Les désagréments du blogueur

Suite à une chaîne que m’envoie l’Hérétique, me voici confronté à mes difficultés de (jeune) blogueur.

Il y a toujours des choses pénibles quand on essaye d’alimenter un Blog. De grandes joies, des petits plaisirs, mais quelques emmerdes. Tentons une liste.

La frustration du temps. J’ai souvent trop d’idées d’articles en même temps. Par contre, mes journées ne sont pas extensibles, et il faut parfois faire des choix. Du coup, certains articles qui semblent peut-être plus difficiles, plus lourds à traiter, ou nécessitant plus de recherches sont souvent remis à plus tard. Voire à jamais. Parce qu’évidemment, certains projets d’articles traînent depuis tellement longtemps qu’ils en deviennent obsolètes.

La frustration de la page blanche. Non. Je ne veux pas parler d’une absence d’idées d’articles, puisque je viens de dire que j’en ai trop. Le plus frustrant est de savoir de quoi on veut parler, mais de ne pas trouver les mots. Quand on bloque déjà au niveau du titre, c’est mauvais signe. Les premiers mots sont poussifs. C’est maladroit, c’est lourd, ma syntaxe n’est pas assez fluide à mon goût. Je ne sais pas si ça vous arrive aussi, amis blogueurs, mais je bute beaucoup sur les premières phrases de mes articles. Après, en général, j’ai le problème inverse, je n’arrive plus à m’arrêter.

La frustration argumentative. Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir d’énormes certitudes, et de vous retrouver sans voix dès qu’elles sont remises en cause, tant vous ne vous y attendez pas ? Moi oui. Mettons qu’un type arrive me faire l’éloge du racisme. Je suis tellement convaincu de l’absurdité d’une telle thèse, que je ne trouverais même pas les mots pour défendre ma position. En quelque sorte, on ne se prépare pas à défendre des évidences. Bon. Il arrive aussi que ce ne soit une évidence que pour certains, et ce ne sont pas toujours des cas aussi clairs. Quand deux avis diamétralement opposés se font face, chacun étant profondément persuadé de l’intelligence évidente de sa position, il devient très dur d’argumenter. Par exemple, quand une horde de gars débarque en disant que l’Europe est nulle et en déroulant 150 arguments bidons, l’opposition est si nette avec mes opinions, que je me sens quasiment dépassé. J’ai l’impression désagréable qu’il est impossible de leur faire changer d’avis, que c’est une cause désespérée. A la limite, si c’était une vraie conversation, on pourrait mieux s’expliquer, mais par écrans interposés, c’est désespéré. Et là, on se sent très seul. Et frustré. Sans compter que j’ai souvent une impression de « prise en sandwich » qui doit être propres aux centristes : je suis attaqué par des mecs plus à droite que moi, et par toute la gauche. Tapé par la droite, tapé par la gauche. Parfois pour les mêmes sujets. Mais pas pour les mêmes raisons.

La peur des réactions négatives. Je vis dans une peur permanente. Le blogueur a peur. J’ai peur d’être mal interprété, j’ai peur qu’on ne me comprenne pas, j’ai peur de passer pour l’avocat du diable, j’ai peur que les commentaires soient agressifs et vindicatifs. Je suis si attaché au débat, dans tout ce qu’il peut avoir d’ouvert et de tolérant, que je ne supporte pas qu’il soit empreint d’agressivité, de méchanceté, et d’attaques ad personnam. Alors je fais tout pour éviter cela, en prenant moult pincettes, et en multipliant les nuances. Par exemple, il m’aura suffi de prendre la défense de la police à l’époque des expulsions de Roms, pour qu’on me réponde qu’il faudrait qu’on vienne traîner par terre ma famille pour que je comprenne la douleur des Roms. Sans compter toutes les personnes qui, m’ayant catalogué de droite, donc forcément bête et inhumain, se plaisent à me mépriser en raison de mon âge. Pour une certaine partie de la gauche, les jeunes de gauche sont parfaitement respectables, mais les jeunes de droite ne devraient vraiment pas s’exprimer. Je vomis ces intolérants.

Mais tout cela n’est pas bien grave. Je fais mienne la maxime hugolienne : « Le dédain est une cuirasse et une massue« .

Et s’ils ne tremblent pas de nous révéler l’intimité de leurs difficultés, je suis curieux de lire mes amis Humeurs de Vache et Vallenain (aka 100 000 V). ;-)

Publicités

À propos Alexandre
Carabin passionné de politique, dextro-centriste et méchant libéral. Rule Britannia ! J'ai rarement tort mais ça m'arrive souvent.

3 Responses to Les désagréments du blogueur

  1. Nicolas007bis says:

    Salut Alexandre et merci pour la proposition mais je l’ai vue tardivement de mon lieu de villégiature, alors que je venais juste de répondre à la sollicitation de Vlad sur cette même chaine.
    Je me retrouve tout à fait sur les 3 premiers points. Je m’aperçois d’ailleurs que j’ai écris mon billet un peu trop rapidement puisque j’ai oublié d’évoquer la « frustration argumentative » sans doute parce que c’est effectivement un désagrément mais également une exigence de rigueur pour sa propre argumentation.

    Pour le 4ème j’ai sans doute moins de scrupules que toi. Sans pour autant faire de la provocation gratuite, comme certains le font très bien, la peur des réactions négatives présente le risque de s’autocensurer par crainte de déplaire. Le meilleur moyen de ne pas céder aux extrémistes et intolérants de tous poils c’est bien de rester en conformité avec ses propres convictions. Mais je ne doute pas que tu constitueras rapidement la cuirasse qui te permettras de transformer ce désagrément en motivation.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :