[Piloups] Extraction, Inception, et Deception

 

 

 

 

Réalisé par Christopher Nolan
Avec Leonardo DiCaprio, Ellen Page, Marion Cotillard
Sortie au cinéma le 21 Juillet 2010

Quand on se fait marteler l’esprit pendant plusieurs semaines à coup de « ce film est exceptionnel » ou de « il faut absolument que tu ailles voir ce chef d’oeuvre », on arrive forcément dans la salle obscure avec une attente énorme. Et autant vous le dire tout de suite, la déception n’en a été que d’autant plus grande. Car oui, à la surprise de beaucoup de monde, Inception m’a déçu.

Dom Cobb est un espion au travail plutôt singulier. Son job consiste tout banalement à pratiquer des extractions, il s’introduit dans les rêves de ses cibles pour leur voler des informations. Traqué et devenu veuf, il tente le tout pour le tout pour pouvoir reconstruire sa vie et revoir enfin ses deux enfants : une inception. Le but étant à l’inverse d’une extraction, de faire germer une idée dans l’esprit d’une personne par le biais du rêve. Jusque là, on pourrait penser que le scénario tient plutôt bien la route pour un film d’anticipation, d’autant plus qu’il est intelligemment (bien que très lourdement) expliqué, ce qui empêche les petits esprits de tomber dans la confusion la plus totale pendant les 2h30 que dure le film. Malgré tout, on se rend vite compte que le script possède quelques incohérences et zones d’ombres qui prêtent à confusion et qui sèment un peu le trouble dans notre logique, et c’est dommage (je n’ai toujours pas compris pourquoi l’apesanteur traverse certains étages mais pas d’autres). Outre cela, on pourrait dire que le concept est bien exploré de bout en bout. Mais paradoxalement, le cadre reste tout au long du film très (peut-être même trop) conventionnel excepté deux ou trois scènes tape à l’oeil comme celle dans Paris, qui ne servent finalement que de vitrines à un film qui aurait été quelconque et presque insipide sans elles. Il manque en fait simplement un peu d’originalité et de profondeur aux mondes créés par Christopher Nolan. On reste donc sur sa faim, englué trop longtemps dans une sorte de Mission Impossible et sa notion apparemment indispensable du film spectacle et de sa dose de fusillades, allant même jusqu’à la constitution d’une dream team regroupant les protagonistes de l’inception, comme si on réinventait la manière de présenter les personnages secondaires. Assez ridicule pour le coup.


Mais tenez-vous bien, ce n’est pas fini. Passons maintenant aux détails plus ou moins gros qui rendent ce film presque insupportable (bon d’accord, j’exagère) pour les perfectionnistes qui croyaient voir en Inception une future référence. D’abord, certains objets du film paraissent tout droit sorties des fins de stocks de La Grande Récrée, comme la mallette leur servant à passer du côté onirique de la force, ou encore la porte blindée  du dernier niveau digne d’un téléfilm américain d’M6 un Mercredi après-midi. On peut également parler du doublage français catastrophique de Watanabe dans le rôle de Saito, qui baragouine un franponais tout bonnement incompréhensible (vive les versions originales). Pour finir, un détail qui en fait n’en est pas vraiment un, les cadrages sont dans l’ensemble beaucoup trop étriqués. L’abondance de gros plans est très dérangeante, surtout au cinéma où ceux-ci deviennent vite une excuse pour fermer les yeux quelques secondes, histoire de s’épargner la face de DiCaprio qui resterait dans le cas contraire gravée à vie sur notre rétine.

Malgré les apparences, Inception n’est pas un mauvais film. Plutôt un bon film, qui avec un peu plus d’application et surtout de finesse, aurait pu être un très grand film. Niveau casting, Leonardo est comme toujours assez juste dans un rôle de torturé dont il commence à avoir l’habitude, comme dans Shutter Island quelques mois plus tôt. Ellen Page est comme toujours excellente, on regrette même qu’elle ne soit pas plus souvent à l’écran (Juno sors de ce corps !). Le seul bémol concernerait Édith Piaf… heu Marion Cotillard pardon, qui sans forcément être mauvaise, nous propose une mono expression figée lors de toutes ces apparitions. D’autant plus que les extraits musicaux de « Non, je ne regrette rien » qui ponctuent le film nous renvoient en permanence à son rôle dans La Môme, que j’aurais personnellement plutôt préféré oublier. Côté bande son justement, Hans Zimmer en a trop fait. La bande son n’est pas foncièrement mauvaise, mais est beaucoup trop imposante à des moments inopportuns, et cela donne parfois un ton presque dramatique à des séquences qui ne le nécessitaient pas du tout.

Vous l’aurez compris, Inception est loin d’être un film parfait, surtout si on le compare avec le film que l’on nous vendait à sa sortie. Mais malgré cela, il reste un film de qualité qu’il faut voir si vous êtes amateurs de films d’anticipation. Car même s’il conserve des défauts assez surprenants pour un film de ce standing, on ne peut pas lui enlever le mérite de renouveler un genre un peu éteint ces dernières années. On se contentera donc d’un Nolan satisfaisant, mais finalement pas transcendant.


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