Frêche a des goûts peu orthodoxes

Nous avons tous déjà entendu parler de Frêche, de ses propos sur les harkis, l’équipe de France, ou encore la gueule de Laurent Fabius. Mais ses goûts sont hélas aussi affligeants que ses propos.

Installées depuis le 18 août, les 5 premières statues des grands Hommes du XXe siècle ont été inaugurées vendredi soir, le 17 septembre. Ces grands Hommes, selon Frêche, seraient Jaurès, Roosevelt, Churchill, de Gaulle, et … Lénine. Et c’est ce dernier qui est l’objet de la discorde. On apprend même que notre héros montpelliérain a distribué 1000 t-shirts à l’effigie du leader de la révolution russe à la foule, devant les caméras des télévisions russes. Et le provocateur, qui ne savait plus quoi faire pour se faire remarquer, a réussi à faire l’unanimité contre lui, du NPA au FN, en passant par le PS, puisqu’Hélène Mandroux elle-même a tenu à marquer son désaccord.

Cependant, cette taupe hybride et nauséabonde de la droite populiste et du marxisme d’outre tombe, nous réserve une meilleure « surprise » encore, puisque l’installation d’une statue de Mao est prévue ! Staline était lui aussi prévu initialement, mais Georges Frêche a renoncé, « par respect pour toutes les familles de Russes qu’il a envoyées au goulag » . Parce que les victimes de Lénine ou de Mao, on s’en fout complètement…

Une bonne idée …

Attention. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Contrairement à beaucoup, je trouve l’idée de départ excellente. Ériger des statues aux grands hommes, enrichir le patrimoine culturel et architectural d’une ville, c’est infiniment positif.

J’ai entendu l’argument selon lequel ces 8 millions d’Euros auraient pu être mieux utilisés, notamment à des fins sociales. Certes. Mais doit-on pour autant abandonner l’idée d’embellir et d’enrichir nos villes ? Si on avait toujours tenu le même raisonnement, Paris serait-elle Paris ? On érigerait des logements sociaux à la place des parcs, et on ne restaurerait pas les bâtiments historiques pour nourrir plus de pauvres. Est-ce pleinement satisfaisant ? Je ne crois pas. Une civilisation vit aussi des traces que chaque génération laisse de son passage. Elle vit aussi de l’art, de l’architecture. Ces statues, en théorie, enrichissent notre pays et nous grandissent.

Que l’on érige une statue à Roosevelt, c’est une bonne chose. À de Gaulle, c’est un devoir. À Churchill, c’est merveilleux, tant le rôle vital qu’il a joué au service de la France, de son intégrité et de sa grandeur est important et méconnu. À Jaurès, je suis prêt à l’admettre, c’est un grand homme. Mais pourquoi Lénine ?

… réalisée avec mauvais goût

Doit-on rappeler de combien de victimes Lénine est responsable ? Malgré les douzaines de couches de vernis appliquées consciencieusement par ses fans hystériques, le véritable portrait, le véritable bilan de Lénine doivent apparaître clairement à nos yeux. On a trop fait passer Staline pour le méchant, et Lénine pour le gentil. Les deux sont aussi cruels, inhumains, et sanguinaires. Arrêtons ces tentatives permanentes et renouvelées de révisionnisme à ce sujet.

Si on oublie Staline, par respect pour ses victimes, qu’en est-il de Mao ? Doit-on là aussi rappeler son funeste bilan ? Ses 60 à 70 millions de victimes (soit l’équivalent de la population française d’aujourd’hui exterminée par un seul homme) ?

Soit :

De plus en plus d’historiens démontent la légende et insistent sur les travers de l’homme et sur le dictateur aux choix ayant causé la mort de plusieurs dizaines de millions de personnes en Chine (65 millions selon Le Livre noir du communisme, 70 millions selon Mao. L’histoire inconnue). Les carences des programmes les plus significatifs de Mao – le Grand Bond en avant et la Révolution culturelle surtout – ont été vivement mises en avant, leur coût se chiffrant aujourd’hui en dizaines de millions de morts, sans oublier le gaspillage énorme de ressources et d’énergies, d’incontestables régressions économiques, écologiques et techniques, ainsi que l’étouffement à terme de la créativité culturelle chinoise. Les historiens occidentaux ont vu dans son exercice du pouvoir un autoritarisme typique des dirigeants totalitaires : mise en place d’un parti unique (et donc régime autoritaire et anti-démocratique), propagande, primauté du militaire, État policier (arrestations arbitraires, tortures, …), endoctrinement politique dès l’enfance, autocritiques obligatoires, camps de concentration (le laogai), répression des minorités (Ouïghours), expansion territoriale (occupation du Tibet, lancée en octobre 1950), eugénisme … Ce trait ultra-répressif, commun à la plupart des pays ayant adopté un régime stalinien (URSS, Cambodge, Corée du Nord…), est à replacer dans le contexte du déclin de l’impérialisme colonial, puis de la guerre froide.

(d’après Wikipedia)

Monsieur Frêche, vous qui êtes, paraît-il, outre que dénué de finesse, féru d’histoire, comment pouvez-vous commettre une telle aberration intellectuelle ?

Pour en savoir plus :
Tous contre les statues de Georges Frêche
Frêche sort ses grands hommes
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À propos Alexandre
Carabin passionné de politique, dextro-centriste et méchant libéral. Rule Britannia ! J'ai rarement tort mais ça m'arrive souvent.

2 Responses to Frêche a des goûts peu orthodoxes

  1. Célibataire et Stupéfiante says:

    Je suis née en Russie (même en URSS parce qu’à cette époque-là, l’URSS existait encore, même si c’est pas pour longtemps… pffff ça me rajeunit pas), toute ma famille est russe et je vais essayer de donner mon avis sur l’histoire Lénine / Staline… tant bien que mal parce que la politique c’est pas mon fort à la base.
    Oui, c’est vrai, Lénine passe beaucoup pour le gentil, et Staline pour le méchant, mais c’est pas toujours vrai. A l’enterrement de Staline, il y avait tellement de monde que des gens sont morts piétinés. Ma grand-mère avait absolument tenu à y aller, mais sa mère lui a dit qu’elle devrait lui passer sur le corps d’abord… ma grand-mère a commencé par s’énerver, mais au final, elle s’est rendu compte que sa mère lui avait probablement sauvé la vie ce jour-là… Des gens étaient quand même prêts à se faire piétiner pour rendre un dernier hommage à Staline, et personne ne les y obligeait.
    Quand il était vivant, mon beau-grand-père disait souvent qu’il regrettait le communisme. Et c’est avec les goulags et tout le tralala. Après, j’avoue ne pas avoir trop compris ce qu’il regrettait précisément dedans, mais l’essentiel était là: il le regrettait, et les théories de Lénine avec (même si bien évidemment il n’était pas né à l’époque de Lénine).
    Je ne suis pas en train de chercher des excuses à Staline, le nombre de victimes de son bazar est incommensurable, incontestable et inexcusable. J’essaie juste de dire que tous ces leaders communistes sont encore vus, dans les pays qu’ils ont dirigés, comme des personnages sinon positifs, tout au moins plus nuancés qu’ils ne le sont dans l’ancien bloc de l’Ouest… et ce, même si ça fait bientôt 20 ans qu’ils ne sont plus obligés de penser ça.
    Sinon effectivement, pour soutenir la théorie, mettre des statues de Karl Marx et Friedrich Engels aurait été plus soft. Car eux après tout, ce qu’ils voulaient, c’était la fin du capitalisme… ils ne voulaient pas vraiment exterminer qui que ce soit… (enfin si mes souvenirs de macro de première année sont bons)

  2. Alexandre says:

    Encore aujourd’hui, des sondages placent Staline comme l’une des personnalités historiques préférées des Russes. Ce phénomène se comprend. Je ne veux vexer personne, mais je pense que, quand on a pour seule référence, pendant des années, une seule et même personne, aussi autocratique et assassine soit-elle, une forme d’attachement dévoué nous relie au dictateur. C’est un peu comparable au syndrome de Stockholm : la soumission prolongée nous réduit au statut d’enfant face à celui entre les mains de qui est confiée notre vie, ou notre avenir.

    Ce qui se conçoit d’une certaine manière dans les pays concernés, j’ai plus de mal à le concevoir depuis l’extérieur, comme en France, où la réalité des faits nous apparaît dénuée de subjectivité, d’une certaine manière.

    Seulement, même chez nous, on voit davantage Lénine comme le révolutionnaire ayant aboli le régime des Tsars, que comme un assassin aux sombres desseins. On voit Staline davantage comme le vainqueur d’Hitler que comme un assassin prêt à tout.

    Alors Marx ou Engels, pourquoi pas, s’ils avaient vécu au XXe siècle. Même si leur nom peut être indirectement associé comme l’inspiration des hommes, qui, en déformant leur théorie, en ont fait une monstrueuse pratique.

    Si tu veux, je verrais plus une statue de Gorbatchev.

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