force de se retourner dans sa tombe, comme disait l’autre…

    J’attends une réponse avec grande impatience.

    ( je te prie de m’épargner les qualificatifs comme « responsable »&co, qui, dans la bouche de quelqu’un de droite, veulent juste dire « d’accord avec moi ». Et est irresponsable toute personne en désaccord… encore une fois belle conception de la démocratie…)

  9. Malaberg says:

    ah, j’ai oublié encore une chose, il a encore le droit d’être en désaccord avec son parti, même souvent, mais de plus, il vient le crier sur tout les toits que ses camarades sont stupides de s’opposer encore un peu à la géniale politique sarkozienne.
    Si c’est ce qu’on appelle être quelqu’un d’estimable…

    • Alexandre says:

      Tout simplement, comme tu l’as supposé, j’apprécie Valls parce qu’il est plus proche de mes idées qu’un Hamon, par exemple. C’est naturel. Par contre, le fait qu’il puisse emmerder le PS n’entre pas en compte dans l’opinion que je me fais d’un Socialiste.

      J’aime particulièrement les gens ouverts et modérés. J’ai l’impression qu’on pourrait très bien travailler main dans la main avec des personnes de centre droit, du centre, ou de centre gauche. Et même si Valls n’est pas de mon camp, il appartient à une famille « modérée » de centre gauche que je trouve assez respectable. (ce qui ne signifie pas que je ne respecte pas les autres tendances, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit)

      Au contraire, ce n’est pas parce qu’on est un peu plus à droite que le PS qu’on n’apporte rien au débat politique ! La variété des tendances est bénéfique. Au sein de l’UMP, il y a des Conservateurs, des Gaullistes, des Libéraux, des Centristes, qui cohabitent. J’appartiens à la mouvance centriste, mais les nuances enrichissent le parti.

      S’il ne pense pas spécifiquement comme la majorité du PS, il n’est pas non plus obliger de s’y conformer.

      Par ailleurs, il y a d’autres personnalités politiques que j’apprécie, malgré le fait qu’elles n’aient pas mes idées, comme Bayrou, Cohn Bendit (par moments), Rocard…

  10. Alboss says:

    Les gauchos ont toujours peur des brebis galeuses. Moi aussi, j’apprécie grandement Valls. Et pourtant, je suis plus à droite encore qu’Alexandre. Il y a une chose que j’apprécie chez cet homme et qu’on ne retrouve que trop rarement à gauche aujourd’hui : la crédibilité. Quand on tient un discours pragmatique, qui ne nie pas la réalité des faits, qui ne se résume pas à de l’antisarkozysme primaire (parce qu’à gauche, à partir du moment où on ne tape pas sur Sarkozy toutes les deux phrases, ça devient louche), on se pose en interlocuteur crédible face à la majorité ! Parce qu’un débat politique ce ne peut pas être résumé à un débat contradictoire. Et c’est ce qui manque aujourd’hui en France.

    Il y a une phrase que j’entends souvent dans la bouche des gauchos, que j’ai entendue sur Kouchner lorsqu’il a rejoint le gouvernement, « il a le droit, mais ». Oui, Valls a le droit d’être d’accord avec Sarkozy ! Non, ce n’est pas une tare que d’être d’accord avec Sarkozy ! Et je préfère de loin quelqu’un qui avoue être en accord avec certaines idées de la majorité plutôt que ceux et surtout celles qui sont obligés de porter et de défendre des programmes politiques qu’ils n’assument pas pleinement !

  11. Malaberg says:

    merci alex pour ta réponse. encore que je n’y ai pas trouvé de réponse à toutes mes objections, mais bon, merci quand même.

    Notamment, j’aurais encore une interrogation : c’est quoi le centre ? (Perso, pour moi, c’est comme le père Noël, je n’y crois pas)

    et surtout, quelle différence y a-t-il entre quelqu’un de « centre gauche » pour te citer comme valls et un ump moyen au niveau des prises de positions ?

    ah, oui, je savais qu’il y avait différentes sensibilités réclamées au sein de l’ump, mais je dois avouer que je cherche encore les différences.

    Alboss, j’aime beaucoup ta réponse. Surtout pour son style.
    je te cite :
    « Il y a une chose que j’apprécie chez cet homme et qu’on ne retrouve que trop rarement à gauche aujourd’hui : la crédibilité »
    deux lignes plus tard, toujours en te citant :
    « gauchos ».
    => crédibilité du message (et de son auteur, par extension) : néant.

    Rarement vu une aussi belle autodestruction : le message se discrédite lui même en réclamant sur le fond quelque chose que sa forme même contredit.

    Bel exercice stylistique, en tout cas.

  12. Malaberg says:

    pour entrer dans ton référentiel, c’est un peu quand quelqu’un d’extrême gauche prétend être très modéré et respectueux de ses contradicteurs tout en les traitant de « fafs » ou « stals » toutes les trois phrases.

  13. Alboss says:

    Mais non, rolala. Très franchement, gaucho est un terme affectif en ce qui me concerne. Je peux faire pire. C’est juste une habitude que j’ai pris avec certains amis de gauche. Mais, si ça t’amuse de t’arrêter sur le style d’un commentaire, écrit aussi vite que le programme du parti socialiste, alors je m’incline.

  14. Malaberg says:

    wikitionnaire :
    « gaucho masculin

    1. (Politique) (Familier) (Péjoratif) Sympathisant d’extrême-gauche.
     »
    Je ne me reconnais pas du tout dans ce qualificatif. Et j’insiste là dessus parce qu’il y aura peu de contradicteurs qui te prendront au sérieux avec un tel vocabulaire. La pensée qui vient spontanément à l’esprit à la lecture de tels qualificatifs c’est « bon, c’est un petit con de droite, pas la peine de discuter ».
    Personnellement, ça me fait aussi penser à Patrick Balkany, qui représente pour moi ce que la droite peut produire de pire, et ce n’est pas peu dire. (je viens de Provence où la droite locale est encore plus corrompue que la droite au niveau national, et où le PS n’est pas loin d’égaler la droite locale, c’est dire le nombre de politiques que je peux mépriser chez moi).

    pas la peine de venir exiger une soit disant crédibilité de tes contradicteurs avec une telle attitude, te voilà prévenu.

    Maintenant, je vais passer outre la forme pour cette fois et m’attaquer au fond :

    « Quand on tient un discours pragmatique, qui ne nie pas la réalité des faits, qui ne se résume pas à de l’antisarkozysme primaire »

    tout d’abord, « pragmatique ». C’est amusant comme pour les militants de droite, est « pragmatique » celui qui adopte les idées de droite. ça donne une idée du respect que vous avez pour les idées différentes.

    « un discours qui ne nie pas la réalité des faits ». là, je ris. c’est quoi la « réalité des faits »? sarkozy est génial ?
    plus sérieusement, si tu n’acceptes pas que certains puissent avoir un autre point de vue que le tien sur une situation donnée, et bien tu as encore des progrès à faire quant à ta reflexion politique. Appeler « réalité » un point de vue partial et idéologique sur une situation est une arnaque intellectuelle d’une monstuosité sans nom.

    (je serais intéressé de savoir ce que tu désignes comme « réalité des faits » que tu sous entends incontestable.)

    pour « l’antisarkozysme primaire », j’ai peur qu’il ne te faille un jour réaliser qu’il y a des gens qui jugent que sarko fait une politique qui sert les puissants aux détriments des modestes (robin des bois à l’envers, en fait), et que ces gens là soient en effet en désaccord avec ladite politique. et traiter ces gens d’antisarkozystes primaires ne rendra pas la politique de sarkozy meilleure pour autant.

    « Parce qu’un débat politique ce ne peut pas être résumé à un débat contradictoire. Et c’est ce qui manque aujourd’hui en France. »
    Je ne sais pas si tu as une petite idée de l’énormité que tu as écrite. Comme il n’y a pratiquement aucune chance que tu t’en rendes compte par toi même, sinon tu aurais déjà modifié ton message, je vais causer un peu là dessus.
    Un débat politique entre adversaires politiques doit être contradictoire, sinon, ce ne sont pas des adversaires politiques. Un débat entre alliés politiques doit avant tout être constructif, et ce, également au moyen de la contradiction car la contradiction est un moteur E-S-S-E-N-T-I-E-L de la réflexion humaine.
    Même entre alliés, lorsque l’on discute, il est nécessaire de faire ressortir les contradiction afin de les tirer au clair et d’y trouver une solution.

    Si un débat politique entre ADVERSAIRES n’est pas contradictoire, comme tu sembles le souhaiter, en quoi est-ce un débat ? Je te réexplique le principe d’un débat politique : les participants débattent, exposent leurs points de vue, leurs projets, et ensuite, les spectateurs choisissent lequel des projets leur convient le plus. si ces projets ne sont pas un minimum en contradiction l’un avec l’autre, ce n’est rien de plus qu’une tartuferie.

    voilà pour le contresens philosophique.

    Maintenant, tu sembles te plaindre qu’il y a trop de débats contradictoires en France et pas assez de débats consensuels. (cette dernière expression pouvant apparaitre aussi significative que l’expérience visant à mettre au point de l’eau lyophilisée)
    Tu sembles particulièrement viser le PS par ces assertions. Très bien. Alors, s’il te plait, donne un exemple récent où le PS s’est opposé sur le fond à une réforme socio économique de sarkozy.
    Tu ne trouveras pas, pour la simple et bonne raison que le PS n’a jamais contesté la politique sarkozienne que sur la forme. En effet, sur le fond, la majeure partie des dirigeants est d’accord avec sarko. (allongement des durées de cotisation, politique européenne de soumission aux marchés…) Tu devrais au contraire sauter de joie d’avoir le plus grand partie d’opposition si peu en désaccord de fond avec la politique menée par ton illustre président !

    Enfin, il me vient à l’esprit que ce que tu souhaitais était peut être que le PS cogère avec sarko la politique menée, puisque, je suis sûr que pour toi, il n’y a qu’une seule manière de faire. Me goure-je ?

    Cela a un nom. En anglais, ça s’appelle l’argument « TINA » (pour There Is No Alternative), qui n’en est pas un, puisqu’il ferme le débat.

    C’est là bien toute la différence entre la philosophie de gauche et celle de droite. Pour la philosophie de gauche : il y a au moins deux manières différentes de procéder : la méthode qui favorise les petits au détriments des grands, et qui n’hésite pas à entrer si besoin est en conflit avec les puissants, c’est à dire la méthode de gauche, et la méthode de droite, qui consiste à voir qui est puissant, et à faire une politique qui lui plaira, puisque c’est lui le puissant.
    Pour la philosophie de droite, il n’y a qu’une manière de faire : la sienne. Toutes les autres sont de vastes blagues utopiques qui n’ont rien à voir dans un monde un tant soit peu réel. (en sous entendant que SA vision des choses est la seule réelle)

    Tu remarqueras que nombre de partis dits  » de gauche » en Europe, ont progressivement abandonné la première vision des choses pour embrasser la deuxième et l’argument TINA.

    Cependant, tu auras compris que pour une certaine partie de la population, l’argument TINA n’est qu’une arnaque intellectuelle qui ne fait que conforter le jeu de la pensée unique libérale que l’on aimerait bien que tous partagent.
    Et, oui, pensée unique. Tu remarqueras que tous les partis qui ont adopté le « libéralisme » comme mode de société n’ont plus de contradictions de fond. Seulement sur des détails, et encore.

    Philosophiquement, consensus général et pensée unique sont très liés, et découlent l’un de l’autre. Comment se prétendre alors démocrate si l’on prône en même temps l’adhésion par tous, à commencer par ses contradicteurs, à la pensée unique ? Quel choix y a-t-il lorsque tout le monde est d’accord sur le fond ? Aucun. Il n’y a donc pas non plus démocratie.

    Enfin, sur la fin de ton texte, la phrase « il a le droit mais », c’est juste un appel à la cohérence. Tout le monde a le droit de penser ce qu’il veut, cependant, il est préférable de mettre ses actes en cohérences avec ses pensées. T’es d’accord avec sarko => tu vas avec sarko.
    T’es pas d’accord avec le programme que tu dois défendre => t’es pas candidat à ce titre là.

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