Pour une journée de l’amitié franco-allemande

Cet article fait suite à une remarque fort pertinente de Jean Quatremer, publiée avant-hier sur son Blog.

En effet, vous souvenez-vous du 11 novembre de l’année dernière ? Non, je ne veux pas parler du poulet rôti que vous avez cuisiné, ni même de la partie de Monopoly que vous avez disputé avec vos gosses. Je veux parler de cette belle image de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel côté à côté, quasiment main dans la main, pour célébrer ensemble la réconciliation franco-allemande. Le Président de la République avait annoncé que désormais, le dernier des « poilus » étant décédé, que le 11 novembre ne commémorerait plus simplement l’armistice de 1918, mais la réconciliation entre les deux ennemis d’hier. L’idée était charmante, plutôt merveilleuse, même.

Cette année, nulle trace de cette idée dans les célébration.

J’y vois, éventuellement, plusieurs explications. La première est le calendrier, qui n’a pas favorisé l’organisation de cette journée, avec le G20 empiétant largement sur la journée. Déjà que Sarkozy a dû repousser son arrivée, il aurait semblé de mauvais goût de demander à la chancelière de faire de même. Comme on dit, le 11 novembre tombait mal, cette année. Imaginons. L’autre raison est peut-être la volonté de célébrer le souvenir du 11 novembre 1940, quand les Parisiens, comme autant de coqs se redressant fièrement, sous les yeux des troupes Nazies occupant Paris, avaient l’audace de célébrer la victoire de 1918, laissant apparaître l’étincelle qui donnera naissance à la Résistance. La date est, je trouve, marquante. L’évènement était beau. Et cela aurait été une erreur que de le passer excessivement sous silence.

Une autre voie a donc été prise, une autre tonalité. Doit-on y voir, comme certains, une énième exaltation déplacée de l’identité nationale, un message purement et simplement politique ? Je ne pense pas. Mais je regrette tout-de-même que l’accent ne soit pas mis sur l’amitié franco-allemande, que je porte dans mon cœur. Et si on oublie, l’an prochain aussi, de rappeler cette idée, ce sera définitivement une grave erreur, une occasion manquée.

Certains s’imaginent que cette mise en avant de la réconciliation franco-allemande est un peu indécente, notamment à l’égard des autres pays européens, voire de nos autres anciens ennemis, comme la Grande-Bretagne. Je ne crois pas. Ne nous voilons pas la face : deux voix comptent en Europe, et c’est celles de la France et de l’Allemagne. Deux voix peuvent donner vie à une Europe forte. Les mêmes. A chaque fois que la France et l’Allemagne se rapprochent, construisent des projets ensemble, c’est l’Europe qui avance. Ces deux pays, s’ils continuaient de se rapprocher, auraient un potentiel intellectuel, industriel, économique, démographique, technique, et politique, hors du commun !

Je n’y peux rien, j’aime cette amitié franco-allemande. Elle me ferait presque regretter de ne pas avoir choisi d’apprendre l’Allemand… Étant Lorrains, mes arrières grands-parents parlaient Allemand, et pas Français, puisqu’ils étaient nés pendant la période ou cette région était Allemande, entre 1871 et 1918. Et mon grand-père lui-même fut balloté, durant cette première moitié du XXe siècle, incessamment, entre la France et l’Allemagne. C’est récent, c’est proche, c’est direct. Alors pour moi, l’amitié franco-allemande, ça compte, d’un point de vue matériel, comme d’un point de vue humain.

Et pour finir ce billet sur une pointe d’humour, sur une Mélenchonade, le leader du Parti de Gauche a estimé dans son livre que les Allemands restent nos ennemis de toujours, en un mot des «boches» : «Je ne vois pas que les relations des Allemands avec tous leurs voisins soient définitivement apaisées […]. Avoir consenti que les Allemands soient plus nombreux que les Français dans le Parlement européen est une faute.»

Honte sur vous, une fois de plus, Mélenchon.

Publicités

À propos Alexandre
Carabin passionné de politique, dextro-centriste et méchant libéral. Rule Britannia ! J'ai rarement tort mais ça m'arrive souvent.

One Response to Pour une journée de l’amitié franco-allemande

  1. Alboss says:

    Si le 11 novembre n’a pas été commémoré de la même manière, c’est aussi dû à un petit froid dans les relations entre Merkel et Sarko, notamment suite à l’affaire des roms et de la houleuse réunion qui a vu un échange musclé entre Sarko et Barroso…

    Et nous n’oublions pas les autres ennemis, puisque la France et l’Angleterre ont un projet tout-à-fait inédit de coopération militaire… C’est dire !

    Mais, je suis d’accord, l’amitié franco-allemande est cruciale pour une Europe forte.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :